Hennezel est une commune française située dans le département des Vosges en région Grand Est.

Le nom de cette commune lui a été donné par la famille d'Hennezel, famille de gentilshommes verriers d'extraction chevaleresque.

Ses habitants sont appelés les Hennezellois.

Géographie Localisation Hennezel est une vaste commune de la Vôge entre Darney et Bains-les-Bains.

Géologie et relief La vallée de l'Ourche accueille plusieurs hameaux : Clairey, la Frison, la Hutte, la Forge Neuve et enfin l'abbaye de Droiteval…

Sismicité Commune située dans une zone 2 de sismicité faibleInformations sur les risques naturels et technologiques.

Hydrographie Réseau hydrographique La commune est située dans le bassin versant de la Saône au sein du bassin Rhône-Méditerranée-Corse. Elle est drainée par la Saône, l'Ourche, la Houdrie, le ruisseau de la Ferme de l'Hôpital, le ruisseau de la Gorge le Loup, le ruisseau de Thiétry, le ruisseau des Bocards, le ruisseau des Orgoneaux et le ruisseau Noires Gouttes.

La Saône longe le territoire communal sur son flanc nord et en constitue une limite séparative naturelle avec Vioménil. Elle prend sa source à Vioménil au pied du Ménamont, au sud des monts Faucilles à d'altitude. Elle conflue avec le Rhône à Lyon, à l'altitude de après avoir traversé le val de Saône.

L'Ourche, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune de Gruey-lès-Surance et se jette dans la Saône à Claudon, après avoir traversé .

De nombreux étangs complètent le réseau hydrographique : Brise-Verre, la Planchotte, le Torchon, Clairefontaine, la Verrerie de BelruptL'eau dans la commune.

vignette|centre|redresse=2.0|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseaux hydrographique et routier d'Hennezel.

Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Nappe des Grès du Trias Inférieur ». Ce document de planification, dont le territoire comprend le périmètre de la zone de répartition des eauxUne zone de répartition des eaux est une zone comprenant les bassins, sous-bassins, fractions de sous-bassins hydrographiques et systèmes aquifères définis dans le décret du 29 avril 1994, où sont constatées une insuffisance, autre qu'exceptionnelle des ressources par rapport aux besoins. de la nappe des Grès du trias inférieur (GTI), d'une superficie de , est en cours d'élaboration. L’objectif poursuivi est de stabiliser les niveaux piézométriques de la nappe des GTI et atteindre l'équilibre entre les prélèvements et la capacité de recharge de la nappe. Il doit être cohérent avec les objectifs de qualité définis dans les SDAGE Rhin-Meuse et Rhône-Méditerranée. La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le conseil départemental des Vosges..

La qualité des eaux de baignade et des cours d’eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité..

Climat

En 2010, le climat de la commune est de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat océanique altéré et le climat océanique altéré et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Bains », sur la commune de La Vôge-les-Bains à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...

Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site publié par Météo-France en ..

Urbanisme Typologie Au , Hennezel est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (82,7 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (82,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (80,4 %), zones agricoles hétérogènes (10,8 %), prairies (5,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (2,2 %), zones urbanisées (0,9 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=2.1|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Voies de communications et transports Voies routières D 164 vers Darney et Gruey-lès-SuranoPlan et voies routières.

Transports en commun thumb|droite|160px|Gare de Vittel.|alt= Fluo Grand Est.

Lignes SNCF Gare de Contrexéville Gare de Vittel

Toponymie

Le nom de la localité est attesté sous les formes La varriere Jehan Hennezel (1501) ; La verrierre Hannezel (1556) ; La verrière Hannehé (1561) ; Hennessey (1656) ; Hennesel (1775) ; Henzelle (1779)..

Le nom de cette commune lui a été donné par la famille d'Hennezel., famille de gentilshommes verriers d'extraction chevaleresque..

Histoire

Antiquité Ce village de l'ancien duché de Lorraine est très ancien. Sous l'occupation romaine, il portait le nom de ViamansilisOrigine du nom. Il est situé sur le versant est au pied du Ménamont où la Saône prend sa source, dans la forêt de Darney, où viendront s'installer les gentilshommes verriers.

Moyen-Âge L'art de la verrerie est une des gloires particulières de la Bohème. Les vastes forêts de la Vôge furent colonisées il y a près de par des familles qui se disaient originaires de Bohême. Ces familles ont donné, pendant plusieurs siècles dans cette région un grand essor à l'industrie, au commerce et à l'agriculture.

Une tradition constante et très ancienne rapporte en effet qu'au , un duc de Lorraine (peut être le duc Raoul, tué à la bataille de Crécy aux côtés du roi de Bohême, Jean de Luxembourg; ou son petit-fils, le duc Charles II, dit le Hardi, époux de Marguerite de Bavière) désireux de mettre en valeur les forêts impénétrables qui s'étendaient entre le Coney et la Saône, avait fait venir des frontières de la Bohême (Graslitz et Winterberg) et de la Bavière, des maîtres verriers pour implanter leur industrie dans cette région…

Au , ces verriers formaient quatre familles qui portaient les noms de Hennezel et de Thietrich (primitivement Hânsel qui veut dire "Petit-Jean" et Thietrich ou Dietrich, forme de Théodoric) et les noms de Thysac et de Bisevalle, qui semblent dériver de surnoms.

Ces familles ont toujours dit qu'elles avaient une souche commune. Elles avaient rang de gentilshommes et portaient le même blason que la ville de Darney : un écu à trois glands, pour rappeler les forêts séculaires où elles s'étaient établies.

Les armes de la ville de Darney sont « d'azur à trois glands montants d'or, feuillés et tigés du même ».

D’après des études sérieuses menées tant en Bohème par le docteur Bedrich Meudl de l’université de Prague qu’en France, il apparaît que l’on peut situer le verre en Lorraine de ces maîtres verriers entre 1390 et 1410.

Ils étaient verriers dit de « grand verre », c'est-à-dire qu’ils fabriquaient des verres à vitre et à vitraux par le procédé dit à « manchon », ou encore à la façon de Bohême dont ces quatre familles avaient le privilège.

Ces gentilshommes possédaient depuis « la nuit des temps » un secret de fabrication et des tours de main. Ils se les transmettaient de père en fils qu’un verrier ne descendant pas de ces familles n’avait pas le droit de connaître. Cette transmission du secret donnait lieu à un serment dont la curieuse formule fut en usage jusqu’au (voir les archives de l’État de Namur – protocole du notaire Darment : le serment de Christophe d’Hennezel de garder le secret de l’art de verrerie, ).

La charte des verriers du fut octroyée à la demande deL'Art de la Verrerie : Pierre Brysonale, fils de Jean Brysonale (c'est-à-dire Bisevalle) Herry fils Nicholas Mengin Jacob Guillaume de Tyson et Jehan son fils

Verriers et ouvriers des verreries ci-après : A/ Briseverre (verrerie de Briseverre ou Biseval) B/ Des enfants, c'est-à-dire « verrerie de Pierre Thiétry » ou la « grosse Verrière » (près de Hennezel). Fils et petit-fils du fondateur (Colin fils – Nicolas et Henri son frère). C/ Jacob ou Jacquot, ou Henri Jacquot (verrerie de Heuricel) qui appartenait à Mengin Jacob et Henri son fils. D/ Jean Hendel (Jehan Hennezel), c'est-à-dire la verrerie de Hennezel.

En 1448, cette verrerie (qui a donné son nom au village de Hennezel) est « vague », c'est-à-dire abandonnée, mais elle va être réparée. Elle est habitée par Guillaume et Jehan I du Thysac. En 1469, lors du renouvellement de la Charte, elle est habitée par Jehan de Hennezel et ses trois fils : Claude I, Didier I et Jehan II d’Hennezel qui fondèrent en 1501 la verrière du Fay de Belrupt dite du « Tourchon » (appelée par la suite et improprement le Torchon)Verrerie du Fay de Belrupt, fondée en 1501 par trois frères de Hennezel - Situation du hameau du Tourchon. En 1448, ces quatre verrières étaient en ruine du « fait de guerre ».

Il semble bien que le premier four édifié fut celui de Hennezel. Par la suite, une trentaine d’autorisations ducales furent données pour la mise à feu de fours à verre en forêt de Darney (1475 à 1731).

Renaissance Il est certain que ces verreries ont donné naissance à de vrais villages dont plusieurs existent encore. Il suffit de regarder la carte pour se rendre compte des étendues considérables de terrains qu’ont défrichés les verriers et les multiples étangs qu’ils ont créés, les villages, hameaux, fermes qui doivent leur existence aux familles qui se disaient originaires de Bohême. L’influence de ces gentilshommes s’étendit, en outre, à beaucoup d’autres localités, car au , la prospérité de leur industrie permit aux verriers de posséder des fiefs dans toute la région et plus tard hors de Lorraine.

L’ardeur des gentilshommes verriers ne tarda pas à déborder le duché. Bientôt les plus hardis d’entre eux, avec une énergie et un esprit d’initiative qui étonnent, n’hésitèrent pas à s’expatrier périodiquement pour implanter leur art de « grands verre carré ou en table » dans les pays les plus lointains.

De la fin du jusqu’au , on trouve des verriers de la forêt de Darney, en Italie, en Picardie, en Angleterre, en Suisse, dans la Sarre, le comté de Bitche, la principauté des Deux-Ponts, les Pays-Bas, le Nivernais, le Languedoc, etc.

La Vôge est bien la « patrie » des d’Hennezel, comme le fait remarquer feu le comte d’Hennezel d’Ormois dans son « Voyage au pays des ancêtres », étude manuscrite (ou dactylographiée en cinq exemplaires), qui est une mine extraordinaire de renseignements généalogiques, historiques, topographiques, un hommage grandiose au rôle et à l’histoire des grandes familles verrières.

Bibliographie