alt=Edward O. Wilson en 2007, auteur de Sociobiology: The New Synthesis (1975)|vignette|Edward Osborne Wilson en 2007, auteur de Sociobiology: The New Synthesis (1975).

La sociobiologie est une discipline étudiant les bases biologiques présumées des comportements sociaux répertoriés dans le règne animal.

L'un de ses fondateurs, Edward Osborne Wilson, lui donnait pour objectif ..

En sa qualité de synthèse, elle fait appel à un vaste rassemblement des savoirs sur l'évolution des espèces. De la sélection naturelle à la coévolution gène-culture, en passant par l'eusocialité, l'effet Westermarck, l'altruisme réciproque, la consilience, entre autres, la sociobiologie interpelle tant les sciences de la vie que les sciences exactes, humaines et sociales.

Née aux États-Unis dans les années 1940, la sociobiologie a été développée sous plusieurs formes tout d'abord par John Paul Scott puis Stuart Altmann, avant qu'Edward Osborne Wilson n'utilise ce terme pour désigner le projet scientifique développé dans son ouvrage paru en 1975: . Ce livre, et la discipline en général, ont suscité des guerres d'idées d'une extrême intensité et s'inscrivent dans le débat inné et acquis.

Origine du concept En France et aux États-Unis, le néologisme « sociobiologie », en anglais « », voit d'abord le jour sous diverses formes et graphies vers la fin du .

En France, à partir des années 1890, apparaissent les termes « sociologie biologique », « bio-sociologie », « socio-biologie » et « biosociologie ».. L'expression voisine « socio-biologie » est utilisée dans le titre de trois études du médecin Georges Auguste Morache, en 1902, 1904 et 1906.... Ces notions font l'objet de querelles récurrentes : Richard (1900), Bouglé (1900) et Célestin Bouglès (1900)Congrès International de l'Institut de Sociologie. 1900..

Aux États-Unis, deux conférences organisées dans l'immédiate après-guerre réunissent des représentants des champs de l'éthologie, de la psychologie comparée et de l'écologie pour tenter de faire connaître, partager et hybrider leurs méthodologies respectives de l'étude du comportement animal, en particulier l'observation des comportements dans un cadre naturel..

C'est le généticien et spécialiste du comportement animal , participant à ces conférences, qui utilise le terme "sociobiology" pour désigner en 1948 le rapprochement souhaité entre les champs de la biologie (particulièrement l'écologie et la physiologie) ainsi que la sociologie.. La sociobiologie de Scott se fixe pour objectif de préserver la tradition naturaliste de l'étude du comportement social animal, dans un contexte d'après-guerre où la biologie moléculaire, la biologie mathématique et la biologie expérimentale se développent et menacent la crédibilité scientifique des naturalistes..

Notamment grâce aux efforts organisationnels de et de l'ornithologue Nicholas E. Collias. , une Section of Animal Behavior and Sociobiology est créée en 1956 au sein de la Société américaine d'écologie (ESA) et réunit 300 membres. Une Division of Animal Behavior est créée au sein de l'ESA en 1958, et ces deux groupes fusionnent en 1964 pour donner naissance à l' Animal Behavior Society. Cette société conserve l'esprit initial de la sociobiologie telle que formulée par John P. Scott : la pluralité des méthodes d'étude du comportement animal, y compris les études naturalistes, est revendiquée.

Les deux incarnations suivantes de la sociobiologie (celle de Stuart A. Altmann en 1950/1960, puis celle de Edward Osborne Wilson) reflètent ce même souci de "faire alliance" entre naturalistes et champs voisins de la biologie animale, afin d'incorporer les nouvelles méthodes formelles et quantitatives aux études qui laissent plus de champ à l'observation en milieu naturel (écologie animale. et éthologie notamment).

À la parution en 1975 de l'ouvrage de Edward O. Wilson intitulé Sociobiology: The New Synthesis, le terme "sociobiologie" devient de facto synonyme du projet défendu par son auteur, et les sens plus anciens du terme ne sont plus couramment utilisés.

Qu'est-ce que la sociobiologie ? Selon le sociobiologiste Yves Christen, Consulté le 2015-01-30. Laurent Dobuzinskis note à ce sujet que ..

D'après James D. Cadien, la sociobiologie ; .. Dans le même ordre d'idées, le sociobiologiste français Pierre Jaisson ajoute que la sociobiologie et .

Sur un autre plan, le généticien Horowitz souligne que la « science s'est développée à une rapidité telle » depuis les années 1900 que « les histoires des sciences sont souvent rédigées du vivant des chercheurs » et « certains de ce nombre sont encore actifs ».. Le chef de file de la sociobiologie, Edward Osborne Wilson a justement continué à réviser et à modifier les fondements et les éléments théoriques de la sociobiologie tout au long de sa vie..

Cadre théorique La naissance de la sociobiologie se situe dans le prolongement de précurseurs et de théoriciens scientifiques, plus précisément de Lamarck à Hamilton, en passant par Darwin, Wallace, Spencer, Mendel, de Vries, R.A. Fisher, J.B.S Haldane, Sewall Wright, Theodosius Dobzhansky, Julian Huxley, Ernst Mayr, Bernhard Rensch, George Gaylord Simpson, George Ledyard Stebbins.

John Alcock, biologiste américain spécialiste du comportement animal d'un point de vue évolutionniste, établit une distinction entre la sociobiologie et l'écologie comportementale, deux secteurs scientifiques qui s'emboîtent : *..

Écologie comportementale La sociobiologie apparait comme un champ inclus dans l'écologie comportementale, les deux disciplines différant par leur objet d'étude selon Frank Cézilly : alors que la sociobiologie est centrée sur l'analyse des interactions au sein des groupes ou sociétés animales, l'écologie comportementale traite de tous les comportements.. Thierry Hoquet considère pour sa part la sociobiologie et l'écologie comportementale comme des termes synonymes«Plutôt que le vocable contesté de « sociobiologie », on parlera plutôt d’écologie comportementale», Hoquet Thierry, « La sociobiologie est-elle amendable ? Biologistes, féministes, darwiniennes face au paradigme de la sélection sexuelle », Diogène, 2009/1 (n° 225), p. 139-156,lire en ligne.

Dans une optique évolutive, l'écologie comportementale est à l’interface de l’écologie et des sciences du comportement. Ses contours sont vastes, et ont tendance à s’élargir, car la démarche sous-jacente, qui consiste à penser en termes de coûts, bénéfices et adaptation s’applique à tous les organismes et à toutes les questions. Des interfaces naturelles existent en aval avec les neurosciences et la physiologie d’une part, et en amont avec l’écologie des communautés et avec l’écologie écosystémique d’autre part. Les domaines de la biologie des populations (écologie et génétique) ou des relations durables sont englobés dans cette définition de l’écologie comportementale évolutive, tout comme une partie de la biologie de la conservation et des invasions. Par conséquent les mécanismes de l’origine et du maintien de la biodiversité sont pris en compte. L’écologie comportementale et les interactions durables et leurs implications écologiques sont représentées, tout comme le modèle d’étude des insectes sociaux.

Naissance de la sociobiologie de Wilson Wilson commence à exposer les bases de la sociobiologie en 1971 dans son ouvrage . L'auteur y révèle vouloir créer, sous le nom de « sociobiologie », une nouvelle discipline scientifique. Sachant que ce mot est déjà connu dans l'univers académique, il déclare l'avoir choisi dans le but de faciliter l'acceptation par ses pairs de sa nouvelle démarche. C'est donc sans équivoque qu'il attribue le titre de « » au dernier chapitre de ce volume. Il y expose une première description de la sociobiologie, de ses enjeux et de sa fécondité attendue. Puis, en 1975, il en officialise la naissance par la publication de son nouvel ouvrage au titre explicite .

Définition En 1975, Wilson présente une définition sommaire de la sociobiologie dans Sociobiologie : une nouvelle synthèse (1975)Titre de la version d'origine en anglais : . : .. En 1978, dans son nouvel ouvrage « », Wilson estime indispensable d'apporter quelques précisions fondamentales au sujet de la sociobiologie. Il souligne qu'elle

Edward O. Wilson précise, en tant que concepteur, que la sociobiologie est thumb|alt=Troupeau d'hippopotames en baignade|Attroupement d'hippopotames, exemple de comportement socialWikipedia commons. Troupeau d'hippopotames. Hippopotamus amphibius, Luangwa völgy, Zambie, 2002..

Thèmes La contradiction entre l'existence même de l'altruisme et la sélection naturelle, soulevée dès 1871 par Darwin et Wallace, est thématisée par la sociobiologie, notamment Edward O. Wilson, qui cherche à comprendre ..

Le concept de sélection de parentèle de Hamilton est développé par Wilson dans son ouvrage Sociobiology: The New Synthesis. La première confirmation expérimentale est réalisée et publiée en 1976 dans la revue Science par les biologistes américains Robert Trivers et Hope Hare.

Modèles empiriques

Critique de la sociobiologie Déterminisme génétique Un des postulats de la sociobiologie fait du comportement un trait semblable à un caractère physique (la couleur des cheveux, par exemple), trait susceptible d'être sélectionné au cours de l'évolution, et transmis héréditairement. Des conduites violentes, sexistes, racistes, de domination ou de soumission seraient, selon la théorie sociobiologique, des adaptations évolutives. Elles auraient favorisé la transmission de certains ensembles de gènes. Il faudrait ainsi voir en elles le résultat de la sélection naturelle..

La sociobiologie a été critiquée parce qu'elle présente les inégalités socio-économiques comme des phénomènes héréditaires. Elle contribue ainsi à naturaliser des formes d'injustice dont l'explication serait plus vraisemblablement d'ordre politique et historiquePatrick Tort, «Darwin contre la sociobiologie», dans .. Cette nouvelle discipline s'inscrirait dans le sillage du « vieux » darwinisme social, auquel elle aurait ajouté l'habillage moderne de la génétique« Du point de vue de la stratégie et des enjeux, le darwinisme social et la sociobiologie suivent un seul et même axe argumentatif : il s’agit de convaincre du caractère naturel, car héréditairement prescrit, des inégalités sociales, économiques, voire culturelles ou raciales », Patrick Tort, «Darwin contre la sociobiologie», dans ..

Il a été reproché à la sociobiologie de nier ou de minorer, dans son explication des comportements humains, le rôle des facteurs socio-historiques, et de majorer celui des facteurs biologiques, en particulier génétiques«Les propositions de la sociobiologie minimisent les aptitudes acquises par apprentissage, les caractères et les attitudes culturels, voire les excluent de toute participation importante au maintien et à l’évolution des groupes sociaux. Si ces propositions peuvent s’entendre sans trop de réflexion pour des populations d’insectes, elles sont beaucoup moins « instinctivement » recevables s’agissant des populations de vertébrés […] en particulier dans l’espèce humaine», .Georges Guille-Escuret, «La culture contre le gène : une alternative piégée», dans ..

Les idéologies d'extrême-droite alléguant traditionnellement de prétendues « lois » biologiques pour justifier une conception hiérarchisée des groupes sociaux, la sociobologie a été de fait mobilisée au service des thèses de la droite la plus conservatrice«La principale caractéristique de la sociobiologie est d’être un instrument biologique de négation des déterminations historiques sur le social. Si cet instrument séduit en priorité la droite la plus réactionnaire, ce n’est pas à cause de sa construction théorique mais en fonction de l’appropriation désormais traditionnelle, par l’extrême droite, de « lois » biologiques comme source de légitimation», Georges Guille-Escuret, «La culture contre le gène : une alternative piégée», dans ..

Sexisme