Sam Harris, né le , est un écrivain américain, spécialiste des neurosciences, cofondateur et responsable du Project Reason.
Il est l'auteur d'ouvrages à succès dans le monde anglo-saxon tels que The End of Faith, succès de librairie resté au classement des meilleures ventes pendant selon le New York Times, Letter to a Christian Nation, ou The Moral Landscape. Connu pour sa critique acerbe des religions et son scepticisme scientifique, il milite pour la séparation de l'Église et de l'État, la liberté de religion ainsi que le droit de critiquer les religions. Harris est aussi l'auteur de nombreux articles publiés dans le Huffington Post, le Los Angeles Times, le Washington Post, le New York Times, Newsweek, ou la revue Nature. Ses contributions portent essentiellement sur la religion, la morale, les neurosciences, le libre arbitre et le terrorisme.
Figure importante de l'athéisme militant et défenseur de la pensée scientifique, il donne régulièrement des conférences aux États-Unis et au Royaume-Uni, notamment à l'université d'Oxford, à Cambridge, Harvard, Caltech, UC Berkeley et à l'université Stanford. Il est invité aux principaux shows télévisés américains tels que Nightline, Real Time with Bill Maher, The O'Reilly Factor, The Daily Show, The Colbert Report, The Last Word, et il a fait une apparition dans le documentaire The God Who Wasn't There.
Biographie Harris ne s'est pas étendu dans les médias sur les détails de sa vie personnelle. Élevé par une mère de confession juive et un père quaker, il a brièvement fréquenté l'université Stanford, abandonnant rapidement ses études. Il s'est ouvert publiquement de son expérience avec les amphétamines MDMA quand il était étudiant, et il a évoqué l'inspiration spirituelle et psychologique que cela lui avait insuffléhttp://video.google.com/videoplay?docid=1817047955646441009&hl=en. Il a aussi étudié avec plusieurs maîtres dans les traditions bouddhistes et hindouistes.
Onze ans plus tard, il retourne à Stanford, où il a obtenu un bachelor en arts en philosophie. Il se lance ensuite dans un doctorat (PhD) en neuroscience à l'UCLA, utilisant l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle pour mener des recherches sur les bases neurologiques de la croyance"Biography for Sam Harris", IMDb.. En , Sam Harris lance son propre podcast Waking up (plus tard renommé Making Sense). Depuis , il dispense des cours de méditation à travers son application Waking Up.
Prises de position
Religion Le message principal de Harris est une critique radicale des religions, appelant à soumettre les croyances religieuses au même examen rationnel et critique que tout autre domaine de connaissance, et remettant en question leur place privilégiée dans la société. Bien que critiquant toutes les religions, il estime que l'islam représente un danger particulier pour la civilisation occidentale, considérant cette religion comme plus propice à inspirer des actes violents et une idéologie politique incompatible avec les valeurs démocratiques. Il conteste la validité du terme « islamophobie », affirmant qu'il a été conçu pour confondre la critique légitime de l'islam en tant que doctrine religieuse avec l'intolérance ou les préjugés envers les musulmans en tant que personnes. Selon lui, ce terme est utilisé pour assimiler toute critique de l'islam, voire le principe même de laïcité, à une forme de haine, rendant ainsi impossible une discussion honnête sur les conséquences de certaines idées religieuses qu'il juge dangereuses. Il voit dans la religion un frein au progrès et à la marche vers des approches plus éclairées de la spiritualité et de l'éthique.
Bien qu'athée, Harris affirme que ce terme n'est pas vraiment utile. Pour lui, l'athéisme n'est ni un dogme ni une philosophie, mais juste la que l'on trouve en nombre dans la religion, qui est à ses yeux . Il compare les croyances religieuses modernes aux mythes de la Grèce antique : tout comme les religions, ceux-ci étaient pris comme des faits, alors qu'ils sont aujourd'hui considérés comme métaphoriques et erronésCicéron mentionne déjà dans une de ses lettres que . Sénèque rappelle de son côté que « pour le philosophe, la religion est fausse, pour le peuple, elle est vraie, pour le dirigeant, elle est utile ».. Dans une interview sur PBS en , Harris déclare : Il poursuit en déclarant que le terme sera inutile quand , reprenant ainsi une idée exprimée par Bertrand Russell dans l'introduction de ses Essais sceptiques"Introduction : la valeur du scepticisme", Bertrand Russell, Essais sceptiques, Paris, Les Belles Lettres, 2011 [édition originale, 1928]..
Il rejette aussi l'affirmation selon laquelle la Bible est inspirée par un dieu omniscient. Selon lui, . Mais en fait .
Dans , Harris consacre un chapitre à la « nature de la foi ». Son principal argument est que toutes nos croyances, excepté celles concernant les dogmes religieux, sont fondées sur l'hypothèse, l'expérience et la déduction. Dans n'importe quel autre contexte, les points de vue « sacrés » des religions seraient considérés comme des signes de « démence ». Il porte son attention particulièrement sur la transsubstantiation, cette doctrine de l’Église catholique romaine qui veut que, durant la messe, le pain et le vin de l'Eucharistie changent de substance pour devenir le corps et sang de Jésus Christ. Harris déclare que toute personne qui développerait par elle-même cette foi serait sans nul doute tenue pour « démente ». Dans le contexte religieux, cependant, de tels enseignements ne peuvent — ne doivent — pas être remis en question. Harris note qu'il s'agit .
Harris soutient que les croyances religieuses devraient être ouvertes au débat et étayées par des preuves, préconisant le même niveau d'examen critique pour les idées religieuses et non religieusesDans The God Who Wasn't There, extended interviews, documentaire interview de Brian Flemming & Sam Harris, 2005, Beyond Belief Media. Harris explique que ce type de conversation et de recherche est essentiel au progrès dans tous les autres domaines de connaissance. À titre d'exemple, il suggère que peu de gens exigeraient le « respect » de visions radicalement différentes en physique ou en histoire ; au contraire, remarque-t-il, les sociétés demandent des arguments logiques et des preuves valides dans ces cas-là, et ceux qui ne peuvent fournir des preuves tangibles sont rapidement marginalisés. Dans ces conditions, Harris suggère que la déférence routinière accordée aux idéologies religieuses constitue une double norme. Et cette double norme, après les attaques du , entraîne un risque grave.
Dans une interview pour PBS en 2007, Harris explique que .
Croyance aux États-Unis Harris base sa critique sur la situation et le rôle de la religion aux États-Unis. Il est inquiet de l'influence négative des dogmes religieux sur de nombreux aspects de la culture américaine. Par exemple, il cite des sondages selon lesquels 44 % des Américains croient qu'il est « certain » ou « probable » que Jésus reviendra sur Terre dans les cinquante prochaines années. Le même pourcentage croit que le créationnisme devrait être enseigné dans les écoles publiques et que Dieu a réellement promis la terre d'Israël aux juifs d'aujourd'hui.
Ce type de croyances infondées, souvent dénuées de toute critique objective, empêche de penser un futur durable, selon Harris. Il précise que, à la lumière de la prophétie biblique, un Armageddon général est considéré par beaucoup comme un précurseur nécessaire à la parousie. Harris suggère qu'une importante proportion de la population Américaine pourrait voir un conflit nucléaire au Moyen-Orient comme un événement souhaitable et précurseur de la Fin des temps.
Harris remarque aussi que les mêmes individus qui défendent ces idées sont élus ou élisent des présidents, sénateurs et députés, ce qui enlève à quelqu'un qui ne partage pas la même foi presque toute possibilité d'être élu. Quand George W. Bush invoque publiquement Dieu dans ses discours concernant les affaires étrangères ou la politique intérieure, Harris invite les lecteurs à se demander comment ils réagiraient si le Président citait Zeus ou Apollon de la même manière?
Islam Bien que Harris critique toutes les religions, il considère l'islam comme particulièrement dangereux envers la civilisation. Jonathan Matusitz, professeur associé à l'université du centre de la Floride, a d'ailleurs décrit Harris comme une « figure de proue du contre-djihadisme de gauche » : . Harris critique la réponse générale de l'Occident aux attentats terroristes comme ceux du 11 septembre, ainsi que le fait de considérer l'islam comme une « religion de paix » tout en déclarant la . Harris voit le premier jugement comme contredit par l'analyse, et le second comme dénué de sens, .
Il demande au contraire que la civilisation occidentale reconnaisse qu'elle est en guerre contre l'Islam, qui selon lui prône une doctrine de soumission politique et religieuse, non un message de paix. Il observe que le Coran et les hadiths contiennent des incitations à la haine, au meurtre des infidèles et une récompense au paradis (comme les 72 vierges) pour de tels actes. Harris considère le jihad, dans lequel il voit une « métaphysique du martyre », comme très dangereux. Il rejette l'argument selon lequel de tels comportements seraient dus à des musulmans extrémistes, et qu'ils ne seraient pas rejetés par la majorité. Il considère que la controverse concernant les caricatures de Mahomet du journal Jyllands-Posten a eu lieu non parce que les dessins étaient irrévérencieux, mais parce que . Harris maintient donc que l'Occident est en guerre "
Harris reconnaît que d'autres religions que l'islam peuvent inspirer et ont inspiré des atrocités. Il discute l'exemple de l'Inquisition et de la chasse aux sorcières dans The End of Faith. Cependant, il pense que l'islam est plus facilement à la source de tels desseins que la plupart des autres religions. Il explique pourquoi en 2005 :
Harris a appelé les communautés musulmanes à critiquer publiquement leur foi et à assister les gouvernements occidentaux pour localiser des extrémistes religieux qui se trouveraient dans leur sein. Il soutient que les croyants doivent être préparés au profilage religieux afin de combattre le terrorisme dans le cas où l'on établirait un lien avéré entre adhésion à l'islam et comportements terroristes.
Intelligence artificielle Sam Harris est particulièrement préoccupé par les risques existentiels liés à l'intelligence artificielle générale. Dans une conférence TED en 2016, il a soutenu que l'IA constituera une menace majeure à l'avenir, et a critiqué le manque d'intérêt humain sur le sujet. Il a déclaré que la superintelligence artificielle sera inévitablement développée si trois hypothèses s'avèrent correctes : l'intelligence résulte du traitement de l'information dans un système physique, les humains continueront à améliorer l'intelligence des machines, et l'intelligence humaine est loin du sommet de l'intelligence possible. Selon lui, la sûreté dans la conception de superintelligences artificielles est , et il estime que cela mériterait de s'y pencher sans attendre.
Science et moralité Dans , Harris soutient que la science peut répondre aux problèmes moraux et contribuer au bien-être humain. Donnant des exemples où la religion échoue, Harris fait remarquer que , et qu'une tradition religieuse favorise en Somalie. Harris affirme que la religion était un , et que la science fournit un raisonnement plus honnête pour le futur bien-être humain.
Libre arbitre Harris affirme que le concept de libre arbitre et est incohérente. Dans son livre , Harris écrit que la neuroscience .