Ramsès (Khâemouaset Méryamon) est le huitième pharaon de la vers 1125 à 1106 avant l'ère commune. Il succède à et précède . L'ascendance de ce souverain n'est pas bien établie. Il est généralement avancé par les spécialistes qu'il fut le fils de Montouherkhépeshef (le fils de ).

Généalogie

Les origines de ce roi ne sont pas explicitement décrites dans la documentation. Par le passé, plusieurs propositions ont été faites : Edward Frank Wente avançait l'hypothèse que Ramsès était le fils de ; Kenneth Anderson Kitchen pensait d'abord qu'il était l'un des fils de . Toutefois, aujourd'hui, la majorité des égyptologues pensent qu'il pourrait être l'un des fils du prince MontouherkhépeshefChristian Settipani, Nos ancêtres de l'Antiquité, 1991, p.153, 169, 173 & 175. Pierre Grandet, qui a réalisé une étude complète du règne de , rejoint cette hypothèse, faisant ainsi de Ramsès le petit-fils de .

Bien que la mère et la reine principale de Ramsès ne soient pas précisément identifiées dans les inscriptions égyptiennes qui subsistent, il s'agit très probablement respectivement de et , toutes deux enterrées dans la tombe KV10 située dans la Vallée des Rois (elles étaient auparavant considérées respectivement comme la mère et l'épouse d'Amenmes, commanditaire initiale de la tombe.

Il a au moins deux fils : Nebmaâtrê, grand prêtre à Héliopolis : à Héliopolis, une porte a été réinscrite avec des textes comprenant les noms du roi ainsi que ceux du prince et grand prêtre, ce qui indique qu'il était très certainement son fils, Montouherkhépeshef, mort avant de pouvoir succéder à son père mais qui a l'un des plus beaux tombeaux de la vallée des Rois (KV19), l'une des représentations du prince Montouherkhépeshef dans la tombe porte sur sa ceinture le cartouche de Ramsès , établissant ainsi l'identité du père de ce prince.

La reine Tyti (« fille du roi », « épouse du roi » et « mère du roi ») a pendant longtemps été considérée comme la fille de Ramsès , l'épouse et la mère de . Toutefois, cette filiation est remise en cause depuis les années 2000 par le replacement chronologique et généalogique de Tyti à l'époque de Mark Collier, Aidan Dodson, & Gottfried Hamernik, P. BM 10052, Anthony Harris and Queen Tyti PDF, JEA 96 (2010), pp.242-247. Bien que plus rien ne vient l'étayer, il n'est aucunement invraisemblable que soit le fils de Ramsès et le père de Voir Aidan Mark Dodson, Monarchs of the Nile, The American University in Cairo Press, 2000, page 151 : « Nothing is certainly known of Ramesses Amenhirkopshef 's relationship to his predecessors, although it is usually assumed that he was a son of Ramesses . ».

Règne

vignette|Le grand prêtre d'Amon, Amenhotep, et Ramsès dyn. Relief en creux. Karnak.

Ses dix-huit années au pouvoir représentent le troisième règne le plus long de cette dynastie après (environ 31 ans) et (environ 30 ans). D'après les preuves présentées par Jürgen von Beckerath dans un article de 1984, Ramsès serait monté sur le trône le jour du mois de l'AkhetJ. von Beckerath, Drei Thronbesteigungsdaten der XX. Dynastie, (Three accession dates of the 20th Dynasty), Göttinger Miszellen 79 (1984), pp.7-9Erik Hornung, Rolf Krauss & David Warburton (editors), Handbook of Ancient Egyptian Chronology (Handbook of Oriental Studies), Brill: 2006, p.216. D'après les dernières recherches archéologiques se basant sur l'étude des papyrus de Turin /1939, Ramsès serait mort le jour du mois de Peret de l'an J. von Beckerath, MDAIK 40, 1984, pp.3-4. Il aurait donc eu un règne de 18 ans, 4 mois et 6 jours.

Histoire

Au début du règne, Ramsèsnakht écrivit une lettre de remerciement aux tribus de Néhésy qui ont sécurisé les mines d'or de Haute-Nubie Shasou de la région de Mou-qed, et ce sans l'intervention du roi. Plusieurs incursions de Libyens (des Mâchaouach et des Libou), ont eu lieu dans le territoire égyptien, d'abord dans les oasis probablement dès l'an , puis dans la vallée du Nil, par exemple en l'an puis en l'an pour des groupes de Mâchaouach et en l'an pour un groupe de Libou. Ces incursions continuèrent a minima jusqu'en l'an . Cette insécurité a mené à plusieurs choses, dont le fort ralentissement du travail dans les tombes royales et le transfert des archives de Deir el-Médineh dans le temple de à Médinet Habou et, bien entendu, les pillages.

En effet, Ramsès est surtout connu des historiens pour ne pas avoir réussi, entre la seizième et dix-neuvième année de son règne, à empêcher le pillage de la nécropole royale de Thèbes, particulièrement celle de Sekhemrê-Shedtaouy Sobekemsaf, et des nécropoles privées, ou pire, de l'avoir favorisé. Les causes du pillage sont multiples : crise économique, attaques des Libyens et corruption des fonctionnaires. De nombreux papyrus célèbres relatent les travaux de la commission d'enquête et les procès, menés par le gouverneur de la ville et vizir Khâemouaset, des pilleurs de tombeaux (années 16 et 17) ; les coupables subirent le supplice du pal. Une enquête menée par Paser, maire de la partie orientale de Thèbes accusait Paouerê, maire de la partie occidentale de Thèbes, d'être l'instigateur de cette vague de pillages par des bandes organisées. Cependant, aucune inculpation officielle ne fut jamais prononcée pour ces crimes à l'encontre de Paouerê et, selon l'égyptologue Joyce Anne Tyldesley, Paser s'évanouit sans laisser de trace dès qu'il eut remis son rapport d'enquête. Les pillages reprendront sous le règne de .

Pendant son règne les prêtres d'Amon ont accru leur pouvoir et les grands prêtres à Thèbes sont dans l'ordre chronologique : Ramsèsnakht et son fils Amenhotep, qui a pris ses fonctions vers l'an . Sur la paroi extérieure du mur est de la cour entre les et pylônes du temple d'Amon à Karnak, le grand prêtre d'Amon Amenhotep s'est fait représenter de la même taille que le roi Ramsès , si ce n'est que ce dernier est un peu plus haut, sur un piédestal. Le roi offre des cadeaux en or et en argent, mais aussi et surtout, il confie au grand prêtre pour le compte du temple les impôts qui autrefois revenaient au roi. En ces temps de corruption généralisée et le roi vivant à Pi-Ramsès et donc étant éloigné de la région thébaine, s'agissait-il de confier la gestion des biens de la région à la personne de confiance qu'était le grand prêtre ? Ou bien du signe de la puissance croissante du clergé avec laquelle le roi compose ?

Constructions

L'activité d'édification de Ramsès est illustrée par son vaste tombeau dans la vallée des Rois, d'une longueur de et par les monuments à Héliopolis (statues, table sacrificielle, portiques), à Memphis (stèles, fragments, ensevelissement d'Apis), à Karnak (décoration du mur et du portique donnant sur la cour au nord du septième pylône, stèle, inscription sur la distinction du grand prêtre Amenhotep). À Éléphantine, le nom du roi se retrouve sur un bloc où figure une scène de présentation de prisonniers. Des objets de dimension réduite et ses cartouches se retrouvent à Médinet Habou (mention d'un haut niveau du Nil en l'an ), à (ligne de texte en bas d'un mur du temple de datée de l'an ), Antinoupolis (dans un temple de ), Ad-Dakhla, et Gezer en Palestine.

Sépulture vignette|gauche|Intérieur de la tombe KV6.

Le vaste tombeau de Ramsès (KV6), d'une longueur de et situé dans la vallée des Rois (découverte d'un patin supposé de traîneau portant un sarcophage), a été violé dès l'Antiquité comme en témoignent les graffiti romains et grecs sur les parois du tombeau. À peine plus que le premier corridor a été décoré avec soin, le reste de la tombe semble avoir été décoré à la hâte, peut-être pendant la période des 70 jours séparant la mort de l'ensevelissement du souverain. Malgré cette hâte, le programme religieux de la tombe n'a pas été compromis, à la fois parallèle à celui de la tombe de , tout en y apportant des innovations. Malgré le relatif long règne du roi, il semble que cette hâte soit dû à des interruptions répétées du travail des ouvriers, elles-mêmes dues à la famine, les vols, les enquêtes et surtout à l'insécurité de la région provoquée par l'incursion de bandes de Libyens.

Momie

En 1881, la momie de Ramsès (n° 5209) a été trouvée dans la cache de Deir el-Bahari (DB320) dans l'un des deux cercueils de Neskhons, l'épouse du grand prêtre thébain Dennis C. Forbes, Tombs, Treasures and Mummies, KMT Communications Inc. (1998), pp.646-647. La momie de ce pharaon n'a apparemment pas été examinée par Grafton Elliot Smith et n'a pas été incluse dans son catalogue des momies royales de 1912Forbes, pp.646-647. Lorsque la momie a été déballée par Gaston Maspero, un bandage a été trouvé datant de l'an , mentionnant la dame Neskhons, très probablement du règne du roi Siamon. Une autre bande de lin datant de l'an identifie la momie comme celle de Râ-Khâemouaset, ce qui peut être considéré comme une référence à Ramsès-Khâemouaset-Méryamon () ou Ramsès-Khâemouaset-Méryamon-Netjerhéqaiounou ()Gaston Maspero, Les Momies royales de Deir el-Bahari, Paris: 1889, p.566-568, mais étant donné qu'une boîte en ivoire de Ramsès a été trouvée dans la cache royale elle-même, et que n'a probablement jamais été enterré à Thèbes mais plutôt en Basse-Égypte, la momie royale est considérée comme très probablement celle de Ramsès lui-mêmeDylan Bickerstaffe, Refugees for eternity - The royal mummies of Thebes - part 4 - Identifying the Royal Mummies, Canopus Press, 2009.. Il a été estimé que le roi avait environ 50 ans lorsqu'il est mort, malgré le fait qu'il soit extrêmement difficile d'établir correctement l'âge des momies, et sa momie présentait des membres cassés, un cou brisé et des dommages au nez, qui est manquantMummy of Ramesses the Ninth, Eternal Egypt.

Titulature

Notes et références Notes

Références

Bibliographie

Catégorie:Index égyptologique Catégorie:Momie égyptienne identifiée Catégorie:Pharaon de la XXe dynastie égyptienne