Plusieurs emprunts nationaux sont émis au cours de l'histoire économique de la France moderne. Ces emprunts nationaux ont lieu en temps de guerre lorsque les finances publiques sont mises à mal, ainsi qu'en temps de paix lorsqu'il faut lancer certains projets et que la dette publique reste élevée. Si l'État manque de trésorerie et que les impôts ne suffisent plus, un emprunt devient parfois nécessaire.

Pour inciter la population à souscrire massivement à ces emprunts, les gouvernements ont fait œuvre de propagande, notamment à travers des affiches qui font appel à la fibre nationaliste.

Emprunts nationaux

L'opération du visa (1715-1726)

Sur 3 à 4 milliards de titres en circulation (dont les « billets de monnoye ») en France émis depuis 1702 par la Caisse des emprunts, il n'en viendra au visa de contrôle que 2,2 milliards sur lesquels l'État ne reconnaîtra que 1,7 milliard, ce qui revenait donc à diviser par deux la dette laissée à sa mort par Louis XIV.

Emprunt du 9 août 1789

Un emprunt national de trente millions de livres est décrété par l’Assemblée constituante de 1789. Le roi Louis XVI en confie la gestion à l’administrateur du trésor royal, Joseph Duruey, qui reçoit la somme comptantAssemblée nationale constituante (1789-1791), Bulletins des correspondances réunies du clergé et de la sénéchaussée de Rennes, Extrait du procès-verbal de l’Assemblée nationale, du 9 août 1798, , p. 393 ; Déclaration du roi concernant l’emprunt de 30 millions, suivie de la quittance de l’administrateur du trésor royal, Joseph Duruey, , p. 404. Ce dernier est condamné à mort pour conspiration, le 28 ventôse an II (), par le tribunal révolutionnaire de Paris.

Emprunt révolutionnaire de l'An II (1793) Le , la Convention nationale vote un emprunt forcé et volontaire sur les personnes répertoriées comme ayant de hauts revenus (supérieurs à un millier de livres par an) afin de récolter un milliard de livres, et ce, dans le but de financer la guerre. Dans la pratique, il devient confiscatoire au delà des revenus imposables dépassant £ (le surplus est prélevé par l'État). Le , cet emprunt a déjà produit £ pour la seule circonscription fiscale de Grenoble. Le lancement de cet l'emprunt est accompagné d'un appel au don patriotique, tandis que de nombreux commissaires vérificateurs et contrôleurs patrouillent le paysMarie-France Brun-Jamsen, La Révolution au quotidien à Grenoble. Histoire de l'administration municipale (1789-1795), Grenoble, PUG, 2018, — extrait en ligne..

Emprunt forcé du 19 frimaire de l'An IV (10 décembre 1795)

L'emprunt du 19 frimaire de l'an IV est le troisième grand emprunt révolutionnaire. Il est établi par la loi du 19 frimaire de l’an IV et est un emprunt forcé. Son montant est fixé à 60 millions de francs. Il est payable en assignats, ce qui permet à l’État de sortir de l'économie ces actifs qui perdaient en valeur.

Seul le tiers consolidé des trois précédents emprunts ci-dessus est garanti en 1797, ce qui constitue le plus important défaut de paiement national« 30 septembre 1797 La banqueroute des deux tiers » par Fabienne Manière, dans herodote.net, 4 mai 2012..

Grands emprunts de libération de 1818 Au moment où la France est encore occupée, au début de la Restauration, le gouvernement décide, pour renforcer son crédit à long terme, et à la veille de lancer de grands emprunts de libération du territoire, de fonder en 1816 la Caisse des dépôts et consignations, qui doit employer en titres de la dette publique les divers fonds déposés obligatoirement entre ses mains. Le montant total des dépenses au budget de l'État est alors de 1,088 milliard de francs pour 774 millions de recettes attendues. En 1818, une série de grands emprunts sont lancés à hauteur de 56 millions en rentes, dont 40 millions devaient être « remis » aux puissances étrangères, et 16 millions, destinés au budget de l'ÉtatPierre-Cyrille Hautcœur, « Les transformations du crédit en France au siècle », in: Romantisme, 2011/1 (n° 151), — sur Cairn..

Lancés par Armand-Emmanuel du Plessis de Richelieu, cette série d'emprunts est la première à être introduite sur le marché boursier. Il en existe six entre 1817 et 1823Francis Démier, Les métamorphoses de la dette publique dans la monarchie des Bourbons (1814‑1830), in: Gérard Béaur et Laure Quennouëlle-Corre (dir.), Les crises de la dette publique, Institut de la gestion publique et du développement économique, 2019, — sur OpenEdition..

Emprunts pour payer la dette de guerre (1870-1871) La France doit s'acquitter de 5 milliards de francs-or, comme indemnité de guerre, à verser à l'Allemagne avant fin 1873, en plus de l'annexion de l'Alsace-Moselle. Elle fait appel au marché deux fois, le , sur le plan national, puis le , qui s'ouvre à l'international. La dette est payée dans les temps, conformément au traité de Francfort : les troupes allemandes quittent alors le territoire.

Emprunts de la Première Guerre mondiale (1915-1920) Quatre emprunts nationaux, en , , et , sont émis durant la Première Guerre mondiale pour financer une guerre qui dure plus longtemps que prévu. L'emprunt national émis fin 1918, celui dit de la « libération », pour une mobilisation financière et des esprits, permet de récolter de francs par le biais de multiples affiches de propagandesLes emprunts nationaux pendant la guerre de 1914-1918..

Il ne faut pas confondre ces 4 emprunts avec les bons de la Défense nationale.

Un emprunt, celui de la « Victoire des Alliés », est lancé en 1919 mais c'est le , l'emprunt national de 1920, qui est considéré comme le plus massif, il vise la reconstruction du pays et le paiement des intérêts de la dette française.

Emprunt de la Libération Émis en par Aimé Lepercq au nom du Gouvernement provisoire de la République française et repris par René Pleven à la suite du décès de Lepercq, cet emprunt lève de francs. Il vise à résoudre les gros problèmes économiques que connaît le pays dirigé par un gouvernement provisoire, alors que la Seconde Guerre mondiale n'est pas terminée.

Emprunt « CNE 3 % »

L'emprunt de la Caisse nationale d'équipement de l'électricité et du gaz, devenue la « Caisse nationale de l'Énergie » (1948)Le Monde, Paris, 29 novembre 1948., est émis par la loi du pour indemniser les actionnaires des entreprises de gaz et d'électricité à la suite de la création de EDF-GDF.

Emprunt Pinay Émis en 1952 par le président du Conseil Antoine Pinay, il est indexé sur l'or et son taux d'intérêt est de 3,5 %, contre traditionnellement à l'époque. Les intérêts sont cependant exonérés d'impôts et de diverses taxes comme sur les droits de succession... Cet emprunt qui est clos en juillet est souscrit à hauteur de et rapporte en « argent frais »..

Emprunt Giscard

Émis en 1973, il est indexé sur le cours de l'or, ce qui s'avérera une erreur très coûteuse.

Emprunt Barre Émis en 1977 par Raymond Barre, à 8,8 %, d'un montant de 8 milliards de francs sur quinze ans, bénéficiant d'un abattement fiscal de francs par an sur les intérêts, il n'aura que très peu profité de sa garantie fondée sur l'ECU« Emprunt national : Une idée pas toute neuve » par Bertrand de Volontat, 20 Minutes, 20 novembre 2011..

Emprunt Mauroy Émis en 1983 par Pierre Mauroy, à 10 %, et qui récolta 14 milliards de francs. Créé pour marquer le tournant de la rigueur, alors que l’inflation était de 9,6 %, ce fut un « emprunt forcé » auprès des contribuables payant plus de francs d'impôts. Ceux-ci durent verser 10 % du montant de leur impôt. Il fut intégralement remboursé en deux ans, en 1985.

Emprunt Balladur

C'est un emprunt national de de francs lancé le par Édouard Balladur, qui venait d'être nommé Premier ministre français deux mois plus tôt.

Il avait pour objectif selon la formule de L'Express de .

Références

Liens externes Inventaires des fonds d'affiches numérisées (448 affiches) relatifs aux emprunts nationaux pendant la Première guerre mondiale et entre 1919 et 1921 conservés à La contemporaine (Nanterre).

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