Gérard Courant est un cinéaste, écrivain, acteur, poète et producteur de cinéma indépendant français né le à Lyon (France)Archives municipales de Lyon, arrondissement, tables décennales des naissances 1943-1952, cote 2E2796.
Réalisateur prolifique, il a inventé, réalisé et produit le Cinématon (d'une durée de ). En tout, il a tourné plus de filmés et un nombre très important d'autres films (plus de ) depuis le début des années 1970. Il a également publié plusieurs ouvrages sur le cinéma.
Biographie Gérard Courant est le fils de l'écrivain et historien René CourantRemarque : il n'a aucun lien de parenté avec le directeur de la photographie allemand Curt Courant..
Après avoir quitté Lyon très jeune, Gérard Courant a habité successivement à Valence, à Saint-Marcellin, puis à Dijon, trois villes auxquelles il a consacré de nombreux films (À travers l'univers, L'Impossible retour, Saint-Marcellin vu par Gérard Courant, Burgundia, Promenade dans les lieux de mon enfance dijonnaise). C'est durant ses études de droit à l'université de Dijon, au milieu des années 1970, qu'il prend la direction du ciné-club universitaire où il programme des dizaines de films d'avant-garde (Jonas Mekas, Andy Warhol, Maya Deren, Stan Brakhage, Jean Genet, , entre autres) et un cinéma indépendant et exigeant (Philippe Garrel, Marguerite Duras, Werner Schroeter, Chantal Akerman, Luc Moullet, etc.). Il s'installe à Paris en 1975 et participe aux travaux du Collectif Jeune Cinéma. De 1975 à 1979, il est étudiant à l'Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis. Il est également critique de cinéma (en particulier dans Cinéma 77-82 et art press) où il prend la défense d'un cinéma libre et indépendant. Grâce à l'aide du cinéaste expérimental Patrice Kirchhofer, il réalise en 1976 son premier court-métrage professionnel, Marilyn, Guy Lux et les nonnes, puis un premier long-métrage expérimental et conceptuel en 1977, Urgent ou à quoi bon exécuter des projets puisque le projet est en lui-même une jouissance suffisante, qui reçoit le prix spécial du jury au Festival des jeunes auteurs de Belfort.
Courant tourne ensuite de nombreux longs-métrages contemplatifs (Aditya), lyriques (Cœur bleu, Je meurs de soif, j'étouffe, je ne puis crier…), musicaux (Vivre est une solution), hypnotiques (La Neige tremblait sur les arbres), répétitifs (She's a very nice lady), minimaux (Amours décolorées) qui mettent souvent en scène des femmes, stars de l'underground. Il a réalisé aussi des longs-métrages constitués uniquement d'images fixes (Les Aventures d'Eddie Turley), de refilmages (À propos de la Grèce), ou d'images en négatif (Les Aventures d'Eddie Turley II). Il a tourné L'Ascension de Notre-Dame de la Garde à Marseille en un seul plan-séquence d'une heure et 24 Passions étalé sur 24 ans. Il s'est transformé en coureur cycliste dans Chambéry-les-Arcs, une vélographie de Gérard Courant et dans Lyon, autopsie d'une grande ville, il a fixé sur la pellicule en un film d'une durée de 16 heures les rues et les 400 places et squares de Lyon, sa ville natale.
Il pratique aussi l'art cinétique avec sa tétralogie Les Chemins cinétiques : Varuna (2011), Lâzward (2014), Kali (2014) et Sarasvati (2014) qui sont une variation en images cinétiques de sa précédente tétralogie, Le Jardin des abymes : Aditya (1980), Cœur bleu (1980), Vivre est une solution (1980) et She's a very nice lady (1982). En 2017, dans la même veine, il transforme Les Oiseaux, le chef-d'œuvre d'Alfred Hitchcock en images cinétiques (Les Oiseaux cinétiques d'Alfred Hitchcock).
C'est le qu'il entreprend son anthologie cinématographique Cinématon qui consiste à filmer des personnalités artistiques qui sont toutes confrontées aux mêmes règles : elles sont filmés en gros plan, fixe, muet, d'un plan-séquence d'une durée de 3 minutes 20 secondes (la durée d'une bobine en Super 8) dans lequel elles sont libres de faire ce qu'elles veulent devant la caméra. Jean-Luc Godard, Wim Wenders, Félix Guattari, Joseph Losey, Horst Tappert, Nagisa Oshima, Ken Loach, Henri Laborit, Roberto Benigni, Samuel Fuller, Jean-François Lyotard, Philippe Sollers, Sergueï Paradjanov, Ben Vautier ou Max Gallo font partie des personnalités qui, jusqu'à maintenant, se sont prêtées à ce jeu cinématographique. L'ensemble dure 213 heures et le film est en cours de tournage perpétuel. Il y a eu plusieurs rétrospectives intégrales, notamment à Paris (Centre Pompidou, Cinémathèque française), Toronto, Montréal, Hambourg, New York. Jean-Paul Aron a dit que les Cinématons sont Cinématon, éditions Henri Veyrier. et Fernando Arrabal prophétise que . Michel Foucault voit dans cette anthologie un lien qui unit le filmeur et le filmé dans « un pacte de souffrance-plaisir ». Philippe Sollers, quant à lui, affirme :
La série Cinématon a engendré une quinzaine d'autres séries cinématographiques qui sont aussi des work in progress : Portrait de groupe, Couple, Cinéma, Lire, De ma chambre d'hôtel, etc. Pour l'écrivain Dominique Noguez,
Parallèlement à ses différents travaux, Gérard Courant tourne depuis ses débuts ce qu'il appelle des Carnets filmés, qui sont à mi-chemin entre le journal filmé (comme le pratiquent les cinéastes David Perlov, Alain Cavalier, Jonas Mekas, Joseph Morder ou Boris Lehman) et les esquisses ou les études des peintres. Ces Carnets filmés sont des archives cinématographiques qui regroupent toutes sortes d'éléments épars : essais, notes, croquis, esquisses, repérages, chutes, reportages, voire rushes ou films inachevés. En 2025, il existe 504 épisodes et l'ensemble de ce film en cours de tournage dure 584 heures. Comme l'a écrit l'historien Jean Tulard,
Entre la fiction et le documentaire, l'essai et le journal, l'expérimental et un cinéma sériel, Gérard Courant a exploré de nombreuses possibilités offertes par le cinéma. Pour Raphaël Bassan, Encyclopædia Universalis. et pour Les Cahiers du cinéma, par le nombre important de films qu'il a réalisés, En effet, en un tiers de siècle, Gérard Courant a tourné portraits filmés et plus de films dont le plus court dure 1 minute et le plus long (sa série Cinématon) 213 heures. La durée totale de l'ensemble de ses films dépasse les 1000 heures.
D'importances rétrospectives des films de Gérard Courant ont été organisées dans le monde : Berlin (Allemagne), Buenos Aires (Argentine), Dubaï (Émirats arabes unis), Hambourg (Allemagne), La Haye (Pays-Bas), Lausanne (Suisse), Lisbonne (Portugal), Lucques (Italie), Montréal (Canada), New York (États-Unis d'Amérique), Paris (France), Téhéran (Iran), Toronto (Canada), Vienne (Autriche).
Les films du cinéaste (Cinématon et autres séries filmées, courts et longs métrages, Carnets filmés) sont visibles en accès libre et en entier sur les trois chaînes « Gérard Courant 1 », « Gérard Courant 2 » et "Lyon par Gérard Courant" qu'il a créées sur le site de partage vidéo YouTube. En 2025, de ses films y sont en ligne et, toutes chaînes confondues, dépassent les onze millions de vues.
En 1999, il signe pour s'opposer à la guerre en Serbie la pétition « Les Européens veulent la paix »., initiée par le collectif Non à la guerre..
En 1999, il est membre du jury du Prix Georges Sadoul.
En 2010, la Bibliothèque nationale de France (BnF) a créé un fonds Gérard Courant pour mettre à la disposition des chercheurs une grande partie de ses films. La même année, la cinémathèque régionale de Bourgogne Jean-Douchet, installée à Dijon, a créé un fonds avec la plupart des films du cinéaste qui vécut son enfance et son adolescence dans la capitale de la Bourgogne.
Entre 2011 et 2021, il a réalisé 60 clips vidéo musicaux des plus grands succès de la chanteuse indienne Asha Bhosle dont la moitié ont été filmés à Dubaï.
En 2015, les Archives municipales de Lyon ont créé un fonds Gérard Courant avec tous les films que le cinéaste, né à Lyon, a tourné dans la capitale des Gaules (environ 34 heures). Ce fonds comprend notamment son film de eures Lyon, autopsie d'une grande ville.
En 2019 et 2020, il réalise une nouvelle tétralogie : Neuf femmes, composée de La Femme qui pleure dans les nuages (2019), À quoi rêvent les montagnes ? (2019), Les Ombres mystérieuses des fantômes disparus (2020) et Ignis (2020). Ces 4 films sont interprétés par 9 femmes originaires des 5 continents.
Filmographie
Réalisateur
Acteur Rôles dans ses propres films
Rôles sous la direction d'autres réalisateurs
Publications 1982 : Werner Schroeter, Cinémathèque française et Institut Goethe ; présentation de Werner Schroeter 1983 : Philippe Garrel (entretiens), Studio 43 ; préface de Dominique Païni 1989 : Cinématon, Henri Veyrier ; préface de Dominique Noguez 2003 : Le Jardin des origines (poésie), Aumage ; préface de Louis Calaferte 2006 : Baisers décolorés (poésie), Le Ver luisant
Participation à des ouvrages collectifs 1978 : Dix ans après Mai 68... Aspects du cinéma de contestation, sous la direction de Guy Hennebelle et Robert Prot, CinémAction . 1979 : Modi del cinema sperimentale europeo, sous la direction de Ester de Miro, Il Gergo inquieto. 1980 : La linea in movimento, sous la direction de Rinaldo Bianda, galerie Flaviana. 1985 : Youssef Chahine, l’alexandrin, sous la direction de Christian Bosséno, CinémAction . 1985 : Paris vu par le cinéma d’avant-garde 1923-1983, sous la direction de Prosper Hillairet, Christian Lebrat et Patrice Rollet, Paris expérimental. 1988 : Jacques Tourneur, sous la direction de Valeria Ciompi, Miguel Marias et Toni Partearroyo, Festival International de Cine de San Sebastián et Filmoteca española. 1988 : 900 cinéastes français d'aujourd'hui, sous la direction de René Prédal, Cerf et Télérama 1989 : Le cinéma selon Godard, sous la direction de René Prédal, CinémAction . 1990 : Une encyclopédie des cinémas de Belgique, sous la direction de Guy Jungblut, Patrick Leboutte et Dominique Païni, Yellow Now et Musée d’Art Moderne de Paris. 1991 : Un petit vélo dans la tête, sous la direction de Geneviève Picot et Gérard Picot, Jean-Pierre de Monza. 1997 : Éloge des Serbes, sous la direction d'Alain Paucard, L'Âge d'Homme. 2000 : Café des images, sous la direction de Geneviève Troussier, photographies de Jean-Marc Piel, Cahiers du Temps. 2001 : Jeune, dure et pure ! Une histoire du cinéma d’avant-garde et expérimental en France, sous la direction de Nicole Brenez et Christian Lebrat, Cinémathèque Française et Mazzotta. 2004 : Une encyclopédie du court métrage français, sous la direction de Jacques Kermabon et Jacky Évrard, Yellow Now. 2005 : Les Ronchons flingueurs, sous la direction d'Alain Paucard, L'Âge d'Homme. 2011 : Ocaña 1973-1983: acciones, actuaciones, activismo, sous la direction de Pedro G. Romero, La Virreina Centre de la Imatge (Barcelone) et Centro Cultural Montehermoso Kulturunea (Vitoria-Gasteiz). 2012 : Cinémas en campagne, sous la direction de Jacques Gerstenkorn et Martin Goutte, Fage. 2012 : Marcel Hanoun, Envol, sous la direction de Nicole Brenez, Saint-André-des-Arts. 2013 : Philippe Garrel, sous la direction de Dominik Bak, Ciné-festivals et Le Magic Cinéma. 2018 : Werner Schroeter, sous la direction de Roy Grundmann, FilmmuseumSynemaPublikationen. 2020 : Post-Cinema de Dominique Chateau et José Moure, Amsterdam University Press. 2021 : Souvenirs de cinéma, sous la direction de Jean-Luc Chemorin, Marcynéma. 2023 : Claude Duneton façon puzzle, sous la direction de Catherine Merle, Gisèle Joly et Pierre Chalmin, Unicité. 2023 : L'histoire d'une histoire du cinéma, sous la direction de Enrico Camporesi et Jonathan Pouthier, Paris expérimental.
Autres participations à des ouvrages 1973 : Les tramways Valence - Saint-Péray et les transports valentinois de René Courant, Imprimeries réunies. 1994 : Dis et Écrits Tome IV 1980-1988 de Michel Foucault, Gallimard. 1996 : Foucault Live Collected Interviews, 1961-1984 de Michel Foucault, Sylvère Lotringer. 2020 : Radical Cinéma de Christian Lebrat, Paris expérimental.