La ligne de Saint-Just-en-Chaussée à Douai est une ligne ferroviaire française, en grande partie à voie unique, reliant Saint-Just-en-Chaussée à Douai, en passant notamment par Montdidier, Péronne et Cambrai.

Partiellement déclassée, elle constitue la Fascicule Gares et lignes du nord édité par le COPEF (Cercle Ouest Parisien d'Études Ferroviaires), en 1985. du réseau ferré national. Désormais, seule la section entre Cambrai et Douai est encore en service voyageurs, pour le réseau .

Historique Section de Saint-Just-en-Chaussée à Cambrai La construction de la ligne de Saint-Just-en-Chaussée à Cambrai est en partie imputable à la loi du sur les chemins de fer d'intérêt local, transférant certaines compétences de l'État aux départements et instaurant des subventions en capital, partagées entre l'État et la collectivité concédanteCollection complète des lois, décrets, ordonnances, règlements, et avis du Conseil d'État, année 1865, p. 391-397.. La Compagnie des chemins de fer du Nord combat avec virulence cette loi, susceptible de donner naissance à de nouvelles compagnies la concurrençant sur le plan local ; en vain. En même temps, le Nord ne se montre pas intéressé par la plupart des concessions des lignes d'intérêt local, estimant que la subvention de par kilomètre est insuffisante pour les construire correctement. Au moment où la compétition augmente, la Compagnie change d'avis et traite avec les départements, d'abord l'Oise et la Somme, afin d'obtenir les concessions des lignes prévues par ces départements. Une convention dans ce sens est passée avec le préfet de l'Oise le .

vignette|gauche|Train de voyageurs en gare de Roisel, alors que l'exploitation était encore proche de celle d'une ligne d'intérêt local. Dans l'Oise, il s'agit de la ligne de Compiègne à la limite du département de l'Aisne vers Soissons, de la ligne de Pont-Sainte-Maxence à Roye, de la ligne de Beauvais à Gisors-Embranchement, de la ligne de Beauvais à Compiègne, de la ligne de La Rue-Saint-Pierre à Saint-Just-en-Chaussée et de la ligne de Saint-Just-en-Chaussée à la limite du département de la Somme près de Domfront - Domélien. Dans la Somme, il s'agit de la ligne de Saint-Omer-en-Chaussée à Abancourt et de la ligne de Conty à Amiens. La déclaration d'utilité publique pour les lignes situées dans le département de l'Oise est obtenue le .Collection complète des lois, décrets, ordonnances, règlements, et avis du Conseil d'État, année 1873, p. 458-459..

La ligne d'intérêt local de la limite du département de l'Oise à Épehy, dans la Somme également, est accordée à la Compagnie des chemins de fer de Picardie et des Flandres par une convention signée le entre le préfet de la Somme et Messieurs Debrousse et Ernest Baroche. Cette convention est approuvée par un décret impérial le suivant qui déclare la ligne d'utilité publique à titre d'intérêt local.. La section d'Épehy à Cambrai, dans le département du Nord, est concédée par des conventions signées les et entre le préfet du département du Nord et la Compagnie des chemins de fer de Picardie et des Flandres. Cette convention est approuvée par un décret le qui déclare la ligne d'utilité publique à titre d'intérêt local.. Dans cette perspective, et étant donné que cette compagnie est une alliée de la Compagnie du Nord, cette dernière rétrocède la concession pour la section de Saint-Just à la limite du département de la Somme à la première. Le Picardie-Flandres construira donc la totalité de la liaison Saint-Just - Cambrai. Par ailleurs, la compagnie rompra rapidement son entente avec le Nord en sollicitant et obtenant des concessions que cette dernière compagnie avait convoitées..

vignette|Horaires de la ligne au service d'hiver 1890. L'ouverture de la ligne est successive, en fonction de la progression des travaux : Montdidier - Péronne le () ; Péronne - Épehy le () ; Saint-Just-en-Chaussée à la limite du département le () et de là jusqu'à Montdidier le ( au total) ; et d'Épehy à Cambrai le (). La longueur totale de la ligne porte ainsi sur (Saint-Just - Cambrai)Marc Gayda, André Jacquot, Patricia Laederich et Pierre Laederich, Histoire du réseau ferroviaire français, , p. 145.. En 1880, le Nord rachète les de lignes du Picardie-Flandres dans des conditions très avantageusesMarc Gayda, André Jacquot, Patricia Laederich et Pierre Laederich, Histoire du réseau ferroviaire français, , p. 138.. La ligne est reprise définitivement par la Compagnie des chemins de fer du Nord selon les termes d'une convention signée entre le ministre des Travaux publics et la compagnie le . Cette convention est approuvée par une loi le suivant qui reclasse la ligne dans le réseau d'intérêt général.. Finalement, l'exploitation de la totalité de la ligne par le Picardie-Flandres aura duré moins de quatre ans.

vignette|gauche|Travaux de doublement de la voie près de Péronne ; locomotive de chantier. La mise à double voie de la section de Montdidier à Cambrai est entreprise vers 1908/10 ; dans ce cadre, les principales gares, comme Roye, Péronne et Roisel, sont dotées de nouveaux bâtiments voyageurs plus spacieux.

Au cours de la Première Guerre mondiale, la bataille de la Somme soumet la section de Montdidier à Cambrai à de multiples bombardements, puis au sabotage de l'armée allemande en retraite. Le service public cesse sur cette section, deux omnibus par sens étant maintenus entre Saint-Just et Montdidier.

L'invasion allemande au printemps 1940 perturbe l'exploitation de la ligne, et un service régulier ne peut être repris qu'au début du mois d'août. Entre fin 1940 et début 1942, l'horaire est assez bien fourni. Des express Paris - Douai et Paris - Valenciennes circulent sur la ligne, ce dernier incorporant même une voiture-restaurant. Ensuite, le programme de circulations est limité aux seuls trains omnibus. Lors des combats de Libération, le nord de la ligne au-delà de Roye subit des destructions. Ne circulent plus qu'un train marchandises-voyageurs Saint-Just - Montdidier et un omnibus Montdidier - Roye.

Après la difficile période de reconstruction, le trafic reste en dessous de son niveau d'avant-guerre. La section la moins fréquentée de Saint-Just à Montdidier est fermée au service voyageurs le Marc Gayda, André Jacquot, Patricia Laederich et Pierre Laederich, Histoire du réseau ferroviaire français, , p. 190.. Sur la section de Montdidier à Cambrai, la deuxième voie est déposée, les croisements de train étant reportés dans les gares ouvertes à la sécurité.

Malgré l'intérêt de la ligne, le service voyageurs est également supprimé le entre Montdidier et CambraiMarc Gayda, André Jacquot, Patricia Laederich et Pierre Laederich, Histoire du réseau ferroviaire français, , p. 191.. Ensuite, la desserte marchandises est également supprimée sur les sections de Saint-Just à Maignelay-Montigny (), de Laboissière - Fescamps à Roye (), et de Roisel à Épehy (). Les sections subsistantes sont donc desservies depuis Montdidier (jusqu'à Maignelay-Montigny et Laboissière - Fescamps), depuis Chaulnes (jusqu'à Roye et Roisel), et depuis Cambrai (jusqu'à Épehy).

La desserte de Maignelay-Montigny depuis Montdidier est abandonnée le . Dernièrement, les sections de Montdidier à Laboissière-Fescamps (déclassement le ) ; de Chaulnes à Roisel et d'Épehy à Marcoing perdent tour à tour leur trafic de marchandises. Or, le tronçon sans trafic de Roisel à Marcoing n'est déclassé qu'entre Villers-Faucon et Épehy. En 2012, ne sont plus desservies en fret que les courts tronçons de Cambrai à Marcoing () et de Chaulnes à Roye () (voir ci-dessous).

Section de Cambrai à Douai Une convention signée le entre le ministre des Travaux publics et la Compagnie des chemins de fer de Picardie et des Flandres la ligne de Cambrai à Douai. Cette convention est approuvée à la même date par un décret qui déclare la ligne d'utilité publique à titre d'intérêt général..

La Compagnie des chemins de fer de Picardie et des Flandres est concessionnaire de la ligne d'intérêt général de Cambrai à DouaiFrançois Caron, « Compagnie de Picardie et de Flandre », dans Les grandes compagnies de chemin de fer en France : 1823-1937, Droz , 76 extrait (consulté le 19 janvier 2012).. Cependant, un an avant l'ouverture de la section en date du , la compagnie est absorbée par le Nord, comme exposé ci-dessus. C'est donc le Nord qui ouvre directement la section de Cambrai à Douai.

La deuxième voie existe encore sur la totalité de la section en 1951SNCF région Nord, Carnet de marches-types pour trains spéciaux, 1951, tableau n° 85.. Elle est d'abord déposée entre Cambrai et Aubigny-au-Bac, mais subsiste encore entre cette dernière gare et Douai en 1960SNCF région Nord, Carnet de profils et schémas, juillet 1960, tableau n° 85..

L'électrification de cette section en AC, de fréquence , est effective depuis le ; ce document est une archive., dont le but était notamment de permettre au TGV de desservir Cambrai. Depuis le printemps 1970, la section de Cambrai à Douai est la dernière à conserver la desserte voyageurs.

Dates de déclassement La ligne a été déclassée par tronçons aux dates suivantes : Saint-Just-en-Chaussée – Maignelay-Montigny (P.K. 80,510 à 87,320, soit ) : ; Maignelay-Montigny – Montdidier (P.K. 87,320 à 98,470, soit ) : ; Laboissière-Fescamps – Roye (P.K. 110,000 à 118,175, soit ) : . ; Villers-Faucon – Épehy (P.K. 165,235 à 170,984, soit ) : ; Montdidier – Laboissière-Fescamps (P.K. 99,750 à 110,000, soit ) : ; Péronne – Roisel (reconverti en voie verte..) : (date à préciser).

Description de la ligne Tracé et parcours Section de Saint-Just-en-Chaussée à Cambrai La ligne quitte la gare de Saint-Just-en-Chaussée (P.K. 79,515 depuis Paris-Nord) en direction du nord, avec un tracé parallèle à la ligne de Paris-Nord à Lille, mais aussi à la ligne de La Rue-Saint-Pierre à Saint-Just-en-Chaussée qui se termine. En plus, la ligne est établie en tronc commun avec celle à voie métrique d'Estrées-Saint-Denis à Crèvecœur-le-Grand (VFIL Oise). La ligne vers cette dernière localité quitte la première le tronc commun, en bifurquant vers l'ouest. Ensuite, les lignes vers Douai et Estrées-Saint-Denis s'éloignent légèrement de la ligne principale vers Lille, et, environ après la gare de Saint-Just, elles passent par-dessous cette ligne principale et s'orientent vers le nord-est. Ce n'est qu'après le point d'arrêt de Plainval (P.K. 82,0) que la section à quatre files de rail prend fin, au P.K. 82,5. Moyennant une rampe de 10 ‰, la ligne atteint son premier point de faîte à au-dessus du niveau de la mer, peu avant la gare de Maignelay-Montigny (P.K. 88,2). Ensuite, elle descend, par un tracé sinueux, dans la vallée des Trois Doms et dessert la gare de Dompierre - Ferrières (P.K. 92,954). Peu au nord du point d'arrêt de Domfront - Domélien (P.K. 95,4), la ligne rejoint celle d'Ormoy-Villers à Boves et reste parallèle à cette dernière pendant les environ restants jusqu'à la gare de Montdidier (P.K. 100,155). Une correspondance avec deux lignes à voie métrique, SE Somme depuis Albert, et VFIL Oise depuis Rollot et Noyon, y est établie.

Montdidier dispose d'un point d'arrêt au sud de la ville, officiellement dénommé « Montdidier-Boulevard-de-Compiègne ; cette page est une archive. ». La ligne se dirige vers l'est. Ensuite, une nouvelle rampe de 10 ‰ commence et continue jusqu'au point d'arrêt de Faverolles (P.K. 104,574), mais la section jusqu'à Roye est relativement rectiligne. Laboissière - Fescamps (P.K. 109,178) est l'unique gare entre Montdidier et Roye. Les autres établissements ne sont que des points d'arrêt : Grivillers (P.K. 110,99), Dancourt (P.K. 112,7), Laucourt (P.K. 115,27) et Roye-Faubourg-Saint-Gilles (P.K. 116,8). Tout près de ce dernier point, se situe la bifurcation où aboutit la ligne de Compiègne à Roye-Faubourg-Saint-Gilles. Roye est atteinte au P.K. 119,01 ; c'est le centre d'un petit réseau à voie étroite de , au service de l'industrie sucrière locale (société Lebaudy-Sommier).