Romano Amerio (Lugano, - Lugano, ) est un théologien catholique suisse, de langue italienne.
Critique tardif des évolutions liturgiques et ecclésiologiques post-conciliaires, son œuvre majeure, Iota Unum, est consacrée à l'étude des ruptures dans l'enseignement et la tradition de l'Église après le concile Vatican II.
Éducation et enseignement
Né à Lugano, Amerio obtint un doctorat en philosophie à l'Université catholique de Milan en 1927. Disciple du père Gemelli, fondateur de l'université, il étudia en détail la philosophie du poète italien du Tommaso Campanella dont il devint par la suite un spécialiste. Il est également connu pour ses travaux sur Antonio Rosmini et pour son édition critique des œuvres d'Alessandro Manzoni.
Après son doctorat, il enseigna la philosophie et les classiques gréco-romains à l'Académie de Lugano, en Suisse.
Rôle au cours du concile Vatican II
Amerio fut envoyé au concile Vatican II en tant que peritus d'Angelo Giuseppe Jelmini, administrateur apostolique du diocèse de Lugano.. Jelmini étant membre de la Commission centrale préparatoire, Amerio put consulter tous les schémas et rédiger des commentaires en son nom. Vingt ans après la fin du concile, de plus en plus critique face à la discontinuité doctrinale et disciplinaire promue au nom du concile par certains groupes, il écrivit son ouvrage majeur Iota Unum.
Principales idées
Dans ses écrits, Amerio identifie trois textes liturgiques qui, selon lui, furent implicitement et intellectuellement niés après le concile : l’encyclique Quanta cura du pape Pie IX, condamnant le libéralisme et l’idéologie maçonnique ; le décret Lamentabili sane exitu du pape Pie X, relatif à la critique biblique radicale ; et l’encyclique Humani generis du pape Pie XII, qui réprimande les nouvelles anthropologies et ecclésiologies.
Amerio s’opposait également à la créativité liturgique, et sa pensée sur ce point rejoignait essentiellement celle de l’encyclique Mediator Dei de Pie XII, qui affirmait précisément que la liturgie était un culte, et non une simple célébration de soi.
Amerio examina aussi les changements institutionnels au sein du Saint-Office et considéra que l’abandon formel du terme « hérésie » dans les enquêtes et procédures officielles avait eu des conséquences profondes sur la vie de l’Église, les études et le monde universitaire chrétien.
Amerio était un fervent défenseur de l'apologétique et déplorait l'abandon des notions de conversion et de dispute au profit d'une approche purement dialectique entre l'Église et le monde. Attaché au thomisme et à l'augustinisme traditionnels, il désapprouvait profondément l'adhésion de nombreux intellectuels chrétiens au kantisme, à l'hégélianisme et au spinozisme.
Les essais d'Amerio furent salués par les théologiens traditionalistes., bien qu'ils parurent à un moment difficile au saint de l'Église, marqué par le conflit public qui opposait alors Marcel Lefebvre, fondateur de la Fraternité Saint-Pie-X, au pape Paul VI.
De ce fait, ses recherches et ses ouvrages des années publiés au cours des années 1980 furent largement ignorés et négligés par les instances dirigeantes de l'Église institutionnelle, mais ont connu un regain de popularité et de considération ces dernières années après la mort d'Amerio en 1997..
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Voir aussi Théologie catholique Catholicisme traditionaliste Vatican II
Œuvres
Bibliographie
Références
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