Josef Tal (en ), né Joseph Grünthal le à Pniewy (actuellement Grande-Pologne) et mort le à Jérusalem, est un compositeur israélien.
Biographie vignette|upright|Josef Tal avec son père Julius Grünthal (1917).
Josef Tal est considéré comme un des fondateurs de la musique israélienne. Il est né à Pinne (Pniewy, près de Poznań), dans l’Empire allemand, actuellement en Pologne. Peu après sa naissance, sa famille (ses parents, Ottilie et Julius GrünthalEnfui en Hollande, arrêté à Eindhoven et déporté au camp d'extermination de Sobibor, où il fut assassiné le 16 avril 1943., et sa sœur aînée Grete) ont emménagé à Berlin, où la famille gérait un orphelinat privéUlrich Eckhardt et Andreas Nechama, Judische Orte in Berlin, 2005, Nicolai, p. 153 .. Rabbi Julius Grünthal était chargé de cours à la Hochschule für die Wissenschaft des Judentums, (Institut des hautes études juives) spécialisé en philologie des langues anciennes :en:Franz Kafka#Judaism and Zionism..
Études Tal est admis à la Staatliche Akademische Hochschule für Musik à Berlin et étudie avec Max Trapp (piano et composition), Heinz Tiessen (théorie), Max Saal (harpe), Curt Sachs (instrumentation), Fritz Flemming (hautbois), Georg Schünemann (histoire de la musique), Charlotte Pfeffer et Siegfried Borris (formation à l’écoute), Siegfried Ochs (chant choral), Leonid Kreutzer (technique pianistique) et Julius Prüwer (direction d'orchestre). Paul Hindemith, son professeur de théorie et composition, le présenta à Friedrich Trautwein qui dirigeait un studio de musique électronique dans les sous-sols de ce bâtiment. Tal acheva ses études à l'académie en 1931, et épousa la danseuse Rosie Löwenthal un an plus tard. Il travailla en donnant des cours de piano, en accompagnant des danseurs et chanteurs, et fit de l'accompagnement musical pour films muets.
vignette|upright|Photographie prise par Josef Tal. Les lois du parti nazi anti-juifs firent perdre à Tal son travail et il se mit à étudier la photographie avec Schule Reimann, dans l'intention d'acquérir un savoir professionnel qui lui permettrait d'obtenir un certificat d'émigration pour la Palestine.
Palestine En 1934, la famille émigra en Palestine, avec leur jeune fils Re’uvenDevenu plus tard membre du Kibbutz Megiddo, mort au combat au de guerre.. Tal travailla quelque temps comme photographe à Haïfa et Hadera. Puis la famille s’installa au kibboutz Beït-Alfa, et plus tard au kibboutz Gesher, où Tal envisageait de se consacrer à sa musique.
Face aux difficultés à s'adapter à la nouvelle réalité sociale du kibboutz, la famille s'installa à Jérusalem, où Tal put se créer un réseau professionnel et social. Il joua en tant que pianiste, donna des leçons de piano, et joua occasionnellement de la harpe avec le tout nouvel Orchestre de la Palestine. En 1937, le couple divorça.
Jérusalem Tal accepta l'invitation d'Emil Hauser d'enseigner le piano, la théorie et la composition au Conservatoire de la Palestine, et en 1948, il fut nommé directeur de l'Académie de musique et de danse de Jérusalem, poste qu'il conserva jusqu’en 1952. En 1940, il épousa la sculptrice Pola Pfeffer.
vignette|upright|Tal avec l'orchestre du Conservatoire de musique de Palestine (1939). En 1951, Tal fut nommé conférencier à l'université hébraïque de Jérusalem, où il créa en 1961 le Centre de musique électronique d'Israël. Il rédigea des articles académiques, écrivant de nombreux articles pour l'Encyclopédie hébraïque. En 1965, il fut nommé doyen des professeurs, puis président du Département de musicologie de l'Université, poste qu'il conserva jusqu'en 1971. Parmi ses nombreux élèves, on trouve les compositeurs Ben-Zion Orgad, Robert StarerQui lui a consacré un chapitre dans Robert Starer, (1987) Continuo - A Life in Music. Random House, New York. p. 26-44, ., Naomi Shemer, Jacob Gilboa, Yehuda Sharett, le musicologue Michal Smoira-Cohn, le violoncelliste Uzi Wiesel et la soprano Hilde Zadek.
Tal fut un auteur prolifique et un conférencier avide. Il représenta Israël aux conférences de la Société internationale de musique contemporaine et pour d’autres événements musicaux, assistant à de nombreuses conférences professionnelles à travers le monde. Il était membre de l'Académie des arts de Berlin (Akademie der Künste) et un membre de l'Institut d'études supérieures de Berlin (Wissenschaftskolleg zu Berlin).
Jusqu’à la soixantaine, Tal s’est produit comme pianiste et chef d’orchestre avec divers orchestres, mais sa plus grande contribution à la musique réside dans ses œuvres provocatrices et l’utilisation d’une sonorité originale dans la musique vocale, instrumentale et électronique. Dans les années 1990, Tal a dirigéAvec le Dr Shlomo Markel. un projet de recherches visant à développer un système original de notation musicale, en coopération avec l’Institut de technologie Technion-Israël et la Volswagenstiftung. Pendant ces années, sa vue s’est détérioréeÀ cause d'un Syndrome maculaire. et il est devenu progressivement de plus en plus difficile pour lui de composer. Utilisant un écran d’ordinateur pour grossir les partitions, il parvient à composer de courtes œuvres pour quelques instruments, écrivit sa , et acheva son analyse visionnaire sur la musique du futurJosef Tal, Musica Nova in the Third Millennium, Israel Music Institute, 2002, . L’intégrale de ses symphonies, dirigées par Israel Yinon, est distribuée par le label CPO.
vignette|upright|Tal vérifiant une partition (2006). Josef Tal est inhumé dans le kibboutz Ma’ale HaHamisha, près de Jérusalem. Ses archives personnelles ont été léguées et sont conservées à la Bibliothèque nationale d'Israël de JérusalemSaving the Holy of Holies of Jewish texts par Nir Hasson sur Haaretz.com.. La quasi-totalité de ses œuvres a été publiée par l'Institut de musique d'Israël (IMI).
Style Le style de Tal est représentatif de ses origines européennes. Il n’a pas été affecté par les tendances dominantes de la musique israélienne des années 1940 et 1950, lesquelles étaient largement basées sur le folklore juif d’Israël, ou les traditions musicales du Moyen-Orient. À première vue, l’œuvre de Tal présente des caractéristiques de la musique atonale, mais malgré ce trait dominant, on peut observer des développements significatifs et des changements dans son style de composition au fil des années.
L’œuvre de Tal est largement influencée par la Bible, et les événements de l'histoire juive. Beaucoup de ses œuvres des années 1950 incorporent des techniques et des motifs de musique traditionnelle, et même lorsqu’il cite un thème, il le modifie d’une façon particulière qui éclipse sa nature tonale originale. Quand il emprunte une mélodie traditionnelle à la communauté juive babylonienne comme base de sa symphonie, il ne le fait que pour stimuler son imagination créatrice, en écartant toute démonstration à connotation nationale. Tal mêle les matériaux sonores sans compromettre ses principes stylistiques, qui ont été largement influencés par Arnold Schönberg.
Beaucoup ont vu dans l’Enfant terrible de Tal une « musique « israélienne ». À la suite de la première, le du concerto pour piano et électronique, le critique et éditeur Herzl Rosenblum employa les mots de « terreur », « cacophonie » et dictature minoritaire »…
Audacieux dans ses idées originales, et foncièrement anti-conformiste, Tal n’a jamais suivi les tendances de la mode en musique, ni infléchi ses principes face aux dictats extra-musicaux.
Relation entre compositeur et auditeur Tal n’a pas sous-estimé l’importance de la relation entre compositeur et auditeur, et était conscient des difficultés que posait la « musique moderne » :
Musique électronique vignette|upright|Caricature de Meir Ronnen après la première du Concerto No. 4 pour Piano & Electronique de TalBenjamin Bar-Am: Unconventional Music, Jerusalem Post Musical Diary, 29 août 1962.. Tal considère la musique électronique comme un nouveau langage musical, qu’il définit comme instable et manquant d’une définition précise. Il voit l’ordinateur comme un instrument qui contraint le compositeur à avoir une pensée disciplinée. En retour, il restitue les données qu’il a reçues avec une absolue fidélité. Toutefois, lorsque l’ordinateur est mal employé, il révélera l’incapacité du compositeur à unifier la machine avec le monde de la musique. Mais selon Tal, le fait de composer de la musique électronique a un autre aspect : lorsque le compositeur choisit la notation musicale d’un ordinateur comme outil de création, il annule accessoirement le rôle de l’exécutant en tant qu’interprète. De ce point de vue, c’est uniquement la capacité mentale du compositeur qui importe, et l’exécution est indépendante de la virtuosité de l’interprète. Tal intègre la musique électronique dans beaucoup de ses œuvres pour des instruments « classiques traditionnels », et fut l’un des premiers compositeurs au monde à utiliser cette méthode. Ses pièces pour musique électronique et harpe, piano ou clavecin, et ses opéras comme Massada ou Ashmedai en sont des exemples typiques.
vignette|upright=2|center|Début du Concerto pour piano (1953).
Compositions OpérasAnnée de compositionŒuvreDétailsEffectifPremièreInterprètesLieu 1958 Amnon et Tamar livret : Recha Freier, d'après Samuel II, 13 solistes, chœur d'hommes et orchestre 1960 Heinz Freudenthal Jérusalem 1968 Ashmedai livret : Israel Eliraz solistes, chœur, orchestre & musique électronique 1971 Gary Bertini / Leopold Lindtberg Hambourg 1972 Massada 967 livret : Israel Eliraz solistes, chœur, & musique électronique 1973 Gary Bertini / Leonard Schach Jérusalem 1975 Die Versuchung livret : Israel Eliraz solistes, chœur, orchestre & musique électronique 1976 Gary Bertini / Götz Friedrich Munich 1983 Der Turm livret : Hans Keller solistes, chœur, orchestre & musique électronique 1987 Adam Fischer / Siegfried Schoenbohm Berlin 1987 The Garden livret : Israel Eliraz soloists & ensemble 1988 Peter Löscher / Irmgard Schleier Hambourg 1993 Joseph livret : Israel Eliraz solistes, chœur, orchestre 1995 David Alden / Gary Bertini Tel Aviv
ClavierAnnée de compositionŒuvreEffectifPremièreInterprètesLieu 1931 Pièces pour piano à 4 mains (inédit) 1936 Chaconne pour piano (inédit) 1937 Trois Pièces pour piano 1939 Grünthal Jérusalem 1945 Cum Mortuis In Lingua Mortua 7 Variations pour piano sur un thème de Moussorgski 1945 Grünthal Jérusalem 1946 Six Sonnets pour piano 1949 Grünthal Tel Aviv 1949 Sonate pour piano 1950 Grünthal Tel Aviv 1951 A Little Walk pour piano à 4 mains (inédit) 1956 Five Inventions pour piano 1961 Vera Lengyel ? 1962 Dodecaphonic Episodes pour piano 1963 Tal Tel Aviv 1964 Concerto pour piano & musique électronique 1964 Gerty Blacher-Herzog Berlin 1964 / 1977 Concerto pour clavecin & musique électronique 1964 Frank Pelleg Tel Aviv 1970 Concerto pour piano & musique électronique 1970 Tal Jérusalem 1975 Five Densities pour piano 1990 Arnan Wiesel Tel Aviv 1983 Salva venia pour orgue 1984 Oscar Gottlieb Blarr Düsseldorf 1986 - 2000 Five Essays I-V pour piano ? ? ? 1988 A Tale in Four Parts pour piano à 4 mains