Cahagnes est une commune française, située dans le département du Calvados en région Normandie, peuplée de Population municipale ..

Géographie Localisation Cahagnes se trouve au nord de la région naturelle du Bocage virois, plus précisément dans une région aujourd'hui appelée Pré-Bocage, désignation récente, sorte de seuil du Massif armoricain. L'atlas des paysages de la Basse-Normandie la place au sud-est de l'unité du Bocage en tableaux située à l'est de Saint-Lô et caractérisée par « une série de vallées parallèles sud-ouest/nord-est » aux « amples tableaux paysagers » .. Son bourg est à au sud-est de Caumont-l'Éventé, à à l'ouest de Villers-Bocage, à au nord-est de Saint-Martin-des-Besaces et à au nord-ouest d'Aunay-sur-OdonDistances routières les plus courtes selon Viamichelin.fr. Avec un territoire de , elle était la commune la plus étendue du canton d'Aunay-sur-Odon avant la création de Seulline le .

La plus grande partie du territoire de Cahagnes est dans le bassin de la Seulles qui le parcourt du sud-est au nord-est. Ses affluents le Calichon et la Seullette collectent respectivement les eaux du nord et du sud-ouest de la commune. Seule la partie à l'ouest des hameaux de la Londe et de l'Angotière est dans le bassin de la Vire, par son sous-affluent le ruisseau de la Rosière, affluent de la Drôme.

Le point culminant () se situe à l'extrême sud, dans l'enclave limitrophe de Saint-Pierre-du-Fresne. Le point le plus bas () correspond aux sorties de la Seulles (au nord-est) et du Calichon (au nord) du territoire.

La pluviométrie annuelle entre 1970 et 2000 a avoisiné les (archive Wikiwix du site www.basse-normandie.ecologie.gouv.fr)..

Les principaux lieux-dits sont, du nord-ouest à l'ouest, dans le sens horaire : le Grand Boussigny, Lutaine, Mondant, Lotérot, les Prés, Calichon, Canflais, les Bruyères (deux lieux-dits portent ce nom), la Bergerie, le Bourg, la Croix, le Temple, la Caillerie, Gournay, le Quesnay, la Tringale, la Raterie, la Sébillière, le Mesnil, Orval, Greland, Beaumont, Craham, le Pont de Craham, Beaubrière, Hamars, la Rivière, la Campagne, Locqueville, les Bosquets, le Mesnil de Benneville, Benneville, le Haut Pavé, le Saussay, le Grand Parc, le Homme, Canteloup, le Pont Prieur, la Foulerie, la Maison Neuve, Vauvrecy, la Maison Brûlée, la Récussonnière, le Hautes Pâtures, Boussigny, l'Angotière, Aubigny, le Moulin d'Aubigny, Écorigny et la Londe..

Le territoire comprend une enclave au sud-ouest, entre les communes de Saint-Jean-des-Essartiers, Saint-Pierre-du-Fresne et Saint-Martin-des-Besaces (commune nouvelle de Souleuvre-en-Bocage). Une partie de l'aire d'autoroute « de Cahagnes » est située dans cette enclave, traversée également par la .

Hydrographie La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par la Seulles, la Seullette, le Calichon, un bras de la Seullette, le fossé 01 de Locqueville, le fossé 01 de la Sorière, le cours d'eau 01 de Vauvrecy, le cours d'eau 02 de Vauvrecy, le fossé 01 de Craham, le fossé 01 du Temple, le fossé 01 des Prés, le ruisseau de Canflais, le ruisseau de la Rosière, le cours d'eau 01 de Beauval et divers autres petits cours d'eau.

La Seulles, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Dialan sur Chaîne et se jette dans la baie de Seine à Courseulles-sur-Mer, après avoir traversé .

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de CahagnesLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés. .

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs, Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique et est dans la région climatique Normandie (Cotentin, Orne), caractérisée par une pluviométrie relativement élevée () et un été frais () et venté. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet.

Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Caumont-sur-Aure à à vol d'oiseau., est de , l'amplitude thermique annuelle est de 12,9 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Cahagnes est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs, la commune fait partie de l'aire d'attraction de Caen, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (97,5 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (97,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (54 %), terres arables (43,5 %), zones urbanisées (1,4 %), forêts (0,9 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,2 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Voies de communication et transports L'autoroute A84, dont l'échangeur est accessible par la commune de Coulvain voisine à l'est, emprunte le sud du territoire. Cette autoroute gratuite y longe l'ancienne route nationale 175, aujourd'hui déclassée en départementale 675, à laquelle le bourg est relié par la . Celle-ci continue au sud vers Aunay-sur-Odon et permet au nord de rejoindre Caumont-l'Éventé. La qui joint Caumont à Villers-Bocage traverse le nord de la commune et est reliée au bourg par la . La rejoint Sept-Vents à l'ouest et Tracy-Bocage à l'ouest, la Les Loges au sud-ouest et la Saint-Pierre-du-Fresne et Jurques au sud.

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Chaiines vers 1170 (Wace, Roman de Rou.) ; Kahaniis en 1182-1189 (Actes H II, 750) ; ecclesia de Cahannes, Willelmus de Cahaines en 1195 (Stapelton 199, 264) ; Kahaignae en 1203Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Librairie Guénégaud 1979. ..

La première mention est en dialecte normand méridional, au sud de la ligne Joret. La commune se trouvant au nord, seule la forme normanno-picarde avec [k] initial a prévalu. Cahagnes renvoie à un type toponymique attesté presque uniquement en Normandie et dans le Maine. En effet, on y trouve aussi Chaignes (Eure, Cahaniis, non daté) ; Cahaignes (Eure, Cahainnes 1184) et Chahaignes (Sarthe, Chahania s-).

Fernand Lechanteur, Jean Adigard des Gautries, Ernest Nègre et Albert Dauzat ont voulu voir, les uns, le latin catena (> ) et, les autres, le latin catanus, « genévrier », dont une variante a donné l'occitan cade, à l'origine du français cade. François de Beaurepaire doute de ces hypothèses. Dans un ouvrage plus récent, ce dernier reprend l'hypothèse de Gérard TaverdetGérard Taverdet, Noms de lieux du Maine, Bonneton, p. 115 qui considère ce type toponymique comme une évolution du latin tardif capanna / *cavanna (cauanna, , Gloses de Reichenaucabane sur le site du CNRTL (lire en ligne)), sans doute d'origine préromane, qui a donné le mot français cabane (issu de l'occitan) et les nombreux toponymes / . La chute du [b] / [v] à l'intervocalique s'est produite de la même manière que dans tabonem > taon ou pavonem> paon.

Une forme *Kahaines (Quahaines 1233, Kahaignes 1235) est à l'origine du nom de la ville anglaise de Milton Keynes et du patronyme anglais .

Le gentilé est Cahagnais.

Microtoponymie Plusieurs hameaux et lieux-dits de la commune possèdent un nom composé d'éléments anglo-scandinaves ou du moins, germaniques : Locqueville (Loquevilla 1289), peut-être le nom de personne scandinave Lokki « le Bouclé, le Frisé », sur lokkr « boucle de cheveux » (Dominique Fournier). Hamars ou Hamard cf. Hamars (Évrecy, Hamarz 1138) et Hamarc (lieu-dit disparu à Langrune, Hamarc 1594) d'étymologie obscure. ruisseau de Canflais (fleu de Canflais 1491), fleu représente l'ancien normand fleu « cours d'eau » issu du vieil anglais fleot « cours d'eau » (> anglais fleet, même sens) croisé avec le vieux norrois flóð « rivière, flot » (cf. toponymes en -fleur : Honfleur, Barfleur, etc.). Canflais peut être une mauvaise graphie pour *Canflet composé avec le vieil anglais fleot. Gre[s]land (Gresland ), toponyme à rapprocher de Greetland (GB, Yorkshire, Gretland 1277) issu de l'anglo-saxon greot land « terre caillouteuse ». Benneville (Benevilla 1420), Bene- représente très certainement un nom de personne germanique. le Homme, formation toponymique romane à partir du vieux normand homme « îlot, terre au bord d'un cours d'eau », lui-même de l'ancien scandinave holm, accusatif de holmr « îlot ». la Londe, formation toponymique romane à partir du vieux normand londe « bosquet, bois », mot issu de l'ancien scandinave lunda, accusatif pluriel de lundr « bosquet ».

Histoire Préhistoire Des fouilles ont révélé un site protohistorique () attestant d'une occupation humaine ancienne à Benneville.

Moyen Âge Guillaume de Cahagnes est au seigneur du village, et l'un des compagnons de Guillaume le Conquérant lors de la conquête de l'Angleterre. Il reçut du duc de vastes domaines, tant dans le duché de Normandie qu'en Angleterre, où il est à l'origine du village de Keynes. Le nom issu d'une forme de type *Kahaines s'est anglicisé en Keynes. Cela explique le jumelage actuel avec la ville de dans le Sussex.

Le prieuré anglais de Merton (Borough londonien de Merton), possession de l'église de Cahagnes, fut fortifié par Radulphe de Cahagnes, fils de Guillaume, qui fit de nombreux dons à plusieurs abbayes.

Du , Cahagnes est dominé par les deux seigneuries de Vauvrecy et d'Aubigny.

Selon Arcisse de Caumont, les chanoines de Merton détenaient dans le village une léproserie qui relevait de l'abbaye Notre-Dame du Val.

Seconde Guerre mondiale