thumb|right|upright 1.34|La république de Raguse au
Marino ou, en dalmate Marin Ghetaldi, Ghetaldus, Ghetalde (en latin ) ou en croate Marin Getaldić est un mathématicien, physicien et homme politique de la république de Raguse, né le Aucun argument ne semble permettre de trancher entre la date de 1568, plus moderne, citée par Žarko Dadić et Saltykov dans Souvenirs concernant le géomètre yougoslave Marinus Ghetaldi (1968) et la date de 1566, plus ancienne, citée par John Gardner Wilkinson, Maximilien Marie ou Andrew Archibald Paton ou 1566 à Raguse (aujourd'hui Dubrovnik en Croatie), mort le ou 16271627 selon Antonio Favaro, Wilkinson et Patton mais 1626 d'après Michel Chasles, Johann Christoph Heilbronner, le Dictionary of Scientific Biography (New York 1970-1990) et H Wieleitner, Marino Ghetaldi, Marino Ghetaldi und die Anfänge der Koordinatengeometrie, 1915, in Bibliotheca mathematica. dans la même ville.
C'est l'un des très rares élèves de François Viète avec Nathanael Tarporley, Jean de Beaugrand, Jacques Aleaume et l'Écossais Alexander AndersonEgidio Festa, Vincent Jullien, Maurizio, Géométrie, atomisme et vide dans l'école de Galilée, publié à Florence, Fontenay et Saint-Cloud par l'Instituto e museo di storia della scienza, ENS éd., 1999 . . avec qui il est en contact étroit. Géomètre parmi les mathématiciens à l'origine de l'émergence de l'algèbre nouvelle, il est aussi l'un des premiers à apporter sa contribution à la géométrie analytiquePierre Boutroux, Les Principes de l'Analyse Mathématique, Librairie A Hermann et Files, première édition 1919, .. En correspondance avec Galilée et Clavius, il communique aux mathématiciens italiens, Paolo Sarpi, Antonio Santini, Carlo Renaldini, etc. cette nouvelle façon de noter les questions algébriques et la met en œuvre lui-même dans la reconstruction des œuvres d'Apollonios de Perga. En physique, il laisse une étude de miroirs paraboliques, et une de ses réalisations ( de diamètre, de hauteur) se trouve au musée de la marine à LondresNational Maritime Museum, Park Row, Greenwich, Londres. Écrivain croate de langue latine Les écrivains croates de langue latine extrait d'un article de Branko Franolic, Works of croatian latinists recorded in the British library general catalogue (travaux des latinistes croates conservés dans le catalogue général des bibliothèques britanniques), Croatian Information Center (décembre 1998) ., son souvenir demeure présent dans les rues de l'actuelle Dubrovnik, où il est présenté comme l' croate Nenand Trinajstic, The Great Men of Croatian Science (« les grands hommes de Croatie », 1996), article disponible sur le site sciences et Croatie .
Biographie
La jeunesse Né dans une famille patricienne et nombreuse, originaire de Tarente G. Barbieri, Galleria di ragusei illustri] (portrait de Ragusains illustres), section XVII, Martecchini, 1841, 208 pages, non paginé . en Italie, Marino Ghetaldi est l'un des six enfants de Maro Marino Jacques Ghetaldi et d'Ana Andrée Resti Ivan Drazic, Marino Ghetaldi ; vie et travaux d'un mathématicien croate (Marino Ghetaldi- život i djelo oca hrvatske matematike), publié par Matematika i škola, časopis za nastavu matematike (1332-0327) VI (2004), 27, . Ses quatre frères, André, Simon, Jacques et Martolicu, ainsi que sa sœur Niki, habitent derrière l'église Saint-Blaise, près du palais du recteur, siège du gouvernement de la république de Raguse. En dépit de sa noblesse, c'est une famille peu fortunée et Niki devient religieuse à sa majorité. Ghetaldi est d'abord l'élève des Franciscains de Raguse, dont l'école est située à la porte ouest de la ville. Le prêtre Ivan Simunov (Jean Siméon) lui y enseigne la grammaire et la littérature. Plus tard, Andreas Gallus, Nicolas di Matteo, Ivan Hristoforov (Jean Christophore) et Victor Basaljic lui enseignent les mathématiquesArticle Ghetaldi de Mactutor . Il fréquente ensuite les cercles universitaires regroupés autour de Flora Zuzori, beauté qui est chantée par de nombreux poètes, où se retrouvent l'astronome Nicolas Nalješković, le philosophe-chancelier Nicolas Gučetić, les poètes Victor Beselji et Didacus Pyrrhus ainsi que l'historien pan-slave Mavro Orbin.
À dix-huit ans, Ghetaldi entre au Grand Conseil, l'organe législatif de la République, en tant que greffier, et mène dès lors de front ses carrières administrative et scientifique. Son travail concerne essentiellement les armes et la vente du sel, dont six mois sur la péninsule de Janjina, où il est suspendu pendant un temps pour avoir méconnu les lois.
Le temps des voyages En 1597, il abandonne ses responsabilités du district de Sabbioncello et accompagne son ami Marino Gucetic (di Gozzi), le neveu du banquier anglais Nicolas Gozzi L'article d'Adam S. Eterovich, Sur les Croates en Angleterre au temps de Ghetaldi, sur le site croatians.com est la seule source disponible sur les tribulations des deux amis en Angleterre et la raison de ce voyage, lié à l'héritage que doit recueillir le neveu du banquier Nicolas Gozzi ., dans ses voyages. Ils vont à Rome où Ghetaldi est l'élève de Clavius ; en Angleterre, où il demeure deux ans en compagnie de Marino Gucetic et se lie avec Francis Bacon ; puis en 1599 à Anvers où il complète sa formation auprès de Michel Coignet et de Federico SaminiatiFederico Samminiati (1573?-1632) étudie à Anvers avec Michel Coignet, et publie en 1599 dans cette ville (qu'il considère comme sa patrie) un recueil de tables astronomiques où se trouvent des vers de Michel Coignet, ainsi que des extraits de lettres de Coignet à Mercator et quelques commentaires élogieux de Marino Ghetaldi sur le travail de Saminiati. Cesare Lucchesini, Memorie e documenti per servire all'istoria del principato lucchese, Volume 9 (mémoires et documents pour servir à l'histoire de la principauté de Lucques), 1825, Presses Francesco Bertini, 268 p. . de Lucques.
Proposé à un poste de professeur de mathématiques à l'université de Louvain, qu'il décline, il vient à Paris (vers 1600) et rencontre François Viète dont il devient l'ami. Le mathématicien des Parthenay lui communique quelques-uns de ses ouvrages, dont son Harmonicon Celeste Christine Jones Schofield évoque l'Harmonicon céleste, in Tychonic and semi-Tychonic world systems (les systèmes du monde selon Tycho-Brahé) note 110, . Ayer Publishing, 1981 . et comme le maître des requêtes d'Henri IV manque de temps pour s'occuper de ses propres travaux mathématiques, Ghetaldi publie chez David Leclerc son Apollonius Gallus (l'Apollonius français) et son De Numerosa PotestatumFlorian Cajori, a history of arithmetical method (1907) . Francis Maseres, a specimen of vieta's method of resolving algebraic equations by approximation, Londres (un exemple des méthodes de Viète pour la résolution approchée des équations algébriques), 1800, ex. au Bristish MuseumBulletin de la Société archéologique de Touraine, Volume IL], Tours 2003, . ..
Une lettre de la main de Marino Ghetaldi, datée du , et destinée à son maître, Michel Coignet, illustre le respect qu'il porte au géomètre français.
Par la suite, Ghetaldi devient un adepte de cette façon d'écrire les mathématiques, qui permet de passer de l'étude des cas particuliers à la résolution générale de familles entières de problèmes, mis en équations selon le procédé décrit par Viète.
L'année suivante (1601), il revient à Raguse par l'ItalieUn acte notarial l'y donne présent le comme témoin du testament de Nicolas Gucetic (article d'Ivica Martinovic, publié sur le site Znanost u Hrvata - science en Croatie et séjourne à Padoue, où il se lie avec Paolo Sarpi Aurelio Angelo Bianchi-Giovini, Biografia di Frà Paolo Sarpi: teologo e consultore di stato della repubblica Veneta] (Paolo Sarpi, théologien et expert de la république de Venise), Zürich, 1836 ; D.G. Bellini, 1847, (livre mis à l'index ). chez le seigneur bibliophile Gian Vincenzo Pinelli (en compagnie du Français Pessot). Il y rencontre Galilée avec lequel il demeure par la suite en correspondance régulière Mordechai Feingold, The new science and Jesuit science: seventeenth century perspectives (la science moderne et les jésuites, perspectives au ) Springer, 2003 , . Paul Oskar Kristeller, Iter Italicum: Mss, Volume 1 Italy: Agrigento-Novara (une liste des manuscrits italiens non – ou mal – catalogués), Brill, 1977 , répertorie, , une partie des lettres de Galilée .. Il suit son enseignement et Galilée lui dévoile son compas, que Ghetaldi se propose de copier. Après un an, il quitte Padoue, et finit par arriver à Rome vers 1602. Il y rencontre notamment le mathématicien-jésuite Luca Valerio, membre de l’académie des Lyncéens, ami de Galilée, et jésuite napolitain et anti-copernicien.
Premières publications Son premier ouvrage, le seul en tant que physicien, le Promotus Archimedes seu de variis corporum generibus gravitate et magnitudine comparatis (en abrégé Promotus Archimedes), est imprimé en 1603. Dédicacé au cardinal Olivario, il porte sur les graves et sous prétexte de présenter la physique d'Archimède, Ghetaldi y donne ses propres mesures des densités de l'or, du mercure, de l'argent, du cuivre, du fer, de l'étain... mais également de l'eau, du vin, de l'huile, de la cire et du mielJohn Ward, Le guide des jeunes mathématiciens, ou Abregé des mathématiques, a la portée de tous chez Ch. An. Jombert, Imprimeur-Libraire, 1756, .. Il le fait avec grande précision, démontrant à l'aide de l'algèbre spécieuse des propositions sur les mélanges d'or et d'argent (le problème dit de la couronne de Héron II) qui jusque-là n'ont été traités que de façon rhétorique John J. Roche, The mathematics of measurement: a critical history (histoire critique de la mesure), Springer, 1998, et 91 .. Son second ouvrage, Non nullae propositiones de parabola (sur la Parabole), dédicacé au jésuite de Bamberg, sort à Rome la même année (1603). Ghetaldi y définit les paraboles comme sections d'un cône de révolution.
Le retour à Raguse
thumb|upright=1.2|Vue de Ston depuis les remparts. Aperçu des salines en arrière-plan à droite