Jean V de Parthenay-L'Archevêque, ou Larchevêque, sieur de Soubise, né posthume en 1512 et mort au Parc SoubiseLe Parc Soubise est aujourd'hui un parc privé, classé monument historique. Il n'en subsiste que les monuments érigés au : . Le château du parc Soubise, au travers de vieilles photographies peut se voir sur le site des archives de Vendée. à Mouchamps en Vendée, le , est un noble français protestant, dernier seigneur de Mouchamps, issu d'une branche cadette de la famille de Parthenay-l'Archevêque. Sa mère est l'humaniste Michelle de Saubonne ; sa fille et héritière Catherine de Parthenay, dernière du nom, épousera en secondes noces en 1575 René II de Rohan.

Combattant et ambassadeur d'Henri II pendant les dernières guerres d'Italie, il est au service du roi, qu'il accompagne depuis l'enfance. Converti officiellement au calvinisme en 1562, après le massacre de Wassy, il devient pendant la première guerre de religion l'un des plus ardents soutiens de Condé et du parti huguenot. Ses faits et gestes sont connus au travers des mémoires de sa vieJules Bonnet, François Viète, Mémoires de la vie de Jean Parthenay-Larchevêque, sieur de Soubise, accompagnés de lettres relatives aux guerres d'Italie sous Henri II et au siége de Lyon (1562-1653), L. Willem, 1879, 25 . tels que les a mis en forme le mathématicien François Viète, son avocat et secrétaire entre 1564 et 1566. Ils ont été publiés en 1879 par Jules Bonnet et abondamment commentés et popularisés par Frédéric Ritter et Benjamin Fillon.

thumb|Armes des seigneurs de Parthenay : « burelé d'argent et d'azur, à la bande de gueules brochant sur le tout. »

Familier du roi Henri II, puis de la régente Catherine de Médicis, Soubise est accusé - sans doute à tort - d'avoir commandité la mort du duc François de Guise. Son gouvernement de la ville de Lyon (1563) épargne néanmoins aux catholiques les cruautés du baron des Adrets ; et, jusqu'à sa mort en 1566, ses efforts contribuent à maintenir la paix entre les factions ennemies. Un temps, il espère même convertir la reine-mère à la doctrine des Calvinistes. D'après l'historien du Jacques-Auguste de Thou,

Un jeune homme de cour thumb|Renée de France, dont la mère de Jean est dame de compagnie Jean V de Parthenay est le fils unique de Jean IV, seigneur du parc Soubise situé à Mouchamps en Vendée, seigneur de Pauldon, de Vendrennes, du fief Goyau et de MouchampsOn retrouve l'histoire de ses logis sur le site du Pays des Herbiers.. Sa mère est Michelle du Fresne dite de Saubonne, la femina cordatissima de Guillaume BudéJules Bonnet, François Viète, Mémoires de la vie de Jean Parthenay-Larchevêque, sieur de Soubise, accompagnés de lettres relatives aux guerres d'Italie sous Henri II et au siége de Lyon (1562-1653), L. Willem, 1879, 28 .. Elle est également connue pour être la première protectrice de Bernard PalissyLouis Audiat, Bernard Palissy : étude sur sa vie et ses travaux, Didier et Cie, 1868, 155 .</ref>. Lorsque son père meurt, sa mère est dame de compagnie de Renée de FranceAuguste Laugel, « La famille et la jeunesse d'Henri de Rohan », dans la Revue des deux Mondes, volume 33, 1879, 56 .. C'est une lettrée, qui a introduit Clément Marot à la cour. Jean V de Parthenay sert d'enfant d'honneur auprès d'Henri II, de sept ans plus jeune que lui. Il est lui-même éduqué avec soin dans la connaissance des humanités, et passe alors pour l'un des jeunes gens les plus cultivés de son tempsJules Bonnet, François Viète, Mémoires de la vie de Jean Parthenay-Larchevêque, sieur de Soubise, accompagnés de lettres relatives aux guerres d'Italie sous Henri II et au siége de Lyon (1562-1653), L. Willem, 1879, 31 ..

En 1527, à l'occasion d'un célèbre procès, l'humaniste Guillaume Budé note sa ferveur et sa connaissance des bonnes lettres et révèle ce jeune page. Son nom est à l'origine de l'expression causa soubisanaLuigi-Alberto Sanchi, « Les Commentaires de la langue grecque de Guillaume Budé, l'œuvre, ses sources, sa préparation », Travaux d'humanisme et Renaissance, numéro 410, Librairie Droz, 2006 , 93 ..

En 1528, sa mère, deux de ses sœurs et lui-même partent en Italie, à Ferrare, Renée de France ayant épousé Hercule II d'Este ; Clément Marot les y rejoint peu aprèsClément Marot, Œuvres de Clément Marot, volume 1, Rapilly, 1824, 20 .. Jean de Parthenay y apprend à aimer l'ItalieJules Bonnet, François Viète, Mémoires de la vie de Jean Parthenay-Larchevêque, sieur de Soubise, accompagnés de lettres relatives aux guerres d'Italie sous Henri II et au siége de Lyon (1562-1653), L. Willem, 1879, 33 ., où il revient plus tard lors de nombreux voyages.

En 1536, sa mère est chassée de Ferrare ainsi que tous les Français de la cour d'Hercule II. Ce retour est chanté par Clément MarotClément Marot, Œuvres complètes de Clément Marot, volume 1, Rapilly, 1824, 407 . Clément Marot écrit plusieurs poèmes à propos des dames de Soubise. :

Jean V de Parthenay sieur de Soubise prend alors le métier des armes. Favori du duc d'Orléans, du Dauphin et de son frère, il est dès lors de toutes les guerres d'Henri IIAuguste Laugel, « La famille et la jeunesse d'Henri de Rohan », Revue des deux mondes, volume 33, 1879 57 .. Nommé gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, puis gouverneur et bailli de Chartres en 1539Ernest de Buchère de Lépinois, Histoire de Chartres, volume 2, Garnier, 1858, 617 ., il est pendant une année prisonnier à Lille, dans les Flandres. Capturé, il ne veut point se laisser nommer et se fait connaître de ses geôliers sous le nom d'emprunt impromptu d'AmblevilleJules Bonnet, François Viète, Mémoires de la vie de Jean Parthenay-Larchevêque, sieur de Soubise, accompagnés de lettres relatives aux guerres d'Italie sous Henri II et au siége de Lyon (1562-1653), L. Willem, 1879, 40 .. Ses mémoires précisent qu'ayant oublié le nom donné à ses ennemis, il met plus de deux heures à le retrouver. La suite de sa captivité est adoucie par l'attention que lui prêtent la femme et la fille de son gardienJules Bonnet, François Viète, Mémoires de la vie de Jean Parthenay-Larchevêque, sieur de Soubise, accompagnés de lettres relatives aux guerres d'Italie sous Henri II et au siège de Lyon (1562-1653), L. Willem, 1879, 41 .. À son retour, il prend parti contre les Guise et s'attache à la famille des Châtillon, avec lesquels il est comme un quatrième frèreJules Bonnet, François Viète, Mémoires de la vie de Jean Parthenay-Larchevêque, sieur de Soubise, accompagnés de lettres relatives aux guerres d'Italie sous Henri II et au siège de Lyon (1562-1653), L. Willem, 1879, 43 ..

En 1549, la mort de sa mère suit de cinq jours celle de sa sœur Anne de Parthenay, mariée au sieur du PonsAnne de Parthenay, mariée au seigneur Antoine de Pons est une ardente calviniste. Elle meurt à Paris d'un cancer. Belle et savante, elle est convertie au protestantisme à Ferrare par Calvin vers 1533. Ernest Dupuy, Bernard Palissy, Slatkine, 1970, 155 ..

Carrière militaire et guerres d'Italie thumb|plan de Metz assiégé par Charles Quint En septembre 1552, Jean de Parthenay est envoyé à Nancy par Henri II pour sonder le comte de VaudémontMatthew A. Vester, Jacques de Savoie-Nemours : l'apanage du Genevois au cœur de la puissance dynastique savoyarde au , Librairie Droz, 2008, 53 .. Ce dernier, pariant sur le respect de la neutralité de la Lorraine par l'empereur Charles Quint, décline l'offreOncle et tuteur de Charles III de Lorraine, Nicolas de Vaudémont, duc de Mercœur, décline l'offre de Jean de Parthenay car il estime inutiles les troupes défensives que lui propose le roi de France. C'est pourtant celui-ci qui l'a nommé gouverneur de Nancy le après en avoir destitué sa régente favorable aux Habsbourg. du roi de France. D’octobre 1552 aux premiers jours de janvier 1553, Jean de Parthenay participe au siège de MetzLe « plus beau siège qui fut jamais », selon Brantôme in Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantôme, volume 2, 415 ..

Le , Jean de Parthenay reçoit l'ordre du roi Henri II d'aller au-devant du duc de Parme et de le conduire à Fontainebleau. Le , de retour à Paris, il épouse Antoinette Bouchard, fille de François II, baron d'Aubeterre, et d'Isabelle de Saint-Seine, sa première femme. Antoinette d'Aubeterre est alors demoiselle de compagnie de la reine Catherine de Médicis ; née en 1532, elle a vingt ans de moins que son époux mais à partir de leur mariage, c'est elle qui prend en charge la gestion du parc Soubise, appelant par exemple Bernard Palissy et Philibert Hamelin, qu'elle protège, à régler certains différents qui opposent Soubise à ses vassauxBenjamin Fillon, L'art de terre chez les Poitevins, suivi d'une étude sur l'ancienneté de la fabrication du verre en Poitou, L. Clouzot, 1864, 119 .Ernest Dupuy, Bernard Palissy, Slatkine, 1970 158 ..

À peine marié, Jean de Parthenay reçoit l'ordre d'aller en Picardie se battre pour Thérouanne et Hesdin. Cette fois, les armées du roi subissent un terrible échec. Elles sont commandées par Antoine de Bourbon, dont la femme Jeanne d'Albret attend le futur Henri IV ; elle demeure sur les lieux du combat avec son mari. Antoine de Bourbon sauve Hesdin des mains des impériaux mais perd Thérouanne entre mai et juin. Quelques mois plus tard, Charles Quint reprend et fait raser les deux places fortesLettres d'Antoine de Bourbon et de Jehanne d'Albret, 15, 24, 44 et 49 .. Cette année-là sa femme accouche d'un fils. Le nouveau-né, leur seul enfant mâle, ne vit que cinq semaines. Avec ce nourrisson s'éteint la branche cadette des Parthenay-L'Archevêque.

Vers le mois de , Henri II découvre le rapprochement qui s'effectue entre le duc de Parme, Ottavio Farnèse et le roi d'Espagne Philippe II. Le roi, ses conseillers et le cardinal Carafa décident d'agir. Les Guise font envoyer Jean de Parthenay en mission à Parme pour l'éloigner. Il doit proposer au duc une alliance avec le roi de France et lui demander la main de son fils Oratio pour l'unir à Diane d'Angoulême. Il est également doté de lettres d'Henri II à remettre au duc de Ferrare afin de le rallier et de le prier de se joindre au Pape pour combattre les intrigues espagnolesGeorge Duruy, Le Cardinal Carlo Carafa (1519-1561) 176 ..

Jean de Parthenay y est nommé lieutenant général pour Sa Majesté, puis réside à Sienne ; du au suivant, il demeure à Parme, à raison de 500 livres par moisJean de Parthenay sur le site d'Histoire Passion. et contribue à tenir le duc dans une bienveillante neutralité à l'égard des Français (mais Farnèse finit par se rapprocher de Philippe II deux ans plus tard) ; parallèlement, Jean de Parthenay assiste, sans pouvoir lui porter secours, faute de troupes, à la capitulation de Montluc, à Sienne le Blaise de Montluc, Vincent Carloix, Commentaires de Montluc, A. Desrez, 1836, 806 .. thumb|Catherine de Parthenay Le , sa femme, Antoinette d'Aubeterre, accouche de Catherine, future femme de lettres et d'action, écrivain, mathématicienne et protectrice des sciencesqui meurt au Parc Soubise (Mouchamps) le 26 octobre 1631 où elle est reléguée sur ordre du Roi Louis XIII. Par elle, Jean V de Parthenay est l'un des ancêtres de la maison de Rohan. L'année suivante, Jean de Parthenay monte à l'assaut de Denain et manque perdre la vie lors de l'assaut qu'il donne avec l'amiral de Coligny, car, blessé à la tête et jeté à terre, il manque de se trouver étouffé par son propre heaume. Il poursuit néanmoins l'assaut tête nue jusqu'à la fin des combatsJules Bonnet, François Viète, Mémoires de la vie de Jean Parthenay-Larchevêque, sieur de Soubise, accompagnés de lettres relatives aux guerres d'Italie sous Henri II et au siége de Lyon (1562-1653), L. Willem, 1879, 48 ..

En 1555, Jean de Parthenay commande des travaux d'arpentage à Bernard PalissyDufay Bruno, Kisch Yves, Trombetta Pierre-Jean, Poulain Dominique, Roumégoux Yves, « L'atelier parisien de Bernard Palissy », in Revue de l'Art, 1987, , 33-60 ..