vignette|283px Aunay-sur-Odon est une ancienne commune française, située dans le département du Calvados en région Normandie, qui a fusionné avec ses voisines pour former, le , la commune nouvelle des Monts d'Aunay.
Géographie La commune est au pied des premières hauteurs du Massif armoricain, sur l'Odon, à quelques kilomètres de sa source. Elle est en Pré-Bocage, que l'atlas des paysages définit comme un pays ., relief du nord du Bocage virois auquel on la rattache également. L'atlas des paysages classe la partie boisée en limite sud sur le synclinal bocain..
Située à l'intersection de plusieurs routes départementales, l'agglomération est à au sud de Villers-Bocage, à au sud-ouest de Caen et à au nord-est de Vire. La mène à Bauquay et à Caen au nord-est. La relie Aunay à Villers-Bocage au nord et à Thury-Harcourt à l'est. La rejoint Cahagnes et Caumont-l'Éventé au nord-ouest et Roucamps, Le Plessis-Grimoult et Condé-sur-Noireau au sud. La mène à Vire par Danvou-la-Ferrière et Estry au sud-ouest. D'autres départementales plus secondaires desservent les bourgs proches de Courvaudon, Bonnemaison, La Bigne, Longvillers et différents lieux-dits.
Aunay-sur-Odon est dans le bassin de l'Orne, par son affluent l'Odon qui traverse le territoire de l'ouest au nord, peu en aval de sa source située sur la commune d'Ondefontaine voisine. Les eaux sont collectées vers celui-ci par plusieurs petits affluents dont la Douvette qui marque la limite avec Courvaudon à l'est et le ruisseau du Val Boquet en limite nord-ouest.
vignette|centre|L'Odon à Aunay.
Le point culminant () se situe au sud, sur la limite avec Roucamps, dans le bois dominant le lieu-dit le Pied de la Bruyère. Le point le plus bas () correspond à la sortie de l'Odon du territoire, au nord. La commune est urbaine sur environ un huitième du territoire, boisée sur toute la limite sud et bocagère sur le reste.
Le climat est océanique, comme dans tout l'Ouest de la France. La station météorologique la plus proche est Caen-Carpiquet, à Distances orthodromiques selon le site Lion 1906.. Le Pré-Bocage s'en différencie toutefois pour la pluviométrie annuelle qui, à Aunay-sur-Odon, avoisine les (archive Wikiwix du site www.basse-normandie.ecologie.gouv.fr)..
Les principaux lieux-dits sont, du nord-ouest à l'ouest, dans le sens horaire : les Malais, la Grande Coquerie, le Château, le Moulin d'Aunay (au nord), le Maupas, les Marfins, la Faucterie, la Closerie, le Bourg, le Nid de Pie, le Hamel ès Bas, la Pallière (à l'est), la Gendrerie, Noire Nuit, la Petite Coquerie, Courtilbert, le Hamel aux Gabrieux, le Pied de la Bruyère, le Clos Fainéant, le Petit Pied du Bois (au sud), Ferme des Bouillons, les Vergers, la Bénardière, la Grêlerie, la Roguerie, le Hamel aux Prêtres, la Cour Vatel, Sous le Bosq, le Pied du Bois, le Petit Hamel, la Garenne, l'Abbaye (à l'ouest), le Breuil, la Planche Bourgeon, la Tannerie et les Peupliers..
Toponymie Le toponyme est attesté sous la forme castellum Alnei en 1142.. Il est issu du latin Alnus, « aulne »..
En 1895, Aunay devient Aunay-sur-Odon. L'Odon longe l'agglomération à l'ouest.
Le gentilé est Aunais.
microtoponymie Le hamel qui revient dans plusieurs toponyme est une forme ancienne du mot hameau Le maupas signale un mauvais passage, gué, col ou gorge La cour désigne un groupe d'habitation, une ferme. Elle est souvent suivie d'une nom de famille. La tannerie et autres désignent un village où cette activité était pratiquée (ici le travail du cuir) La garenne, les peupliers, le verger et autres reprennent des particularités du lieu ou son usage
Histoire Antiquité La ville est située sur un site déjà occupé à l'époque gallo-romaine, à la croisée des anciennes routes de Vieux à Avranches et de Bayeux à Condé-sur-Noireau.
Moyen Âge Le roman de Rou de Wace fait mention d'un sire d'Alnei. ayant participé à la conquête de l'Angleterre aux côtés de Guillaume le Conquérant.
La ville est dotée en 1131 d'une abbaye fondée par Jourdain de Say et son épouse Luce des Monts-de-Lenque et du Hommet., connétable de Normandie. Savinienne à l'origine, elle devient cistercienne à la fin du . Elle sera très endommagée par les guerres de Religion.
Les vestiges de son château du , surplombant le lieu-dit actuel du « Petit Pied du Bois », sont décrits dans le troisième tome de la Statistique monumentale du Calvados d'Arcisse de Caumont (1857).. Agnès de Say, en se mariant avec Richard du Hommet vers 1140, lui apporte les fiefs de sa famille dont la baronnie d'Aunay..
La forteresse servira jusqu'à la guerre de Cent Ans et sera rasée sur ordre de Bertrand du Guesclin à la fin du . Le bourg, implanté à deux kilomètres des ruines du château, s’est construit au fil du temps.
Vers 1362, dans le cadre de la reconquête de la Normandie par , la milice urbaine de Caen débarrassent le bourg des Anglais..
Époque contemporaine Le , la ligne Caen - Aunay-Saint-Georges est ouverte. Elle est ensuite prolongée jusqu'à Vire le Histoire chronologique des chemins de fer européens et russes.. Le transport des voyageurs sur la ligne de Caen à Vire est interrompu le Wilez.com.. Le transport de marchandises est par la suite limité à Jurques, puis définitivement suspendu. La ligne est alors déclassée et déferrée. La rue de la Gare rappelle aujourd'hui cette ligne disparue.
Jusqu'en , Aunay-sur-Odon abrite plusieurs types d’architectures, comme le colombage ou le style classique. Cet ensemble donnaient une identité pittoresque à la commune. Avant la Seconde Guerre mondiale, Aunay était déjà un village commerçant et agricole. Il y avait environ 1700 habitants qui participaient aux évènements de la commune, reconnus dans la région comme la foire au poulain, le carnaval ou encore la fête Notre-Dame.
Seconde Guerre mondiale
Après le succès du Débarquement, pendant la bataille de Normandie à la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’objectif de l’aviation alliée est d’isoler le front normand, afin d’empêcher l’acheminement des renforts allemands pour une contre-attaque vers la tête de pont alliée. La tactique des choke points consiste alors à écraser les carrefours routiers. C'est à cause de cette position de carrefour, entre Caen et Vire d'une part, et entre Bayeux et Falaise d'autre part, mais aussi entre Condé-sur-Noireau, Thury-Harcourt et Villers-Bocage, qu’Aunay-sur-Odon, village de deux-mille habitants au sud-ouest de Caen, subit un calvaire avec quatre bombardements stratégiques alliés. De plus, la commune est à proximité du Mont Pinçon, point culminant du Calvados, où se trouve une station de radio navigation allemande et les 276 et 326 divisions d'infanterie allemande. Le , la commune est bombardée vers 9h du matin. Les routes de Condé et Thury sont coupées mais les alliés considèrent que c’est insuffisant. Deux autres vagues aériennes de l’aviation alliée détruisent tout le centre du bourg tuant une centaine d'habitants. La première le , vers 7 heures, dure moins de dix minutes. La ville devient un brasier. Le , les Britanniques de la Division Blindée, « Les Rats du Désert », se battent dans Villers-Bocage contre les blindés allemands. La contre-attaque est violente, les Britanniques décident de se replier en fin de journée. La retraite a lieu la nuit du 13 et la journée du en direction de Livry. Afin de protéger le repli, il est décidé de rebombarder Aunay-sur-Odon. Une seconde vague de bombardement survient le mercredi vers . Dans la nuit du au , la ville est totalement anéantie par une quatrième vague de bombardement, la plus violente, qui dure 35 minutesAunay-sur-Odon sur normandiememoire.com.http://www.ina.fr/histoire-et-conflits/seconde-guerre-mondiale/video/RCC09000929/5-aout-1944-le-spectre-d-aunay-sur-odon.fr.html Le spectre d'Aunay-sur-Odon sur le site de l'INA.. 6500 tonnes de bombes incendiaires sont lâchées sur Aunay. Ce raid très précis et dévastateur des Avro Lancasters du groupe du Bomber Command, est organisé à la hâte à la demande de la Deuxième Armée, qui signale qu'Aunay contient de fortes concentrations de transports motorisés et de troupes allemandes.
Le clocher, chancelant, est le seul édifice restant. Dangereusement instable, il a été démoli peu de temps après pour des raisons de sécurité.
Les bombardements feront 165 morts parmi les habitants d’Aunay et laisseront une ville entièrement détruite.. La division blindée britannique « libèrent » les ruines de la ville le samedi dans le cadre de l’opération Bluecoat. Ce drame crée un profond et durable traumatisme parmi la population.
La Reconstruction vignette|Louis Lacaine, maire d'Aunay de 1924 à 1965.
À Aunay-sur-Odon, les élus affirment leur volonté de reconstruire et de moderniser la ville. Pour cela, le maire, le Dr Louis Lacaine, nomme Paul Legrand, maire adjoint, comme représentant des sinistrés de la ville. La maitrise des outils administratifs règlementaires de la reconstruction par les élus permet aux sinistrés d’obtenir le droit à la réparation intégrale de leur bien immobilier. Médecin et directeur de l’hôpital d'Aunay, officier de la légion d’honneur et maire d’Aunay-sur-Odon depuis 1924, Louis Lacaine est une des figures majeures de la Reconstruction de la ville mais aussi du Calvados. Étant conseiller général du Calvados ainsi que membre de cinq commissions de la Reconstruction (agriculture, communes sinistrées, coopérative des églises sinistrées, sous-commission des travaux et matériaux, bâtiments travaux publics), sa position lui permet une mise en place rapide des financements pour reconstruire Aunay. En 1947, il obtient un emprunt MRU (Ministère de la Reconstruction) garanti par l’État pour la reconstruction d'Aunay-sur-Odon qui se met en place rapidement.
La première pierre de la nouvelle ville, située rue du , est posée le par , directeur général au ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme. Plusieurs invités politiques sont alors présents dont des membres du ministère et du département : Gosselin, directeur du même ministère, Blain, délégué départemental de la Reconstruction du Calvados, Jean-Marie Louvel, député du Calvados, Max Martin, préfet du Calvados, et Laugier, sous-préfet de Vire. La reconstruction d'Aunay-sur-Odon est achevée dès 1951 sous la conduite de l'architecte caennais Pierre Dureuil.
Le deuxième Aunay une cité provisoire En attendant les grands chantiers de la véritable reconstruction d’Aunay-sur-Odon, des premières mesures sont mises en place afin de répondre à l’urgence et à la nécessité immédiate de reloger les habitants. Deux mesures sont ainsi prises : le déblaiement de la ville afin de dégager les axes routiers et la construction d’une cité provisoire faite en bois. Cette cité provisoire construite dès 1945, est située au sud de l’ancienne Aunay-sur-Odon, à l’emplacement de l'actuelle caserne de l'escadron de Gendarmerie mobile, de façon à ne pas empiéter sur le chantier de la Reconstruction. Cette cité est organisée telle une petite ville avec des habitations, des commerces, des écoles, une église, une mairie, etc… Il existe alors différents types de baraquements : Français, Américains et plus tard Suédois, encore aujourd’hui visibles rue de Suède à Aunay. La cité provisoire est utilisée jusqu’en 1958 pour ensuite devenir une caserne militaire.
Les maisons suédoises