La stratégie nationale pour la biodiversité est une des principales déclinaisons de la stratégie nationale de développement durable (SNDD), qui doit répondre à des enjeux locaux comme aux orientations de la Convention pour la diversité biologique (ratifiée par la France en 1994). La France a en effet dans le monde une responsabilité environnementale de premier plan en raison d'une situation unique ; elle doit gérer durablement un environnement marin particulièrement étendu (elle dispose de territoires dans tous les océans) et un patrimoine naturel terrestre particulièrement riche. Ainsi l'outre-mer en Guyane, en Nouvelle-Calédonie et d'autres territoires où habitent des espèces endémiques, souvent en régression ou menacées, comme les récifs coralliens.
En 2004, la France a publié sa première stratégie nationale pour la biodiversité (SNB) en tant que telle, définie avec des plans sectoriels devant s'achever en 2008, suivis d'une seconde programmation 2009-2010 de plans d'action. En 2011, cette stratégie a été révisée, en reconnaissant le constat d'échec de la précédente (comme ailleurs dans le monde) et en visant notamment à intégrer certains apports du Grenelle de l'Environnement et de la loi Grenelle I qui prévoit que Loi Grenelle I, Article 1, loi -967 de programmation relative à la mise en œuvre du Grenelle de l'environnement.. Des appels à projets thématiques ont été lancés sur les thèmes suivants : (les deux derniers étant ouverts jusqu'au ).
thumb|redresse=1.3|En France, malgré la définition des textes de politique publique, la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées à partir de spécimens d'ours brun de souche slovène se heurte à l'opposition des éleveurs des vallées, relayée par une partie visible de l'opinion publique locale.
Histoire La stratégie nationale a émergé notamment à la suite de la signature de la Convention sur la diversité biologique signée en 1992 au sommet de la terre de Rio, ratifiée par la France en 1994, facteur de mise en cohérence mondiale des actions en faveur de la biodiversitéPhilippe Le Prestre, « La Convention sur la diversité biologique : vers un nouvel ordre biologique international ? », Natures, Sciences, Sociétés, vol. 7, , 1999, . (Plus de régionaux et internationaux concernent la protection de la diversité biologique, mieux coordonnés et mis en cohérence par la ConventionGeneviève IMBERT, « Liens entre la Convention, la législation internationale et les autres textes d'importance », intervention orale, Séminaire de formation sur la biodiversité, CIRAD, Montpellier, 27-29 juin 2000). La stratégie européenne et le réseau écologique paneuropéen se déclinent ou doivent également être déclinés en France), ainsi que la convention d'Aarhus qui impose l'accès à toute l'information environnementale disponible de la part de toutes les collectivités et États-membres de l'Union européenne.
Elle est ainsi passée d'une simple application de la loi de sur la protection de la nature, visant à protéger des espaces, des espèces et des ressourcesloi du 10 juillet 1976 sur la protection de la nature à l'ambition plus écosystémique de restaurer un bon état écologique (démarche européenne, notamment vulgarisée et imposée par la Directive cadre sur l'eau) et à Article 23 de la loi n° 2009-967 du 3 août 2009 de programmation relative à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement, objectif fixé à horizon 2010 (année mondiale de la biodiversité), qui n'a pas été atteint.
SNB 2004 : cette stratégie nationale pour la biodiversité a tenté de mieux répondre aux enjeux de restauration, conservation et protection de la biodiversité en France métropolitaine et d'Outre-mer et de répondre aux engagements internationaux (Convention sur la diversité biologique signée à Rio en notamment). Elle contenait 4 orientations et 10 plans d'action sectoriels (patrimoine naturel, agriculture, international, urbanisme, infrastructures de transports terrestres, mer, forêt, outre-mer, recherche, tourisme.)
SNB 2011-2020Nouvelle stratégie nationale pour la biodiversité (SNB) 2011-2020, faisant suite à la SNB 2004-2010 : En 2010-2011, à la suite d'un constat d'échec (effectif dans la plupart des pays), et dans la dynamique du Grenelle de l'environnement de 2007 et de l'année internationale de la biodiversité (2010), la stratégie a été mise à jour, en cherchant notamment à intégrer les « objectifs d'Aichi » (le Plan stratégique de la CDB, adoptés au Sommet de Nagoya (ONU, oct 2009)) et l'objectif défini en par l'Union européenne.
Un Comité de révision a réuni des ateliers et groupes de travail (ex : 40 groupes de travail à Chamonix en 2010), des experts et consulté de nombreux acteurs. Puis une consultation publique en ligne consultation en ligne s'est déroulée du 25 mars au 15 avril 2011, via le site du ministère chargé de l'Écologie., portant et destinée à . Les répondants ont proposé d'action, et ils sont majoritairement classés comme première priorité, parmi 20 objectifs proposés, les objectifs 6 (« Préserver et restaurer les écosystèmes et leur fonctionnement ») et 11 (« Maîtriser les pressions sur la biodiversité »)Voir détail de la synthèse du dépouillement des réponses dans les annexes de la SNB, pages 49 et suivante. La nouvelle SNB (une quarantaine de pages, 60 Annexes comprises) concerne la période 2011-2020 (avec mises à jour périodiques).
Elle a été présentée le jeudi par Nathalie Kosciusko-Morizet qui a rappelé que d’après les évaluations économiques, à ce rythme le coût de l’érosion de la biodiversité atteindrait l’équivalent de 7 % du PIB mondial avant 2050. « Il ne s'agit pas de préserver l'existant, qui n'est absolument pas satisfaisant, mais de restaurer des continuités écologiques et des milieux naturels », a insisté la ministre.
L’État a publié (en ) ses engagements pour 2011-2013Engagements de l'État dans le cadre de la SNB pour 2011/2013, et a invité les collectivités et toutes les personnes morales le souhaitant à adhérerFormulaire d'adhésion à la FNB (PDF), mai 2011] à la SNB.
SNB de 2004 Onze plans d’actions sectoriels 7 premiers plans sectoriels, décidés en : agriculture, infrastructures de transports (routes, canaux, voies ferrées…), international, mer, patrimoine naturel, territoires et urbanisme ; 3 autres plans, validés en : Forêts, Outremer et Recherche ; 1 plan supplémentaire, validé en , concernant le tourisme. Ces plans devaient être révisés à mi-parcours, en 2008.
En 2008 et début 2009, ces plans ont pu ou auraient dû intégrer les engagements issus du Grenelle Environnement. Ce lieu d'élaboration de propositions a retenu la restauration d'une trame verte et bleue française parmi ses premières priorités, avec aussi l'apparition de mesures nouvelles en France contre la pollution lumineuse. En 2009 toujours, ces plans pourraient affiner les approches portant sur la biodiversité marine en intégrant certaines propositions du Grenelle de la mer (2009).
Des plans de restauration et réintroductions sont prévus avec un travail commun du Muséum national d'histoire naturelle, du CNRS, de la FRB et de l'IRD qui se sont réunis autour d'une plate forme internet sur la biodiversitéDossier CNRS.
Évaluations, résultats En 2009, selon l'analyse annuelleBilan 2008 de la Stratégie Nationale pour la Biodiversité par le comité français de l’Union Mondiale pour la Nature (UICN) de la stratégie nationale pour la biodiversité (SNB, adoptée en 2004, déclinée en 11 plans sectoriels) par le comité français, de l’UICN, les 11 plans d’action progressent, ainsi que les notions de corridors biologiques, et de réseaux d’aires protégées, grâce notamment aux propositions du Grenelle de l'Environnement (dont plans de restauration et de réintroduction). L'UICN note positivement l’intégration d’une dimension « biodiversité » dans le plan de mobilisation du bois, mais estime, pour ce qui du bilan global, que les actions concrètes de restauration, préservation et gestion, n'avancent que trop lentement sur le terrain ; les « indicateurs » restent au rouge et l'appropriation des enjeux de biodiversité dans les politiques n'est pas encore à la hauteur. L'UICN estime que les actions engagées ne suffiront pas à tenir l’objectif 2010 pour la biodiversité.
Les objectifs européens pour Natura 2000, en matière de protection des habitats, ne sont pas non plus atteints. L'évaluation 2001-2006 a montré qu'un faible nombre d'habitats et d'espèces d'intérêt communautaire sont dans un état de conservation favorable. Ce sont les «formations herbeuses», «zones humides» et «côtiers» qui se sont le plus dégradés, y compris en Francerapport de synthèse sur l'état de conservation des types d'habitats et des espèces conformément à l'article 17 de la directive «Habitats» et malgré les progrès du SINP, la France ne sera pas en mesure en 2013 de présenter un bilan complet de l'état de ses habitats, en particulier pour les milieux marinsClotilde Lebreton et Michel Deshayes ; Unité mixte de recherche Agro Paris Tech, CEMAGREF, CIRAD. Rapport sur l’état d’avancement du SINP dans les régions et les établissements publics à couverture nationale, rapport commandé par la DEB (Direction de l'Eau et de la Biodiversité), 21 mai 2010., PDF, 28 pages.
L'UICN, qui est dépositaire de plusieurs conventions internationales (Convention de Ramsar relatives aux zones humides et la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction ou CITES), et qui a avec le Programme des Nations Unies pour l'environnement, contribué à plusieurs textes fondateursIUCN,UNEP, WWF, World Conservation Strategy, Gland, 1980 IUCN, World Resources Institute, Conservation International, WWF-US World Bank, Conserving the World's Biological Diversité, Gland, 1990 ; IUCN, UNEP, WWF, Caringjor the Earth, Gland, 1991WRI, IUCN, UNEP, Global Biodiversity Strategy, Washington, 1992 accompagne la France dans l'évaluation et construction de sa stratégie.
Projet d'Agence nationale de la biodiversité En 2010, l'administration a produit une analyse de la stratégie nationale (bilan et perspectives, évolutions possibles de la stratégie nationale (SNB) élaborée en 2004 et de sa gouvernance, et recommandations sur la cohérence du dispositif global, dans la perspective de sa révision en 2011) Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture de l’environnement et des espaces ruraux (CGAAER), conseil général du développement durable CGEDD, La stratégie nationale pour la biodiversité : bilan et perspectives, juin 2010.