La place de la République est une place du centre-ville de Rennes en Bretagne.

Situation et accès Cette place est rectangulaire avec le côté nord qui a hérité son caractère rectiligne de l'ancien quai fluvialQuai d'Orléans, plan de Rennes de 1851 ; la courte mais large rue d'Orléans débouche en son milieu depuis la place de la Mairie. Renommé quai Lamartine. et le côté sud, orné et borné par le palais du Commerce, lui-même édifié au début du un peu en retrait du quai opposé ; l'est offre au-delà du pont Jean-Jaurès une perspective sur la rivière et ses quais routiers, tandis qu'à l'ouest s'étend un ancien parc de stationnement également aménagé sur la rivière jusqu'à la place de Bretagne et les ponts de la Mission et de Bretagne où la rivière réapparaît juste avant sa jonction avec le canal d'Ille-et-Rance.

Cette place, desservie par la station de métro République, la plus centrale de la ligne A, est un point de passage pour de nombreuses lignes de bus du réseau STAR, notamment les lignes qui empruntent un moment, soit vers l'est soit vers l'ouest, les quais de la Vilaine de part et d'autre de la place, celle-ci s'étendant pour l'essentiel au-dessus de cette rivière, canalisée et recouverte dans ce secteur de la ville.

vignette|gauche|Entrée ouest devant les arcades du palais.

Située en centre-ville, elle permet la desserte de nombreux commerces : elle se trouve comme la place de la Mairie (quelques dizaines de mètres plus au nord) sur l'axe principal emprunté par les piétons et autres chalands entre les rues commerçantes plus au nord et celles plus au sud (notamment les Halles centrales, le centre commercial des Trois soleils et celui tout proche de Colombia).

Située également sur un axe routier est-ouest (quais) longtemps importantDans le sens ouest-est, c'est le boulevard de la Liberté un peu au sud de la place, qui a admis une partie du trafic. Cf. p. 129, Retour à Rennes, Patrick Fournial, Les Beaux Jours, Compagnie parisienne du Livre, Paris, 2008. voire principal, l'accès de la place aux véhicules à moteur a pourtant été progressivement réduit en fin du pour être réservé aux bus - excepté la voie nord qui accueille encore au début du siècle actuel un trafic modéré réservé à la desserte locale et à vitesse réduite dans le sens est-ouest.

Son côté sud est principalement constitué du palais du Commerce et était naguère traversé en son arcade centrale par une étroite voie de circulation maintenant réservée aux piétons, ce qui faisait de ce monument une porte entre la partie nord et la partie sud de la ville « mais une porte regardant vers le Nord, vers le cœur de la ville » Jean-Yves Éveillard, Rennes naguère 1850-1939, Éditions Payot, Paris, p. 133..

Si au nord de la place, la circulation motorisée est apaisée depuis 2020 en étant limitée aux riverains et aux vélos, la multitude de bus circulant devant le palais du Commerce, dans les deux sens et en période d'affluence perpendiculairement aux flux de piétons, requiert des conducteurs et des piétons vigilance et prudence. En 2020, la municipalité annonce un projet de réaménagement de la place, dans le but de , en réduisant le trafic des bus.

Historique Premières constructions Le site de la place se situe - selon une approche anachronique - au niveau de la seconde enceinte de la ville, achevée en 1448, et qui passerait en son centre ainsi que la Vilaine quelques mètres plus au Sud, le cours de celle-ci étant alors orienté de l'angle sud-ouest vers un point un peu en dessous de l'angle nord-est <ref>p. 19, et plans pp. 26, 167, Roger Blond, Rennes du temps passé, Oberthur, 1971.</ref>.

La place de la République n'est pas vraiment la première place du secteur. Sa partie centrale correspond à l'ancienne cale de Nemours ou cale du Pré-Botté avant que la Vilaine ne soit recouverte entre les ponts de Nemours et de BerlinPont de Berlin, ouvert en décembre 1839, renommé Pont Jean-Jaurès après la Seconde Guerre mondiale. Jean-Yves Éveillard, Rennes naguère 1850-1939, Éditions Payot, Paris, p. 189. ; il s'agissait donc déjà d'un lieu essentiel à l'activité de la ville quand celle-ci était liée à son fleuve. La cale du Pré-Botté avait été elle-même aménagée entre 1840 et 1844 au détriment de la place du Pré-Botté, lieu de marché près de la VilaineJean-Yves Éveillard, Rennes naguère 1850-1939, Éditions Payot, Paris, p. 199..

Rennes a environ quatre-vingt mille habitants quand la création de la place de la République est entreprise par la couverture de la Vilaine en 1912 et 1913 à l'initiative et impulsion du maire Jean JanvierCarte postale d'avant les travaux (1912) page 112, dans Retour à Rennes, Patrick Fournial, Les Beaux Jours, Compagnie parisienne du Livre, Paris, 2008., elle-même permise par le recours au béton arméVoir la photo de la visite de chantier du 24 septembre 1912 par Jean Janvier, maire. Jean-Yves Éveillard, Rennes naguère 1850-1939, Éditions Payot, Paris, p. 134.. La place repose sur les soixante-cinq arcs d'origine, sauf destruction partielle en 1944P. 200 - Histoire de Rennes, Éditions Apogée - Presses universitaires de Rennes, 2006., et elle est pensée « comme un parterre au palais du Commerce ». L'année suivant l'achèvement, ou , la place est honorée de la visite du président de la République Raymond Poincarép. 393 - Dictionnaire du patrimoine rennais, Éditions Apogée, Rennes, 2004. Voir aussi page 474, la reproduction de la carte postale du chantier et celle de la visite du président de la République..

Depuis sa création à la suite de la couverture de la rivière, jusqu'à son réaménagement dans les années 1980, l'aménagement consistait uniquement en un simple jardin à la française. Des cartes postales lui ont été consacrées dès l'origine « Les nouveaux jardins » sur la Vilaine, puis « Les jardins sur la Vilaine » Carte postale page 116, dans Retour à Rennes, Patrick Fournial, Les Beaux Jours, Compagnie parisienne du Livre, Paris, 2008.. Ce jardin a été entouré sauf au sud (il n'y avait pas de circulation) par un fort muret de pierre blanche formant une balustrade surmontée de lampadaires en candélabre à trois branchesCartes postales des jardins sur la Vilaine, pp. 34, 38. Alain-François Lesacher, Michel Ogier, Rennes hier et aujourd'hui, Ouest-France, 1993.. Ces jardins tout en conservant leur allure sévère ont marginalement évolué ainsi que leur usage : tantôt les bancs publics sont à l'intérieur et tournés vers le centre, tantôt ils s'alignent en périphérie et s'offrent davantage aux passants, le jardin lui-même pouvant être fermé.

Les premières cartes postales centrées sur le palais du Commerce encore réduit à sa moitié ouest permettent de constater que s'étendait seulement à ses abords un terre-plein absolument nu et dépourvu de toute voie de circulationp. 34. Roger Blond, Rennes du temps passé, Oberthur, 1971.</ref>. Un cliché antérieur de quelques années montre le bâtiment (vraisemblablement proche de son achèvement) encadrant encore la cale du Pré-Botté qui a contribué ainsi à lui donner son allure architecturale.

Développement du centre stratégique de circulation Au sud-est, la petite gare des bus de l'axe nord-sud, dans le prolongement du palais du Commerce, est située à peu près à l'emplacement de la Halle-aux-Toiles démolie à partir de 1923, donc dans les premières décennies de la place de la RépubliqueJean-Yves Éveillard, Rennes naguère 1850-1939, Éditions Payot, Paris, p. 193.. La halle fut un moment reconvertie en bourse du commerceCarte postale page 114, dans Retour à Rennes, Patrick Fournial, Les Beaux Jours, Compagnie parisienne du Livre, Paris, 2008. En premier plan, se trouve la statue de Le Bastard.

Avant la Seconde Guerre mondiale, les lignes de tramway de Rennes desservent la place (pont de Nemours et pont de Berlin, aujourd'hui Pont Jaurès), par les ponts sur la Vilaine. La place de la Mairie est cependant le centre névralgique du réseau.

Jusqu'en 1931, la statue en bronze du maire Edgard Le Bastard à l'origine de la création du palais du CommerceLes sources divergent sur l'année du début des travaux : 1885 ; première pierre en 1887..., inaugurée le et tournée vers le Nord, ornait la place en son centre, avant qu'elle soit transférée sur la place Hoche, puis fondue par les Allemands lors de la Seconde Guerre mondialeJean-Yves Éveillard, Rennes naguère 1850-1939, Éditions Payot, Paris, p. 134, 154, 191..

vignette|La place de la République au premier quai, et le canal de Vilaine dans le prolongement vers l'est. Une partie de la fréquentation de la place a longtemps été due principalement à la présence du palais du Commerce - achevé pour sa moitié ouest en 1911, puis en totalité en 1929Carte postale de l'incendie de l'été 1911 page 118 et 121, dans Retour à Rennes, Patrick Fournial, Les Beaux Jours, Compagnie parisienne du Livre, Paris, 2008. - et particulièrement dès 1890 de l'administration sur plusieurs étages de la Poste et du télégraphe (Hôtel des Postes), rejoint par l'École régionale des Beaux-Arts. Le rez-de-chaussée façade nord est toujours (2010) dédié aux télécommunications avec un bureau de poste et un espace de vente de téléphonie de part et d'autre de l'arcade centrale. Le palais du Commerce a également accueilli le Cercle militaire et une station de radio (Radio Rennes-PTT dès 1926, puis Radio Bretagne).

L'incendie du bâtiment causé par l'orage, le , est le sujet de plusieurs cartes postales, souvent reproduites dans les ouvrages sur la ville : alors qu'il était pratiquement achevé, le feu et l'eau des pompiers laissent un bâtiment réduit à ces murs, comme le sera le Parlement de Bretagne en fin de siècle (1994), et comme dans ce cas, une réaction générale s'est produite, notamment au niveau de l'État, pour mener à bien la restauration et dans le cas du palais du Commerce pour réaliser la partie symétrique de la moitié ouest.

L'influence de la Poste, longtemps seul bureau de la ville, les étages étant de plus occupés essentiellement par les divers services de compétence départementale voire régionale, s'étalait sur la place qui lui faisait comme un parvis, jusqu'à faire désigner cet espace comme les « jardins de la Poste » <ref>Voir plan de Roger Blond, dans Rennes du temps passé, Oberthur, 1971..

Autre composante incontournable des lieux, le café de la Paix s'avance depuis la création du palais au rez-de-chaussée de l'aile ouest à proximité de ce qui fut le pont de Nemours. « Haut lieu de la vie rennaise » au début du , le journal L'Illustration lui consacre un article le en raison de l'affluence notable et cosmopolite qui s'y presse durant le procès Dreyfusp. 89, Colette Cosnier, Rennes pendant le procès Dreyfus, Ouest-France, 1984.. Jean Jaurès lui-même le fréquentePhoto de Jaurès, p. 90, Colette Cosnier, Rennes pendant le procès Dreyfus, Ouest-France, 1984..

Un autre motif de fréquentation, commercial celui-ci, est la présence depuis les années 1930 d'une grande surface, sur quatre étages, dont la porte d'entrée principale occupe précisément l'angle nord-ouest (rue de Rohan) ; longtemps la principale grande surface de Rennes avec un Prisunic plus au NordLes Nouvelles galeries, puis Galeries Lafayette : carte postale page 125, dans Retour à Rennes, Patrick Fournial, Les Beaux Jours, Compagnie parisienne du Livre, Paris, 2008.. Une grande librairie s'est installée dans les années 1980 sur deux étages juste en face du palais du Commerce.