La Peugeot 405 est une automobile familiale conçue par le constructeur français Peugeot et lancée en juin 1987L'Auto-Journal, juin 1987. Elle a été commercialisée en France de 1987 à 1996. La fabrication, assurée par Peugeot jusqu'à cette date, s'est poursuivie ensuite dans plusieurs pays, en particulier l'Iran qui continue de commercialiser des modèles dérivés. En 2021, sa production totale atteint les . Sa production est arrêtée en 2024 en Iran.. Elle a été élue Voiture européenne de l'année en 1988.

Développement En , lorsque commence le projet D60Historique de la 405, sur peugeot.e-monsite.com., le groupe PSA fait face à des perspectives encore incertaines. Les rachats de Citroën en 1974 puis des actifs européens de Chrysler en 1978 ont grevé les finances. La rationalisation des nombreux modèles hérités de ces acquisitions, qui se livrent souvent une concurrence aussi inutile que coûteuse, n'en est qu'à ses débuts. Les ventes sont globalement sur le déclin bien que le lancement réussi de la Citroën BX laisse augurer des jours meilleurs. La Peugeot 205, dont le succès phénoménal redressera pour de bon l'entreprise, est encore au stade des études.

Jean-Paul Parayre, le directeur général du groupe, a cependant tracé le cap : la future gamme Peugeot comprendra toujours quatre modèles. La 309, projet intéressant hérité de Chrysler, se positionnera au-dessus de la 205 et en dessous de la 305 vieillissante. La 505, lancée en 1979, continuera sa carrière en parallèle avec une 604 moribonde puis dérivera légèrement vers le haut à l'arrêt de celle-ci pour laisser un créneau à la D60. À plus long terme, un nouveau haut de gamme reprendra la place laissée vide par la 604 lorsque la situation financière permettra un tel investissement : ce sera le , future 605. C'est donc assez logiquement que la D60 s'appellera « 405 » en remplacement de la 305 mais ne pouvant plus faire référence à la série 300, désormais incarnée par la 309, plus compacte.

Face au vieillissement de toute sa gamme de plate-forme et de moteurs, PSA a déjà lancé des investissements lourds dans ces domaines sous le signe de la standardisation. La D60 partagera ainsi la plate-forme de la BX et utilisera, comme tous les futurs modèles du groupe, le tout nouveau moteur XU quatre cylindres en ligne qui vient de sortir sur la 305. Ce moteur très moderne pour l'époque, conçu à l'origine pour des cylindrées de 1,6 à , est le premier au monde dans sa catégorie à offrir des versions essence et Diesel à partir du même bloc, sur la même chaîne de production. La D60 n'aura donc besoin que d'une seule étude d'implantation moteur dans les caisses pour couvrir toute la gamme, un facteur d'économie non négligeable. En essence, des 1,4 (TU), 1,6 et (XU) sont prévus, avec en point d'orgue le premier moteur multisoupape français de série, un à . La D60 étant destinée à l'exportation partout où Peugeot est présent, certaines versions seront pourvues d'un pot catalytique pour les marchés où il est déjà obligatoire (Amérique du Nord, RFA, Suède, Suisse). En Diesel, un atmosphérique et un turbo satisferont l'intérêt croissant du grand public pour le gazole.

La D60 sera une traction à moteur implanté transversalement, selon la formule de plus en plus courante dans ce segment de marché. Le succès commercial de la transmission intégrale chez Audi conduit PSA à prévoir aussi des versions à quatre roues motrices qui ne seront pas commercialisées immédiatement. Conformément à la tradition Peugeot dans ce segment, la berline sera exclusivement à quatre portes et coffre classique. La banquette arrière ne sera même pas rabattable, seule une trappe à skis permettant le transport d'objets longs. Un break est prévu pour remplacer le break 305, mais ni coupé, ni cabriolet ne figureront jamais au plan de gammeLe carrossier Heuliez proposera bien un dessin étudié sur ses fonds propres que PSA refusera aussi..

La suspension reste classique : pas question (pour le moment) d'ôter à Citroën l'exclusivité de l'hydropneumatique, fondement de l'identité de la marque. Le style extérieur est confié au designer italien Pininfarina, dans le droit fil de trente ans de collaboration qui remontent à la 403. Les freins sont à disques sur les quatre roues sur les versions les plus puissantes, les autres se contentant de tambours arrière. C'est l'époque de l'arrivée sur le marché de l'antiblocage et la 405 en proposera un : non pas l'ABS Bosch mais un système concurrent, dit « ABR », développé par Bendix.

Historique

Lancement Après un développement sans histoire, favorisé par les succès commerciaux de la BX et surtout de la 205 qui renflouent PSA et laissent aux ingénieurs le temps de peaufiner leur produit, la 405 est présentée au public en et les ventes en France débutent en juilletSeptembre pour la Mi 16.. Seule la berline essence figure au catalogue mais la gamme est déjà étendue : , carburateur double corps, , boîte manuelle 5 rapports, finition GR (intermédiaire) ou SR (confort), , carburateur double corps, , boîte manuelle 5 rapports, finition GR ou SR, , injection électronique Bosch L-Jetronic, , boîte manuelle 5 rapports, finition GRI (intermédiaire) ou SRI (confort), ABR en option sur SRI, 16 soupapes, injection électronique Bosch Motronic 1.3, , boîte manuelle 5 rapports, finition spécifique Mi 16 à tendance sportive, ABR en option.

Le segment est particulièrement concurrentiel entre la très réussie Renault 21 sortie l'année précédente, la nouvelle Audi 80 dont la ligne avant-gardiste démode instantanément presque toutes ses concurrentes, la BX encore vaillante, la toujours solide Ford Sierra, et une Volkswagen Passat en fin de carrière mais estimée. Cependant, les qualités de la 405 sont telles que les ventes décollent immédiatement. L'esthétique fluide et harmonieuse fait l'unanimité. La fiabilité et la sobriété des moteurs TU et XU démontrées sur les 205, 309 et BX sont autant de gages de confiance pour la clientèle. L'habitabilité, la visibilité, le confort, et le volume du coffre sont excellents. Les qualités routières sont de premier ordre, le compromis confort-sportivité des 1,9 GRI/SRI frisant même la perfectionL'Auto-Journal, 15 juin 1987.. La Mi 16, résolument typée sportive, enchante la presse par sa tenue de route exceptionnelle et le caractère rageur de son moteur. Avec un tel éventail de cylindrées et de puissances, une très large part de la clientèle trouve dans la gamme le modèle qui lui convient.

Quelques défauts nuancent toutefois le tableau. Le bruit du moteur, surtout aux vitesses autoroutières, est anormalement présent. Les ouvrants, s'ils s'avèrent robustes à l'usage, ne donnent pas la même impression de solidité que la concurrence allemande. La qualité de l'aménagement intérieur (choix des tissus, qualité des plastiques, assemblage et impression de robustesse des accessoires) laisse à désirer. Le niveau d'équipement déçoit : André Costa, la grande plume de L'Auto-Journal, en vient à fulminerEssai de la 405 SRI, L'Auto-Journal, 15 juin 1987. que « l'ère du pick-up 404 souverain est révolue et un rétroviseur extérieur droitPas encore obligatoire à l'époque. n'est plus un luxe. » Le caractère sportif et joueur de la voiture s'accompagne d'une tendance au survirage que la presse étrangère ne manque pas d'épingler, entre autres en AllemagneAuto Motor und Sport, 29 août 1987 (en allemand).. Vu ce bilan, la carrière commerciale de la 405 est écrite d'avance. Malgré des ventes honorables, la voiture ne percera pas vraiment face à la concurrence allemande en Europe du Nord où la clientèle est exigeante sur la finition. En revanche, elle connaîtra un grand succès dans les pays latins et ceux où une fiscalité punitive pénalise les « grosses » cylindrées. Un essai d'endurance sur de la Mi 16 par L'Auto-JournalL'Auto-Journal, , juillet 1988. confirmera de graves lacunes en qualité de fabrication et de service après-vente.

Évolution de la phase 1 En , une version , carburateur simple corps, , boîte manuelle quatre rapports (cinq en option) voit le jour dans une nouvelle finition économique GL.

En décembre, la 405 se voit décerner le très convoité titre de Voiture de l'année 1988 par la presse automobile européenne.

La 405 est progressivement lancée dans les autres pays d'Europe de l'Ouest pendant l'hiver 1987-88. À cette occasion apparaissent les versions catalysées dont les finitions reprennent celles de la gamme française : , injection monopoint, , finition GL ou GR, , injection électronique Bosch L-Jetronic, , finition GRI ou SRI, 16 soupapes, injection électronique Bosch Motronic M1.3, , finition Mi 16.

Les puissances sont nettement inférieures à celles des versions non dépolluées car celles-ci sont dotées d'arbres à cames à croisements de soupapes important. Un tel choix augmente la puissance au prix d'émissions importantes d'hydrocarbures imbrûlés qui s'échappent telles quelles dans l'atmosphère moteur froid (tant que le catalyseur n'a pas atteint sa température de fonctionnement) et suffisent à échouer aux tests antipollution là où le catalyseur est obligatoire. Les arbres à cames "moins croisés" des versions moins puissantes des XU passent en revanche les tests et PSA se rabat sur ellesSauf sur la Mi 16 qui adopte des réglages d'injection différent et un système de recirculation des gaz d'échappement. par souci d'économie de production, même si ces moteurs ne sont pas optimisés.

En mars 1988 apparaissent les versions Diesel, toutes à injection indirecte (pompe rotative mécanique) et préchambre de combustion, comme d'usage à l'époque : atmosphérique, , finitions GLD et GRD calquées sur les GL et GR, turbo, , finitions GRD turbo et SRD turbo.

Ces moteurs, qui ont déjà fait leurs preuves sur les 205, 309 et BX, contribuent au succès commercial de la 405. Du fait de sa conception robuste (les exemplaires à plus de ne sont pas rares à la fin des années 2010), et de ses qualités routières globalement reconnues, la 405 jouit d'un cours en occasion relativement élevé pour un véhicule de cet âge.

Au même moment sont lancées les versions automatiques, de diffusion confidentielle en France mais nécessaires sur certains marchés européens et en Amérique du Nord : GR 1,6, GR et SR 1,9, et SRD turbo. Elles reprennent la boîte à quatre rapports d'origine ZF (type 4HP14) développée spécifiquement pour PSA et lancée en 1984 sur la 205. La version 1,6, aux performances insuffisantes, sera retirée du marché après un an seulement.

C'est aussi en que PSA doit rappeler en urgence cinq mille 405 équipées de l'antiblocage Bendix ABR en raison d'un vice de fabrication qui peut mettre hors service tout le circuit de freinage. Treize cas de perte totale des freins sont répertoriés, dont trois provoquent des accidents. Le système devra être entièrement redessiné pour éliminer le défaut.

En , le break arrive sur le marché. Il est proposé en 1,6 GR, 1,9 GR et SR, 1,9 SRI, GLD, GRD, GRD turbo et SRD turbo. En parallèle, la boîte automatique devient disponible sur la SRI et le moteur 1,4 voit sa puissance passer de (et 75ch ultérieurement).

En , c'est le lancement en Amérique du Nord. L'enjeu sur ce marché est important pour Peugeot qui n'y vend plus alors qu'une 505 mise à mal par l'arrivée en force des Japonais dans son segment. La gamme nord-américaine comprend trois modèles : DL, catalysé à injection électronique , boîte manuelle cinq rapports ou automatique 4 rapports, finition à peu près équivalente à une SRI française climatiséeComparaison entre L'Auto-Journal, 15 juin 1987, et Car and Driver, novembre 1988., S, catalysé à injection électronique , boîte manuelle cinq rapports ou automatique 4 rapports, finition à peu près équivalente à une SRI française « toutes options », Mi 16, catalysé à injection électronique, , finition à peu près équivalente à une Mi 16 française « toutes options ».