Capitale de la douleur est un recueil de poèmes du poète surréaliste français Paul Éluard, paru pour la première fois en ..

Distinction Il se classe à la de la liste des 100 meilleurs livres du établie par la Fnac et Le Monde[https://www.goodreads.com/list/show/11432.Le_Monde_s_100_Books_of_the_Century Liste sur Goodreads.com.

Titre et composition Son titre était à l'origine L'Art d'être malheureuxLucien Scheler, « Préface », in Paul Éluard, Poésies complètes, éditions Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1968, .. C'est lors de la correction des épreuves qu'Éluard trouve le titre de Capitale de la douleur, où se superposent de riches ambiguïtés : on pense au sens géographique, mais aussi à la peine capitale, et à un témoignage capital sur la douleur ainsi qu'à la capitale où convergent les malheureux. Éluard dit sa douleur en lettres capitales. Il entend, grâce à l'utilisation du « Je universel » faire en sorte que chacun puisse se reconnaître en lisant ces poèmes.

Jean-Charles Gâteau parle d’« autobiographie poétique » concernant la rédaction de ce recueil. Paul Éluard vit alors avec Gala et Max Ernst. Gala pose pour Max Ernst, sous les yeux d'un Éluard malheureux (dans le poème liminaire « Max Ernst », le dernier vers est : ) qui a des yeux trop pleins d'amour (dernier vers du poème Giorgio De Chirico).

Le recueil comprend quatre sections : Répétitions (pp. 7-46 de l'édition originale) : Il s'agit de la reprise intégrale des trente-cinq poèmesÉluard, op. cit., . du recueil homonyme paru en 1922Éluard, op. cit., ., réalisé en pleine période dada en collaboration avec Max Ernst. Capitale de la douleur - édition sans illustration - ne reprend pas les dessins de 1922. A en croire les indications données par Éluard dans une lettre à Jacques DoucetÉluard, op. cit., ., les plus anciens poèmes datent de 1914. Mourir de ne pas mourir (pp. 47-76) : là aussi il s'agit de la reprise d'un recueil précédent, celui de même nom publié en 1924, à l'exclusion des poèmes de la section intitulée Les petits justes (isolés dans la section suivante). Le titre est emprunté à un vers que muero porque no muero de la glose du cantique Vivo sin vivir en mí de Thérèse d'Avila . Eluard exprime l'amour profane sous les mêmes termes que l'amour mystique de la Sainte d'Avila - le poète souffre tellement qu'il se meurt de ne pas mourir de la douleur ressentie... Les Petits justes (pp. 77-90) : cette courte section (onze poèmes) reprend les 6 poèmes publiés dans Mourir de ne pas mourir (1924) (désormais numérotés I-V, XI) augmentés de 5 nouveaux poèmes (VI-X). Éluard expérimente ici diverses formes poétiques. Nouveaux poèmes (pp. 91-145). Avant d'écrire cette dernière section, Éluard fait une fugue de plusieurs mois (mars-Éluard, op. cit., .). Il parcourt le monde, ne souhaitant plus rester avec le couple Gala - Max Ernst. Le groupe surréaliste le prend alors pour le nouvel Arthur Rimbaud. Gala le convainc de revenir et laisse Max Ernst. Pour Éluard, elle est « celle de toujours, toute », sa muse. Éluard évoque autant Gala qu'une idée de la pureté de la poésie : « Tu es pure, tu es aussi pure que moi-même ». André Breton écrit dans son Manifeste du surréalisme : « le haut et le bas ne sont plus perçus contradictoirement », c'est ce que l'on peut constater en analysant de près le célèbre poème « La Courbe de tes yeux ». Cette section comporte également quelques reprises de recueils précédents : cinq poèmes du recueil Les nécessités de la vie et les conséquences des rêves (1921)Éluard, op. cit., . et quatre du recueil Au défaut du silence (1925)Éluard, op. cit., ..

Au cinéma Dans le film Alphaville, une étrange aventure de Lemmy Caution de Jean-Luc Godard, ce recueil prend une place importante.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Maryvonne Neuraud, L'Image végétale dans la poésie d'Éluard, Lettres modernes, Minard, 1966 Osten Södergard, Étude sur le vocabulaire de Capitale de la Douleur, Revue Studia Neophilologica, n°1, 1960 Jacques Borel, « Un Éluard nocturne », La Nouvelle Revue Française, juillet- Charles G. Whiting, « Eluard's Poems for Gala », The French Review,

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