La place Maubert, surnommée La Maube« Synonymes de place Maubert », www.languefrancaise.net.Rodolphe Darzens, Nuits à Paris. Notes sur une ville, Ligaran, 2015, .« De La Maube à la Mouffe », parisfierte.com.Stéphanie et Édouard Brasey, Histoires vraies de maisons hantées. Les enquêteurs de l'étrange, Place des éditeurs, 2011, ., est une place située dans les quartiers de la Sorbonne et Saint-Victor du de Paris.
Situation et accès Au , cette place qui commençait rues de la Bûcherie et des Grands-Degrés et finissait rues de Bièvre et des Noyers, était située dans l'ancien arrondissement de Paris.
Les numéros de la rue étaient noirsJean de La Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris.. Le dernier numéro impair était le et le dernier numéro pair était le .
La place est accessible par la ligne de métro 10 à la station Maubert - Mutualité.
Origine du nom Le nom de la place provient dès sa création d'une déformation soit du nom d'Aubert, second abbé de Sainte-Geneviève qui créa les étals de bouchers sur ce site au car ils étaient dans sa censive., soit de Maître Albert, ..
Historique thumb|gauche|Panneau Histoire de Paris.
La place est créée au début du avec l'édification de maisons en 1210.
Elle est citée dans Le Dit des rues de Paris de Guillot de Paris sous la forme « place Maubert ».
Malgré plusieurs ordonnances rendues, en particulier de 1348 à 1350, les voituriers vidaient leurs tombereaux à l'intérieur de la ville, au milieu des places un peu vastes au lieu de conduire les ordures dans les champs.
Ainsi, à la fin du , la place Maubert était tellement encombrée d'ordures et infectée, que les marchands des Halles cessèrent d'y venir, chassés par la puanteur. Plusieurs maisons devinrent inhabitées et dans d'autres régnaient des maladies pestilentielles. En 1389, la place fut déblayée. En 1392, une ordonnance interdira, sous peine d'une amende de 40 sous, de porter sur la place de Grève, pendant la nuit et d'y amasser Louis Fleury, Cours d'hygiène fait à la faculté de médecine de Paris, ..
thumb|left|upright=1.1|La place Maubert (LAPLACEMAVBERT), avec sa potence et un pendu, sur le plan de Truschet et Hoyau (1550).
La place est citée sous le nom de « rue Pavée » dans un manuscrit de 1636. À partir du la place devint un lieu d'exécution principalement durant le règne de François . On y trouvait par alternance : des fourches patibulaires ; la potence ; la roue ; le bûcher.
La place fut un lieu de sainteté étant donné le nombre important de protestants qui y furent suppliciésAlexandre Crottet, Petite chronique protestante de France. (voir la liste des suppliciés connus ci-dessous). Les atrocités commises sur cette place finirent par émouvoir le pape Paul III qui écrivit à François en G. Berthoud, Aspects de la propagande religieuse. :
Le plan de Paris de 1609 montre la place Maubert avec 2 potences. On pendait encore sur cette place au milieu du puisqu'en , un voleur, François Masson, y fut pendu et brûléPascal BASTIEN : L'Exécution publique à Paris au L'année 1752 - Documents publiés en 1752.
En 1674, une fontaine fut élevée au milieu de la place ainsi qu'un corps de garde qui fut brûlé par les émeutiers en février 1848.
Au , la place abrite une multitude de petits métiers : fripiers, rempailleurs de chaises, fabricants d'arlequins qui accommodaient les restes« Marchands d’arlequins : revendeurs de restes de repas des tables riches », france-pittoresque.com., chiffonniers, mégotiersVoir mégotier dans le Wiktionnaire et la photographie d'un mégotier parisien, prise vers 1895, sur le site prisrues.com. qui faisaient le commerce du tabac récupéré sur les mégots, ou ravageurs« Ravageur », languefrancaise.net. qui écumaient la boue des ruisseaux.
En 1806 la « rue Pavée de la Place-Maubert » ou « rue du Pavé de la Place-Maubert », qui commençait rue de la Bûcherie et finissait rue Galande fut annexée à la place Maubert. Elle avait porté au le nom de « rue Saint-Bernard » et en dernier lieu celui de « rue des Grands-Degrés » à cause des marches conduisant à la Seine.
Étienne Dolet, martyr de la libre pensée Le , c'est sur cette place qu'est érigée la toute première barricade des Ligueurs soutenant le duc de Guise lors de la journée des barricades.
Elle est aussi un ancien lieu d'exécutions publiques des imprimeurs au dans Paris, notamment celle d'Étienne Dolet, torturé, pendu et brûlé sur cette place avec ses livres le . Une statue en bronze réalisée par Ernest Guilbert lui est élevée par le conseil municipal de Paris, et inaugurée par Émile Chautemps le devant une foule de . Sur son socle est inscrit : . Représentative de la statuaire de la , qui exalte par ce biais artistique des figures de l'histoire nationale, elle devient aussi un symbole de la libre pensée et de la laïcité ; d'importantes manifestations ont lieu à ses abords dans les années 1890 et 1900, chaque premier dimanche d'août.. Mais les autorités religieuses ripostent et proposent en 1904 d'installer une statue de Michel Servet, théologien brûlé vif par les protestants en 1553, juste en face de celle d'Étienne Dolet. Elle est finalement placée en bordure de la rue Mouton-Duvernet., puis dans le square de l'Aspirant-Dunand ()..
La statue d’Étienne Dolet fut enlevée puis fondue par les autorités françaises en 1942 sous le prétexte de réclamation du métal par les Allemands. et jamais remplacée malgré certaines tentatives malheureusesL'écrivain surréaliste André Breton, dans son récit Nadja, évoque l'« insupportable malaise […] qu'attire et cause » la statue d'Étienne Dolet. Y figure une photographie anonyme de cette statue. Nadja, in Œuvres complètes, Éditions Gallimard, coll. « bibliothèque de la Pléiade », tome 1, Paris, 1988, et 656. (notamment celle de Robert Couturier en 1949). Un réaménagement de la place en 1980 conduit au retrait du piédestal, dégradé et fissuré ; des employés de maisons d'édition parisiennes se rassemblèrent alors pour y déposer une gerbe de fleur..
Marché de la place Maubert Ce marché est l'un des plus vieux marchés de Paris, institué à cet endroit en 1547 après le transfert du marché Palu de l'île de la Cité devenu trop exigu.. Il occupe alors la place où étaient prodigués en plein air des cours de théologie et de philosophie et a pour rôle d'approvisionner la rive gauche de la ville. Marché au pain et fruits et légumes, il sera un temps supprimé avec l'ouverture du marché des Carmessur le site tout proche de l'ancien carmel de la place Maubert en 1818, avant d'être réinstitué à la fin du . Le seul vestige qui subsiste est la fontaine du Marché-aux-Carmes. Elle a été déplacée et installée dans le square Gabriel-Pierné. De nos jours, ce marché a lieu tous les mardis, jeudis, et samedis. Il est techniquement situé sur l'espace du boulevard Saint-Germain, bien que portant le nom de la place située sur l'autre côté de la voie publique.
Les suppliciés de la place Maubert Les suppliciés connus de la place Maubert sont, par ordre chronologique, les suivantsJohn Viénot, Promenade à travers le Paris des martyrs, 1523-1559, et suiv.. Cette liste n'est pas exhaustive. 1525 : Guillaume Joubert« Guillaume Joubert, le premier martyr rochelais » (janvier-février 1526)., un luthérien, étranglé et brûlé le Jonathan Reid, King's Sister—Queen of Dissent: Marguerite of Navarre (1492-1549).Une source comme le Dictionnaire historique des rues de Paris de Jacques Hillairet indique 1526 ou le 17 février 1526, dans Henry Guy, Histoire de la poésie française au , .. Âgé de 28 ans environ, Livre de raison de Nicolas Versoris, .. 1529 : Louis de Berquin, pendu et brûlé avec ses livres le ; 1533 : Alexandre d'Evreux, pendu et brûlé en 1533 ; 1534 : Jacques de la Croix dit Alexandre ou Laurent CanusMichel Simonin, Rabelais pour le : actes du colloque du Centre d'études.Société de l'histoire du protestantisme français, visualiseur.bnf.fr., religieux jacobin lyonnais, brûlé vif le ; 1534 : Jean Pointet, chirurgien, brûlé en 1534 ; 1534 : Antoine Augereau, imprimeur et libraire, originaire de Fontenay-le-Comte, pendu, étranglé et brûlé le ; 1535 : Antoine Poille, maçon ; 1540 : Claude Lepeintre, orfèvre, brûlé vif après avoir eu la langue coupée ; 1545 : François Bribart, secrétaire de Jean du Bellay, brûlé vif après avoir eu la langue coupée, le ; 1546 : Pierre Chapot, démembré, étranglé et brulé, le ; 1546 : Étienne Dolet, étranglé et brûlé pour avoir imprimé des livres entachés d'hérésie le ; 1557 : Nicolas Clinet, condamné comme hérétique, il est brûlé vif après avoir eu la langue coupée, le ; 1557 : Taurin de Gravelle, avocat au Parlement, condamné comme hérétique, il est brûlé vif après avoir eu la langue coupée, le ; 1557 : Philippe de Luns damoiselle de Graveron en Périgueux, âgée de 23 ans« 27 septembre 1557. Supplice d’une jeune veuve », publicroire.com., condamnée comme hérétique, elle est brûlée vive après avoir eu la langue coupée, flamboyée aux pieds et au visage et étranglée, le ; 1560 : Martin Lhomme« Jean Lhomme (imprimeur-libraire, 14..-154.?) », data.bnf.fr., libraire, pendu le pour impressions diffamatoires ; 1560 : Robert Dehors, commerçant, pendu le pour avoir montré de la compassion au passage du cortège de Martin Lhomme ;
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire C'est à la place Maubert qu'Antoine Furetière situe les aventures des personnages burlesques, souvent des robins, de son célèbre roman satirique Le Roman bourgeois (1666). Angélique et Jeanneton de la place Maubert (1799) est un roman libertin de Pigault-Lebrun dont les deux protagonistes sont marchandes au marché de la place. Défigurée au , elle garde quelques maisons anciennes, à l'angle de la rue Frédéric-Sauton. L'éditeur de Rabelais et lui-même auteur, philosophe et philologue Etienne Dolet (1509-1546) y est brûlé vif en 1546, à l'âge de 37 ans. Il existait en 1555, sur cette place, un hôtel à l'enseigne de lHôtel des Deux Anges. Le , constitution de rente fut faite par le prévôt des marchands et les échevins de Paris en faveur de l'hôpital Saint-Jacques à la place d'une rente que le dit hôpital avait le droit de prendre sur cette maison à l'enseigne des Deux Anges6.AZ. 354 Archives de Paris. Dans cette maison fut signé le contrat de mariage de Louis d'Ailleboust, futur gouverneur de Montréal et constructeur du fort de Trois-Rivières avec Barbe de Boullongne, le .. Le graveur Edme Bovinet (1767-1832) vécut au Collection des livrets des anciennes expositions depuis 1673 jusqu'en 1900, Liepmann Sohn, Paris, 1871.. Le peintre Abel Gerbaud est né dans un immeuble de la place en 1888.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie Jacqueline Lalouette, « Du bûcher au piédestal : Étienne Dolet symbole de la libre pensée », Romantisme, vol. 1.9, , 1989, .
Articles connexes Liste de rues médiévales du quartier du Chardonnet
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