Jean-Marie Vianney, dit le Curé d'Ars ou le saint Curé d'Ars, né le à Dardilly (près de Lyon), et mort le à Ars-sur-Formans (Ain), est un prêtre catholique français canonisé par l'Église en 1925 et objet d’une dévotion populaire.

Il est le curé de la paroisse d'Ars (alors « Ars-en-Dombes », aujourd'hui « Ars-sur-Formans ») pendant .

Il est nommé « patron de tous les curés de l'Univers » par le pape Pie XI en 1929. Il avait été annoncé en 2009 qu'il serait nommé « patron de tous les prêtres du monde » par Benoît XVI., mais en 2010, un communiqué indiqua que le pape avait changé d'avisFrédéric Mounier, « Le curé dArs ne sera pas le patron de tous les prêtres du monde », sur un blog de la Croix et se référant à l'agence Imedia ainsi qu'à une déclaration du Vatican à La Croix..

Biographie Enfance et première jeunesse Jean-MarieIl ajoutera Baptiste à ses prénoms à sa confirmation, en 1807. Voir . Vianney est né dans une famille de cultivateurs originaire de Dardilly, dans la région lyonnaise.. . Sa maison natale conservée en l'état, avec le mobilier d'origine, se visite. Elle est située au 2, rue du Curé-d'Ars à Dardilly..

En 1790, au début de la Révolution, l'abbé Jacques Rey, curé de Dardilly, prête serment à la Constitution civile du clergé . Cependant, le pape Pie VI désavoue la constitution en .

Comme la plupart des fidèles, les Vianney gardent leur confiance en leur curé et c'est donc en assistant à la messe d'un « prêtre jureur » que Jean-Marie fait ses premiers progrès en piété..

Bientôt, toutefois, ayant appris le caractère schismatique de la Constitution civile du clergé et du serment prononcé par l'abbé Rey, la famille Vianney entre en relations avec un Prêtre réfractaire à la Constitution civile du clergé, que le vicaire général de Lyon a envoyé comme missionnaire clandestin à Écully, village voisin de Dardilly. C'est ce prêtre réfractaire qui fait faire à Jean-Marie, âgé de treize ans, sa première communion (1799). dans une grange familiale, où la messe est célébrée clandestinement pour échapper aux persécutions religieuses de la Révolution française.

Les missionnaires interrompent en 1801 leur présence à Écully et il est donc à supposer que Jean-Marie, qui ne fréquentait plus l'église du curé de Dardilly, resta plusieurs années sans entendre la messe..

En 1802, le premier consul Napoléon Bonaparte, désirant rétablir la paix religieuse en France, signe un concordat avec le pape Pie VII, récemment élu. L'abbé Rey adhère au concordat et redevient le curé légitime de Dardilly. Le schisme des uns, la clandestinité des autres appartiennent au passé..

La commune de Dardilly était restée sans instituteur depuis le début de la Révolution française et la majorité des enfants ne savaient ni lire ni écrire. Fin 1803, la municipalité désigne un nouvel instituteur et la jeunesse, dont Jean-Marie Vianney alors âgé de fait partie, peut à nouveau fréquenter l'école.

L'abbé Charles Balley, curé « concordataire » d'Écully depuis 1803 et voué, selon la tradition génovéfaine, à la formation des prêtres (il prépare ses quelques élèves au grand séminaire de Lyon, rouvert depuis peu), accueille le très peu instruit mais ardent Jean-Marie, avec toute sa bienveillance, durant l'hiver 1806-1807, dans la petite école presbytérale qu'il a fondéeJean-Jacques Antier : Le curé d'Ars, un saint dans la tourmente ; Perrin ; 2006 ; ; .. C’est un élève médiocre, surtout parce qu'il a commencé à étudier très tardD'après , l'abbé Balley n'avait eu qu'un élève avant Jean-Marie Vianney et c'est à l'arrivée de Jean-Marie Vianney que, le nombre des élèves étant porté à deux, la maison de M. Balley put faire figure d'école. Selon , c'est par erreur que Francis Trochu () écrit que le P. Deschamps étudia au presbytère d'Écully.. Il éprouve de grandes difficultés., et ses connaissances se limitent à un peu d’arithmétique, un peu d’histoire et un peu de géographie.

L’étude du latin est pour lui un supplice. bien qu’il soit aidé par son condisciple Mathias Loras, futur premier évêque missionnaire de Dubuque ; ., qui lui donne quelques leçons. L'abbé Balley, cependant, connaissant sa piété et les mortifications qu'il s'inflige, ne doute pas de sa vocation..

La désertion thumb|left|Le trois mai (1808) par F. Goya. La guerre d’Espagne réclame alors beaucoup de soldats et Jean-Marie est enrôlé en 1809. Il a .. Les étudiants ecclésiastiques étaient exemptés du service militaire, mais il est possible que les vicaires généraux aient pensé que, vu la grande ignorance de Jean-Marie Vianney, le présenter comme étudiant aurait pu sembler frauduleux..

Jean-Marie déserte. Il existe de cette désertion deux versions, dont chacune a pour elle plusieurs témoins.. Selon l'une, Jean-Marie Vianney, qui avait été malade et était encore convalescent, éprouva des difficultés à rejoindre son régiment, s'égara et, pour ne pas être puni comme déserteur, accepta la proposition d'un paysan de le cacher sous un faux nom, comme instituteur dans son village. Selon l'autre version, la désertion fut délibérée.

Même les témoins qui présentent la désertion comme quasi involontaire font état de la répugnance que la guerre d'Espagne inspirait au jeune Vianney, qui, comme la plupart des catholiques, croyait cette guerre contraire à la volonté de Dieu..

Il s'installe sous un faux nom aux Noës, village d'un peu plus de dans les Monts de la Madeleine, à l'ouest de Roanne, et y donne des leçons aux enfants dans diverses familles. Le maire et le curé sont au courant de sa situation irrégulière mais ne craignent rien des habitants du village, la plus grande partie de la population paysanne de la région étant encline à protéger les réfractaires..

Quand, le , Napoléon signe un décret amnistiant les insoumis à condition qu'ils se mettent à la disposition des autorités départementales, Jean-Marie Vianney, par une décision dont le caractère délibéré ne fait cette fois aucun doute, décide de rester déserteur..

Les autorités impériales, qui refusent de croire que le père de Jean-Marie ignore la cachette de son fils, lui infligent de lourdes amendes pour faire pression sur lui, si bien que le jeune frère de Jean-Marie accepte de servir à sa place contre une indemnité payée par le père.. Il semble que le père n'ait pas pardonné à Jean-Marie Vianney sa conduite en cette affaire..

Le séminariste N'étant plus considéré comme déserteur, Jean-Marie peut regagner l'école presbytérale d'Écully.. En 1812, l'abbé Balley le présente au petit séminaire de Verrières, qui avait été ouvert clandestinement, un décret de Napoléon ayant limité à un par département le nombre des petits séminaires..

Il est très mauvais en philosophie, bien qu'on lui donne des leçons particulières en français, alors qu'elle s'enseigne normalement en latin.. Comme tous ses condisciples peu doués, il est dispensé de l'année de physique et envoyé directement faire sa théologie au grand séminaire Saint-Irénée de Lyon.. Il est à la charge de l'établissement, son père ayant refusé de participer aux frais de pension..

Ses capacités étant jugées insuffisantes, il est renvoyé chez son curé.. Toutefois, l'abbé Balley persuade les vicaires généraux que la piété de Vianney est assez grande pour suppléer à son ignorance.. Jean-Marie est ordonné diacre à Lyon en juin, mais, en l'absence de l'évêque du diocèse, il doit aller à Grenoble s'il veut recevoir l'ordination sacerdotale. Il part à pied. Il arrive le soir pour l'ordination du lendemain. À défaut d'une grandiose cérémonie dans la cathédrale, le séminariste est ordonné prêtre par Claude Simon le au grand Séminaire de Grenoble., installé alors rue du Vieux Temple, dans l'ancien couvent des Minimes de Grenoble.

Le curé d'Ars Il est alors envoyé à Écully comme vicaire de M. Balley.. Après la mort de celui-ci, il est nommé en 1818 chapelain d'Ars, village d'environ deux cents habitants de la DombesOn disait alors « Ars-en-Dombes ». Voir ., dans le département de l'Ain..

Ses fidèles l'appellent , bien qu'il n'en ait pas le titre officiellement, car Ars, qui n'est encore qu'une simple chapellenie rattachée à la paroisse de Misérieux, ne deviendra une paroisse qu'en 1821. Cette paroisse passera en 1823 de l'autorité diocésaine de Lyon à celle de Belley. .. Ils apprécient beaucoup sa gaieté, son affabilité, sa bonté et sa charité..

Les habitants d'Ars savent bientôt que leur « curé » mène une vie austère, mangeant peu et donnant tout ce qu'il a, et ils le voient passer de nombreuses heures en prière à l'église, avec une expression qui leur fait penser qu'il voit le Christ. Ils en concluent que c'est un saint.. Sa réputation s'étend très vite aux villages alentour..

150 px|thumb|Statue de Jean-Marie Vianney dans l'église de Sermentizon (Puy-de-Dôme, France).

La « Providence » À l'arrivée de l'abbé Vianney, l'école d'Ars, qui n'a lieu qu'en hiver dans une pièce très mal entretenue, est tenue par un instituteur étranger au village. L'enseignement y est médiocre, la formation morale et religieuse négligée et, chose qui déplaît beaucoup à l'abbé Vianney, les garçons et les filles sont ensemble.. Afin de remédier à cette situation, il décide de fonder une école de filles. Pour enseignantes, il ne veut pas de religieuses, qui « sont trop dames », mais des filles de la campagne qu'il aura formées lui-même. Il distingue deux jeunes filles, Catherine Lassagne et Benoîte Lardet, et les envoie à Fareins dans un pensionnat de sœurs où elles acquièrent en quelques mois de maigres connaissances.

Leur formation d'institutrices est incomplète, mais l'abbé Vianney est surtout soucieux de l'instruction morale et religieuse des enfants. Avec l'aide de bienfaiteurs, suppose-t-on, il achète une petite maison et, en 1824, y ouvre son école de filles sous le nom de « Maison de la Providence ». Il en nomme « directrices » Catherine Lassagne, Benoîte Lardet et Jeanne-Marie Chanay. Cette dernière, n'ayant pas de formation d'institutrice, sera vouée aux travaux manuels..

L'école étant gratuite, des familles des paroisses voisines y envoient leurs enfants. On accepte bientôt des pensionnaires (que l'école ne nourrit pas). Des bienfaiteurs fortunés fournissent des revenus réguliers à l'œuvre, ce qui permet d'agrandir la maison et d'accueillir des filles pauvres ou orphelines, même âgées de vingt ans, qui sont nourries, instruites et entretenues gratuitement..

À la « Providence », le curé d'Ars prend sa part des plus humbles besognes, notamment la vidange des fosses d'aisance, tantôt comme spectateur et tantôt comme acteur..

Le pèlerinage d'Ars

Vers 1827, la paroisse d'Ars – dont l'état religieux à l'arrivée de l'abbé Vianney est décrit dans la section La pastorale du curé d'Ars – est « convertie ». Ce résultat n'est pas dû uniquement à l'action du curé d'Ars : les missions, à Ars comme dans les environs, ont produit une importante recrudescence de la ferveur religieuse.. Ars, toutefois, va prendre une place exceptionnelle.

Très tôt, en effet, la réputation d'extrême austérité du curé, les diableries dont on le dit victime et les miracles qu'on lui attribue attirent vers Ars un nombre de plus en plus grand de personnes désireuses de se confesser à ce prêtre particulier. Ce mouvement, qu'on appelle le pèlerinage d'Ars, s'amplifie surtout de 1830 à 1835. et se maintiendra jusqu'à la mort du curé.

Pour détourner de sa personne la vénération des pèlerins, l'abbé Vianney crée dans son église une chapelle de sainte Philomène et c'est à cette sainte qu'il attribue désormais les grâces accordées aux visiteurs.. Cette mise du pèlerinage sous la protection d'une sainte qui allait être rayée du calendrier en 1961. est, selon l'abbé Laurentin, un trait d'« humour de Dieu »René Laurentin, Préface à René Fourrey, Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars, Vie authentique, 1981, ..

L'abbé Raymond