Le Nandou d'Amérique (Rhea americana) est une espèce d'oiseaux d'Amérique du Sud de la famille des Rheidae. Elle est inapte au vol, de taille moyenne et voisine de l'autruche. C'est l'une des deux espèces actuelles de nandous avec le Nandou de Darwin.
Description Il s'agit du plus grand oiseau d'Amérique (devant l'autre espèce de nandou, le Nandou de Darwin), les adultes pesant pour une taille à la tête de ..
Les nandous ont un excellent système immunitaire qui permet à leurs blessures de cicatriser rapidement.
C'est un animal qui, comme l'autruche, est plutôt méfiant et garde généralement ses distances avec les humains ou tout autre possible prédateur, restant toujours en alerte. Il peut néanmoins faire preuve aussi d'un comportement agressif et ainsi charger et attaquer s'il est dérangé. En groupe, les mâles peuvent aussi être agressifs entre eux en période de reproduction.
Son plumage, présent également sur les cuisses contrairement à l'autruche, est gris-brun avec souvent la poitrine noire. Une ligne noire est généralement présente sur le front et descend le long de l'arrière du cou. En captivité, il arrive que les nandous soient très clairs, voire blancs (leucistiques aux yeux bleus ou albinos aux yeux rouges), mais des cas ont été aussi rapportés dans leur milieu naturel. Les jeunes sont blanc-beige avec des rayures brun clair dans le sens de la longueur.
Il n'existe aucun réel dimorphisme sexuel chez cette espèce même si les mâles sont légèrement plus grands que les femelles (mais ces dernières grandissent plus vite que les mâles) ; les mâles ont souvent un plumage plus foncé que les femelles.
Écologie et comportement Locomotion Oiseau coureur des pampas de l'Amérique du Sud, le nandou est très rapide et pratique, pour fuir, la course en zigzag. Ses ailes, particulièrement longues pour un oiseau qui ne vole pas, sont alors plus ou moins déployées pour servir de balancier et l'aider à conserver son équilibre ou à changer de direction dans les virages. Le mâle utilise aussi ses ailes lors de parades nuptiales pour attirer des partenaires potentiels et décourager les rivaux.
Le nandou peut ainsi atteindre une vitesse maximale proche de Terra Nova - Nandou. Le nandou se déplace souvent en groupe de 4 à 5 jusqu'à , voire 100 hors période de reproduction. C'est un oiseau silencieux, sauf durant la saison des amours, où il émet constamment de faibles bruits semblables à des grondements. Jeune, il émet des sifflements. Les nandous ont tendance à être moins vigilants lorsqu'ils sont en groupe, certains officiant en tant que sentinelles tandis que les autres vaquent ou se nourrissent ; un individu solitaire passera davantage de temps à veiller qu'à s'alimenter.
Alimentation Le nandou, comme les autres grands oiseaux terrestres tels que l'autruche et l'émeu, mange ce qu'il trouve au sol. Sa nourriture se compose ainsi de diverses graminées, de légumineuses, mais aussi d'insectes, de scorpions, de petits rongeurs, de petits oiseaux, de reptiles et de poissons à l'occasion (morts près des cours d'eau pendant les saisons sèches). Son alimentation varie grandement selon les saisons et l'habitat qu'il fréquente.
Il mange aussi les feuilles et les fleurs des plantes basses et moyennes. Son régime assez omnivore lui permet de se contenter d'à peu près tout ce qu'il trouve au sol, que ce soit des plantes indigènes ou introduites. Il peut aussi se nourrir de plantes à larges feuilles (comme des plantes cultivées telles que le bok choy, la bette à carde ou plus simplement le chou), de graines, de racines et de fruits. Les nandous profitent souvent aussi des charognes d'animaux pour attraper et gober les mouches qui s'y trouvent. Ils sont aussi coprophages et consomment ainsi les matières fécales fraîches d'autres animaux voire d'autres nandous, bien que de manière occasionnelle. Le nandou consomme aussi des matières végétales dures et parfois épineuses (ex : des tubercules ou des chardons).
Comme tout oiseau, le nandou avale tout rond sans mâcher sa nourriture et gobe des cailloux (gastrolithes) qui contribuent au broyage mécanique des aliments. Il avale parfois accidentellement des objets métalliques ou brillants, car comme beaucoup d'oiseaux, il est souvent intrigué (sans nécessairement être attiré) par les objets brillants et scintillants.
Il ne mange généralement pas de céréales, ni de monocotylédones en général, bien qu'il puisse s'en accommoder si besoin est. Aussi est-il souvent chassé par les fermiers dans les zones agricoles qui remplacent peu à peu son habitat d'origine, bien que dans les champs et les plantations de plantes qu'il n'aime pas, par exemple certaines céréales ou les eucalyptus, le nandou puisse être une espèce très bénéfique pour les agriculteurs puisqu'il consomme les insectes nuisibles tels les criquets, les sauterelles, les punaises et les cafards. Il arrive qu'il mange aussi en quantité des hyménoptères, sans se soucier des piqures que ces derniers peuvent provoquer.
En captivité, le nandou peut très bien se satisfaire de mélange de céréales (avoine, orge, maïs, etc.) pour compléter son alimentation. Les jeunes, dans la nature ou en captivité, consomment davantage d'aliments d'origine animale, principalement les insectes et arthropodes, que les adultes.
Reproduction La reproduction du nandou est analogue à celle des autres Palaeognathae (ratites) de grande taille comme l'autruche, l'émeu et les casoars. Il est polygame et atteint sa maturité complète vers l'âge de (maturité sexuelle vers ). La saison des amours a lieu au printemps et en été lors de la saison humide. Les femelles, elles, sont souvent polyandres (c'est-à-dire qu'elles se reproduisent avec plusieurs mâles à la fois).
Le mâle se constitue un harem de plusieurs femelles qu'il défend. Durant la période de reproduction, chacune des femelles pond deux à cinq œufs jaune pâle dans le nid creusé dans le sol par le mâle, donnant un total d'environ une vingtaine d'œufs par nid pour un harem de sept femelles, le nombre d'œufs pouvant aller jusqu'à 80 pour un nid avec une douzaine de femelles.
Après avoir pondu leurs œufs dans un premier nid, les femelles recherchent un autre compagnon pour pondre dans un second nid. Les nandous construisent généralement leurs nids assez près les uns des autres. Les mâles défendent alors vigoureusement leur territoire et s'occupent de la couvaison, qui dure , ainsi que des jeunes jusqu'à l'âge de six mois. Les œufs éclosent à moins de d'intervalle, même si certains peuvent avoir été pondus jusqu'à deux semaines d'intervalles. Beaucoup d'œufs n'arrivent cependant pas à maturité et les pertes dues à la prédation peuvent être grandes. Les jeunes sont nidifuges et suivent de près le mâle.
Le nandou peut pondre des œufs non fécondés dans un nid qui sert de leurre afin de protéger le vrai nid. Le nid en question est réalisé par le mâle en fonction de l'emplacement (souvent près ou en dessous de la végétation pour cacher le nid) et de la distance par rapport à l'accès à l'eau et à la nourriture, qui sont des facteurs cruciaux dans le choix des femelles envers les mâles.
L'appel "nan-dou" du mâle pendant la période de reproduction peut être à l'origine du nom donné à l'animal.
Le nandou a une longévité d'environ 10,5, 13 à 15 ans dans la nature comme en captivité bien que sa longévité maximale ne soit pas connue..
Répartition et habitat Le nandou vit principalement dans les pampas herbeuses d'Amérique du Sud et son aire de répartition comprend l'Argentine, la Bolivie, le Paraguay, l'Uruguay et une bonne partie de la côte est du Brésil. Il vit de préférence dans des zones de prairies découvertes et où il y a de la grande végétation (souvent dominée par des espèces de plantes des genres Imperata et Paspalum), et reste près d'un point d'eau durant la période de reproduction, mais il peut habiter une grande variété d'espaces ouverts différents comme les zones de type prairies, savane, les forêts broussailleuses, les zones chaparral ou encore des zones humides herbeuses. Il arrive qu'il soit aussi présent dans des zones humides, d'eau douce ou salée.
Il est cependant absent ou moins fréquent dans les zones typiques de forêts tropicales humides comme celles de la Mata Atlântica ou encore des hautes terres du Plateau brésilien. Le nandou est présent dans des zones d'altitudes basses et dépasse rarement les ().
Il occupe ainsi une niche écologique semblable à celle des ongulés de taille moyenne ou grande vivant dans les grands espaces tels les cervidés, équidés ou les bovidés, rares voire inexistants en Amérique du Sud depuis la fin de la dernière ère glaciaire avec la disparition de la mégafaune sud-américaine qui s'était établie avec le grand échange faunique interaméricain. La plupart des ongulés sud-américains restants et existant actuellement, comme les tapirs ou les pécaris, vivent dans les zones boisées tropicales ou semi-boisées.
Dans son milieu naturel d'origine, il côtoie et partage son habitat avec le cerf des pampas (Ozotoceros bezoarticus), le guanaco (Lama guanicoe) et le mara de Pantagonie (Dolichotis patagonum) dans les zones où leurs aires de répartitions respectives se chevauchent. Il partage aussi son aire de répartition au nord avec le loup à crinière (Chrysocyon brachyurus).
En dehors de l'homme, l'espèce n'a comme prédateur que le puma (Puma concolor), qui est son prédateur principal, et le jaguar (Panthera onca), de manière opportuniste dans certaines régions comme dans la plaine du Gran Chaco, en Bolivie centrale ou encore dans le Cerrado. Il arrive cependant que l'espèce soit victime des chiens errants qui peuvent s'attaquer aux jeunes et il est possible que le caracara huppé (Caracara plancus) et le Grand grison (Galictis vittata) puissent être un danger pour les nouveau-nés. Le tatou à six bandes (Euphractus sexcinctus) et le grand tatou poilu (Chaetophractus villosus) peuvent quant à eux manger et déranger les œufs dans les nids.
L'espèce passe de plus en plus de temps dans les pâturages comme les terres agricoles en raison du changement, du recul et de la disparition de son habitat d'origine, mais aussi à cause de la disponibilité de nourriture végétale et animale (ici des insectes principalement) ainsi que d'une bonne visibilité de loin contre les dangers, situation à laquelle les agriculteurs locaux réagissent en les chassant. Pourtant, les nandous, bien que pouvant se nourrir d'une partie des récoltes, utilisent souvent les monocultures pour se cacher des prédateurs plutôt que pour se nourrir des plantes elles-mêmes.
Nomenclature et systématique Le nom du nandou vient du guaraní ñandú guazu, ñandú signifiant « araignée » et guazu, « grand », soit « grande araignée », le plus probablement en relation avec son habitude d'ouvrir et abaisser alternativement les ailes lorsqu'il court.
Le Nandou d'Amérique, comme son espèce voisine le Nandou de Darwin, tire son nom scientifique de Rhéa, une Titanide grecque, et a été décrit à l'origine au par Carl von Linné, dans son ouvrage Systema naturae, sous le nom scientifique de Struthio camelus americanus, à partir de spécimens identifiés dans les états de Sergipe et de Rio Grande do Norte au Brésil en 1758.
Sous-espèces Actuellement, il existe cinq sous-espèces du Nandou d'Amérique reconnues par le Congrès ornithologique international ainsi que par la majorité des références taxinomiqueshttps://www.doc-developpement-durable.org/file/Elevages/Nandous/Rhea_Wikipedia-Fr.pdf.
Selon , le Nandou d'Amérique est représenté par 5 sous-espèces (ordre phylogénique) :
Rhea ameicana americana (Linnaeus, 1758) - campos du nord et de l'est du Brésil. ; Rhea ameicana intermedia Rothschild & Chubb, C, 1914 — Uruguay et extrême sud-est du Brésil (État du Rio Grande do Sul) ; Rhea ameicana nobilis Brodkorb, 1939 — est du Paraguay et à l'est de Rio Paraguay ; Rhea ameicana araneipes Brodkorb, 1939 — Chacó du Paraguay et de la Bolivie et du Mato Grosso ;