Le SIAI Marchetti SF-260, commercialisé depuis 1998 sous le nom d'Aermacchi F-260, est un avion-école italien dont la conception remonte aux années 1960. Largement utilisé pour l'entraînement des pilotes civils et militaires, il a été construit à près de 900 exemplaires.
Historique Aviamilano F.250 et F.260 Aviamilano F.250 : Au début des années 1960, Stelio Frati abandonna la construction en bois pour dessiner un triplace de tourisme et d’école de construction entièrement métallique. Le nouvel appareil était un monoplan à aile basse cantilever, train tricycle escamotable et réservoirs en bout d’aile qui conservait l'allure générale du F.8L Falco. Le prototype [I-RAIE] à moteur Lycoming O-540 de 260 ch effectua son premier vol le . Il fut détruit par accident le . Aviamilano F.260 : Le F.250 fut suivi de deux nouveaux prototypes [I-ALLA et HB-ELB] à moteur Lycoming O-540-E4A5 de . Ils se distinguaient extérieurement du F.250 par un montant de pare-brise incliné. Le premier vol intervint en 1966. Aviamilano n'étant pas parvenu à lancer la production de série, une licence de production fut accordée à SIAI Marchetti. Les appareils suivants furent donc construits à l'usine de Vergiate.
SIAI Marchetti SF.260 SIAI Marchetti SF.260 : Première version de série, identique au F.260. La désignation correspond à SIAI Marchetti Frati 260 ch! Destiné au marché civil, cet appareil fut construit à 61 exemplaires. Dès 1968 quatre exemplaires furent mis en caisse et envoyés aux États-Unis où l'importateur, Alexander Berger, décida curieusement de le commercialiser sous la désignation Waco TS-250-3 Meteor. Cet appareil n'a bien entendu aucun lien avec le célèbre constructeur américain Waco. Alexander Berger souhaitait produire ce triplace aux États-Unis, comme le ), mais début 1967 le SF.260 se vendait déjà 23 500 U$, un prix trop élevé pour le marché américain. SIAI Marchetti SF.260M : Version militaire d’entraînement dont le prototype effectua son premier vol le . La structure et le train d’atterrissage étaient renforcés, l’aérodynamique améliorée : modification du bord d'attaque, dérive plus haute. Cet appareil permettait l’entraînement élémentaire, la formation au vol aux instruments et de nuit, l’école de voltige et l’entraînement au vol en formation. Cet appareil connaîtra rapidement le succès avec une commande de 36 exemplaires pour la Belgique. SIAI Marchetti SF.260B : nouvelle version civile, incorporant les modifications du SF.260M. La certification FAA sera obtenue le seulement. SIAI Marchetti SF.260C : modernisation du SF.260B : les sièges sont abaissés, l’instrumentation modifiée, le relevage du train est plus rapide, etc. Ce modèle fut certifié le en Italie et le suivant par la FAA. Les livraisons débutèrent en 1977, le prix unitaire étant alors de . SIAI Marchetti SF.260D : Modernisation du SF.260C avec un moteur Lycoming IO-540-D4A5 ou AEIO-540-D4A5 de 260 ch et de nombreuses modifications de détail : train avant plus court, renforcement du longeron principal, circuit électrique…, masse au décollage portée à . Cet appareil fut certifié le . SIAI Marchetti SF.260E : version militaire dérivée du SF.260D pour participer à un concours de l’USAF (Enhanced Flight Screener). Moteur Lycoming IO-540-E4AF, trim électrique de profondeur, verrière et alimentation de carburant modifiés…. Le Slingsby T67 Firefly M-260 remporta la compétition, mais le SF.260E, certifié le en Italie, sera vendu à diverses forces armées : Zimbabwe, Uruguay, Mexique, Venezuela, Mauritanie, l'aviation italienne en réceptionnant 30 nommés T-260B. SIAI Marchetti SF.260F : en 1992 SIAI Marchetti proposa une nouvelle version du SF.260E avec un moteur à carburateur au lieu du modèle à injection directe. SIAI Marchetti SF.260TP : version militaire du SF.260C avec turbopropulseur Allison (aujourd'hui Rolls-Royce) 250-B17D de 350 ch dont le prototype [I-FAIR] prit l’air en . Le Zimbabwe et les Philippines ont modifié selon ce standard des appareils plus anciens. La certification civile italienne a été obtenue le , mais les perspectives de cet appareil sur le marché civil sont très réduites. SIAI Marchetti SF.260W Warrior : destiné à l’appui tactique, cette version du SF.260M dont le prototype [I-SJAV] prit l’air en , dispose de deux points sous voilure pour emporter jusqu’à de charges externes. Cet appareil était destiné à l’entraînement au combat, à l’appui tactique, au marquage de cibles, au contrôle aérien avancé ou à la reconnaissance armée comme aux missions de liaison. SIAI Marchetti SF.260SW Sea Warrior: appareil de surveillance côtière disposant de points pour charges externes modifiés et de réservoirs en bout d’aile agrandis pour loger un équipement de reconnaissance photographique et un radar de recherche.
Aermacchi F-260 En 1997 SIAI Marchetti fut absorbée par Aermacchi, qui poursuit le programme, produisant essentiellement des F.260E pour certains contrats militaires. L'Aermacchi F.260 est soumis à une rude concurrence depuis l'apparition de concurrents turbopropulsés comme le Pilatus PC-7.
Utilisateurs militaires vignette|droite|250px|Marchetti SF.260 de la Composante air belge
: Début 1969 la Force aérienne belge commanda 36 SF.260M pour remplacer les Stampe SV-4b d’entrainement de début de l’École de Pilotage Élémentaire (EVS) de Gossoncourt. Les livraisons s’échelonnèrent entre et le printemps 1971. En 1973 fut constituée une patrouille de démonstrations aériennes, les ‘Swallows’. Elle a été dissoute début 1984. Le l’escadrille de l’EVS a été rebaptisée . Une commande complémentaire de 9 SF.260D, équipés IFR, fut lancée en pour remplacer les appareils perdus. Le toutes les unités d’entraînement au pilotage de la FAeB furent regroupées au sein du Wing, à Beauvechain. En 1999 le camouflage type ‘Viêt Nam’ des SF.260M de la a été remplacé par une livrée jaune vif. À l’occasion de leur passage en révision, ces avions ont également reçu à partir de 1999 de nouvelles voilures. Depuis 2009 une nouvelle patrouille de démonstration, baptisée Hardship Red, regroupant quatre Marchetti SF.260, représente l'école de pilotage de la Force aérienne belge lors des meetings aériens. Les derniers SF.260 seront mis hors service en 2027, remplacés par 18 Pilatus PC-7 MKX. : en 1986 l’armée de l’air a reçu 10 SF.260, dont 4 neufs, les autres appareils provenant des surplus philippins. En six de ces appareils, démontés, ont été déchargés d’un Boeing B.707C sur l’aéroport belge d’Ostende et livrés à un client français.vignette|droite|250px|SF.260 aux couleurs du Burkina Faso : 3 SF.260C et 3 SF.260W ont été livrés fin 1981 à Bujumbura. 4 SF.260TP ont suivi en 1982. : 10 SF.260TP furent livrés en 1984, suivis d’un exemplaire supplémentaire en 1988, tous destinés à l’Académie de l’Air de Lideta. : 45 SF.260M ont été livrés à l’AMI. Désignés SF.260AM (Aeronautica Militare), ils ont été utilisés par le Stormo/Scuolo Volo Basico e Avancato ad Elica (SVABE) de Rome-Latina (207° Gruppo/Scuolla di Volo di Primo Periodo). 21 de ces appareils étaient encore en service en , quand l’AMI a passé commande d’une version modernisée désignée SF.260EA. Il s’agit du SF.260E avec une avionique spécifique à l’AMI et un cockpit réaménagé pour plus de confort. Le prototype a pris l’air le . Le premier des 30 exemplaires commandés a été livré le . : l’État libyen a acheté au moins 240 SF.260W dans les années 1970, ce qui en fait le premier utilisateur du SF.260. Un certain nombre a été cédé ou revendu à divers pays : Burkina Faso, Mali, Nicaragua, Ouganda…. Il semble que certains appareils libyens aient également été capturés par les forces tchadiennes durant les opérations aux frontières des deux pays. 70 appareils semblaient toujours en service en 2000, répartis entre Misurata, Sebha et Al Khufra. : 5 Aermacchi F-260E ont été livrés en 2000, dont un exemplaire portant le registre civil [5T-MAK]. : 30 Aermacchi F-260E ont été commandés par la Fuerza Aerea pour remplacer les vieux biplans de l’École de l’Air de Zapopan. Les 6 premiers ont été livrés en 2000. : entre 6 et 8 SF.260W, certains provenant certainement de Libye, ont été livrés à ce pays d'Afrique centrale. : 32 SF.260M, 16 SF.260W et 18 SF.260TP ont été livrés aux Philippines. Les SF.260TP équipent le Attack Squadron Jaguars, Strike Wing, basé à Sangley Point, les autres forment le 102nd Basic Flying Training Squadron au sein du 100th Training Wing sur Fernando Air Base. Tous devraient être mis au standard SF.260TP. : un nombre indéterminé d’appareils libyens (SF.260W) semblent avoir été capturés durant les nombreux conflits frontaliers opposant les deux pays. : 12 SF.260W ont été livrés en 1974 à la de Sfax, suivis en 1978 de 9 SF.260C pour équiper la sur la même base. En 2000 on comptait toujours 12 SF.260W, mais seulement 6 SF.260C. :40 SF.260D ont été livrés entre 1992 et 1995, dont 34 assemblés en Turquie, pour remplacer les Beech T-34A Mentor de la , 2nci Ana Hava Üs, basée à Izmir-Kaklic. : 13 Aermacchi F-260E ont été commandés pour remplacer les Beech T-34 Mentor de l’Académie militaire de l’Air de Pando, près de Carrasco. Les 2 premiers ont été livrés en . : en Aermacchi a annoncé la vente à la FAV de 12 F.260E (avec une option pour 12 appareils supplémentaires) pour l’entrainement de début, en remplacement des Beech T-34A Mentor du Grupo de Entrenamiento Aérea 14/Escuadrón Primario de l'armée vénézuélienne, stationné à Boca del Rio. Les premiers exemplaires sont sortis d’usine en . : 9 SF.260M étaient en service dans ce pays en 1986. : À sa création en 1980, le n° 6 sqdn récupéra les SF.260W et C rhodésiens. En furent commandés 6 SF.260B, tous livrés en . Un an plus tard le Zimbabwe a annoncé son intention de faire convertir les 14 appareils en service en SF.260TP.
Anciens utilisateurs militaires : La Fédération du Myanmar a pris livraison de 10 SF.260M d’entraînement et 11 SF.260W d’appui tactique. Les appareils encore en service furent revendus en 1990, par l’intermédiaire d’un revendeur belge, aux États-Unis (4 appareils) et au Sri Lanka (12 appareils). Un exemplaire est conservé par le musée de la Défense de Yangon. : 6 SF.260W furent livrés en 1978 pour équiper le Premier Escadron du Collège militaire d’aviation de Santa Cruz. Après une carrière discrète les trois derniers appareils furent cédés en 1987 à un revendeur belge pour finir dans un pays africain non communiqué. : Début 1982 la Force aérienne royale de Brunei prit livraison de 2 SF.260W pour remplacer les Piper Cherokee utilisés par le No 3 Sqdn pour l’entrainement des pilotes. La livraison de 4 Pilatus PC-7 en 1997 a probablement mis un terme à la carrière de ces appareils. : En 1977 un lot de 14 SF.260W, officiellement commandés par la République islamique, fut en fait livré à la Rhodésie. Trois autres SF.260W furent commandés en auprès d’un courtier belge, mais semblent avoir été stockés en Europe avant livraison. Deux ont été revendus aux États-Unis en 1983. ( de 1971 à 1997) : La Force aérienne zaïroise a acheté 12 SF.260C, livrés entre 1970 et 1971. En 1986 la d’Ecolage élémentaire, Groupe d’entraînement, Groupement aérien, possédait encore 9 appareils à Kinshasa. 5 ont depuis été revendus aux États-Unis. : En 1975 l’Émirat de Dubaï a reçu un unique SF.260W avec un lot d’Aermacchi MB-326, pour l’entraînement au combat. Cet appareil fut vendu aux États-Unis en 1983, remplacé par 6 SF.260TP destinés à l’Académie de l’Air. Les 5 derniers appareils ont été réformés en 2004. : sur les 6 SF.260TP livrés à l’École aéronautique militaire de Port-au-Prince, 5 furent revendus aux États-Unis, un exemplaire tombant en mer en cours de livraison. : en 2001 Singapour a cédé 15 (19 ?) SF.260M et SF.260W, pris en compte par le Skadron Udara 2 de l'armée de l'air indonésienne stationné à la base aérienne de Halim Perdanakusuma (Jakarta). 3 ont été mis à la disposition de la Fédération des sports aériens indonésienne (FASI).