Jean-Marie Bigard, né le à Fontaine-Luyères (Aube), est un humoriste, acteur et réalisateur français.
Biographie Enfance et adolescence Jean-Marie Bigard naît le à Fontaine-Luyères, il est le quatrième et dernier enfant d'une famille modeste : son père charcutier a dû renoncer à son activité pour raisons de santé ; sa mère est ouvrière chez un sous-traitant de l'industrie automobile. Il passe ses vacances d'été dans une ferme de l'Aube qu'exploitent ses grands-parents maternels, dans et vit avec la rentrée scolaire de mi-septembre.
Allergique aux et à l' de l'école, attaché à sa mère et , pouvant réussir et conscient de n'être , la puberté et la découverte des filles et le détournant de sa scolarité de ses propres mots, il redouble sa classe de quatrième puis il est mis en pension dans le collège privé de Mesnil-Saint-Loup. Comme son frère aîné, à 16 ans, il opte pour un BEP de mécanique générale, en trois ans en lycée technique.
Premières expériences professionnelles Sa formation en lycée technique terminée, et ne voulant pas devenir ouvrier comme sa mère et ses deux sœurs, en usine, pour arriver à la cinquantaine usé et brisé, il préfère , et vit d'expédients et autres petits boulots.
D'abord pompiste, il met à profit ses connaissances en mécanique pour organiser un commerce de vieilles Citroën Traction Avant, avec trois copains ayant échappé eux aussi au service militaire. Ils parcourent la campagne pour acheter les voitures au fond des granges, ils les retapent et ils les revendent à Paris pour trente fois le prix d'achat. En dernier recours il travaille trois mois dans une usine, pour .
Un poste de barman dans un café du centre-ville de Troyes, dans l’Aube, accepté pour soulager sa mère, gravement malade et hospitalisée, de la honte d'avoir un fils sans métier, confirme ce qu'il avait apprécié à l'école, au cours moyen : entendre des compliments sur son travail.
Son humour potache qui créait des revient derrière le bar, , à faire tout seul .
Il a lorsque sa mère meurt d'un cancer du pancréas. ; cette « catastrophe monumentale » ne l'empêche pas de réussir à continuer à faire rire les clients du bar, qui mais il plonge dans un état dépressif.
Un autre drame survient un an après le décès de sa mère: l'assassinat de son père dans sa maison, à coups de couteau, par un bûcheron, ex-compagnon de la femme qui partageait sa vie depuis quelque temps. Après ce drame de la jalousie, relaté par les journaux, il ne survit que grâce aux antidépresseurs, et à son rôle de clown derrière son bar puisque .
Cette faculté de faire rire, pour ne pas pleurer et pour qu'on l'aime, ce lui apprennent son futur métier de comédien. Il prendra conscience plus tard que c'est la promesse faite à sa mère malade de se mettre à travailler vraiment et la mort de celle-ci, qui donneront naissance à sa vie professionnelle.
Après deux ans et demi au poste de barman, à , malgré les propositions de promotion de brasseurs convaincus de son savoir-faire, sa réputation de handballeur dans la presse locale le motive pour une formation d'entraîneur.
Sa candidature est acceptée par le Centre régional d'éducation populaire et de sport (CREPS), et, après six mois de formation, il devient maître auxiliaire remplaçant. découvre qu'il est un , réussissant à mettre élèves et meneurs dans sa poche. Investi et enthousiaste, il entrevoit pourtant après trois ans que . Durant ces années d'enseignement il a comme élève Raphaël Mezrahi, qu'il conduit au lycée régulièrement après l'avoir pris en stop.
Quittant l'Éducation nationale, il est engagé à nouveau derrière un bar, à la périphérie de la ville, dans une discothèque dont le propriétaire, sachant qu'il est « le barman le plus coté de Troyes », lui promet une participation de 30 % lors de la vente éventuelle de l'établissement. Cette activité nocturne, plus fatigante que celle de barman de jour, lui fait rencontrer les animateurs d'un petit théâtre du centre-ville, dont Jean-Christophe Le Texier, avec lesquels il monte sur les planches et écrit de petits sketches. Lassé au bout de deux ans et demi par le rythme du travail de nuit, il est soulagé quand le propriétaire lui apprend son projet de vendre la discothèque.
Les choses se précipitent à l'occasion de l'incendie de son appartement, vraisemblablement dû à une négligence causée par sa réaction à la nouvelle du décès d'un de ses copains de l'époque du commerce de Traction Avant. Ce drame est suivi de la cession de la discothèque, dont le propriétaire, qui lui avait promis 30 % des parts à son embauche, disparait dans la nature.
Hébergé six mois par un ami dans un bourg près de Troyes, à Buchères, où leur vie « a des allures de carnaval et de feu d'artifice », il va à Paris tenter sa chance avec appréhension.
Son objectif est de se faire repérer par Philippe Bouvard, grâce à sa connaissance du répertoire de Robert Lamoureux et à ses sketches écrits et joués à Troyes, et il passe pour la première fois à la télévision française en 1984, dans Le Petit Théâtre de Bouvard.
Débuts parisiens difficiles C'est avec son copain Tex, qui espére lui aussi entrer chez Bouvard, qu'il peaufine un nouveau sketch qu'ils présentent ensemble. Sa bonne connaissance du principe et du rythme de l'émission de la deuxième chaîne, acquise pour n'en avoir jamais raté une diffusion, sa confiance après avoir , sa conviction de , la certitude de devenir parce que détenteur d'une sur les autres, et les vifs encouragements des collaboratrices de Bouvard lors de l'audition de présélection se soldent par une déconvenue : Philippe Bouvard venant à passer le lendemain lors des dernières répétitions avant enregistrement, impose une modification impromptue au sketch, ne mettant dès lors en valeur que Tex interprétant un automobiliste, et reléguant Bigard dans dans un rôle de moteur, caché aux spectateurs par une couverture. et son comparse .
Jean-Marie Bigard ne se décourage pas dans son ambition d'obtenir une nouvelle chance donnée par Philippe Bouvard et il se jette dans l'écriture fébrile d'une cinquantaine de sketches en trois ou quatre mois, durant lesquels il est logé à Paris chez une amie rencontrée jadis lors de ses activités de barman.
Dissuadé sèchement de monter sur scène par Bouvard qui refuse tous ses sketches, celui-ci voyant toutefois en lui un « bon auteur » auquel il conseille « d'écrire pour les autres », il entreprend avec son ami Philippe Hodara, ancien auteur du Petit Théâtre de Bouvard, l'écriture d'un spectacle, Pièces détachées, constitué de sketches faisant intervenir trois comédiens dont lui-même. Brigitte Chardin et Frédéric Darie lui donnent la réplique lors des premières répétitions, et ils reçoivent l'aide du père de ce dernier, Jean Darie, pour la mise en scène.
Durant ses premières années à Paris, Bigard se présente, comme on le lui conseille, à un grand nombre de castings (plus de deux cents) mais il ne décroche, par pur hasard et juste pour sa , qu'un petit rôle de figurant, déguisé en Indien, dans .
Le spectacle Pièces détachées, enfin prêt, est présenté sans annonce et sans soutien au théâtre du Point-Virgule, minuscule salle dirigée par Christian Varini, qui assure lui-même la régie. Le public quotidien d'une moyenne de 10 à 15 personnes comble de bonheur Jean-Marie Bigard, fier d’être devenu enfin comédien, pouvant grimper chaque soir sur les planches, même s'il ne gagne pas un sou. Le spectacle ne décollant pas vraiment en un an, les jours sont difficiles, mais il est alors gracieusement aidé au moment du casse-croûte par la patronne du bistro d'en face.
Varini envisage sérieusement de renoncer à maintenir plus longtemps le spectacle, mais il se laisse convaincre de prolonger d'un mois la représentation après remaniement de la mise en scène, qu'il juge, expérience venant, .
Un ami de Brigitte Chardin accepte de remonter Pièces détachées, fait s'enchaîner les sketches plus vite, adopte un rythme soutenu pour ne pas laisser . Frédéric Darie quitte le trio, un autre comédien le remplace pour le mois de la dernière chance. Dès les premières représentations, le public rit différemment, plus spontanément. Le bouche à oreille commence à fonctionner au point que l'on compte bientôt une bonne cinquantaine de spectateurs par soirée et que des annonces dans Pariscope et L'Officiel peuvent être payées. Chacun des trois comédiens peut alors gagner francs mensuels, et Bigard ne regrette pas le sextuple autrefois gagné dans sa discothèque troyenne.
Le succès venant, le spectacle au théâtre du Point-Virgule est prolongé, alors que les comédiens comparses sont une bonne vingtaine à se relayer au cours des deux ans qui suivent. Entre-temps, Le Petit Théâtre de Bouvard s'essouffle et Bigard, convaincu de pouvoir faire mieux que dans son petit théâtre d'« à peine cent mètres carrés », suit avec attention la gestation d'une nouvelle émission annoncée pour , qui serait confiée à Fabrice, sur la troisième chaîne.
Carrière et ascension vignette|redresse|Jean-Marie Bigard en 2008.
Jean-Marie Bigard est révélé au grand public dans La Classe, sur FR3 en 1987. Il écrit cent sketches avec Laurent Baffie, et bien d'autres comme Franck Godard ou Pierre Veys. Au même moment, il écrit quelques sketchs pour les Nuls (alors en pleine gloire sur Canal+ dans Nulle part ailleurs), notamment le célèbre « Toniglandyl ».
Après la décennie des années 1980 des humoristes aux satires politiques du registre de la bouffonnerie contestataire, Bigard confirme sur scène en puisant dans le quotidien les traits d'un comique de personnages et de situation. Son premier spectacle à succès (Vous avez dit Bigard ?, 1988, mis en scène par Franck Godard) au Point-Virgule lui permet de s'installer dans un style « stand-up », dont la caractéristique est de ne pas jouer de sketches, mais de s'adresser au public durant toute la représentation. Se réclamant le fils spirituel de Robert Lamoureux, il touche également au cinéma comme acteur et comme réalisateur, mais également à la chanson, en interprétant des textes grivois et/ou parodiques, à l'image de Massey Ferguson, parodie de Harley-Davidson de Brigitte Bardot. On lui doit également le titre Un poil de cul sur ma savonnette, où il évoque la rupture amoureuse.
Durant les années suivantes entre 1990 et 1993, il présente trois spectacles distincts, mais manquant de nouveautés, car les sketches inédits sont noyés au milieu de ceux connus, même retravaillés et approfondis.
En 1995, il revient avec un spectacle inédit, 100 % Tout Neuf. Vu par près de , il s'y attelle à décortiquer . Il se joue des philosophes antiques, du roman Les Misérables, du droit et des lois. Sans doute a-t-il été influencé par ses pairs : lui affirmant qu'il ne serait jamais célèbre qu'en étant vulgaire et qu'en parlant, principalement, de sexualité. Ainsi, ce spectacle marquera un décalage avec ses autres spectacles. De fait, beaucoup de fans le considéreront comme le plus abouti, et lui-même le désignera comme son plus structuré.
En 2000, il revient avec Bigard met le paquet. Il y parle de sexualité de manière plus crue que jamais. L'affiche, représentant un slip moulant, suscite la polémique, mais le spectacle se démarque par un sketch sur la langue française : un hommage à Robert Lamoureux : ., et surtout le sketch intitulé « Le parano » différent du reste. Le , il joue la dernière à Bercy, devant . Il est parrain de l'association Bouchons d'amour.
Son spectacle Des animaux et des hommes démarre en , il y compare les modes de vie entre différentes espèces d'animaux et les hommes, en abordant notamment la communication et la sexualité. Ce spectacle bat des records d'affluence : la dernière, au stade de France, en , réunit .
En 2004, l’institut de sondage IFOP le désigne ..