La Compagnie des mines de Vendin est une compagnie minière qui a exploité la houille à Annezin dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. La société est fondée le , elle commence par exécuter quelques sondages qui mettent en évidence la présence de charbon. Après bien des difficultés à placer ses actions, la société de recherches se transforme en société d'exploitation le . Elle commence alors à Chocques une fosse 1 qui est abandonnée la même année dans les sables mouvants à la profondeur de après avoir coûté .
Elle ouvre, à Annezin, une fosse 2, qui commence à produire en 1861 après bien des difficultés. La concession a été accordée entretemps le et porte sur une superficie de , situés au nord de celle Bruay et à l'ouest de celle de Béthune. L'exploitation est faible, et ne provoque que des pertes de 1861 à 1869. En revanche, de 1870 à 1875, notamment grâce à la période où les houilles sont très demandées, les bénéfices sont de . Cette situation permet à la Compagnie d'ouvrir à Annezin une fosse 3 à partir de 1873, qui entre en exploitation en 1877. Son ouverture permet dans les premières années une hausse de la production, qui décroît aux alentours de 1880. C'est vers cette date que les fosses sont renumérotées. Ainsi, les fosses 1, 2 et 3 deviennent respectivement les fosses 0, 1 et 2, où la fosse 0 est en fait l'avaleresse creusée et abandonnée à Choques en 1856. La Compagnie parvient à exister jusque 1900, date à laquelle les fosses sont inondées à cause d'une forte venue d'eau qu'il n'a pas été possible d'évacuer avec la seule machine à vapeur en service.
La Compagnie est alors ruinée, et déclarée en faillite. Douze ans plus tard, la Compagnie des Charbonnages de Vendin-lez-Béthune reprend l'exploitation dans la concession en ouvrant deux nouveaux puits à Vendin-lès-Béthune. La fosse est en zone libre durant la Première Guerre mondiale, elle produit même en 1917, si bien que vers 1930, le gisement est épuisé. La Compagnie reporte donc ses efforts dans le Boulonnais en y ouvrant une nouvelle fosse. Le puits 1 des mines de Vendin, situé dans le jardin d'une maison, est mis en sécurité fin 2009.
Historique
Avant 1880
Société de recherches
Le , Messieurs Bouchet, de Bracquemont et Hanon-Sénéchal constituent, sous le nom de Société Hanon, une société pour la recherche de la houille dans les environs de Béthune, à l'ouest de la concession de Nœux, alors instituée, et au nord de celle de Bruay, à l'instruction. Cette société se composait de de , dont sept, libérées de tous versements, sont attribuées aux personnes qui ont eu l'idée des recherches et qui en surveillent l'exécution. Un premier sondage, 269, est établi à Vendin-lès-Béthune. Il atteint le terrain houiller le , à ; puis une première veine de houille de , à , le ; et une deuxième de , à , le .
Un deuxième sondage, 270, est ouvert à Oblinghem par le système Kind. Après divers accidents, il atteint le terrain houiller le , à . Trois autres sondages ont été exécutés en 1855 : à Annezin, 271 ; à Chocques, 272 et à Gonnehem, 273. Les deux premiers rencontrent le terrain houiller et le troisième tombe sur le calcaire carbonifère.
Société d'exploitation
La Société de recherches Hanon se transforme en société d'exploitation par acte du . Elle n'est toutefois définitivement constituée que le , à la suite des difficultés qu'a rencontré la souscription des actions. La nouvelle Société prend le nom de Société Houillère de Vendin-lez-Bèthune. Elle est purement civile. Son objet est la continuation des recherches, l'obtention d'une concession et l'exploitation des mines découvertes et à découvrir. Son existence compte du jour où seraient souscrites 750 des de émises.
L'apport des fondateurs, sondages, matériel, droits d'invention et de priorité, est représenté par libérées. Trente-deux actions, également libérées, sont mises à la disposition du conseil d'administration pour récompenser les services rendus à la société, ce qui porte à 500 le nombre d'actions libérées. Les actions sont nominatives. La Société est gérée par un conseil d'administration composé de six membres, qui doivent posséder chacun au moins quinze actions. Ils sont nommés par l'assemblée générale pour six ans, et renouvelés chaque année par sixième. Leurs pouvoirs sont les plus étendus.
L'assemblée générale se compose de tout porteur d'au moins cinq actions, donnant droit à une voix. Le même actionnaire ne peut avoir plus de cinq voix. Son objet est d'entendre le rapport du conseil d'administration ; de recevoir les comptes et les approuver s'il y a lieu ; de nommer les membres du conseil et un comité de trois membres pour la vérification des comptes ; de fixer, sur la proposition du conseil, la quotité des dividendes annuels...
Le de chaque année, les écritures sont arrêtées et l'inventaire dressé par les soins du conseil d'administration, qui détermine le chiffre du dividende. Il est créé un fonds de réserve au moyen d'un prélèvement d'un quart pour cent sur les bénéfices nets de la société, c'est-à-dire sur les bénéfices excédant l'intérêt de 5 % payé sur les sommes versées. Ce fonds de réserve ne pourra dépasser . Les souscripteurs d'actions se font attendre, et c'est seulement le que la Société peut être définitivement constituée par la souscription de .
Émission d'actions à prime
Toutefois le conseil d'administration a confiance dans le résultat final de son émission et, le , il limite à 900 le nombre des actions à placer au pair, et décide une émission supplémentaire de avec une prime de au profit de la société. Mais il n'a pu en être placé que 94 à ces conditions. Il a été ainsi réalisé un premier capital espèces de .
Émission d'actions au-dessous du pair et d'obligations
Les difficultés énormes rencontrées dans le percement de la fosse 2, jointes aux dépenses faites à la fosse 1, ont complètement absorbé, au commencement de l'année 1859, le capital émis jusqu'alors de . Une somme de est nécessaire pour achever la fosse d'Annezin. Les embarras dans lesquels se trouve la Compagnie sont peu encourageants pour obtenir du public cette somme. On décide l'émission de de , rapportant 5 % d'intérêt et donnant droit aux souscripteurs de les convertir en actions, à la rencontre de la houille dans le puits, à raison de quatre obligations pour une action ; soit avec une prime de par action.
On autorise en même temps le conseil d'administration à se procurer les restant par l'émission d'actions à un taux qui ne peut être inférieur à . Les obligations sont souscrites avec empressement par les actionnaires, et les difficultés de la fosse d'Annezin étant surmontées, on ne juge pas utile de recourir à l'émission d'actions, qui d'ailleurs sont alors peu recherchées et en baisse. On se procure par des emprunts à des particuliers, emprunts que l'on s'oblige à rembourser dans le délai de cinq ans.
Ces , ajoutés au produit des payantes alors émises, et qui ont donné, avec les intérêts de retard, , soit un capital de , sont dépensés à la fin de 1860, et on ne peut continuer l'entreprise qu'en se procurant de nouvelles ressources. L'assemblée générale du décide l'émission de de , devant produire , rapportant 5 % d'intérêt et remboursables, avec prime de , en douze ans, à partir de 1864.
Ces obligations, parait-il, ne furent pas entièrement souscrites, car le bilan du porte pour les obligations et celui du , . Or les d'obligations créés le ont été, suivant les conditions de leur émission, converties en totalité ou en forte partie en actions dès le . Quoi qu'il en soit, à cette époque, les embarras financiers sont grands ; il est même question de prononcer la liquidation de la Société. Cette motion est repoussée et on décide l'émission, même au-dessous du pair, des actions restant à la souche. Un certain nombre de ces actions ont été placées ou souscrites par les administrateurs au taux de , soit avec une perte de sur le prix nominal de .
En résumé, la Compagnie de Vendin a émis à la fin de 1861, . sont attribuées aux fondateurs, 905 sont émises au pair, pour , 94 sont émises avec une prime de , pour , sont données en remboursement d'obligations, ou émises bien au-dessous du pair, et ayant procuré , soit un total de , pour .
Son bilan au s'établit ainsi : l'actif de est composé des actions pour , des actions libérées pour , des actionnaires pour , des débiteurs par compte pour , des terrains pour , des constructions pour , des machines pour , des approvisionnements pour , des travaux pour et de la caisse pour . Le passif de est constitué par le capital pour , les créanciers par compte pour et les obligations pour .
Ainsi, à la fin de 1861, la Compagnie de Vendin ne possède qu'une fosse entrant à peine en extraction. Elle a alors dépensé, en luttes contre des difficultés de travaux, la somme considérable de dont en travaux et en terrains, constructions, machines et approvisionnements.
Emprunts de 1875 à 1879
L'ouverture d'une troisième fosse en 1873, les difficultés que présente son creusement, nécessitent, dès 1875, l'émission de de , remboursables à , en huit années, à partir de 1878 et produisant un intérêt de 6 % soit . La Compagnie emprunte de plus, à divers, en 1875, 1876 et 1877, des sommes s'élevant à .
L'exploitation de la fosse 2 a réalisé, de 1870 à 1875, des bénéfices dont une partie a été distribuée en dividendes aux actionnaires. Mais dès 1876, cette exploitation est en perte et, pour éviter de se trouver sous le coup de remboursements exigibles à des dates rapprochées, on se décide, en 1877, à consolider la dette flottante par l'émission de du type de celles de 1875 et remboursables à , en huit ans, à partir de 1886, soit .
Le placement de ces obligations n'a pas pu être obtenu tout d'abord, et le , il n'en a été souscrit que 806. Enfin on parvient à placer parmi les actionnaires le solde de ces obligations dans l'assemblée générale du , ce qui a permis de rembourser la dette flottante de . Les intérêts et le remboursement de ces emprunts, impôt compris, constituent une lourde charge annuelle que l'on évalue à , de 1880 à 1885 et à , de 1886 à 1893.
Concession thumb|upright=1.5|La concession de Vendin est située au nord de celle de Bruay, et à l'ouest de celle de Compagnie des mines de Béthune. Le Boulonnais n'est pas représenté.
Aussitôt après la découverte de la houille au sondage de Vendin, la Compagnie Hanon a formé une demande de concession. La Compagnie Lecomte, qui vient d'obtenir la concession de Bruay, formule immédiatement une opposition à cette demande, et sollicite pour elle-même une extension de la concession de Bruay sur les terrains où les travaux de la Société de Vendin viennent de constater la présence du terrain houiller et de la houille. Elle appuie sa demande en concurrence par l'exécution de plusieurs sondages sur le terrain revendiqué par la Société de Vendin. Elle invoque en même temps la prétendue promesse faite par l'Administration, dans la lettre d'envoi de son décret de concession, de la réserve expresse, suivant elle, de tous les terrains situés au nord et au sud des limites de sa concession sur lesquels la présence de la houille pourrait être ultérieurement reconnue : enfin, le principe de la division du Bassin en tranches dirigées du nord au sud qui aurait présidé, dit-elle, à l'établissement de toutes les concessions nouvelles du Pas-de-Calais.
Ces arguments ont été écartés dans l'instruction des demandes par l'administration locale ; ils le sont également dans l'avis du Conseil général des Mines, et finalement un décret du tranche la question en faveur de la Compagnie de Vendin et lui accorde une concession s'étendant sur .
Travaux thumb|État des travaux en 1880.