Le , un Boeing B-52 Stratofortress baptisé Czar 52, s'écrase au cours d'un vol d'entraînement en vue d'une démonstration sur la base de Fairchild, entraînant la mort des quatre membres d'équipage. L'accident s'est produit car le commandant de bord, Bud Holland, a piloté l'avion hors de ses limites opérationnelles et en a perdu le contrôle. Il en résulta un décrochage et la destruction de l'appareil par écrasement au sol. L'accident fut filmé et les images furent largement diffusées lors des journaux télévisés à travers les États-Unis Diehl, Silent Knights, , Thompson, Way, Way Off in the Wild Blue Yonder, USAF, AFR 110-14, , et Kern, Darker Shades of Blue.

Le rapport de la commission d'enquête conclut que les principaux facteurs ayant favorisé l'accident étaient la personnalité et le comportement du pilote Bud Holland vis-à-vis des règles de sécurité et la réaction de sa hiérarchie par rapport à celui-ci, ainsi que l'enchaînement des événements. Cet accident est utilisé comme cas d'école dans l'aéronautique militaire et civile pour l'enseignement de la gestion des équipages. En outre, les forces armées américaines utilisent souvent cet accident pendant la formation à la sécurité aérienne pour sensibiliser le personnel à l'importance du respect des règles de sécurité et à la conduite à tenir vis-à-vis de toute personne qui enfreint les procédures de sécurité.

L'accident Contexte thumb|left|alt=Schéma de l'organisation d'une escadre avec ses deux groupes et ses six escadrons|Structure normale d'une escadre de l'USAF avec ses groupes et ses escadrons.

Le à , heure locale (), sur la base aérienne de Fairchild, l'équipage du bombardier B-52H Czar52 de l'USAF stationné à Fairchild se prépare pour un vol d'entraînement en vue d'une démonstration au cours d'un prochain meeting aérien. L'équipage est composé des pilotes Lt.Col Arthur « Bud » Holland (), Lt.Col Mark McGeehan (), Col. Robert Wolff () et de l'opérateur système d'arme/navigateur radar Lt.Col Ken Huston (). Holland est le commandant de bord pour ce vol avec McGeehan comme copilote et Wolff comme observateur de sécurité. Holland est le commandant en second de la section « Évaluation et standardisation » du , McGeehan est commandant du , Wolff est commandant en second du , et Huston est officier opérations du Thompson, Way, Way Off in the Wild Blue Yonder. Kern, Darker Shades of Blue et USAF, AFR 110-14, .Holland, en tant que chef de l'évaluation et de la standardisation, était responsable de la connaissance et du respect des normes de vol pour les opérations de l'escadre..

Le plan de vol enchaîne des manœuvres difficiles : passages à basse altitude, virages inclinés à 60°, montée sous forte pente et un touché sur la piste 23 de Fairchild. Ce vol était aussi le vol d'adieu pour Wolff ; une tradition de l'USAF veut que lorsqu'un membre d'équipage prend sa retraite, il est accueilli à sa descente d'avion par ses collègues, ses amis et sa famille et arrosé d'eau. Donc ce jour-là, la femme de Wolff et plusieurs de ses proches amis sont présents sur l'aérodrome pour regarder le vol et participer à la cérémonie. La femme de McGeehan et ses deux plus jeunes fils regardent aussi le vol depuis leur maison située non loin Piper, Chain of Events, , Kern, Darker Shades of Blue, et USAF, AFR 110-14, ..

Décollage

Le B-52 décolle à et effectue la plupart des évolutions sans incident. Alors qu'il se prépare à exécuter le touché sur la piste 23 à la fin de sa présentation, l'appareil est obligé de remettre les gaz car un Stratotanker vient juste de se poser et est encore sur la piste. Conservant une hauteur-sol de (), Holland demande à la tour de contrôle l'autorisation d'effectuer une boucle à 360° par la gauche, ce qui lui est accordé. Le B-52 commence alors son virage autour de la tour à partir du milieu de la piste. Une zone abritant un site de stockage d'armes nucléairesDiehl, Silent Knights, ., dont le survol est interdit, se trouve juste derrière la tour.

Accident Il semble qu'Holland, pour éviter de traverser cet espace aérien, ait effectué un virage très serré et très incliné tout en maintenant sa faible hauteur (). Approximativement aux trois quarts de son virage, à , l'appareil s'incline à plus de 90°, chute rapidement et touche le sol, explosant et tuant tous les membres d'équipage. Le Lt.Col McGeehan était parvenu à s'éjecter, mais il périt dans la boule de feu créée par l'écrasement de l'appareil. Un aviateur au sol, en train d'observer, est blesséUSAF, AFR 110-14, toutes les pages..

L'enquête thumb|left|alt=Portrait du général Godsey|Le brigadier-général Orin L. Godsey, qui dirigea l'enquête de sécurité après l'accident.

L'USAF réunit immédiatement une commission d'enquête de sécurité sous la direction du chef de la sécurité de l'USAF, le brigadier-général Orin L. Godsey. La commission remet un rapport préliminaire le et le rapport final d'enquête est publié le . Le rapport de sécurité de l'US Air Force ne fut diffusé qu'au personnel du département de la Défense des États-Unis et ne fut pas rendu public. Un comité d'enquête sur l'accident, appelé « Enquête AFR 110-14 », a publié un rapport séparé en 1995. Contrairement à l'enquête de sécurité de l'USAF, le rapport AFR 110-14 a été rendu publicAir Force Link, Brigadier General Orin L. Godsey, et USAF, AFR 110-14, ..

L'enquête AFR 110-14 identifie plusieurs facteurs ayant contribué à l'accident, dont l'enchaînement réel de l'accident, la personnalité et le comportement antérieur de Bud Holland, l'absence de surveillance et de mesures correctives de l'USAF vis-à-vis de Holland, la préparation et l'exécution de la mission, et d'autres facteurs environnementaux et humains.

Enchaînement des événements thumb|upright=1.5|alt=Schéma montrant les force s'exerçant sur l'avion en virage|Illustration du décrochage en virage.Plus le virage est serré, plus la portance (et donc l'angle d'attaque) doit être élevée pour contrer le poids apparent (la somme de la force centrifuge et du poids). Le décrochage se produit donc à une vitesse plus élevée qu'à plat.

L'enquête montre que lorsque le B-52 entame son dernier virage autour de la tour de contrôle, la vitesse indiquée était de (). Lorsque Holland amorce son virage, il augmente la poussée des moteurs, mais cette action est trop tardive car les réacteurs mettent à réagir à l'action de la commande de gaz. Bien que l'anémomètre soit visible de l'ensemble des quatre membres d'équipage, ils laissent la vitesse décroître. Huit secondes avant l'impact, la vitesse indiquée de l'appareil était descendue à () et le roulis de l'appareil dépassait les 60°. C'est à ce moment-là que soit Holland soit McGeehan met le manche et le palonnier complètement à droite tout en redressant le nez de l'appareil et que l'avion entre dans une phase de décrochage en virage (ou décrochage sous facteur de charge). Ce phénomène, le décrochage en virage, se produit à une vitesse plus élevée que la vitesse de décrochage normale calculée pour un vol en palier. À cause de son roulis dépassant les 60°, la vitesse de décrochage de l'avion était à ce moment de (). Donc, en volant à (), l'appareil ne pouvait être maintenu à son altitude ; une augmentation de l'incidence dans le but de maintenir l'altitude ne pouvait que conduire au décrochage et la hauteur était insuffisante pour sortir du décrochage avant de heurter le sol.

Comportement antérieur de Holland et réactions de la hiérarchie de l'USAF La commission sur l'accident établit que la personnalité de Bud Holland constituait un élément significatif relativement aux causes préalables à cet accident. Le personnel de l'USAF attesta que Holland avait acquis une réputation de pilote impulsif qui bafouait régulièrement les règles de sécurité. Il volait souvent en dessous de l'altitude minimale de sécurité, dépassait les limites d'inclinaison en virage et les taux de montéeUSAF, AFR 110-14, .

Un incident eut lieu en 1991 quand un B-52 piloté par Holland effectua un tour au-dessus d'un stade de softball où sa fille jouait. Débutant à () de hauteur-sol, l'appareil de Holland effectua son tour avec une inclinaison de 65°, se retrouvant dans une situation de virage engagé. Un témoin décrivit la scène comme une « spirale mortelle », le nez de l'appareil ayant continué à descendre durant la manœuvre et l'inclinaison atteignant les 80°. Après avoir perdu (), Holland put reprendre le contrôle de l'appareilDiehl, Silent Knights, , Thompson, Way, Way Off in the Wild Blue YonderUSAF, AFR 110-14, ..

thumb|alt=Un B-52H au décollage.|left|Un B-52H au décollage pour une présentation avec une pente de montée normale.

Le pour le meeting aérien de Fairchild, Holland était le commandant du B-52 effectuant la démonstration aérienne. Durant ce vol Holland viola plusieurs règles de sécurité, dont une inclinaison et une pente trop importante, l'interdiction du survol du public et peut-être aussi le non-respect de l'altitude minimale. Le commandant de la base et de l'escadre, le colonel Arne Weinman, comme l'encadrement, observa la démonstration mais ne prit aucune sanction.

Le , Holland était aux commandes d'un B-52 pour un survol de la cérémonie de passation de commandement du . Pendant la répétition et le survol réel, l'appareil de Holland vola à une altitude de () — bien en dessous de l'altitude minimale autorisée —, effectua un virage incliné à plus de 45°, dépassa la pente maximum et réalisa un renversement. Le renversement n'est pas spécifiquement interdit mais n'est pas recommandé car il peut endommager l'avion. Après avoir assisté au vol le colonel Weinman et son adjoint, le colonel Julich commandant des opérations, réprimandèrent verbalement Holland mais ne prirent pas de sanctions officielles.

Le pour le meeting aérien de Fairchild, Holland est de nouveau aux commandes du B-52 qui effectue la démonstration aérienne. Pendant ce vol, Holland viole sévèrement les règles de sécurité, virages serrés à faible altitude à plus de 45° d'inclinaison et grand angle de montée, estimé à plus de 60° que Holland termine par un renversement. Le nouveau commandant d'escadre, le colonel Mickael G. Ruotsala, ne prend apparemment aucune sanction. Une semaine plus tard, le nouveau commandant adjoint des opérations, le colonel Capotosti, de sa propre initiative avertit Holland que s'il violait encore une fois les règles de sécurité, il l'interdirait de vol. Capotosti ne fait pas de compte-rendu de son avertissement et ne prend aucune autre sanction officielle.

Les 14 et , Holland est chef de mission pour une mission d'entraînement de deux B-52 sur un champ de tir près de Guam dans l'océan Pacifique. Pendant la mission, il fait voler son avion plus près de l'autre appareil que la réglementation ne le permet. Holland demande aussi à son navigateur de filmer le largage des bombes à partir de la soute à bombe, ce qui est aussi contraire au règlement. Plus tard, le navigateur de Holland montrera la vidéo à trois cadres de la base de Fairchild. Le premier, le lieutenant-colonel Bullock, le commandant du , ne fera rien à ce sujet et aurait même essayé d'utiliser la vidéo pour faire pression sur le navigateur pour qu'il accepte un poste de planificateur de mission pour l'escadre. Le deuxième, le commandant adjoint aux opérations du groupe, le lieutenant-colonel Harper, demandera au membre d'équipage de dissimuler la preuve. Le troisième, le commandant adjoint aux opérations, aurait répondu à propos de la vidéo : « OK je ne veux rien savoir au sujet de cette vidéo. Je n'en ai rien à faire. »Diehl, Silent Knights, , Kern, Darker Shades of Blue.L'article ne dit pas s'il s'agit du colonel Capotosti ou du nouveau commandant, le colonel William E. Pellerin.