La famille Belosselsky Belozersky (en ) est une famille princière russe. Elle tire son nom de son fief de Beloïé Sélo (Belo Selo), près de la ville de Belozersk, qu'elle gouverna de manière indépendante jusqu'au .

En 1799, Alexandre Mikhaïlovitch Belosselsky est autorisé par oukase impérial de Paul à porter le double nom Belosselsky-Belozersky, en reconnaissance de son origine des anciens princes de Beloozero, et inscrit avec le titre de prince dans l'Armorial général de la noblesse de l'Empire russe.

Après la révolution russe de 1917, la famille Belosselsky-Belozersky fuit la Russie et ses membres s'installent notamment en Finlande, en France, en Angleterre et aux États-Unis.

Origine Origines princières et alliances mongoles La famille, de souche riourikide, obtient la principauté de Beloozero (Belozersk) en apanage sous le règne du grand-prince Ivan Ier Kalita. Le premier prince connu de cette lignée à gouverner Belozersk est Gleb VassilkovitchGleb Vassilkovitch., en 1238.

Durant l'époque de la domination mongole (tatare), les princes de Belozersk, comme les autres princes russes, devaient se rendre à la cour de la Horde d'or, à Saraï, pour obtenir leyarlik, charte de reconnaissance de leur pouvoir local. Lors de l'un de ces voyages, Sartak Khan, fils de Batu Khan et khan chrétien de la Horde d'or, donne sa fille, Feodora Sartakovna, en mariage à Gleb Vassilkovitch Belozersky. Cette union est exceptionnelle dans l'histoire des principautés russes : Feodora, en tant que petite-fille de Batu Khan et descendante directe de Gengis Khan, ancre la famille Belosselsky Belozersky à la fois dans la noblesse russe et dans la noblesse impériale mongole.

La bataille de Koulikovo (1380) et le déclin politique En 1380, les troupes de la principauté de Beloozero participèrent activement à la bataille de Koulikovo, l'un des événements fondateurs de l'identité nationale russe, où l'armée de Dimitri Donskoï, grand-prince de Moscou, affronta et vainquit l'armée de la Horde d'or menée par le général Mamaï. De nombreux membres de la famille Belozersky périrent lors de ce combat crucial contre la domination tatare. Cette perte militaire importante fragilisa la puissance politique de la principauté de Belozersk. À la suite de cette bataille, et du lent processus d'unification des terres russes autour de Moscou, la famille perdit sa souveraineté territoriale et fut reléguée au fief secondaire de Belo Selo, ce qui donna naissance à la branche Belosselsky.

Renaissance impériale et reconnaissance nobiliaire Après plusieurs siècles d'effacement politique, la famille réapparaît sous les règnes de Pierre le Grand et de Catherine II, où plusieurs membres participèrent aux réformes militaires, maritimes et diplomatiques.

En 1799, le prince Alexandre Mikhaïlovitch Belosselsky (1752-1809) est autorisé par oukase impérial de Paul à porter le double nom Belosselsky-Belozersky, en reconnaissance de sa double ascendance, et du prestige ancien des princes de Beloozero. Il est également admis dans l'Armorial général de la noblesse de l'Empire russe (« Livre de velours » ou Barhatnaïa kniga), au de préséance princière, et inscrit dans la cinquième partie du registre de la noblesse héréditaire, consacrée à la noblesse titrée. Diplomate et homme de lettres, il joue un rôle important dans la vie culturelle et politique de Saint-Pétersbourg. Il reçoit une éducation cosmopolite : Berlin auprès de Dieudonné Thiébault, puis voyages en France, Italie, Angleterre et Allemagne. Nommé chambellan par Catherine II, il est ensuite ministre plénipotentiaire à Dresde puis à Turin. Il perd sa femme durant son séjour à Turin et revient en Russie pour se consacrer aux arts et aux sciences, tout en exerçant diverses fonctions officielles (membre du Sénat, grand échanson sous Alexandre , commandeur de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem). Il écrit principalement en français, langue culturelle de l'élite russe de l'époque. On lui attribue entre autres une Épître aux FrançaisÉpître aux Français., vers en français, déposée auprès de la Société Royale (probablement l'Académie de Stanislas) pour soutenir sa candidature à un poste académique ; et des dépêches diplomatiques publiées plus tardUn Ambassadeur russe à Turin (1792–1793)., éditées par sa fille en 1901, qui reflètent son activité diplomatique et sa réflexion politique à un moment crucial (Révolution française, diplomatie sarde). Il est membre associé de l'Académie de Stanislas dès 1788, puis membre honoraire de l'Académie impériale des sciences de Saint‑Pétersbourg en 1809. Il a une correspondance régulière notamment avec Voltaire, Rousseau, KantArnulf Zweig (Hrsg.) :Correspondence. Immanuel Kant. Cambridge University Press, Cambridge / New York 1999, , S. 419. , Jean-François Marmontel, Giacomo Casanova..

Après la révolution russe (1917) La famille Belosselsky-Belozersky, contrainte à l’exil après la Révolution russe de 1917, s’est dispersée entre la Finlande, l’Europe occidentale et les États-Unis. Plusieurs membres ont participé à la lutte contre les bolcheviks avant de renoncer à tout retour.

Quelques personnalités de la famille thumb|upright=0.7|Portrait du prince Alexandre Mikhailovitch Belosselsky-Belozersky par Anton Graff. thumb|upright=0.7| Portrait de la princesse Olga Orlova, par Valentin Serov. thumb|upright=0.7|Prince Constantin Belosselsky Belozersky - Portrait miniature Par Le Baron Theophile Meyendorff

Plusieurs personnalités de la famille sont notoires, tels :

Possessions thumb|300px|Palais Belosselsky-Belozersky sur la perspective Nevski, à Saint-Petersbourg. La famille fit construire le magnifique palais Belosselsky-Belozersky sur la perspective Nevski, un chef-d'œuvre d'architecture baroque tardif, aujourd'hui classé monument historique.

Les princes Belosselsky Belozersky possédaient l'île de Krestovsky, après que le prince Alexandre Mikhaïlovitch Belosselsky Belozersky, l'achète vers 1800 à la famille Razoumovski.. Vers 1885, les Belosselsky Belozersky déménagent de leur perspective Nevski « Palais Belosselsky-Belozersky », près du canal Fontanka et du pont Anitchkov à Saint-Petersbourg, après avoir vendu leur palais au grand-duc Sergueï Alexandrovitch de Russie, pour emménager sur l'île Krestovsky. Les derniers princes Belosselsky-Belozersky à résider sur l'île Krestovsky sont les fils du prince Konstantin Esperovitch Belosselsky-Belozersky (1843-1920), Sergueï Konstantinovitch et Esper Konstantinovitch Belosselsky-Belozersky. Le "Krestovsky" était leur résidence à Saint-Pétersbourg jusqu'à ce que la Révolution russe de 1917 les oblige à abandonner la Russie et tous leurs biens, y compris l'île Krestovsky et leurs autres propriétés terriennes et immobilières.

Hommages vignette|Le prince Espèr Belosselsky Belozersky et ses deux fils Paul et Georges - Paris 1921 Un monument commémoratif dédié aux princes de la famille Belozersky a été érigé à Belozersk, près des rives du Lac Blanc (Belo Ozero). Ce monument, inauguré au , célèbre les origines princières de la famille et leur contribution historique à la défense de la Russie médiévale. Il rend hommage, en particulier, à ceux qui ont donné leur vie à Koulikovo, comme symboles de résistance à l'occupation tatare.

Depuis 1908, la rue Esperova à Saint-Pétersbourg porte le nom du prince Esper Constantinovitch Belosselsky Belozersky (1871-1921), officier de marine impériale, médaillé de bronze pour la Russie en voile aux Jeux olympiques de Stockholm de 1912, dans la classe des .

Voir aussi Bibliographie

En 1778, le prince Beloselsky publie La musique en Italie [Texte imprimé], un ouvrage qui sera reproduit en fac-similé à Bologne par Forni en 1969.

Articles connexes Noblesse russe Liste des familles princières (Europe)

Liens externes

Notes et références Notes

Références

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