Une machine à coudre est une machine qui réalise mécaniquement des points de couture sur des tissus.
Les machines à coudre les plus répandues utilisent le point de navette. Il existe également des machines à point de chaînette et des machines spécialisées, notamment pour le surjet, le point invisible et la réalisation de boutonnières.
Elle est utilisée aussi bien dans le cadre domestique que dans l'industrie textile. La diffusion de la machine à coudre a profondément transformé les métiers de la couture et l'industrie de la confection, tout en favorisant son utilisation dans les foyers.vignetteSinger est devenu un acteur majeur du marché de la machine à coudre au XIXe siècle et a contribué à la diffusion de la machine à coudre dans les foyers.
Les premières machines à coudre mécaniques apparaissent au XIXe siècle. Les premiers modèles utilisent notamment le point de chaînette, avant que d'autres mécanismes permettant de former un point noué avec deux fils ne soient développés.
Les machines à coudre se sont progressivement électrifiées au cours du XXe siècle. L'électronique fait ensuite son apparition dans les machines domestiques à partir des années 1970, permettant notamment d'automatiser certaines fonctions.
thumb|Couture avec une machine à coudre Singer.Modèle 28K de 1904 un des modèles les plus courants -cf https://www.naehmaschinenverzeichnis.de/verzeichnis-der-naehmaschinen/singer-bis-50er-jahre/
Histoire vignette|redresse|Femme chinoise cousant à la machine sur le trottoir (2008). vignette|droite|Hommes et femmes travaillant dans une manufacture de vêtements à Montréal en 1941. vignette|redresse|Fonctionnement du mécanisme effectuant les points de couture. (ici, un crochet rotatif) Les premières tentatives de mécanisation de la couture apparaissent à la fin du XVIIIe siècle et se poursuivent au début du XIXe siècle. En 1790, l'Anglais Thomas Saint dépose un brevet décrivant notamment une machine destinée à coudre. Vers 1810, l'Allemand Balthasar Krems met au point une machine utilisant une aiguille à chas. En 1814, l'Autrichien Josef Madersperger obtient à son tour un brevet pour une machine à coudre. Ces travaux précèdent les développements de Barthélemy Thimonnier, Walter Hunt et Elias Howe, qui contribuent à la mise au point de machines plus abouties au cours des décennies suivantes.
Barthélemy Thimonnier, tailleur installé à Saint-Étienne, met au point à la fin des années 1820 une machine permettant de mécaniser la couture. Sa machine utilise une aiguille à crochet et réalise un point de chaînette. Il dépose un brevet le 17 avril 1830 et fonde à Paris un atelier de confection mécanique destiné notamment à la fabrication de vêtements militaires. L'atelier est toutefois détruit par des ouvriers qui craignent que la mécanisation ne menace leur emploi.
Barthélemy Thimonnier, né à L'Arbresle dans le Rhône et installé à Saint-Étienne, met au point à la fin des années 1820 une machine destinée à mécaniser la couture. Sa machine, construite en bois, utilise une aiguille à crochet et réalise un point de chaînette à un fil. Il dépose un brevet le 17 avril 1830. La même année, il fonde à Paris, avec des associés, un atelier de confection mécanique équipé de 80 machines, principalement destiné à la fabrication de vêtements militaires. L'atelier est détruit par des ouvriers qui craignent que la mécanisation ne menace leur emploi.
Walter Hunt conçoit en 1833 une machine à coudre utilisant deux fils et un point noué. Il ne dépose toutefois pas de brevet pour cette invention à cette époque. En 1846, Elias Howe obtient le brevet américain no 4 750 pour une machine à coudre utilisant une aiguille à chas et une navette permettant de former un point noué à deux fils. En 1851, Isaac Merritt Singer obtient à son tour un brevet pour une machine à coudre perfectionnant notamment le déplacement de la navette et le réglage de la tension du fil. La même année, il fonde avec Edward Clark la société I. M. Singer & Co., qui contribue à la diffusion de la machine à coudre domestique. Des litiges concernant les brevets opposent ensuite plusieurs fabricants et inventeurs, dont Howe et Singer.
La fabrication des machines à coudre françaises connut un développement notable sous le Second Empire : Peugeot, Hurtu, Journaux Leblond, Brion, Reimann. La machine à coudre à canette, fonctionnant au pied avec une pédale, fut brevetée le par Pierre Carmien. Brevet et nom furent vendus à la famille Peugeot qui la fabriqua à Audincourt.
À l'Exposition universelle de Paris de 1878, la Légion d'honneur fut décernée au constructeur de la machine à coudre.
En 1873, Ward invente l'ancêtre de la machine à bras libre, utilisée pour coudre les manches, les jambes de pantalon et les tiges de bottes.
La fabrication en série de machines à point zig-zag débute dans les années 1930 notamment chez Naumann, Vesta.
La machine à coudre a révolutionné la couture en la rendant plus rapide et en baissant son coût.
Dans un chapitre consacré au choix d'une machine à coudre domestique, la revue Art ménagers écrit en substance, en 1955 : "Toutes les anciennes machines et encore de nombreux modèles modernes sont "à plateau", c'est-à-dire que le socle est rectangulaire, constituant ainsi une table de travail; [la machine à bras libre] facilite certains travaux fermés, comme les montages de manches, ils rendent possibles les travaux de reprise, à quelqu'endroit qu'ils se trouvent.(...) Les machines à bras libre possèdent un plateau amovible qui s'encastre exactement sur le bras libre pour former une table de couture (...) Le point zigzag s'obtient sur les machines très perfectionnées, grâce à une aiguille oscillante qui permet tous les points travaillés de droite à gauche; points de boutonnières, festons, pose de boutons, surfilage, et une grande quantité de bandes ornementales. (...) Machines à main : très peu employées sauf dans quelques cas particuliers où l'on recherche une machine facile à transporter et ne nécessitant pas de courant électrique. Machine à pédale : elles sont montées sur table et c'est l'oscillation du pied qui actionne la machine plus ou moins vite; (un moteur électrique peut facilement être adjoint). Machines électriques : on recherche de plus en plus actuellement des machines électriques faciles à transporter dans une mallette, faciles à ranger dans un placard, (...) Le moteur universel a une consommation faible [80 watts environ]
Les canettes: les canettes longues et les navettes vibrantes des machines à sabots ne se trouvent plus que dans les machines actuelles . Leur vitesse est limitée à 500 points par minute. Les navettes rondes oscillantes, plus récentes que les navettes longues, ont un débit plus rapide (). Les crochets rotatifs sont un perfectionnement de ce dernier. Le crochet rotatif [tournant toujours dans le même sens] donne une vitesse légèrement accélérée (> ) et un travail extrêmement régulier". Fait notable, c'est la canette ronde qui a permis l'obtention du point zigzag, alors que cela était impossible avec les systèmes à canettes longues.
Fonctionnement vignette|Aiguille d'une machine à coudre filmée au ralenti. Avant d'en indiquer le mode de fonctionnement, il importe de s'accorder sur les termes employés. Un constructeur décrivait ainsi: "La machine proprement dite, appelée aussi la „tête“, peut être livrée suivant le cas: soit en mallette avec manivelle ou avec moteur électrique soit montée sur un socle dans lequel se loge le système d'entraînement (pédale, bielle, poulie...)
Ce socle est soit une table (…), soit un bahut fermé, muni de ce même dispositif.
La machine comprend :
Des éléments fixes qui lui donnent sa silhouette : le plateau, le bras [élément supérieur, à ne pas confondre avec le „bras libre“ qui est une variante du plateau] , les broches porte-bobines , la plaque de face (derrière laquelle se trouve le vilebrequin faisant osciller la barre à aiguille).
Des éléments mobiles parmi lesquels on distingue : Ceux qui ont trait au mouvement de l'aiguille (volant régulateur, barre-à-aiguille, levier tendeur de fil) ; Ceux qui ont trait au mouvement du crochet (crochet, boîte-à-canette contenant la canette) ; Ceux qui ont trait au serrage et au déplacement de l'étoffe (pied presseur dit „pied de bîche“, barre de pied presseur et son levier-releveur, et la griffe (entraînant le tissu pas-à-pas).
Les éléments de réglage : le règle-point (longueur de points...), le boîtier de tension du fil supérieur, la vis de serrage du fil inférieur sur la boîte à canette, la bague de serrage du pied presseur. La plaque de recouvrement coulissant dans le plateau et donnant accès à la navette Le dévidoir, permettant le bobinage du fil sur la canette" (source: „Emploi et entretien de la machine à coudre“, Société de l'Usine de la Marque,1949, pp 2&3)
Le point noué marque le progrès majeur dans la couture mécanique. Il s'oppose au point de chaînette, en ceci qu'il se noue véritablement, chaque fois qu'il se fait. Alors que le précédent se contentait de construire, au dessous de la couture, une petite chaînette, prête à se délacer avec beaucoup de facilité. Le caractère essentiel du progrès réalisé en introduisant le point noué dans la technique de couture mécanique est la réapparition, sous une forme améliorée, de la navette des métiers à tisser. La navette s'est perfectionnée, mais le principe en est immuable. Il existe toutes sortes d'enroulements du fil sur la navette. Dans le cas de la machine à coudre, une minuscule bobine se trouve logée dans le corps même de la navette. Ce dispositif comporte invariablement le crochet nécessaire à la prise du fil supérieur et à la formation de la boucle. En fait, le mécanisme de formation du point noué serre d'assez près celui qui préside à la formation du primitif point de chaînette : le fil d'aiguille, après perforation du tissu, est happé par le crochet de la navette, laquelle est elle-même animée d'un mouvement rotatif ou alternatif, et il forme une boucle qui enserre le second fil (le fil de canette), et le conduit sous le tissu, amorçant ainsi le nœud. À la perforation suivante du tissu par l'aiguille, les deux fils, l'un entraînant l'autre, remontent et le point se forme dans l'épaisseur du tissu, tandis qu'une nouvelle boucle s'amorce déjà et l'opération recommence. La navette, de forme et taille variable selon le modèle de machine à laquelle elle appartient, est réalisée dans un acier spécial, et présente sous la forme d'un croissant -généralement circulaire. dont une des extrémités, pointe ou crochet, est destinée à s'insérer dans la boucle, l'autre extrémité servant de talon. Quant à son fonctionnement, il a été excellemment décrit ainsi par M Gérard Fort : „Supposons que l'aiguille soit à son point le plus bas. À ce moment la pointe de la navette est à environ 3mm de celle ci. L'aiguille, en remontant, forme une boucle sous le tissu, et la pointe de la navette, entraînée vers l'avant, entre dans cette boucle. En continuant le mouvement, le brin de fil, sortant du chas de l“aiguille, passe entre le poussoir du chasse-navette, et le creux situé sous la pointe de celle-ci. Une fois logé dans le creux de la navette, le fil est entraîné vers la partie inférieure de la coursière (pièce dans laquelle se déplace la navette), jusqu'à ce que la pointe de la navette soit arrivée à son point le plus bas. Arrivé là, le fil n'étant plus retenu par le creux [de la navette], quitte celui-ci; et se trouve attiré vers le haut par le levier releveur de fil“.