Le monastère Saint-Karapet ou monastère Saint-Jean-le-Précurseur (en arménien , Sourp Karapet Vank), également couvent des Neuf Coins (en raison de neuf sources proches) et Glakavank (« monastère de Glak »), est un monastère arménien situé aujourd'hui en Turquie, près de l'actuelle ville de Muş. Fondé selon la tradition par saint Grégoire l'Illuminateur au mais ne se développant qu'à partir des années 940, cet important centre religieux arménien composé de quatre églises a été détruit lors et après le génocide arménien.

Situation géographique

vignette|Image pris entre 1915-1923 du Saint Karapet Vank Les ruines de Saint-Karapet se situent à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de la ville de Muş en Turquie, sur le flanc sud-est du mont KarkéJean V. Guréghian, Les monuments de la région Mouch - Sassoun - Van en Arménie historique, Sigest, Alfortville, 2008 , 8., à l'emplacement de l'actuel village kurde de Changli .. Il se dressait dans la région historique arménienne du Taron Richard G. Hovannisian (dir.), Armenian Baghesh/Bitlis and Taron/Mush, Mazda Publishers, Costa Mesa, 2001 , 119..

Histoire

La tradition populaire fait remonter la fondation du monastère à l'époque de saint Grégoire l'Illuminateur au : ce dernier l'y aurait fondé sur les restes de temples païens et y aurait déposé des reliques de saint Jean-Baptiste (d'où le nom du monastère) et du martyr Athénogène ramenées de Césarée. Il se développe cependant seulement dans les années 940 Richard G. Hovannisian (dir.), op. cit., 122., même si Sourp Stepanos remonte peut-être au .

Au cours de son histoire, le monastère est un des plus importants et des plus riches centres religieux et culturels arméniens, lieu de pèlerinage notamment lors de Vartavar et scriptorium productif ; Grégoire Magistros et Aristakès Lastivertsi en attestent déjà au . Ce statut survit aux invasions timourides de la fin du ainsi qu'à un saccage par les Kurdes en 1827.

Le monastère accueille un orphelinat à la suite des massacres hamidiens de 1894-1896, mais il est en partie détruit lors du génocide arménienJean V. Guréghian, op. cit., 9.. Une partie de son trésor (dont un reliquaire de saint Jean en argent repoussé de 1760Patrick Donabédian et Jean-Michel Thierry, Les arts arméniens, Éditions Mazenod, Paris, 1987 , 445.) est néanmoins sauvegardée et transférée à Etchmiadzin, lors de l'occupation russe de la région en 1916 Richard G. Hovannisian (dir.), op. cit., 123.. Saint-Karapet est entièrement détruit par après.

Bâtiments

Précédée à l'ouest d'un clocher-tour du , l'église principale du lieu était Sourp Khach (« Sainte-Croix »), une église carrée aux voûtes supportées par seize colonnes et abritant des tombes ; ce plan assez inhabituel dans l'architecture arménienne et la présence de tombes laissent à penser qu'il s'agit en fait d'un ancien gavit, impression renforcée par le fait que différentes églises sont adossées à son côté oriental : Sourp Astvatsatsin (« Sainte-Mère-de-Dieu »), Sourp Stepanos (« Saint-Étienne »), Sourp Karapet (« Saint-Jean-le-Précurseur ») et Sourp Gevorg (« Saint-Georges »).

Sourp Stepanos et Sourp Karapet étaient en outre surmontées chacune d'un tambour cylindrique et d'un toit cônique ; le monastère était enfin complété de différents bâtiments conventuels ainsi que d'une école Richard G. Hovannisian (dir.), op. cit., 124..

Notes et références

Voir aussi

Article connexe Taron

Lien externe

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