La centrale nucléaire de Paluel est une centrale nucléaire française exploitée par EDF, et située sur le territoire de la commune de Paluel en Seine-Maritime.

Elle comprend quatre réacteurs nucléaires opérationnels de pour un total de .

Caractéristiques du site La centrale est située sur le territoire de la commune de Paluel en Seine-Maritime, à de Dieppe, de Rouen et du Havre, sur la côte de la Manche en Normandie. Elle est à proximité de la centrale nucléaire de Penly.

Caractéristiques des réacteurs La centrale nucléaire de Paluel a été construite entre 1977 et 1986.. Elle est exploitée par EDF. La centrale, qui utilise l'eau de mer (Manche) pour son système de refroidissement, dispose de quatre réacteurs nucléaires de chacun. vignette|gauche|alt=Centrale de Paluel|Centrale de Paluel

Les quatre réacteurs de Paluel ont été construits par Framatome de 1977 à 1986. Ils font partie du palier P4, comme les deux premiers réacteurs de la centrale nucléaire de Flamanville et les deux réacteurs de la centrale nucléaire de Saint-Alban. Depuis leur mise en service, ils sont exploités par EDF. Les caractéristiques des réacteurs sont les suivantes :

Nom du réacteurPuissanceDébut de constructionPremière divergenceRaccordement au réseauMise en service commercialNette (MWe)Brute (MWe)Thermique (MWth) Paluel-1. Paluel-2.Paluel-3. Paluel-4.

Combustible Initialement, les réacteurs du palier P4/P'4 ne sont pas qualifiés pour utiliser du combustible MOX, les quatre réacteurs de la centrale de Paluel fonctionnent donc à l'uranium enrichi. Fin 2021, EDF instruit une demande auprès de l'ASN (avec avis de l'IRSN) afin d'expérimenter l'utilisation de combustible recyclé MOX dans le réacteur de Paluel. En effet, la Programmation Pluriannuelle de l'Energie (PPE) 2019-2028 fixe la fermeture de de et maintient l'utilisation de MOX jusqu'à l'horizon 2040, or en 2022 seuls certains réacteurs de sont habilités à utiliser ce combustible. EDF envisage de « moxer » certains réacteurs de afin de tenir ces objectifs..

En , EDF est autorisée à utiliser, à titre expérimental, quatre assemblages de combustible MOX dans le réacteur de la centrale nucléaire de PaluelConclusions de l'enquête publique relative à l'introduction de précurseurs MOX dans le réacteur 4 du CNPE de Paluel, seine-maritime.gouv.fr, 16 juin 2023Décret n° 2025-191 du 26 février 2025 autorisant Électricité de France à introduire et à utiliser quatre assemblages de combustible MOX dans le réacteur n° 4 de la centrale nucléaire de Paluel (INB n° 115), Legifrance.gouv.fr, 26 février 2025.

Production et maintenance En 2018, les quatre unités de production de la centrale nucléaire de Paluel ont produit de kilowattheures, soit environ 8 % de la production nucléaire française. Plus de d'EDF travaillent à la centrale de Paluel, ainsi que permanents d'entreprises prestataires.

Comme pour les réacteurs nucléaires français de deuxième génération, les réacteurs de Paluel étaient conçus pour une durée d’exploitation d'au moins . Pour atteindre voire dépasser cette durée de fonctionnement, une réévaluation et un réexamen de sûreté ont lieu tous les dix ans lors des visites décennales. En fonction de l'évolution de la réglementation, des progrès technologiques et du retour d'expérience de l'ensemble des installations nucléaires dans le monde, des modifications sont nécessaires, et sont effectuées pour respecter le niveau de sûreté requis. Une fois terminées, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) peut autoriser une poursuite de l'exploitation pour dix années supplémentairesRappels sur la visite décennale des réacteurs nucléaires en France connaissancedesenergies et AFP, 28 juin 2019. +Calendrier des visites décennales de la centrale de Paluel visite décennale visite décennale visite décennale visite décennalePaluel-11996 au au Paluel-21995 au au Paluel-31997 au au Paluel-41998 au au La quatrième visite décennale (VD4) de Paluel-1 commence le . Il s'agit du premier réacteur de à en bénéficier. Cette VD4 est plus conséquente que les trois précédentes, dû à de nombreuses modifications principalement en rapport avec une hausse de la sûreté et pour prolonger la durée d'exploitation. À cette occasion les tubes des condenseurs seront changés, ainsi que les deux tambours filtrant l’eau de mer de de diamètre (situés au cœur de la station de pompage et participant au refroidissement du condenseur). Enfin le rotor du corps basse pression du groupe turbo-alternateur (de plus de ) sera également changé.

Sûreté des installations .

Contrôle par l’Autorité de sûreté nucléaire Comme toutes les centrales nucléaires d’EDF, la centrale de Paluel est soumise aux contrôles de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Cette entité indépendante assure, au nom de l’État, le contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection. Cette surveillance peut prendre la forme d’inspections programmées ou d’inspections inopinées. En 2018, 30 inspections ont été réalisées par l’ASN, dont 12 inopinées.. vignette En plus des éléments recueillis lors de ses inspections, l’ASN dispose de données fournies par l’exploitant, conformément à la procédure réglementaire de déclaration des événements significatifs. EDF est en effet tenu de déclarer à l’ASN tout événement significatif qui surviendrait au sein de ses installations nucléaires. Le rôle de l’ASN est alors de vérifier que les problèmes ont été analysés de manière pertinente et que les mesures ont été prises pour corriger la situation et éviter que l’événement ne se reproduise. Tous les événements ayant trait à l’exploitation, survenus à la centrale nucléaire de Paluel, déclarés à l’ASN et rendus publics, sont classés selon une échelle de gravité internationale dite « échelle INES » ().

Évaluation complémentaire de sûreté Au lendemain de l’accident survenu à Fukushima, en , les centrales nucléaires françaises ont fait l’objet d’évaluations complémentaires de sûreté afin d’examiner la robustesse des installations face à des situations extrêmes. Les résultats apportés à l’ASN l’ont conduit à juger le niveau de sûreté des installations satisfaisant. Le régulateur a également demandé qu’un certain nombre d’améliorations soient apportées pour faire face aux situations les plus improbables. Pour cela EDF a défini un plan d'action, qui prévoit notamment :

la mise en place de la Force d’action rapide du nucléaire (FARN) capable d'intervenir, en cas d’urgence, sur n’importe quel site nucléaire en France et en simultané sur l’ensemble des réacteurs d’un même site. Les quatre bases installées à Civaux, Dampierre, Paluel et Bugey sont pleinement opérationnelles.. l’installation d'un moteur Diesel d’ultime secours (DUS) sur l'ensemble des réacteurs (hors Fessenheim). Le principe est de disposer d'une alimentation électrique supplémentaire en cas de défaillance des deux alimentations externes et des deux alimentations internes déjà existantes..

Protection des intervenants

Radioprotection La réglementation française impose une limite d’exposition annuelle à ne pas dépasser pour les travailleurs intervenant en zone nucléaire. Elle s’élève à sur glissants. En 2017, à la centrale nucléaire de Paluel, sur les sept derniers mois de l’année, aucun intervenant n’a dépassé la dose de sur glissants..

Les niveaux d’exposition, enregistrés par les outils de mesures dont sont obligatoirement équipés tous les intervenants sont régulièrement transmis à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), organisme indépendant chargée de la surveillance des travailleurs exposés aux rayonnements ionisants.

Sécurité .

Surveillance de l’environnement Le programme de surveillance de l’environnement est établi conformément à la réglementation. Ce programme fixe la nature, la fréquence, la localisation des différents prélèvements réalisés, ainsi que la nature des analyses à effectuer. Sa stricte application fait l’objet de visites et inspections programmées ou inopinées de la part de l’ASN qui réalise des expertises indépendantes.

Ce dispositif est complété par des études annuelles radio-écologique et hydro-biologique d’impact sur les écosystèmes. Elles sont confiées par EDF à des laboratoires externes qualifiés (IRSN, IRSTEA, Ifremer, Onema, laboratoires universitaires et privés). Tous les dix ans, une étude radio-écologique plus poussée est réalisée. La grande variété d’analyses, effectuées lors de ces études, permet de connaître plus finement l’impact des installations sur l’environnement, et constitue un témoin objectif de la qualité d’exploitation des centrales.

Contrôle des rejets Un texte réglementaire. spécifique fixe la nature, la fréquence et le type de contrôles pour chaque paramètre (flux ou débit, concentration, activité, température) de chaque centrale, tant au niveau des prélèvements d’eau que des rejets d’effluents radioactifs, chimiques et thermiques.

À Paluel, prélèvements sont réalisés chaque année pour contrôler les rejets (rejets liquides, effluents et température) et leur impact sur l’environnement. Ces mesures montrent des résultats en dessous des seuils règlementaires.

Protection et information de la population

Information du public La centrale nucléaire de Paluel informe la population de son fonctionnement et de son actualité. Elle dispose d'un espace découverte ouvert à tous. Des visiteurs (scolaires ou grand public) sont accueillis tout au long de l’année pour des conférences et des visites des installations. En 2018, ont bénéficié d’une information sur le nucléaire à la centrale de Paluel.

Au cours de l’année, plusieurs journées à thèmes sont organisées, souvent en lien avec les associations locales, avec pour objectif de faire découvrir nos métiers et de sensibiliser aux activités liées à la production d’électricité : fête de la science, journées de l’industrie électrique, journées européennes du patrimoine

L’actualité de la centrale nucléaire de Paluel peut être suivie sur le site internet de la centralewww.edf.fr/paluel ou via le fil twitter @EDF_Paluel

Chaque année, conformément à l’article L125-15 et L125-16 du Code de l’environnement, la centrale de Paluel publie son rapport annuel d’information du public, dans lequel sont développés les principaux résultats dans les domaines de la sûreté, de la radioprotection, de l’environnement

Plan particulier d’intervention

Même si tous les moyens techniques, organisationnels et humains sont mis en œuvre pour prévenir d’un accident nucléaire, des mesures de mise en sécurité de la population sont prévues dans le cadre du Plan particulier d’intervention (PPI).

Au sein du dispositif ORSEC, les plans particuliers d’intervention regroupent des dispositions spécifiques adoptées par les de département pour faire face aux risques technologiques liés à la présence d’un barrage ou d’un site industriel (usines chimiques SEVESO 2, centrales nucléaires…). Lorsqu’un événement est susceptible d’avoir des conséquences à l’extérieur du site, sur la population environnante, le préfet, responsable de la protection de celle-ci, déclenche le Plan particulier d’intervention.

En , le périmètre du PPI a été étendu à 20 km autour des installations nucléaires. Les mesures d’information, de prévention et de sécurité concernent désormais 104 communes situées autour de la centrale de Paluel, soit environ .

Économie et emplois

Effectifs La centrale de Paluel comptabilisait EDF et 750 salariés permanents d’entreprises prestataires en 2018. Lors des arrêts pour maintenance, entre 600 et d’entreprises prestataires supplémentaires peuvent être amenés à intervenir sur le site..

Investissements pour la modernisation des installations En 2018, la centrale nucléaire de Paluel a investi plus de 150 millions d’euros dans l’exploitation et la maintenance, ce qui permet de conserver ses installations dans un état optimum permanent pour un fonctionnement en toute sûreté.

Apport au territoire