Une série télévisée (aussi appelée série, série télé, télésérie ; ou téléroman au Canada francophone), est une œuvre télévisuelle conçue pour être diffusée en « épisodes » d'une durée généralement équivalente, parfois par « saisons ».
Le lien entre les épisodes peut être l’intrigue, les personnages ou plus rarement le thème de la série. Il s’agit du type de fiction le plus adapté à la télévision, inscrit pour sa narration dans le format de l'écran de télévision et le temps du rendez-vous régulier qui cherche à fidéliser un public. En cela, la série se distingue du téléfilm, qui est une œuvre de fiction télévisuelle unique, mais un téléfilm peut parfois être à l'origine d'une série télévisée en tant qu'épisode pilote, comme pour Columbo ou Twin Peaks.
Leur nombre croît continûment d’année en année — par exemple, spectaculairement en Europe en six ans, passant de en 2015 à en 2021 ; soit et en 2021.
Aux États-Unis, certaines des séries ont profondément influencé les téléspectateurs et l'imaginaire collectif, jusqu’aux prénoms donnés aux enfants, parfois sur plusieurs générations. Les séries sont fabriquées pour être addictives. On les visionne souvent seul, ce qui enferme le téléspectateur dans un « techno-cocon numérique » selon l'enseignant et docteur en philosophie Bertrand Cochard. En 2019, 66 % des Français disent suivre une série au moins une fois dans la semaine, et 30 % chaque jour. Selon Netflix, plus de d’heures ont été consacrées à visionner la série Squid Game en 2021 dans le monde.
Aux États-Unis, les épisodes sont souvent hebdomadaires et diffusés en première partie de soirée, pour « fidéliser » les téléspectateurs. En France, la première partie de soirée privilégie les meilleures séries télévisées, les autres étant plutôt diffusées en journée, à un rythme quotidien ou hebdomadaire ; mais les séries importées des États-Unis y sont généralement diffusées quotidiennement en journée ou, hebdomadairement, par groupe de deux ou trois épisodes, en soirée.
Historique
De nombreux pays ont produit des séries, parfois de grande qualité, mais l'histoire des séries télévisées est dominée par trois pays : les États-Unis, la France et le Royaume-Uni. Généalogiquement, la série télévisée vient d'une part du film à épisodes (ou serial) format inventé peu avant la Première Guerre mondiale, et d'autre part du modèle des feuilletons alors publiés dans la presse, et de la dramatique radiophonique : la série était un film, scénaristiquement conçu pour être découpé en épisodes et projeté en salle.
Évolutions quantitatives et commerciales, impacts sociopsychologiques Selon l'enseignant et docteur en philosophie Bertrand Cochard, le phénomène séries s'inscrit parfaitement dans la Société du spectacle telle que décrite par Guy Debord, c'est-à-dire .
Quand, à partir des années 1960, les chaines sont devenues nombreuses, puis très nombreuses avec la télévision numérique et la colonisation de l'Internet par Amazon (Prime vidéo), Netflix, Disney+, Hulu, HBO Max...), les séries ont aussi été fabriquées en plus grand nombre. Et elles sont de plus en plus conçues pour être addictives, afin de gagner - si possible aux heures de grande écoute - des parts de marché, c'est-à-dire des parts de temps d'antenne, puis des parts temps de cerveau humain disponible ; on les regarde souvent seuls, au détriment des liens sociaux (elles favorisent le repli sur la sphère privée). Elles constate B. Cochard (2024) qui alerte sur le fait que le phénomène de la série n'est pas anondin, pour la psyché humaine comme pour la consommation énergétique : en 2019, selon un sondage fait par l’institut YouGov pour Prime Video d'Amazon: 66 % des français suivent une série ; au moins une fois dans la semaine, et 30 % chaque jours. Netflix affichait quant à lui plus de 2,1 milliards d’heures passées à visionner la seule série Squid Game (2021) dans le monde (à titre de comparaison permettant de mieux évaluer ce nombre d'heure, c'est comme si 6852 humains avaient visionné cette série 12h par jour, chaque jour de leur naissance à leur mort).
États-Unis L'essor des séries TV américaines date des débuts de la télévision commerciale aux États-Unis, à la fin des années 1940, qui voit la télévision devenir un média de masseEn 1948, 0,66 % des foyers américains sont équipés d'un poste de télévision. Dès 1952, ils sont un tiers. Cf . et le développement de chaînes nationales qui ne cessent de se concurrencer en créant des programmes et des fictions innovantes. La télévision de ce premier âge d'or (1948-1960) se détache du théâtre et de la radio filmés. Elle joue surtout sur l'image et les trouvailles visuelles, et cherche à fidéliser le public avec des rendez-vous réguliers de variété ou de divertissement, voire culturels. Ces programmes sponsorisés par une grande marque puis les coupures publicitaires lui permettent de garantir aux annonceurs publicitaires une audience certaine. En 1948, quatre chaînes nationales généralistes (les trois « big networks » NBC, CBS, ABC issus de la diversification des chaînes de radio nationales, et la chaîne DuMont) diffusent des fictions à épisodes, avec plusieurs genres fondateurs : le soap opera qui tombe en désuétude à la fin du , les séries dramatiques (avec des séries policières telles que Dragnet ou Les Incorruptibles, des séries d'aventure tells que Zorro), les anthologies (telles que Le Monde merveilleux de Disney ou les dramatiques sérialisées telles que , Alfred Hitchcock présente ou Au nom de la loi), et la sitcom (avec notamment I Love Lucy souvent considérée comme la mère de toutes les séries). qui reste le genre-roi de la télé grand public jusqu'aux années 2000.. Les premières séries puisent leur inspiration dans des constantes de la culture américaine : le policier et le western. La télévision étant un média nouveau et familial, il est nécessaire de tout inventer et essayer, mais dans un contexte où les impératifs économiques et moraux (l'Amérique puritaine et le code Hays) brident les possibilités. Cela, combiné aux influences de la radiophonie, du théâtre et du cinéma, exacerbe la créativité des auteurs. Très vite apparaissent le fantastique et une manifestation précoce de space opera, à savoir Star Trek, l'espace étant un élément grandissant de la culture américaine avec la conquête spatiale. Le genre espionnage et science-fiction (Les Envahisseurs, La Quatrième Dimension) se développe aussi, en corrélation avec la guerre froide. La créativité des auteurs produit alors des séries hybrides : Les Mystères de l'Ouest, qui mêle fantastique, espionnage, science-fiction et western, ou Des agents très spéciaux, qui mêle science-fiction futuriste et espionnage..
Dans les années 1970, le remodelage du petit écran entrainé par la mise en place par la Commission fédérale des communication des Financial Interest and Syndication Rules limite le monopole des principaux réseaux de production et ouvre la voie l'émergence de nouveaux de production indépendants. Dans les années 2000, les séries américaines connaissent un nouvel âge d'or (après celui des années 1950) qui, d'après Alexis Pichard, se caractérise par et une conscience sociale accrue. D'après l'auteur, cet âge d'or est l'aboutissement d'une révolution entamée dans les années 1980 par les networks (les réseaux de télévision) et dans les années 1990 par les chaînes du câble. Les années 2000 correspondent donc à une période charnière dans l'histoire des séries télévisées américaines et, par extension, mondiale.
La notion d'impérialisme culturel américain, qui apparaît à la fin des années 1960, concerne la domination de l'industrie du divertissement des États-Unis, plus marquée en matière de séries télévisées que de cinéma.. Il se traduit par l'exportation de leurs séries dont le succès à partir des années 1970 (Drôles de dames et Wonder Woman emblématiques de la Du verbe (« trémousser, remuer »), ce type de séries met en avant des personnages féminins hypersexualisés, portant des mini-shorts mais pas de soutiens-gorge, qui trémoussent leurs seins et leurs fesses. Cf ., Dallas, Magnum, K 2000, MacGyver, L'Agence tous risques, Madame est servie, ou Cosby Show, la première sitcom à la distribution majoritairement afro-américaine). s'explique par deux caractéristiques déterminantes : « l’effet de stock » (nombre de séries produites aux États-Unis bien plus important que ceux dans les pays importateurs) et « l’effet de solde » (amortissement des séries sur le marché intérieur américain qui peuvent ainsi être vendues à un prix inférieur à celui d'une production nationale).. Bien que ces séries constituent parfois une vision critique de la société américaine, leurs personnages masculins et féminins., ainsi que leurs thématiques, sont un des vecteurs de l'..
Producteur et diffuseur de série aux États-Unis +The Walt Disney CompanyWarnerMediaComcastViacomCBS (Paramount Skydance)Fox CorporationAMC NetworkNetflix, Inc.AmazonAppleDisney Média NetworkDiscovery, Inc.NBCUniversalGrand NetworkABCThe CWNBC, TelemundoCBS, The CWFox Network, MyNetworkTVChaîne du câbleABC News Live, FX, Freeform, ESPN, National Geographic, SEC Network, Disney Channel, Disney XD, Disney Jr.HBO, TNT, Adult Swim, TruTV, CNN, TBS, Cinemax, HLN, Discovery Channel, Food Network, HGTV, TLC, Animal Planet, Investigation Discovery, Oprah Winfrey Network, Magnolia Network, Cooking Channel, Turner Classic Movies, Destination America, Boomerang, Cartoon NetworkBravo TV/Bravo, NBC News Now, E!, Oxygen, CNBC, USA Network, Syfy, MS Now, Golf ChannelCBS News 24/7, Showtime, Comedy Central, VH1, Smithsonian Channel, BET, TV Land, CMT, Pop TV, Paramount Network, Flix, The Movie Channel, Logo, Nickelodeon, Nick Jr., Nicktoons, Teen NickFox Business, Fox News, Fox SportsAMC, BBC America, IFC, Sundance TV, We TVMGM+SVOD/OTTDisney+, Hulu, ESPN+HBO Max, Discovery+, CNN appPeacock, FandangoParamount+, Pluto TVtubi, Fox One, Fox NationAcorn TV, ALLBLK, AMC+, Hidive, Philo, Shudder, We TV+NetflixAmazon Prime Video, MGM+Apple TV+Major du cinémaWalt Disney Studios, Walt Disney Animation Studios, Pixar Animation Studios, Marvel Studios, 20th Century Studios, LucasWarner Bros Pictures, Warner Bros Animation, DC EntertainmentUniversal Studios, Focus Features, IlluminationParamount PicturesIFC Films, RLJE FilmsFox Entertainment StudiosNetflix Studios, Netflix Animation StudiosAmazon MGM StudiosApple Studios
France Les premières séries françaises des années 60 ont, elles aussi, puisé leur inspiration dans la culture historique : Le Chevalier de Maison-Rouge (1963), Thierry la Fronde (1963), Vidocq (1967), Le Chevalier Tempête (1967), Thibaud ou les Croisades (1968), Mandrin (1972), Le 16 à Kerbriant (1971), Ardéchois cœur fidèle (1974). Elles ont souvent été inspirées de romans-feuilletons français : Le Chevalier de Maison-Rouge, Rocambole, Lagardère, Jacquou le Croquant, Les Habits noirs, La Dame de Monsoreau, La Porteuse de pain, D'Artagnan, L'Homme qui revient de loin, La Juive du Château-Trompette, Chéri-Bibi, La Poupée sanglante, Le Loup blanc, La Corde au cou et, bien sûr, Belphégor ; puis, dans le cadre de coproductions européennes, Arsène Lupin, Joseph Balsamo, Le Comte de Monte-Cristo, Les Mystères de Paris, Fantômas.
La télévision française est également, dès l'origine, friande de séries policières : Les Cinq Dernières Minutes (1958), Le train bleu s'arrête 13 fois (1965), Allô Police (1966), Signé Alouette (1967), Les Enquêtes du commissaire Maigret (1967), François Gaillard ou la vie des autres (1971), Commissaire Moulin (1976), Les Brigades du Tigre (1974), cette dernière série mêlant intrigues policières et culture historique ; (cf. Liste de séries policières françaises).