René Auguste Cresté, né le à Paris 19Acte de naissance n° 3427 (vue 22/31) avec mention marginale du mariage. Archives en ligne de la Ville de Paris, état-civil du 19ème arrondissement, registre des naissances de 1881. et mort le à Paris 20Acte de décès n° 4416 (vue 13/20). Archives en ligne de la Ville de Paris, état-civil du 20ème arrondissement, registre des décès de 1922., est un acteur français.

Vedette du théâtre et du cinéma muet, il est principalement connu pour son interprétation de Judex dans le feuilleton de Louis Feuillade.

Biographie Dès le début du , il entame une brillante carrière théâtrale dans des rôles de jeune premier romantique, notamment dans Claudine à Paris de et avec Colette, Ruy Blas de Victor Hugo et Adrienne Lecouvreur d'Eugène Scribe. En 1913, Alphonse Séché l’engage dans son Nouveau Théâtre d’Art pour être la tête d’affiche de plusieurs pièces.

Entre-temps, René Cresté débute, dès 1908, au cinématographe chez Gaumont puis chez Pathé. Peu d’information subsistent sur les films qu'il a tournés à cette époque, si ce n’est La Chatte métamorphosée en femme (1910) réalisé par Michel Carré pour la Société cinématographique des auteurs et gens de lettres (SCAGL) de Charles Pathé. En 1912, c’est Léonce Perret qui le met en valeur dans une série de courts métrages de la Gaumont, parmi lesquels La Bonne Hôtesse (1912) avec Suzanne Grandais, Par l’amour (1913) avec Jean Aymé, Son or (1915) avec Yvette Andréyor, Dernier amour (1916) avec Valentine Petit, et Le Roi de la montagne (1916) avec Fabienne Fabrèges.

Au début de la Première Guerre mondiale, René Cresté s’engage dans l’armée et participe activement aux combats. Blessé et démobilisé, il reprend du service chez Gaumont fin 1915. Il retrouve Léonce Perret pour quelques productions, puis Louis Feuillade lui offre le rôle de Jacques de Trémeuse dit Judex, un justicier vêtu de noir, dans un sérial en douze épisodes. Ses partenaires sont Yvette Andréyor, Louis Leubas, Musidora, Édouard Mathé, Marcel Lévesque et le petit René Poyen, tous des habitués des films de Feuillade. Le succès est considérable. René Cresté, déjà très prisé par le public féminin, devient une immense vedette en incarnant ce héros positif qui vole au secours des opprimés. Une suite est tournée l’année suivante avec la même équipe, La Nouvelle Mission de Judex, moins réussie que la précédente mais qui va faire entrer définitivement l’acteur dans le Panthéon du cinéma.

thumb|redresse|Tombe de René Cresté au cimetière de Montmartre (division 26). Par la suite, René Cresté retrouve des personnages intéressants dans deux cinéromans de Louis Feuillade, celui du jeune aventurier dans Tih Minh (1918) et celui du soldat Bertin réformé de guerre dans Vendémiaire (1918), mais pour le public son nom reste irrémédiablement associé à celui de Judex. Soucieux de son image, il décide alors de prendre en main sa carrière. Il fonde sa propre maison de production, les Films René-Cresté, pour laquelle il réalise et interprète, sans grand succès, Le Château du silence (1919) et L'Aventure de René (1921). En , ruiné et déçu par le frileux accueil du public, il se reconvertit pour diriger le Cocorico-Cinéma, dans le quartier parisien de BellevilleLe cinéma. Petites nouvelles. Une inauguration. Le Radical, 6 mai 1922, p. 4, ., et rejoue son célèbre personnage de Judex dans un spectacle à la Gaîté-Rochechouart.

En 1922, René Cresté réalise son dernier film, Un coup de tête, mais gravement malade de la tuberculose, il ne verra pas le film sortir en salles. Il meurt prématurément le à Paris.

Il est inhumé au cimetière de Montmartre avec sa fille Renée, dans la , avenue Berlioz, derrière la tombe de la cantatrice Laure Cinti-Damoreau (une ligne de tombes les séparent).

Postérité En , pour subvenir aux besoins financiers de sa veuve et de sa fille infirmeLe dernier épisode de Judex. La femme et la fille de René Cresté dans la misère. Paris-Soir, 19 octobre 1928, p. 1, ., un gala de bienfaisance, le Gala Judex, est organisé par leurs amis à la Salle PleyelLe gala Judex. Pour la veuve de Cresté. Le Populaire, 31 janvier 1929, p. 4, .. Il était initialement prévu qu'André Breton et Louis Aragon y présentent une pièce écrite pour l'occasion, Le Trésor des Jésuites avec Musidora dans le premier rôle, mais cette pièce sera finalement déprogrammée par les organisateurs. Ce gala n'apportera qu'un bref répit à la fille de René Cresté qui suivra son père dans la tombe trois mois plus tardActe de décès n° 1906 (vue 22/31). Archives en ligne de la Ville de Paris, état-civil du 20ème arrondissement, registre des décès de 1929..

Filmographie Acteur 1910 : La Chatte métamorphosée en femme, de Michel Carré 1912 : Le Mariage de Suzie, de Léonce Perret 1912 : La Bonne Hôtesse, de Léonce Perret 1912 : La Lumière et l'amour, de Léonce Perret : le médecin 1913 : Par l'amour, de Léonce Perret : Danielo Langeli 1915 : L'Énigme de la Riviera, de Léonce Perret 1915 : Son or, de Louis Feuillade 1915 : Aimer, pleurer, mourir, de Léonce Perret 1916 : Qui ?, de Léonce Perret 1916 : Le Retour du passé, de Léonce Perret 1916 : Le Roi de la montagne, de Léonce Perret : maître Antonio, le fermier 1916 : La Fiancée du diable, de Léonce Perret : Bernard 1916 : Les Mystères de l'ombre, de Léonce Perret : Guy de Fréhel 1916 : Dernier Amour, de Léonce Perret : Roger Mareuil, le cinéaste 1916 : La Belle aux cheveux d'or, de Léonce Perret : Maurice de Sentis 1917 : Judex : Jacques de Tremeuse alias Judex 1917 : Déserteuse ! de Louis Feuillade 1917 : Le Passé de Monique, de Louis Feuillade 1917 : Mon oncle, de Louis Feuillade 1917 : Herr Doktor, de Louis Feuillade 1917 : Le Bandeau sur les yeux, de Louis Feuillade 1917 : L'Autre, de Louis Feuillade 1917 : La Fugue de Lily, de Louis Feuillade 1918 : Les Petites marionnettes, de Louis Feuillade 1917 : La Nouvelle Mission de Judex, de Louis Feuillade : Jacques de Trémeuse alias Judex 1918 : Vendémiaire, de Louis Feuillade : Pierre Bertin 1918 : Tih Minh, de Louis Feuillade : Jacques d'Athys 1919 : L'Homme sans visage, de Louis Feuillade 1919 : L'Engrenage, de Louis Feuillade 1919 : L'Énigme, de Louis Feuillade

Réalisateur 1919 : Le Château du silence, de et avec René Cresté : Georges de BrussanneLes cinémas. Ce que l'on nous écrit. Comoedia, 8 novembre 1919, p. 3, . 1921 : L'Aventure de René, de et avec René Cresté, d'après l'œuvre de J.-H. Rosny jeune : RenéLes films de la semaine. L'Aventure de René. Le Petit Journal, 14 juillet 1922, p. 4, . 1922 : Un coup de tête, comédie en 3 parties de et avec René Cresté : Marc Renaud

Bibliographie Francis Lacassin, Louis Feuillade, Paris, éditions Seghers, 1964 Jacques Champreux et Alain Carou, Louis Feuillade, Paris, éditions AFRHC, 2000. Francis Lacassin et Patrice Gauthier, Louis Feuillade, maître du cinéma populaire, Paris, éditions Gallimard, 2006.

Notes et références

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