L'escadron de chasse ¼ Gascogne est une unité de combat de l'armée de l'air française. Basée sur la base aérienne 113 Saint-Dizier-Robinson, elle est équipée de Rafale B et est la seconde unité de l'armée de l'air à en avoir reçus. Les avions de cet escadron portent les codes 4-XX.

Le 1/4 est également l’escadron parrain de la promotion 69 des Classes de l’Air de l’EPA749 à Grenoble.

Le 1/91 Gascogne est rattaché depuis le à la de chasse qui a été reformée le même jour sur la base de Saint Dizier..

vignette|Un Mirage IV A de l'escadron de bombardement EB 1/91 "Gascogne" (immatriculation 31-BD) basé a la base aérienne 118 Mont-de-Marsan en décembre 1986. vignette|Mirage IV P de l'escadron de bombardement 1/91 Gascogne sur le tarmac. Le Mirage IV n°62 Codé CI est pris en compte par l'Armée de l'Air en janvier 1968, il est le dernier Mirage IV construit..

Le temps de paix (1918-1939) et la constitution du groupe II/19 Le groupe de bombardement II/19, créé le , trouve ses origines dans les escadrilles de la Grande Guerre SAL 28 et SPA 79. En 1932, ces deux unités constituaient les escadrilles du camp de Cazaux : , commandée par le Capitaine Barthe, et du Capitaine Perronneau équipées respectivement de Nieuport 622 et Breguet 19 et de Breguet 19B.2. Chargées de mener des expériences de bombardement et de tir, ces formations donnèrent naissance en à une escadrille spécialisée dans la reconnaissance de nuit () et une autre (), destinée à la reconnaissance de jour. Quatre mois plus tard, une note ministérielle permit à ces unités de reprendre les traditions de la SAL 28 et de la SPA 79, dont les insignes sont respectivement l’éléphant du Nil et la tête de loup en profil. Intégrées dans le groupe de grande reconnaissance de Cazaux elles furent dotées de Potez 25 TOE et de Mureaux 113R.2 en , pour être transformées à peine quelques mois plus tard, sur Potez 540.

Puis en , le groupe de Cazaux devint une unité de bombardement, et il rejoignit en , la base de Bordeaux-Mérignac où il fut incorporé le de la même année à la , sous l’appellation de GB II/19. Dans le même temps, cette formation commença à passer, non sans de graves problèmes, sur Bloch MB.210. En , elle prit le chemin de l’Afrique du Nord afin d’y effectuer des exercices de bombardement. Transitant par Tunis El Aouina, le groupe atteignit Oran le 20 de ce mois, puis partit pour Ksar Es-Souk, au Maroc. Le suivant, le II/19 rallia Sétif, en vue de faire face à toute agression italienne en Tunisie.

Aucun état de belligérance n’étant déclaré avec ce pays, le groupe fut ramené à Blida vers la fin de et se trouva cantonné le mois suivant à Biskra, où il forma avec la le groupement d’instruction n°2. En , une escadrille du II/19 gagna le Maroc afin d’y éprouver les Douglas DB-7 sur lesquels le haut commandement comptait transformer le groupe de bombardement. Le passage sur ce nouvel appareil s’effectua en avril-mai et, au milieu de ce dernier mois, le II/19 regagna la France, où les Allemands venaient de lancer leur grande offensive.

Le , le groupe se retrouva à la base aérienne 105 Évreux-Fauville. Deux jours plus tard, ses missions de guerre débutèrent, en l’occurrence contre des colonnes ennemies qui empruntaient la route de Cambrai à Bohain-en-Vermandois. Les sorties se succédèrent dès lors et portèrent vers la fin de mai sur la région d’Abbeville et de la Somme, mais également sur Ham et Saint-Quentin. Le , le groupe fut transféré sur le terrain de Pithiviers, d’où il poursuivit dès le 5 ses missions contre les forces allemandes lancées à l’attaque sur le front de la Somme et de l’Aisne. L’avancée ennemie se faisant alors menaçante, le II/19 rallia le la base du Subdray, entre Bourges et Saint-Florent-sur-Cher, puis il gagna Agen () et enfin, par Lézignan, l’Afrique du Nord. Arrivé à Blida, le II/19 partit pour Souk El Arba le et s’y prépara à bombarder la Sardaigne, l’Italie étant entrée en guerre quelques jours auparavant. Une expédition sur Cagliari fut décommandée en raison de l’entrée en vigueur de l’armistice, le , avec l’Allemagne et l’Italie.

De l’armistice à l’entrée en guerre avec les alliés (20/06/1940-25/05/1944)

Maintenu en activité au sein de l’armée de l’air d’armistice, le GB II/19 fut placé en état d’alerte après les attaques britanniques contre Mers el-Kébir, en . En août de la même année, il gagna Meknès au Maroc, afin d’assaillir Gibraltar. Cette mission étant annulée, le groupe revint à Blida, qui devint sa base de rattachement. Ayant recomplété ses effectifs, il reçut l’appellation nouvelle de groupe de bombardement léger I/19 le , tandis que ses et devenaient respectivement et . Les 23 et il fut partie prenante des attaques menées contre Gibraltar, puis il regagna Blida. Quand survint le débarquement allié en Afrique du Nord, en , le groupe ne participa que très peu à la résistance qu’opposa l’armée de Vichy aux Anglo-Américains. Basé à Rovigo, il attendit son réarmement par les Alliés et fut transféré à Colomb-Béchar au début de . Il y subit un long entraînement jusqu’en octobre de la même année, époque où il fut dissocié, certains de ses éléments étant expédiés à Constantine (), les autres à Sétif ().

Peu après commença un stage sur Martin B-26 Marauder et, le , le I/19 prit dénomination de groupe de bombardement moyen I/19 GASCOGNE.

Ayant poursuivi son entraînement sur Martin B-26 tout au long des mois de février et de mars, le groupe gagna le le terrain de Châteaudun-du-Rhumel et y forma une escadre de bombardement avec le groupe Bretagne et le GBM 1/22 Maroc, déjà engagés en opérations.

Campagne d’Italie

Commandé par le commandant Secrétan, le GBM I/19 partit pour la Sardaigne, qui se trouvait aux mains des Alliés, le suivant et effectua sa première mission de guerre un mois plus tard, en attaquant des voies de communication dans la région de La Spezia, en Italie. Les sorties se succédèrent alors, visant des ponts, des voies de chemin de fer, des gares et des routes situées dans la péninsule italienne. Elles se poursuivirent tout au long des mois de juin et de juillet avant de s’orienter, à partir d’août, sur le midi de la France en prévision du débarquement de Provence. La première mission sur le territoire métropolitain fut accomplie le 2 de ce mois, et, au cours de la deuxième, le 4 et , les B-26 du Gascogne s’en prirent au pont routier de Sisteron. Puis l’activité du I/19 se partagea entre la France et l’Italie.

Campagne d’Allemagne

Au début d’octobre, le groupe rallia le midi et s’implanta dans un premier temps à Istres. Il gagna Lyon-Bron dès la mi-novembre afin de prendre part aux opérations menées depuis dans l’est du pays. La première mission conduite sur l’Allemagne eut lieu le et visa le pont ferroviaire de Neuenburg, sur le Rhin, entre Mulhouse et Colmar. Les objectifs qui furent désignés par la suite au I/19 furent soit des ponts, soit des gares, ou bien encore des casernes. Le mauvais temps qui régna en janvier, février et ralentit les sorties, et, le , le GBM I/19 effectua sa dernière mission depuis Lyon-Bron. Il gagna alors Saint-Dizier et poursuivit ses actions sur l’Allemagne jusqu’au milieu du mois d’avril, époque à laquelle il participa à des raids contre la poche de Royan et de la pointe de Grave, tenues par les Allemands depuis le mois d’. La poche de Royan étant réduite, le groupe reprit ses sorties sur l’Allemagne jusqu’à la fin des hostilités.

Dissolution du groupe

Stationnant en France pendant quelques mois, le I/19 s’installa à Mengen, en Allemagne, en et fut dissous en , alors qu’il se trouvait sous le commandement du commandant Forget.

Reconstitution et guerre d’Indochine Il fut reconstruit en sous l’appellation de I/19 Gascogne en vue de sa participation aux opérations d’Indochine.

L’unité fut officiellement reconstituée en Indochine, sous l’appellation de groupe de bombardement I/19 Gascogne, et basée à Tourane. Équipée de Douglas B-26 Invader et sous le commandement de René Chesnais, elle effectua de nombreuses sorties opérationnelles sur l’Annam et fut engagée au Tonkin au début de l’année 1954, participant notamment à la bataille de Diên Biên Phu. Toujours cantonné à Tourane à la fin de la guerre d’Indochine, le Gascogne continua à s’y entraîner et fut dissous le . Lors de cette campagne, plus de de vol auront été effectuées, près de de bombes larguées et auront été perdus.

et guerre d’Algérie

L’unité fut recréée le à Bône, sous l’appellation de groupe de bombardement 1/91, et prit part au conflit algérien. C’est sur la base de Bône-les-Salines que le groupe recevra son drapeau au cours d’une cérémonie présidée par le Secrétaire d’État aux Forces armées Air, M. Laforest et le Général Bailly, le . De nombreuses opérations sont menées conjointement avec les escadrons de chasse de l’armée de l’Air stationnés en Afrique du Nord et l’Aéronavale.

Le 1/91 Gascogne accomplit plus de représentant jusqu’en 1962 et totalisa de vol. Rapatrié à Bordeaux lorsque les hostilités prirent fin en territoire algérien, le Gascogne fut à nouveau dissout le .

et l’ère nucléaire vignette|gauche|Mirage IV de l'escadron de bombardement 1/91 Gascogne en mission de reconnaissance au-dessus d'un champ pétrolier en flammes en 1991 à la suite de la guerre du Golfe. vignette|150px|Emblème du 1/91 Gascogne. L’escadron de bombardement 1/91 Gascogne est reformé à Mont-de-Marsan le . Il est le premier escadron à capacité nucléaire, armé de Mirage IV, et il est déclaré opérationnel dès le suivant. Ce fut le « Gascogne » qui eut la charge d’effectuer un tir réel de l’arme nucléaire au Centre d'expérimentation du Pacifique. En effet, le , après avoir décollé de la base d’Hao, l’arme fut larguée à heure locale, sans aucun problème. Pour en arriver à ce résultat, le Gascogne s’entraînait intensément aux missions longue distance, aux bombardements supersoniques à haute altitude. Il doit d’autre part maintenir en alerte opérationnelle les moyens fixés par le centre opérationnel des Forces aériennes stratégiques (FAS).

En , une décision de l’État-Major de l'armée de l'air autorise l’escadron I/91 « GASCOGNE » à porter la fourragère attribuée à son prédécesseur, le Groupe de bombardement I/91 « GASCOGNE ».

Le , c'est un Mirage IVA n°36 de l'escadron 1/91 "Gascogne" qui effectue la première traversée transatlantique pour un avion de combat à réaction français avec aux commandes le Commandant Dubroca et le Capitaine Caubert en 7h40, depuis Mont-de-Marsan. Il aura fallu 3 ravitaillements en vol pour rallier la ville de Boston..

En 1968 les FAS se tournent vers le bombardement basse altitude qui devient la mission principale de l’escadron, le bombardement supersonique n’étant plus retenu que comme bombardement de remplacement.

vignette|Mirage IVP du 1/91 sur la base belge de Kleine Brogel en 2005.

En 1986, l’EB 01.091 devient le premier escadron opérationnel sur le système d’armes Mirage IVP-ASMP et comprend 7 à .

En , à la suite de la dissolution de l’escadron de reconnaissance et d’instruction 01.328 de Bordeaux. Il hérite de la mission de reconnaissance stratégique.

Au printemps 1994, il participe à l’opération Crécerelle de maintien de la paix en Bosnie-Herzégovine en effectuant des missions de reconnaissance photographique au-dessus de ce territoire.

Fin du Mirage IV vignette|Pod de reconnaissance CT-52.