Simone Simon est une actrice française, née le à Marseille et morte le dans le .
Sa carrière cinématographique s’étend sur quatre décennies, du début des années 1930 au début des années 1970, période pendant laquelle elle tourne près de quarante films en France, Italie, Allemagne, Grande-Bretagne et à Hollywood, pour des metteurs en scène aussi prestigieux que Jean Renoir, Jacques Tourneur, Max Ophüls ou Marc Allégret.
Elle reste à la postérité pour deux films particulièrement marquants : La Bête humaine de Jean Renoir (1938) et La Féline (1942) que Jacques Tourneur a réalisé à Hollywood.
Biographie
Enfance et jeunesse SimonneIl apparaît que son prénom, tel qu’il a été enregistré à l’état civil, s’écrit avec deux « N ». Thérèse Fernande Simon. naît le à ; elle est la fille de Henri Louis Firmin Clair Simon, employé de commerce né en 1885 à Sisteron., et d’Erma Maria Domenica Giorcelli, une Italienne. Le couple se sépare alors que l’enfant a ; sa mère l’emmène alors vivre à Madagascar, où se trouve son beau-père. Elle revient ensuite en France et fait ses études à Berlin, Budapest et Turin.
Alors qu’elle n’est encore qu’une adolescente, elle travaille comme mannequin, dessine des robes et monte sur scène dans des comédies musicales.
Années 1930: débuts au cinéma en France et aux États-Unis En 1931, Simone Simon est remarquée à la terrasse du Café de la Paix à Paris, par Victor Tourjanski, réalisateur russe qui a émigré en France. Il lui offre son premier rôle dans Le Chanteur inconnu. Elle est révélée en 1934 dans Lac aux dames de Marc Allégret, avec lequel elle a une liaisonOlivier Barrot et Raymond Chirat, Noir & Blanc, 250 acteurs du cinéma français 1930-1960, Flammarion, 2000. entre 1931 et 1933Pierre Billard, André Gide et Marc Allégret : le roman secret, Plon 2006, ..
Elle est désormais une valeur sûre du cinéma français où on la définit comme une « sauvage tendre ». Tourjanski la refait tourner en 1935 dans Les Yeux noirs avec Jean-Pierre Aumont. La compagnie Twentieth Century Fox la repère et Darryl F. Zanuck lui propose de venir à Hollywood. Mais il semble qu’elle rencontre des difficultés pour maîtriser la langue anglaise. De plus, les films dans lesquels la Fox la fait tourner ne la mettent pas à son avantage, et le « rêve américain » s’évanouit peu à peu. Il semble que son séjour hollywoodien soit plus fructueux en affaires privées que du point de vue cinématographique : elle est notamment impliquée dans de petits scandales, dont Hollywood se délecte. Sa carrière américaine stagnant, et devant faire face à la concurrence d’autres actrices françaises venues tenter leur chance en Californie (dont Annabella, la jeune épouse de la star Tyrone Power), elle décide de rentrer en France et s'embarque le à bord du Normandie, en affrontant des centaines de passionnés à qui elle refuse des autographes ainsi que des agents du fisc américain.
Elle est rapidement contactée par Jean Renoir pour tenir le rôle de Séverine Roubaud dans La Bête humaine (1938) d’après le roman d’Émile Zola. Renoir souhaite également la faire jouer dans La Règle du jeu (1939), qui sera confirmé comme un de ses chefs-d’œuvre, mais ses prétentions financières sont trop élevées, et Renoir choisit alors Nora Gregor.
Second séjour aux États-Unis pendant la guerre vignette|redresse|gauche|Simone Simon en 1941, aux États-Unis. À la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, Simone Simon décide de retourner aux États-Unis. Ce second séjour est plus probant, et elle incarne Belle, dans le film de William Dieterle Tous les biens de la terre (1941), puis Irena Dubrovna dans La Féline (1942), célèbre film fantastique de Jacques Tourneur. On la voit également dans plusieurs films plus mineurs comme Mademoiselle Fifi de Robert Wise (1944).
Retour en France À la fin de la guerre, Simone Simon rentre en France et tourne encore dans une dizaine de films, avant de se consacrer exclusivement au théâtre à partir du milieu des années 1950. On la voit une dernière fois sur l’écran dans La Femme en bleu de Michel Deville en 1973. Parmi les nombreuses propositions refusées, il y a celle de François Truffaut pour La Nuit américaine (1973) : son personnage est réécrit pour l'Italienne Valentina Cortese qui, en 1975, est nommée à l'Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle.
Autres activités du spectacle Simone Simon a également abordé la scène et le disque avec un succès certain, sa meilleure prestation restant son rôle de Maricousa dans Toi, c'est moi, opérette de Moisés Simóns et Henri Duvernois, dont la première eut lieu à Paris au théâtre des Bouffes-Parisiens le .
Mort Simone Simon meurt à l'âge de 93 ans le , de cause naturelle., en son domicile du 5, rue de Tilsitt, à . Quelques jours plus tard, le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres lui rend hommage, saluant son charme et son irrésistible sourire : ..
Elle est inhumée au cimetière de Château-Gombert à Marseille (Bouches-du-Rhône)..
Vie privée Simone Simon a eu un fils avec son compagnon René SimonLa concordance des noms de famille est un hasard : il n’y a pas de lien de parenté entre les deux conjoints.., créateur du cours Simon : François Nazaire Simon-Bessy, dit « Fabrice », célèbre animateur de radio, né à Paris en La filiation entre Fabrice (né à Paris en ) et ses parents présumés Simone Simon et René Simon apparaît incompatible avec le séjour professionnel de Simone Simon aux États-Unis à partir du début de la seconde guerre mondiale (), ou à partir de l'invasion de la France (mai-).. Simone Simon a ensuite eu pour compagnon Sosthènes de La Rochefoucauld-Doudeauville, fils du président du Jockey club, puis Maurice Bessy, scénariste et historien du cinéma, qui a adopté Fabrice avec le consentement de René Simon.
Filmographie Cinéma 1931 : Le Chanteur inconnu de Victor Tourjanski : Pierrette 1931 : On opère sans douleur, court métrage de Jean Tarride : Armande 1931 : Durand contre Durand de Léo Joannon : Eliane 1931 : Mam'zelle Nitouche de Marc Allégret 1932 : La Petite Chocolatière de Marc Allégret : Julie 1932 : Pour vivre heureux de Claudio delle Torre 1932 : Un fils d'Amérique de Carmine Gallone : Maryse 1932 : Le Roi des palaces de Carmine Gallone : Victoire 1933 : Prenez garde à la peinture de Henri Chomette : Amélie Gadarin 1933 : L'Étoile de Valencia de Serge de Poligny : Rita 1933 : Tire-au-flanc de Henry Wulschleger : Lily 1933 : Le Voleur de Maurice Tourneur 1934 : Lac aux dames de Marc Allégret : Puck 1935 : Les Beaux Jours de Marc Allégret : Sylvie 1935 : Les Yeux noirs de Victor Tourjanski : Tania 1936 : Sous deux drapeaux (Under two flags) de Frank Lloyd : Cigarette 1936 : Dortoir de jeunes filles (Girls' Dormitory) de Irving Cummings : Marie Claudel 1936 : Quatre Femmes à la recherche du bonheur () d'Edward H. Griffith : Marie Armand 1937 : L'Heure suprême (Seventh Heaven) de Henry King : Diane la prostituée 1937 : Yvette Yvette (Love and Hisses) de Sidney Lanfield : Yvette Guerin 1938 : Josette et compagnie d'Allan Dwan : Renée LeBlanc 1938 : La Bête humaine de Jean Renoir : Séverine 1940 : Cavalcade d'amour de Raymond Bernard : Juliette 1941 : Tous les biens de la terre (All That Money Can Buy / The Devil and Daniel Webster) de William Dieterle : Belle/Bella Dee 1942 : La Féline (Cat People) de Jacques Tourneur : Irena Dubrovna 1943 : Idylle à Tahiti (Tahiti Honey) de John H. Auer : Suzette 'Susie' Durand 1944 : La Malédiction des hommes-chats (The Curse of the Cat People) de Gunther von Fritsch et Robert Wise : Irène Reed 1944 : Mademoiselle Fifi de Robert Wise : Elisabeth Rousset 1944 : Surprise-partie (Johnny doesn't live here any more) de Joe May : Kathie Aumont 1946 : Pétrus de Marc Allégret : Migo 1947 : Le Port de la tentation (Temptation Harbour) de Lance Comfort : Camelia 1950 : Femmes sans nom (Donne senza nome) de Géza von Radványi : Yvonne Dubois 1950 : La Ronde de Max Ophüls : Marie 1950 : Olivia de Jacqueline Audry : Cara 1952 : Le Plaisir de Max Ophüls, sketch Le Modèle : Joséphine 1954 : Les Trois Voleurs (I tre ladri) de Lionello De Felice : Doris 1954 : Double Destin (Das zweite Leben) de Victor Vicas : Françoise 1956 : The Extra Day de William Fairchild : Michele Blanchard 1967 : La Prisonnière de Henri-Georges Clouzot : simple apparition 1973 : La Femme en bleu de Michel Deville : la dame de Meudon
Théâtre Octobre 1933 : Ô mon bel inconnu, opérette de Sacha Guitry, musique Reynaldo Hahn, théâtre des Bouffes-Parisiens 1934 : Toi, c'est moi, opérette de Moisés Simóns et Henri Duvernois, théâtre des Bouffes-Parisiens : Maricousa 1948 : Le Square du Pérou de Louis Ducreux, mise en scène de l’auteur, théâtre Saint-Georges 1967 : La Courte Paille de Jean Meyer, mise en scène de l'auteur, théâtre de la Potinière
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie Olivier Barrot et Raymond Chirat, Inoubliables ! Visages du cinéma français 1930-1950, Paris, Calmann-Lévy, 1986 Christian Berger, « Nécrologie des personnalités disparues en 2005 », L'Annuel du Cinéma 2006, Editions Les Fiches du cinéma, Paris, 2006, 720 p., , Pierre Barillet, Simone Simon, la Féline, La Tour verte, 2013, 244 p.
Liens externes
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