Brucourt est un petit village de Normandie situé dans le pays d'Auge à mi-distance entre Dives-sur-Mer () et Dozulé () et à vingt kilomètres de Caen.. Administrativement, c'est une commune du canton de Dozulé, dans le département du Calvados, en région de Normandie.

Traversée par l'Ancre et la Dives, la commune est l'exemple typique d'un habitat dispersé du bocage augeron et présente également un paysage de marais. Brucourt apparaît pour la première fois dans l'histoire en 1060, lors de la tentative de la reconquête de la Normandie par . Demeurée relativement éloignée des grands événements historiques, elle est, durant la Seconde Guerre mondiale, le témoin de la bataille de Normandie.

La population brucourtoise, stabilisée à environ cent-vingt habitants depuis plus d'un siècle, ne dispose pas de la plupart des services et activités secondaires et tertiaires. Brucourt est un village qui a toujours été à orientation agricole, même si le l'a transformé aussi en lieu résidentiel. Au dernier recensement de , la commune comptait Population municipale légale en ..

Géographie Localisation vignette|gauche|Plan de la commune de Brucourt. Au nord : la commune de Périers-en-Auge, à l'est : Cricqueville-en-Auge, au sud : Goustranville, à l'ouest : Varaville. Brucourt est une commune agricole située sur la rive droite de la Dives, à cinq kilomètres de la côte de la Manche, dite Côte Fleurie. La superficie de la commune est de . L'altitude du territoire, majoritairement agricole, est comprise entre . L'habitat est historiquement dispersé, les implantations récentes se regroupent à l'entrée septentrionale de la commune, près de la Croix Kerpin. La commune est traversée par la Dives-sur-Mer/Dozulé.

Lieux-dits et écarts On retrouve plusieurs lieux-dits et écarts à Brucourt : le Château (ancien lieu d'un château seigneurial du et d'une chapelle Saint-Hermès datant de 1632) et la Ferme du Marais, la Hogue, la Croix Cornière et le Bourg, le Quesnay, la Bouverie, Colleville, le Lieu Lesny, le Bac de Varaville, le Lieu Belaitre, la Croix Kerpin, la Perrelle, le Lieu du Haut, le Lieu des Brocs, les Bas Chênes, les Bruyères, la Cour et le Lieu Tardif.

L'église et le monastère de l'Annonciade sont érigés sur la colline Saint-Laurent.

Topographie vignette|gauche|Plan topographique et hydrologique de Brucourt. En bleu : les marais de la Dives - en ocre-vert : la cuesta de la Dives et ses collines témoins. Brucourt, établie au pied de la cuesta de la Dives, est dominée par la colline de Bassebourg (Basbourg), un des lieux les plus élevés du plateau formant le pays d'Auge (altitude ).

La vallée de la Dives est une vallée de déblaiement de formation glaciaire quaternaire. Ce déblaiement a attaqué la marno-calcaire que forme la superposition des étages géologiques du bassin anglo-parisien, composée d'une grande partie des étages du Jurassique inférieur (Lias), moyen (Dogger) et supérieur (Malm) et, de manière incomplète, du Crétacé inférieur et supérieurBonneton (1997) 233.. Ce déblaiement a créé une cuesta qui sépare la vallée de ce qui est aujourd'hui le pays d'Auge, en laissant çà et là des buttes-témoin qui culminent entre . Au pied de la colline de Bassebourg, six de ces buttes sont situées sur la commune de Brucourt dont celle de Saint-Laurent ()F. Doré et al. (2006)..

Pendant les dernières glaciations quaternaires, la Dives surcreuse son cours et la remontée du niveau de la mer durant la période post-glaciaire aboutit à l'envahissement de son estuaire, le réunissant à celui de l'Orne à l'abri d'une île dunaire. La mer remonte alors à une dizaine de kilomètres en amont de Troarn, aujourd'hui à plus de vingt kilomètres de la mer en suivant le cours actuel de la Dives. L'Orne et la Dives charrient suffisamment de sédiments pour combler progressivement l'amont de leurs estuaires de tourbe et d'alluvions et la mer apporte des vases marines en aval formant ensemble une zone marécageuse. Encore au début du , l'estuaire est si vaste que Guillaume le Conquérant y regroupe sa flotte estimée à environ et plus de avant d'envahir l'AngleterreE. van Houts (1987) .. Brucourt est encore en bord de mer pendant le premier millénaire. Aujourd'hui, le village se retrouve à cinq kilomètres de la Côte Fleurie. vignette|redresse=1.5|alt=photographie panoramique présentant les pâturage au pied de la colline de Bassebourg|Vue du sud de la commune au pied de la colline de Bassebourg, le 22 novembre 2008. Cette histoire géologique a créé deux territoires bien distincts sur la superficie de la commune : globalement à l'ouest de la route Dozulé - Dives-sur-Mer, les marais, aujourd'hui bien drainés, aux parcelles séparées par des canaux de drainage, et à l'est, les pâturages, aux parcelles séparées par des haies montant à l'assaut de la cuesta, coiffée à l'origine d'une forêt dont il reste encore quelques témoins sous forme de bois sur les hauteurs.

La route entre Brucourt et Varaville, dont le rehaussement coupe en ligne droite les marais, est la trace de la voie romaine qui relie Aregenua (Vieux-la-Romaine) à (Lisieux), en passant par le lieu-dit le R. Doranlo (1927-28) ..

Hydrographie La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par la Dives, le Grand Canal, l'Ancre, le canal Oursin, l"Étang de la Vieille Rivière, le canal 01 du Bac de Varaville et un bras de l'Ancre.

vignette|alt=photographie représentant le cours de la rivière l'Ancre|La rivière l'Ancre. La commune de Brucourt est traversée du sud-est au nord-ouest par l'Ancre, tributaire de la Dives, fleuve côtier. Le Grand Canal passe pratiquement à égale distance entre la Dives et le pied de la cuesta. Il reçoit sur sa rive gauche le canal Oursin au sud de la commune. Ces deux canaux permettent l'assèchement des marais de la Dives et l'évacuation des eaux de drainage. Le canal Oursin porte le nom d'un investisseur privé associé à l'ingénieur Macquart en 1711J-L. Rosenthal (2004) ..

C'est lors des premiers siècles du début du deuxième millénaire que les moines de l'abbaye de Troarn aménagent ces marais en créant des canaux de drainage. La Dives étant soumise sur plus de 10 kilomètres au régime des marées, il faut évacuer de gros volumes d'eau uniquement pendant les marées basses. Les grandes marées inondent régulièrement les marais qui, suivant l'expression locale, . Il faut alors réguler les mouvements d'eau et les moines font creuser le Grand Canal qui va se jeter dans le port de Dives-sur-Mer par l'intermédiaire de vannes de marée. Pour permettre à l'Ancre de continuer à se jeter dans la Dives, le Grand Canal coupe le cours de la rivière en passant sous l'Ancre au moyen d'un siphon.

Proche de l'église des , sourd une source d'eau ferrugineuse, la Fontaine de l'Étoile, qui attisa bien des convoitises au mais dont l'eau est aujourd'hui rejetée au caniveau.

La Dives, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Gouffern en Auge et se jette dans la baie de Seine en limite de Cabourg et de Dives-sur-Mer, après avoir traversé .

Le Grand Canal, un canal, chenal et un cours d'eau naturel non navigable d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Hotot-en-Auge et se jette dans la Dives à Périers-en-Auge, après avoir traversé .

L'Ancre, d'une longueur de , prend sa source dans la commune d'Annebault et se jette dans la Dives à Varaville, après avoir traversé . Les caractéristiques hydrologiques de l'Ancre sont données par la station hydrologique située sur la commune de Cricqueville-en-Auge. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 28/07/2024 à 11:02 TU à partir des 636 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/10/1969 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le même jour.

Le canal Oursin, un canal, chenal et un cours d'eau naturel non navigable d'une longueur de , prend sa source dans la commune d'Émiéville et se jette dans le Grand Canal sur la commune, après avoir traversé .

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de BrucourtLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés. .

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique et est dans la région climatique Normandie (Cotentin, Orne), caractérisée par une pluviométrie relativement élevée () et un été frais () et venté. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet.

Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Sallenelles à à vol d'oiseau., est de , l'amplitude thermique annuelle est de 12,2 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Écologie vignette|Plan des deux zones écologiques de Brucourt. En vert : la ZNIEEF I - en jaune : la ZNIEFF II - en ocre : territoire non classé). Sur la commune de Brucourt, deux zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) sont inscrites à l'inventaire de la biodiversité et du patrimoine naturel.

Les marais de la Dives à l'ouest de la route départementale D 400 et au sud du cours de la rivière l'Ancre sont classés en ZNIEFF II... Une ZNIEFF II est un grand ensemble naturel riche, ou peu modifié, qui offre des potentialités biologiques importantes.

La ZNIEFF II comprend une ZNIEFF I qui correspond aux marais à l'ouest du grand canal.. ainsi qu'au cours de la rivière l'Ancre... Une ZNIEFF de type I est de superficie réduite. Il s'agit d'un espace homogène d'un point de vue écologique et qui abrite au moins une espèce et/ou un habitat rares ou menacés, d'intérêt aussi bien local que régional, national ou communautaire ; ou c'est un espace d'un grand intérêt fonctionnel pour l'activité écologique locale..

Écosystèmes vignette|Plan des deux biotopes de Brucourt (en bleu : les canaux de drainage et les gabions - en vert : les haies bocagères et les bois) Le territoire de la commune de Brucourt comprend deux biotopes spécifiques partagés par la courbe de niveau des cinq mètres : au-dessus, le bocage, et en dessous, les marais.

Bocage vignette|gauche|alt=photographie représentant la partie bocagère du village de Brucourt|Le bocage de Brucourt vu de la colline Saint-Laurent.