L’écoconception est la volonté de concevoir des produits respectant les principes du développement durable et de l'environnement, en recourant , dans un contexte évoluant vers une économie circulaire.

La définition officielle qui fait foi pour l'ADEME est la suivante : À partir de celle-ci, on peut en effet décliner d'autres formulations ou déclinaisons.

Selon le site du Ministère de la transition écologique, l'écoconception est une approche préventive qui prend en compte les problèmes d’environnement liés à la conception, au développement d'un produit et intègre les aspects environnementaux tout au long de son cycle de vie (de la matière première, à la fin de vie en passant par la fabrication, la logistique, la distribution et l'usage).. Elle concerne tous les secteurs de l'économie. Cette démarche est mise en œuvre à des degrés divers et avec une grande variété d’outils dans de très nombreux secteurs comme l’électronique, l’automobile, l’aéronautique, les produits d’équipement et la plupart des produits de grande consommation.

Contexte Dans de nombreux secteurs, notamment industriels, les écobilans ou analyse du cycle de vie (ACV) sont devenus des éléments courants ou systématiques de l'évaluation de la qualité et de la performance. Ils tendent à prendre une importance supplémentaire dans le contexte de la transition énergétique et des bilans matière, bilans-carbone…

L'écoconception est basée sur la reconnaissance du fait que tout produit ou processus a un impact environnemental, qu'il s'agisse de production de biens ou de service. Les motivations de l'entreprise qui y souscrit peuvent être variées : volonté de mieux récupérer et recycler des matériaux ou éléments fonctionnels en fin de vie d'un produit, souci de rentabilité et sécurité juridique pour les actionnaires (moindre pollution et moindre impact du principe pollueur-payeur), image de l'entreprise, volonté d'améliorer la qualité tout en répondant à une demande sociale en faveur d’un développement plus durable et soutenable, volonté de se prémunir contre des plaintes liées à des pollutions ou nuisances induites par un produit non écoconçu.

Certains voient dans l'écoconception des solutions à la crise et un facteur de compétitivité et d'innovation alors que d'autres craignent qu'elle soit aussi utilisée comme moyen de greenwashingActu-Environnement citant l'Ademe, L'écoconception : solution à la crise ? L'écoconception promise à un bel avenir, 2013-04-08 (consulté le 2013-04-11).

Analyse du cycle de vie vignette|Le cycle de vie. vignette|L'écoconcepteur cherche à faciliter la fin de vie de son produit. Ici l'architecte aurait pu à l'avance prévoir les trous où placer une charge de dynamite pour faciliter la démolition et le recyclage à moindre coût énergétique et environnemental de ces pieux de béton. L'analyse du cycle de vie prend en considération les aspects environnementaux liés à la conception du produit depuis l'extraction des matières premières ou l'utilisation de matières recyclées jusqu'au transport du produit, son utilisation et sa fin de vie (recyclage, réutilisation ou valorisation). Il s'agit également, dans la mesure du possible - d'éviter les déchets ultimes.

Méthode d'analyse L'écoconception est une approche de progrès continu qui a pour objectif de mieux respecter l'environnement aux différentes étapes du cycle de vie du produit. Parmi les méthodologies qui peuvent être intégrées dans cette approche, on peut distinguer : l'analyse du cycle de vie de l'objet et de ses composantes (analyse de sa conception, production, distribution, consommation et déconsommation, étude des pollutions et des déchets générés aux différentes étapes) ; une étude plus approfondie du comportement de l'utilisateur mais aussi de ses valeurs ; Une attention réfléchie doit être portée au choix des matériaux et des technologies utilisés pour la réalisation de l'objet : démontabilité, traçabilité et recyclabilité des composants ; recours à des matériaux et procédés « propres », renouvelables ou biodégradables ; intégration de matériaux recyclés et conception modulaire favorisant la maintenance et la réutilisation ; des réflexions sur la mise à niveau, la modularité, la durabilité, le produit vu comme service et non plus comme objet, qui permettent de changer de point de vue et d'élaborer de nouveaux concepts de produit.

Impacts que cherche prioritairement à réduire l'écoconception La consommation de matière renouvelable ou non renouvelable ( peut-on utiliser des matériaux recyclés, à la place de matériaux prélevés dans la nature ?). Le gaspillage de ressources, lié entre autres à la difficulté de démontage, de recyclage ou de réutilisation des produits ( en 2012, six millions de tonnes de déchets d'équipements électriques et électroniques sont incomplètement ou pas du tout recyclées en Europe, et trois cents tonnes d'or sont ainsi perdues Countering WEEE Illegal Trade - Summary Report - Market Analysis, Legal Analysis, Crime Analysis, Recommendations roadmap , 62ONU-Interpol, Huisman, J., Botezatu, I., Herreras, L., Liddane, M., Hintsa, J., Luda di Cortemiglia, V., Leroy, P., Vermeersch, E., Mohanty, S., van den Brink, S., Ghenciu, B., Dimitrova, D., Nash, E., Shryane, T., Wieting, M., Kehoe, J., Baldé, C.P., Magalini, F., Zanasi, A., Ruini, F. et Bonzio, A., Countering WEEE Illegal Trade (CWIT) Summary Report, Market Assessment, Legal Analysis, Crime Analysis and Recommendations Roadmap, 30 aout 2015, Lyon, France ). La consommation d'énergie ( consommation en mode « veille » pour les produits électriques). L'effet de serre. L'acidification de l'air, de l'eau et des sols (par drainage acide minier notamment). La pollution photochimique (dont via la formation d’oxydants photochimiques). La pollution des eaux. La pollution des sols. La pollution de l'air. Les transports (de clients, de matières premières, d'objets et de déchets, et leurs effets néfastes pour l'environnement). Les déchets. La pénibilité au travail et les maladies professionnelles. L'utilisation de produits et de chaînes de production écocertifiés par des labels environnementaux ou socioenvironnementaux crédibles, transparents et reconnus. Les nuisances non prises en compte.

L'écoconception intègre les principes de prévention et de précaution et porte sur tous les sites et étapes de production, transport, usage et élimination et sur le produit ou service, mais aussi sur les emballages, commodités de transport, d'usage et de recyclage, l'utilisation de produits toxiques, explosifs, dangereux, etc. L'écoconcepteur place théoriquement ses priorités là où les impacts environnementaux sont les plus importants, mais il peut être tenté de les placer là où les problèmes sont les plus faciles à traiter.

Certaines pollutions sont difficiles à mesurer, c'est le cas de la pollution sonore, des nuisances visuelles (l'impact sur le paysage) ou les mauvaises odeurs. Il existe des indicateurs pour la pollution sonore (le bruit se mesure en décibels) mais souvent ils ne sont pas pris en compte.

Depuis quelques années en France, l'ADEME a mis à la disposition des entreprises un logiciel gratuit permettant d'analyser le cycle de vie d'un produit de manière théorique. Le Bilan Produit, logiciel libre sans valeur légale est désormais accessible en ligneBilan Produit, sur base-impacts.ademe.fr.

Règlementation Dans de nombreux pays, les appels d'offres des États et collectivités peuvent contenir des clauses environnementales, encourageant les entreprises à plus de responsabilité environnementale et la vente de produits écoconçus. L'écoconditionnalité et les démarches volontaires de type HQE tendent à se développer : les commanditaires (donneurs d'ordre, maîtres d'ouvrage publics ou privés) et acheteurs privés sont de plus en plus exigeants.

L'écoconception est dans la plupart des cas une démarche volontaire, mais elle est parfois (et de plus en plus) obligatoire, avec par exemple : teneur maximale en certains métaux lourds dans les emballages en Europe (Directive Emballages 94/62/CE) ; conception devant limiter la pollution et faciliter le démontage ( en Europe : normes sur les émissions des moteurs à essence. Exemple en France : décret du aout 2003 sur la construction des véhicules et l'élimination des véhicules hors d'usage).

En Europe, le droit de l'environnement se complète peu à peu ; la commission a adopté : en , un règlement visant à réduire la consommation d'électricité des appareils électroménagers et des équipements de bureau en «mode veille » avec une réduction espérée de 73 % de la consommation des appareils dans l'UE avant 2020 (l'équivalent de quatorze millions de tonnes de non-émis par an) ; en , un règlement sur les décodeurs numériques simples, visant à réduire leur consommation électrique pour passer de d’ici à 2014 ; en , deux règlements sur l'efficacité énergétique de l’éclairage tertiaire et des lampes domestiques (ampoules à incandescence, lampes halogènes et les lampes fluocompactes) visant avant 2020 une économie d'environ (réduction espérée : trente-deux millions de tonnes de /an) ; en , un règlement qui devrait permettre d'économiser un tiers de l'énergie consommée (, soit l'équivalent de trois millions de tonnes de ) par les sources d’alimentation externes (chargeurs de téléphones ou d’ordinateurs, alimentations pour disques durs externes…) avant 2020 ; en 22 juillet 2009., quatre règlements sur l'efficacité énergétique des moteurs industriels, des circulateurs, télévisions et congélateurs, visant une économie de avant à 2020.

En , le de la Commission européenne a publié le guide méthodologique pour l'empreinte environnementale des produits (, PEF)JRC IES, The development of PEF.

À partir de 2001, un concept européen appelé « Politique Intégrée des Produits » (PIP) voit le jour. Ce concept consiste à concentrer l'offre et la demande sur des produits « verts », en reconnaissant la responsabilité de l'acte d'achat ayant un impact environnemental. Cette politique vise à sensibiliser les consommateurs.

Depuis , le règlement (UE) 2024/1781 sur l'écoconception des produits durables (ESPR) remplace progressivement le cadre antérieur et introduit le passeport numérique de produit (Digital Product Passport), destiné à regrouper des informations de durabilité et de circularité accessibles tout au long de la chaîne de valeur.

France En France, le principe de la « Responsabilité Élargie des Producteurs » (REP) existe dans la loi depuis 1975 et est codifié dans l' du code de l’environnement. C'est une approche politique environnementale ayant pour objectif : la prévention et la réduction des déchets toxiques et polluants ; l'intégration des couts internes et externes en « amont » pour les producteurs ; la fixation des objectifs nationaux de recyclage et de valorisation des déchets ; le cofinancement du service public chargé de mettre de nouvelles filières de valorisation.

Par exemple des organisations agréées ont la possibilité de prendre à leur charge le financement du système, en sollicitant la participation de leurs adhérentsPhilippe Schiesser, Éco-conception : Indicateurs. Méthodes. Réglementation..