Le , aussi appelé , est un bâtiment construit à Hiroshima en 1915 pour servir de palais d'exposition industrielle de la préfecture de Hiroshima, et qui est l'un des rares bâtiments à ne pas s'être effondrés lors de l'explosion de la bombe atomique le . Il est conservé à l'identique depuis, et est devenu un mémorial pour la paix et l'abolition des armes nucléaires. Son nom provient du terme japonais , abréviation du terme signifiant « bombe atomique ».
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Construction vignette|gauche|Le hall de l'exposition commerciale de Hiroshima pendant l'ère Taishō.
Conçu par l'architecte tchèque Jan Letzel., ce bâtiment de style européen est achevé en ... Remarquable par son dôme ovale et ses façades bombées, il est un point de repère pour les habitants et un symbole du département.
Décidée en 1910 par l'Assemblée de la préfecture de Hiroshima, la construction de ce bâtiment, vantant les mérites de l'industrie préfectorale, débute en 1914.
La structure de l'édifice, haut de , est faite de briques. Les murs extérieurs sont recouverts de pierre et d'une couche de ciment. Alors que la majeure partie du bâtiment dispose de trois niveaux, la partie centrale, située sous la coupole, en compte cinq. La coupole, qui constitue l'élément architectural le plus remarquable de la construction, dispose d'une armature en acier et est recouverte de cuivre. Haute d'environ , elle est de forme elliptique. L'axe majeur mesure et l'axe mineur .
Le bâtiment contraste alors avec les constructions en bois, ne dépassant généralement pas les deux niveaux, qui l'entourent. Initialement appelé , il prend en 1921 le nom de ; puis en 1933 celui de . Il accueille tout d'abord des productions de la préfecture, mais sert de bureaux à des entreprises à partir du .
Bombardement
Pendant la guerre, le hall de promotion est utilisé comme base militaire pour les hauts gradés.
vignette|gauche|redresse|Le dôme de Genbaku, photographié par Shigeo Hayashi un peu plus d'un mois après avoir été bombardé. vignette|redresse|Cliché du champignon nucléaire de Hiroshima, pris par le sergent George R. Caron le vers du matin.
Le , à du matin, la première bombe atomique explose à du sol, à environ au sud-est de ce bâtiment, au niveau de l'hôpital Shima (Ground zero), alors que c'est le pont Aioi reconnaissable par son plan en « T », situé environ au nord-ouest du dôme, qui est initialement visé.
Les constructions alentour sont instantanément rasées, mais cet édifice, ayant subi le souffle de l'explosion presque directement à sa verticale, reste en partie debout, offrant à la vue ses façades calcinées et l'ossature métallique du dôme telles qu'on peut les voir aujourd'hui. D'autres structures situées non loin du dôme résistent à l'explosion grâce à leur architecture en béton et non en bois comme la plupart des habitations de l'époque.
La trentaine d'employés travaillant dans le bâtiment sont morts sur le coup..
Un symbole de l’atrocité de la bombe atomique devenu symbole de paix La guerre terminée, le bâtiment est laissé à l'abandon pendant plusieurs années du fait de l'absence de consensus entre les survivants du bombardement atomique (nommés ) qui souhaitent le faire démolir car il incarne une histoire traumatisante et ceux qui souhaitent sa conservation. Ce n'est qu'à partir de que le débat trouve une issue lors de la mort à l'âge de d'Hiroko Kajiyama, une jeune femme atteinte d'une leucémie aiguë causée par les rayonnements ionisants de la bombe atomique quand elle n’avait que quelques mois. En effet, ses mots écrits dans son journal intime que résume la phrase émeuvent certains habitants qui créent un mouvement en faveur de la conservation du dôme afin de continuer à témoigner de l’atrocité de la bombe atomique après la mort des hibakushas. Six ans plus tard, en , ce mouvement pousse la mairie de Hiroshima à préserver ce bâtiment qui sera désigné sous le nom de « dôme de Genbaku ».
Bien que la volonté de la ville de Hiroshima soit de laisser le monument en l'état dans lequel il était après l'explosion, des travaux ont dû être entrepris afin d'empêcher que les assauts du temps mais également l'état général de l'édifice ne mettent en péril son existence en le menaçant d'effondrement. Les premiers travaux ont lieu en 1967, puis entre 1989 et 1990.. La structure a ainsi été renforcée avec de la résine époxy et un treillis métallique. Des éléments de maçonnerie ont aussi été rénovés. Dans les années 2010, le dôme est contrôlé tous les trois ans.
Inscription au patrimoine mondial de l'Unesco
Ces ruines sont classées site historique en puis inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco le .. La zone tampon, d’une superficie de , qui entoure le bien comprend le Parc du Mémorial de la paix.
L'appellation officielle sur la liste du patrimoine mondial est « Mémorial de la paix d'Hiroshima (dôme de Genbaku) », légitimé par le fait que le dôme est devenu .
Les représentants des États-Unis et de la Chine se sont opposés à cette inscription., déclarant qu'elle était « dénuée de toute perspective historique ». C'est notamment grâce à l'intervention du diplomate japonais Joji Hisaeda, dont les parents étaient eux-mêmes des hibakushas, que l'administration Clinton cède.
redresse=3|center|vignette|Panorama du site de l'explosion (photo prise depuis le parc du Mémorial de la Paix). Sur les bords de la rivière Ōta, le dôme Genbaku est visible au centre et le pont Aioi, en forme de T, cible initiale de la bombe, se trouve sur la gauche.
Commémoration vignette|redresse|Des lanternes sont déposées le sur la rivière Ōta.
Chaque année, des commémorations ont lieu le . Elles rassemblent de nombreuses personnes ayant un lien ou non avec les victimes de la bombe. Des tōrō nagashi (lanternes flottantes) sont déposées sur la rivière Ōta, certaines étant allumées avec des flammes provenant de l'incendie qui suivit le bombardement.. Ces lanternes sont appelées « les braises de la bombe atomique ». À , une prière silencieuse a lieu en compagnie du maire de Hiroshima, du premier ministre du Japon et de rescapés de la catastrophe.
Des œuvres liées au dôme Jean-Gabriel Périot a réalisé un court métrage intitulé Nijuman no borei (« ») reposant uniquement sur des photographies du dôme à travers l'histoire..
Notes et références
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