Le Centre communautaire laïc juif (CCLJ) est un centre communautaire juif à Bruxelles, Belgique.
Le CCLJ anime un site internet, publie un magazine, Regards, et anime une émission hebdomadaire sur Radio Judaïca, « Et si pas maintenant, quand ? ». L'organisation est membre du Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB) et du Centre d'action laïque.
Principes et objectifs thumb|Slogan pour lutter contre le racisme et la discrimination L’association a pour objet le développement de la culture au sein de la communauté juive dans le respect des principes du libre examen et des droits de l’hommeAnnexes au Moniteur belge, 8978/85, août 1985, ..
Au cœur des combats du CCLJ, on trouve « l’affirmation et à la transmission de l’identité juive laïque et humaniste », la perpétuation du devoir de mémoire envers la Shoah et les autres génocides du , la « défense des valeurs de laïcité, d’égalité, de mixité, de tolérance, de dialogue et d’ouverture héritées de l’humanisme juif », la « lutte contre toute forme d’antisémitisme, de racisme, de xénophobie, de sexisme, d'homophobie et [la] particip[ation] au combat contre l’extrême droite et toutes les politiques de discrimination »Qui sommes-nous ? Nos combats sur le site cclj.be (consulté le 16 mai 2016.)Simone susskind - Ive Van Orshoven, (texte traduit du néerlandais), ainsi que de « renforcer [sa] solidarité avec Israël et avec toutes les communautés juives dans le monde qui mènent le combat pour assurer leur existence physique, morale et culturelle »Qui sommes-nous ? Charte sur le site cclj.be (consulté le 16 mai 2016.).
David Susskind a résumé le combat du CCLJ par la maxime d’Hillel l’ancien : « Si je ne suis pas pour moi, qui le sera ? Si je ne suis que pour moi, que suis-je ? Et si pas maintenant, quand ? »Avis de décès de David Susskin sur le site de Rudy Demotte, rudydemotte.be.
Histoire Création Le CCLJ est créé en 1959 sous le nom de CCSJ (Centre Culturel et Sportif Juif) par des jeunes ayant survécu à la Shoah. Il fut dirigé par David Susskind, un Juif fréquentant les milieux communistes. Réfugié en Suisse durant la Seconde Guerre mondiale, il militera pour la promotion d'un judaïsme laïque.
Dès l'année de sa création, le CCSJ héberge un théâtre yiddish. La Colonie Amitié est créée un an plus tard par Charles Knoblauch, organisant des voyages en Suisse puis, à partir de 1967, à Saint-Idesbald, en Belgique. La JJL est fondée en 1963, suivie de la revue Regards deux ans plus tard. Le CCSJ devient le CCLJ en 1967.
À la suite de la guerre des Six Jours, le CCLJ mobilise des volontaires et participe à des collectes de dons de sang, de médicaments et de donations. Une édition spéciale de son journal, « La guerre contre Israël - Pourquoi ? », dénonce « le nationalisme arabe à l’assaut d’Israël -encouragé par Franco- soutenu par l’URSS » et affirme « qu’après l’extermination nazie, après Varsovie, le monde juif vit des moments cruciaux et décisifs de son existence. (...) Si une issue victorieuse est offerte à l’agression arabe, tout Israël semble destiné à devenir un vaste camp d’extermination ». L'année suivante, le CCLJ participe à la création du Comité belge pour une paix négociée au Moyen-Orient.
Il s'implique ensuite dans le combat des Refuzniks, Juifs d'URSS interdits d'émigration à l'étranger, en Israël en particulier, par le biais d'une conférence en 1971 avec David Ben Gourion, Menahem Begin et 900 délégués du monde entier ainsi que d'une seconde organisée également à Bruxelles en 1976. À la suite de la guerre de Kippour, il lance une Campagne de solidarité: « Israël je t’aime ». Il organise de contacts entre Israéliens et membres de l’OLP alors que ceux-ci étaient encore interdits et considérés comme membres d'une organisation terroriste par Israël et les États-Unis.
Le Cercle Ben Gourion, fidèle au principe de soutien inconditionnel à Israël, est créé en 1979 et le fossé se creuse avec les adhérents du CCLJ, plutôt de gauche. Principalement, à la suite de la guerre du Liban et de l’Intifada.
De 1985 à 1986, un groupe de rencontre et de réflexion informel, de 50 à , composé de Juifs, d'Italiens, d'Espagnols, ainsi que de Marocains laïques venus d'un Islam religieux se réunissait et aurait servi de terreau à la naissance du CLAM (Centre laïque arabo-musulman) fondé en 1989Anne Frennet-De Keyser, Une tentative d'organiser les laïques musulmans: le CLAM (Centre laïque arabo-musulman) 1989-1997 , journalbelgianhistory.be, 2007.
Initiatives politiques « Give Peace a Chance » En 1988, le CCLJ organise « Give Peace a Chance » : la première rencontre publique entre Palestiniens et Israéliens, l'année suivante est organisée une deuxième rencontre « Give Peace a Chance, Women speak out » consacrée au dialogue entre femmes. Et est créée l'organisation des Amis Belges de Shalom Archav (La Paix Maintenant).
Les initiatives en faveur de la paix au Moyen-Orient sont poursuivies, avec des conférences où se rencontrent des partisans des deux parties du conflit israélo-palestinien. À la suite de l'assassinat d'Yitzhak Rabin, l'Espace Yitzhak Rabin est inauguré en 1996, en présence de son épouse, Lea Rabin.
Malgré les opinions critiques d'Israël, comme celles de Simone Susskind., le CCLJ, s'oppose aux campagnes de boycotts menées contre Israël et critique les organisations comme BDS.. Leila Shahid et Chouki Armali (délégué général de la Palestine) reconnaissent le rôle important que le CCLJ avait joué « pour les Palestiniens », notamment par le biais de conférences.. En 2003, sur Radio Judaïca, Rafi Yerushalmi et Alain Tastiel accusent le CCLJ d’être corrompu, de dérive sectaire et de « mettre en danger les enfants israéliens, ceux des bus qui explosent », ce que le Président du CCLJ estime être d'un langage dénigrant et nauséabondsMichèle Szwarcburt, Dérive sectaire dans la Communauté juive, sur resistances.be, .
Le , le CCLJ organise le lancement de J-Call au Parlement européen qui critique le gouvernement israélien et tend à faire pression sur celui-ci.. Représentation communautaire En 2011, à la suite de l'invitation du Président de la Chambre des représentants André Flahaut, qui avait comparé l'État d'Israël au nazisme. ainsi que de pro-palestiniens et d'« un négationniste du génocide arménien » à un dîner de soutien, Isaac Franco, chroniqueur à Radio Judaïca, critique « le Flahaut du Mémorial de la déportation en 2006, le Flahaut de la mascarade de Nivelles en 2008 et de la manifestation violemment anti-israélienne du ».. Il critique les membres du CCLJ qui « s’en remettent entièrement à l’efficacité toute relative de leur stratégie du coup de téléphone et des petits arrangements entre amis et répugnent, même après avoir constaté son évidente insuffisance ou inadéquation, à exprimer publiquement l’indignation ou les attentes de ceux dont ils tirent leur légitimité ».. Le CCLJ critique ses propos, et y voit une exagération, et les résume en une phrase ironique : « opuscule raciste à Knokke, dérapage à la RTBF, Mein Kampf, même contenu »..
Le CCLJ avait condamné les propos du politicien Philippe Moureaux en 2012, qui avait comparé « les méthodes de Goebbels » à celle d'un journaliste lors d'une interview sur Maghreb TV ainsi qu'en 2015, après avoir accusé l'État Juif de répandre la haine des Arabes en Europe, et ainsi serait responsable de difficultés qu'ils rencontrent en Belgique et puis quand il avait exprimé son soutien à Dieudonné lorsqu'il s'était fait condamner par la justice.. À la suite des attentats de Paris, contre Charlie hebdo ainsi que contre des Juifs, le CCLJ a préféré ne pas commenter la réaction du président du parti socialiste belge, Elio Di Rupo, qui avait fait un parallèle entre les victimes des attentats et les Palestiniens. Il avait adopté le slogan « Je suis Charlie, je suis Juif, je suis Palestinien », et avait été critiqué notamment par le CCOJBJewishPost, E qué novèle à Lîdge ?, , janvier-février 2015, Guy Wolf. En 2016, à la suite de la comparaison faite par Rudi Vervoort entre les Juifs victimes de la Deuxième Guerre mondiale à des terroristes condamnés, Le CCLJ l'accuse de confondre lutte contre le terrorisme et nazisme. « Les Juifs, victimes de la barbarie nazie et de leurs collaborateurs zélés, étaient tous innocents. Contrairement aux criminels djihadistes, les Juifs étaient exclus et exterminés parce que Juifs. Les Juifs n'ont pas demandé à Rudi Vervoort que la mémoire de la Shoah soit instrumentalisée dans ce jeu de politicien entre la gauche et la droite. Ils lui demandent en revanche de veiller à ce que cette mémoire soit sanctuarisée et à l'abri de ce type d'incidents ».. Il condamne de même les propos du ministre de l’Intérieur Jan Jambon comparant la situation des djihadistes qui se sont cachés pendant des mois à Molenbeek à celle des Juifs cachés par des Belges sous l’occupation allemande..
Le , le CCLJ soutient le projet de reconnaissance de l’État de Palestine à la Chambre des représentantsReconnaissance de la Palestine : une résolution indigne de la Belgique , sur cadtm.org. Au cours de la même année, le Président du CCLJ, Henri Gutman, réaffirme le soutien politique du CCLJ à « la paix maintenant ».. Devoir de mémoire et humanisme En 2005, le CCLJ organise une manifestation regroupant une centaine de personnes, en faveur de l’extension de la loi de 1995 qui pénalise la négation du Génocide des Juifs, aux génocides des Arméniens et à celui des Tutsisarmenia09, sur resistances.be. En 2006 : création de la cellule « formation-jeunesse » du CCLJ, visant à sensibiliser les élèves de la Communauté française de Belgique, sur l’histoire des génocides et à la lutte contre le racisme et l’extrême droite. Le programme sera suivi par : « Mieux vivre ensemble » en primaire et « Travailler sur les racines du mal » en secondaires. En décembre, création de « Rencontres annuelles de la laïcité, de l’égalité et de la mixité » en collaboration avec l’association Ni Putes Ni Soumises. Sur l'antisémitisme À la suite de la montée de l'antisémitisme et du nombre croissant de Juifs qui quittent définitivement la Belgique, le président du CCLJ reconnait « [qu']il a fallu [au CCLJ] du temps pour reconnaître non le phénomène mais son intensité parce que cette idée du départ ne correspondait pas à nos valeurs. On s’est focalisés sur l’extrême droite mais on n’a pas voulu voir l’antisémitisme musulman car il émanait d’immigrés qui sont eux-mêmes discriminés. Il faut le dire, le reconnaître ! ...Battons-nous, la fuite n’est pas une solution... » et il conclut: « Je n'accuse pas, moi, les Turcs de Belgique d'être les assassins des Arméniens. Au CCLJ, nous condamnons la colonisation israélienne! »..
Initiatives culturelles Diverses conférences et projections de films sont organisées, notamment sur le génocide des Tutsis. En 1963 est fondée la JJL, un mouvement de jeunesse progressiste, qui organise des activités sportives et sociales. En 1985 et en 1987, deux Festivals des Cultures Juives. En , le CCLJ organise la Première Conférence Européenne pour un judaïsme laïque et humaniste, créant un programme de l'Année du Judaïsme pour les Bnei-Mitsva, où l'apprentissage du jeune Bar Mitzvah marque le passage à l'âge adulte et constitue un moyen de « s'inscrire de façon plus forte dans le judaïsme ». L'association abrite une crèche, ainsi qu'un club du troisième âge, un club de bridge et de cuisine. Elle a par ailleurs célébré son premier mariage juif laïque en 2002. Et la même année, inaugure ses nouveaux locaux en compagnie du Premier Ministre Guy Verhofstadt. Le CCLJ organise également des Collectes de fonds de soutien.
Depuis 2001, le centre organise l’opération Père Noël, qui vise à offrir des cadeaux et de la joie durant les festivités de Noël à des enfants malades et appelle à faire des actes de charité..
Journal Regards