Une perle est une concrétion calcaire, généralement de couleur blanche, fabriquée par certains mollusques bivalves (principalement les huîtres perlières). Quand un objet irritant passe à l'intérieur de la coquille, l'animal réagit en entourant l'objet d'une couche de carbonate de calcium CaCO3 sous la forme d'aragonite ou de calcite. Ce mélange est appelé nacre.
Autrefois obtenues par le hasard ou cueillies par des professionnels dans le golfe Persique., les perles font au début du l'objet d'une culture qui a été mise au point par les Japonais du début du aux années 1970. Depuis, le secret de leur technique s'est répandu dans tous les archipels de l'océan Pacifique, et la Polynésie française en est le principal producteur en 2010. En Afrique, les perles traditionnelles, essentielles dans l'habillement, sont diversifiées et côtoient les perles modernes. Au de notre ère, lorsque les royaumes et dynasties africains émergeaient, les Rois, les Reines, les princes et les notables s'ornaient de perles d'or ou d'argent, sans oublier des perles traditionnelles en pierre, appelées en Afrique de l'ouest Dzonu ou encore Donou.
Biochimie
La nacre est un carbonate de calcium cristallisé sous forme orthorhombique (maille parallélépipédique) formant des cristaux d'aragonite. Ces cristaux se forment sur un substrat de protéines et de sucres complexes (4-6 %) qui lui confère une grande solidité. Il s'agit, de fait, d'une bio-minéralisation, qui peut servir de mécanisme de défense vis-à-vis de l'intrusion d'un corps étrangerMilet C, Les perles, de l'huître au bijou, Pour la Science, 2007, janvier 2008, .
La qualité esthétique de la perle dépend de l'épaisseur de la nacre (plus importante lorsque la perle est naturelle) mais aussi de la régularité de la cristallisation. Sa coloration est multifactorielle (par ex. espèce du mollusque, nutrition de l’huître, composition chimique des minéraux dissous dans l'eau environnante...).
Histoire de la perle Durant la préhistoire, « plusieurs tombes du Paléolithique ont livré chacune des centaines (voire des milliers) de perles et/ou de coquillages apparemment cousus à même les vêtements. Les exemples les plus connus sont ceux de La Madeleine (Dordogne), de Grimaldi (Italie) et de Sungir (Russie). Ce dernier site, un campement de plein air dans la steppe russe daté d'environ , abritait la tombe d'un adulte et, séparée de lui, celle de deux enfants inhumés ensembleN. O. Bader et Y. A. Lavrushin, "Upper Palaeolithic site Sungir (graves and environment)", Scientific World Moscow, 1998.. Des milliers de perles ornaient les habits des trois individus. »Gwenn Rigal, Le temps sacré des cavernes, José Corti, 2016, .
Une perle connue a été découverte dans les fouilles d'Oumm al Qaïwaïn par la mission archéologique française aux Émirats arabes unis. . Elle se trouvait dans une tombe collective, collée au crâne d'un défunt dont le corps avait été déplacé lors d'inhumations ultérieures. Des datations au carbone 14 datent le niveau de 5500 env. . La présence de perles en contexte funéraire était déjà attestée dans la région du golfe Persique et de l'océan Indiencf. carte, ., mais jamais avant le . À cette époque, les perles étaient généralement posées sur la lèvre supérieure du mort ; au , elles étaient plutôt placées dans sa main.
Joaillerie
Les perles sont utilisées pour confectionner des bijoux depuis l'Antiquité ; elles étaient appelées les larmes d'Aphrodite. Les familles romaines qui en avaient les moyens, achetaient à leurs filles une ou deux perles chaque année, afin qu'elles aient un collier complet à leur majorité. Le CIBJO reconnait quatre catégories de perles : les perles naturelles (très rares), les perles de culture, les perles composées, les perles d'imitation. À cela s'ajoutent les deux catégories d'eau douce ou d'eau de mer.
La valeur des perles est déterminée par leur forme (symétrie), leur brillance, leur taille, leur couleur et leur poids.
Les perles sont divisées en huit formes de base : rondes, semi-rondes, bouton, goutte, ovale, poire, baroque, baguée.
La brillance (ou lustre de la perle) est le plus important des critères pour juger de la qualité d'une perle, surtout pour les joailliers ; mais plus la perle est grosse, plus elle se vend cher. Les grosses perles parfaitement rondes sont très rares, et très recherchées pour des colliers à plusieurs rangs.
L'épaisseur de la nacre est un critère déterminant la qualité d'une perle. La nacre peut être considérée comme l'essence de la perle, car elle va lui apporter son lustre, sa teinte et sa durabilité. Une nacre épaisse permet à la perle de conserver durablement sa teinte et son apparence, contrairement à la nacre fine qui, même si elle peut être très belle, résistera moins aux altérations du temps.
La taille des perles dépend fortement de l'espèce produisant la perle. Pour les perles de Tahiti, le gouvernement de Polynésie Française avait fixé l'épaisseur minimale à de nacre. On ne permettait à aucune perle de Tahiti dont la nacre n'entrait pas dans cette norme d'être commercialisée. Cette interdiction n'est pas reconduite dans la loi du Pays ‐16 du 18 juillet 2017https://www.ressources-marines.gov.pf/wp-content/uploads/sites/24/2017/10/Loi-du-Pays-n%C2%B0-2017-16-du-18_07_2017-Activit%C3%A9s-professionnelles-perli.pdf.
Évaluation des perles La description complète d'une perle doit indiquer forme, qualité de surface, taille en mm et couleur (éventuellement la rareté de la combinaison). Par exemple dans l'ordre cité : R A 10 VA25 (e) signifie : ronde, qualité A, diamètre , couleur vert aubergine moyen-clair, (pièce exceptionnelle)
Les formes rondes (R) : 2 % maximum de variation du diamètre. Presque parfaitement sphérique. Les perles parfaitement rondes sont les plus rares et les plus chères. Elles sont le plus souvent montées sur des colliers ou de simples rangs de perles.
semi-rondes (SR) : 2- 5 % maximum de variation du diamètre. Une fois montées, elles paraissent parfaitement rondes mais ont une valeur moindre.
semi-baroque (SB) : plus de 5 % de variation du diamètre mais avec au moins un axe de révolution. Elles peuvent être en forme de bouton, de goutte, d’ovale ou d'autres formes non définies : bouton (BT) : légèrement aplaties. Utilisées en colliers, pendants ou boucles d'oreille. La partie arrière de la boucle est cachée, ce qui permet de montrer une perle ronde, plus grosse. goutte (DR) : (ou poire, larme) plus souvent utilisées en pendants d'oreilles ou de cou. ovale (OV) : utilisées en colliers, bracelets ou boucles d'oreilles.
baroque (BQ) : sans forme déterminée, irrégulière et sans axe de symétrie. Le plus souvent utilisées dans des colliers ou des pièces de joaillerie où la forme irrégulière peut être cachée, et laisser croire à une perle parfaitement ronde ou parfois la forme intéressante permet de les monter en collier.
cerclée (ou baguée) (CL) : Caractérisées par un ou plusieurs bourrelets ou sillons concentriques autour du corps de la perle, situés entre le tiers et la moitié. Si les cercles sont situés en dessous du tiers, la perle est classée sous sa forme primitive.
La brillance Appelé lustre, c'est le reflet brillant à la surface de la perle. Il est dû à la diffraction successive de la lumière à travers les différentes couches de nacre.
Les perles ayant des couches de nacre épaisses ont généralement un plus beau lustre que celles ayant des couches plus fines. L'épaisseur des couches successive de nacre n'est cependant pas le seul facteur donnant un beau lustre ; la translucidité et l'arrangement des plaques de nacre ont même une plus grande influence.
Une croissance rapide exerce une influence négative sur le lustre, car plus la nacre est produite rapidement - par exemple en eau chaude -, moins elle est translucide. Les perles de mer ont en général un meilleur lustre que les perles d'eau douce.
Le GIA considère 4 catégories de lustre : excellent (très brillant à éclatant) : réflexions brillantes, vives et distinctes ; bon (brillant) : réflexions brillantes, mais pas vives. Bords de la perle légèrement brumeux ; pâle (troubles) : réflexions faibles, non vives, embuées ; faible ou Pauvre (ternes) : réflexions faibles, diffuses.
Un lustre de grade excellent donnera une perle très brillante. La surface de la perle agit comme un miroir, elle reflète distinctement les objets. Plus le lustre est faible, moins la perle a de pouvoir de réflexion.
De façon générale, les perles d'Akoya présentent le plus beau lustre. Elles sont d'ailleurs cultivées en eau froide.
Certaines perles n'ont pas d'effet-miroir mais présentent néanmoins un lustre de très bon niveau avec un effet plus doux, comme satiné.
Le lustre est rarement si ce n'est jamais indiqué dans la description d'une perle.
Catégorisation standard La classification n'est valable qu'avec une analyse perle par perle. Pour l'évaluation d'un bijou composé de plusieurs perles comme les bracelets ou les colliers la classification se fait selon la majorité des perles. Dans un collier complet, certaines perles peuvent donc être de rang inférieur.
Système ABCD (système de Tahiti) Cette norme est en usage en Polynésie Française, soutenue par des textes législatifs et donc très utilisée pour les perles de Tahiti.
A : une imperfection ou groupe d’imperfections légères concentrées sur au plus 10 % de la surface. Très beau lustre. Les meilleures de cette catégorie sont qualifiées "top gemme" par les producteurs de Polynésie française.
B : quelques imperfections légères concentrées sur au plus 30 % de la surface. Lustre élevé à moyen.
C : imperfections légères concentrées sur au plus 60 % de la surface. Lustre beau à moyen.
D : imperfections légères et profondes concentrées sur au plus 60 % de la surface ou imperfections légères sur plus de 60 % de la surface. Lustre faible
avec plus de 60 % d'imperfections, les perles ne sont pas acceptables en joaillerie.
Il est possible de donner plus de précision en notant un "+" pour les meilleurs de chaque catégorie.
Par un arrêté daté du 31 juillet 2017https://www.ressources-marines.gov.pf/wp-content/uploads/sites/24/2017/10/Arr%C3%AAt%C3%A9-n%C2%B0-1258-CM-du-31_07_2017-Crit%C3%A8res-de-classification-de-la-PCT.pdf, le gouvernement de Polynésie Française introduit une catégorie supplémentaire, la catégorie E, correspondant aux perles ne remplissant pas les critères des qualités A à D.
Système AAA-A Un standard très utilisé est celui du Gemological Institute of America (GIA). Cet institut sous forme associative regroupe un ensemble d'experts en gemmologie. Évalue les perles selon des critères de formes, lustre, surface etc. Ce système est utilisé pour les perles d'eau douce, les perles d'Akoya et souvent aussi pour les perles des mers du Sud et de Tahiti.
AAA : 100 à 95 % de la surface sans défauts. Très haute qualité. Lustre très élevé. La perle est parfaitement ronde, et a un éclat miroir. Les meilleures de cette catégorie sont qualifiées "hanadama" par les producteurs d'Akoya.
AA+ : 95 à 85 % de la surface sans défaut.
AA : 85 à 75 % de la surface sans défaut. Lustre très élevé. Presque parfaitement rondes
A+ : 75 à 25 % de la surface sans défaut. Encore classée comme gemme.
A : 25 % de la surface sans défaut. Limite de la classification comme gemme. Lustre inférieur.
B : n'est plus classifiée comme gemme.
Il est courant de voir un tableau analogique entre les deux systèmes, assimilant la catégorie AAA à la catégorie A de Tahiti pour les plus belles perles et la catégorie A du GIA avec D de Tahiti. Cette correspondance n'est qu'approximative et indicative car les deux systèmes n'ont pas les mêmes critères de références. Celui du GIA est plus global mais aussi plus sélectif car multi-factoriel, et celui de Tahiti est plus précis car ne mesurant qu'un seul paramètre.
La taille