La bête du Lyonnais est un animal anthropophage à l'origine d'une série d'attaques sur des humains. La première attaque est mentionnée à l'été 1754. Jusqu'à la fin de l'année 1756, une ou plusieurs bêtes féroces sévissent, dans un premier temps entre Vienne et Meyzieu, puis dans les environs de Savigny. Ce ou ces animaux auraient fait environ une trentaine de victimes, principalement des enfants ou adolescents.

Histoire

Premières attaques Début , le notaire royal de Vienne est appelé par les notables de la paroisse de Luzinay pour procéder à l'identification du corps d'un jeune garçon qui a été retrouvé dévoréA.D. Isère, registres paroissiaux de Luzinay 1754, 9NUM1/5E216/1. Nous savons qu'au moins deux autres attaques se produisirent dans le même secteur, aux environs de Villette-de-Vienne et de Régnié-Durette, avant que le Marquis de Marcieu, gouverneur de la province, n'ordonne une grande battue.

Cette chasse générale se déroule le et dure deux jours. Elle mobilise environ chasseurs de 26 villages différents et a pour limite les paroisses de Vénissieux, Saint-Priest, Mions, Toussieu, Chandieu, Meyzieu, Luzinay, Seyssuel, Simandres et Saint-Symphorien-d'OzonAD. Rhône, registres paroissiaux de Mions 1754, 4 E 7802. Cette chasse n'a pour seule conséquence que d'étaler le territoire de prédation de la Bête et sa trace se perd dans le dernier trimestre 1754.

Aux alentours de Savigny La bête ressurgit en février 1755, dans la paroisse de Sarcey, où elle fait une nouvelle victimeA.D. Rhône, registres paroissiaux de Sarcey 1754, 4 E 4737. Jusqu'au mois d'octobre, on compte en moyenne un décès par mois imputé à la bête féroce, principalement autour de Savigny et de L'Arbresle. Puis, elle ne fait plus parler d'elle pendant l'hiver 1755-1756.

Le mardi de Pâques 1756 (le ), une fillette est retrouvée dévorée à Saint-Julien-sur-Bibost. Lors de cette attaque, c'est la première fois que des témoins rapportent la description de deux bêtesA.D. Rhône, registres paroissiaux de Saint-Julien-sur-Bibost 1756, 216 GG 3.

Au début de l'année 1757, le curé Brietton de la paroisse de Sourcieux-les-Mines (à l'époque Sourcieux sur l'Arbresle) consigne 25 personnes attaquées au total dans le secteur Bessenay, Bibost, Saint-Julien-sur-Bibost, Montrottier, Ancy, Saint-Romain-de-Popey, L’Arbresle et Chevinay depuis le carême 1755. Selon lui [les bêtes] en blessèrent un plus grand nombre qu'ils n'en tuèrent et qu'ils auraient également dévorés s'ils n'avaient été secourusA.D. Rhône, registres paroissiaux de Sourcieux-les-Mines 1757, 177 GG 4.

Disparition mystérieuse Le , la dernière victime est dévorée et mangée à moitié à Montrottier A.D. Rhône, registres paroissiaux de Montrottier 1756, 139 GG 6. Le curé de la paroisse est le premier à émettre l'hypothèse que la bête peut être une hyène. Cette hypothèse, mise en doute par les recherches contemporaines, a également été émise à l'époque dans le cadre de l'affaire de la Bête du Gévaudan.

À la suite de cette attaque, il n'est plus fait mention dans les registres paroissiaux de personnes dévorées par des bêtes féroces dans les environs de Lyon.

Description Les actes de sépultures à notre disposition à ce jour ne donnent que peu d'informations sur la ou les bêtes ayant causé des ravages dans le Lyonnais entre 1754 et 1756. Le curé de Saint-Julien-sur-Bibost est le seul à nous laisser un témoignage :

Selon Jean-Marc Moriceau, les descriptions d'époque mentionnent un loup, avec les jambes moins hautes, le poil plus rude et la peau mouchetée de plusieurs couleurs. Nous avons vu avec le témoignage du curé de Montrottier que la rumeur d'une hyène avait pris de l'ampleur à l'époque, il convient cependant de se rappeler que l'espèce Canis lupus n'a été définie que vers 1758 par le naturaliste suédois Carl von Linné.

La thèse du loup-garou était également très en vogue à cette époque et a été consignée par le Marquis de Marcieu, dans son ordonnance sur la chasse générale du :

Liste des victimes La liste suivante a été établie d'après les travaux en coursVoir notamment les registres paroissiaux publiés sur http://betedulyonnais.xooit.fr :

DateParoisseNomÂge05/06/1754 Denicé Pierre Morel 5 ans17/07/1754 Villette-de-Vienne Claudine Tardif 45 ans08/08/1754 Luzinay François Beloud 8 ans15/08/1754 Regnié-Durette Madeleine Joubert inconnu12/02/1755 Sarcey Christophe Cambria 7 ans27/02/1755 Savigny Anne Tricaud 14 ans03/04/1755 Savigny Pierre Guillon 10 ans05/05/1755 Savigny Marie Berchoud 13 ans21/07/1755 L'Arbresle Mathieu Gervais 9 ans27/07/1755 Luzinay Hélène Berquet 6 ans23/09/1755 Saint-Just-Chaleyssin Marie Berger 6 ans25/09/1755 Bibost Claudine L'Hospital 8 ans27/09/1755 Bully Catherine Cusset 10 ans20/10/1755 Saint-Symphorien-d'Ozon Inconnu 2 ans27/10/1755 Savigny Jean-Marie Duboy 13 ans12/11/1755 Saint-Pierre-de-Chandieu Pierre Vaché 8 ans19/04/1756 Sourcieux-sur-l’Arbresle Benoite Daverdi 9 ans20/04/1756 Saint-Julien-sur-Bibost Marguerite Pinet 11 ans04/05/1756 Brullioles Benoît Thiver 10 ans12/05/1756 Saint-Romain-de-Popey Pierrette Devilard 7 ans14/06/1756 Saint-Romain-de-Popey Étienne Manu 6 ans25/06/1756 Savigny Pierre Delorme 13 ans27/06/1756 Bessenay Jean-Baptiste Chazaud 7 ans04/07/1756 Seyssuel Notre Dame Claudine Allioud 8 ans08/07/1756 Saint-Just-Chaleyssin Anne Tiron 10 ans14/07/1756 Bessenay Elisabeth Blanc 11 ans12/08/1756 Saint-Symphorien-d'Ozon Benoît Mortan 12 ans22/08/1756 Montrottier Jean Malaval 9 ans12/09/1756 Saint-Pierre-de-Chandieu Marie Lombard 10 ans17/09/1756 Luzinay Benoit Barroh 1 an21/10/1756 Savigny Claudine Guillot 4 ans19/11/1756 Saint-Pierre-de-Chandieu Pierre Paleron 6 ans19/11/1756 Brullioles Jean-Baptiste Bazin 14 ans24/11/1756 Montrottier Anne Sarrazin 9 ans

Notes et références

Annexes Articles connexes Bête du Gévaudan Bête de Primarette

Liens externes Dans l'ombre de la bête Forum Bête du lyonnais

Bibliographie

Lyonnais Catégorie:Animal du folklore français