La peine de mort a été en vigueur au Royaume-Uni et dans les États qui l'ont précédé, l'Angleterre et l'Écosse, depuis les temps les plus anciens jusqu'à ce qu'elle soit abolie au . La dernière exécution, par pendaison, a eu lieu en 1964, avant que la peine capitale soit abolie pour les meurtres, en 1969 en Grande-Bretagne et en 1973 en Irlande du Nord. Bien qu'elle n'ait pas été appliquée ensuite, la peine de mort est restée inscrite dans la loi pour certains crimes jusqu'en 1998.
Origine dans la loi de l'Angleterre vignette|Exécution de Guy Fawkes en 1606 à Londres Waltheof de Northumbrie est le seul lord qui ait été légalement exécuté pendant le règne de Guillaume d’Angleterre1076: Waltheof II, Earl of Northumbria. ExecutedToday.com. Guillaume II d'Angleterre (William Rufus) réinstitue la pendaison mais uniquement pour avoir braconné les cerfs royauxWilson, James; Killmister, A. K. (1844). The Rod and the Gun: Being Two Treatises on Angling and Shooting. A. and C. Black. Harvard University. .. On sait qu'il n'a fait exécuter qu'un seul aristocrate, pour rébellion. Henri d'Angleterre restaure la pendaison pour la punition de nombreux crimes. La première exécution à Tyburn est celle de , bourgeois de Londres qui avait dirigé une révolte populaire, en 1196. La potence de Tyburn, située près de l'actuel Marble Arch dans Hyde Park, devient célèbre. On estime que durant le règne de Henri VIII ont été exécutées par divers procédés, y compris la pendaison, la décapitation, le bûcher, et l'huile bouillante, le condamné étant parfois démembré vivant () à titre de peine complémentaire. Le , Simon Fraser, lord Lovat est la dernière personne à être décapitée en Angleterre.
Sir Samuel Romilly, dans son discours sur la peine de mort à la Chambre des communes en 1810, déclare qu'. Connue sous le nom de « code sanglant », à son sommet le recueil de la loi criminelle comprenait 220 crimes passibles de la peine capitale, y compris , , et . Beaucoup de ces dispositions ont été introduites pour protéger les biens de la classe riche qui a émergé dans la première moitié du , un exemple remarquable étant le Black Act de 1723, qui définit 50 crimes capitaux pour des faits de vol simple, de braconnage ou de noircissement du visage la nuit en vue de commettre un crime.
Même si les exécutions pour meurtre, cambriolage avec effraction (), vol avec violence, sont courantes, les sentences de mort visant les petits délinquants ne sont souvent pas suivies d'effet. Pourtant, des enfants étaient couramment exécutés pour des crimes mineurs comme le vol simple. Une sentence de mort pouvait être commuée ou suspendue (différée indéfiniment) pour des raisons comme le privilège du clergé, la grâce officielle, l'état de grossesse de la condamnée, ou l'engagement dans l'armée ou la marinePunishments at the Old Bailey--Late 17th Century to Early 19th Century, 2003, The Old Bailey Proceedings Online consulté le 13/03/2007. Entre 1770 et 1830, environ sentences de mort ont été prononcées en Angleterre et au Pays de Galles, mais il y a eu seulement exécutionsGatrell, V. A. C., The Hanging Tree, OUP, Oxford, 1994.
La réforme vignette|droite|Le corps de William Kidd pendu en 1701 pour piraterie, exposé au gibet de Greenwich au bord de la Tamise à Londres En 1808, Romilly obtient la suppression de la peine de mort pour les voleurs à la tire et d'autres petits délinquants, engageant ainsi une démarche de réforme qui se poursuit pendant les cinquante années suivantes. Même si le pouvoir civil accordait facilement la grâce, la peine de mort était obligatoire jusqu'à ce que la loi du Parlement de 1823 donne au juge le pouvoir de commuer la peine de mort, sauf pour le meurtre et la trahison. Le de 1832 réduit des deux tiers la liste des crimes passibles de la peine capitale. La dissection du cadavre après l'exécution est abolie en 1832 et le gibbeting (ou hanging in chains) (gibbeting), exposition du cadavre après la mort, en 1834. En 1861, plusieurs lois du Parlement réduisent le nombre de crimes passibles de la peine de mort dans la loi civile à cinq : meurtre, haute trahison, espionnage, incendie volontaire dans un arsenal royal, et piraterie avec violence; il y avait d'autres crimes dans la loi militaire. La peine de mort demeure obligatoire pour le meurtre et la trahison sauf grâce.
La commission royale sur la peine capitale (1864-1866) arrive à la conclusion (avec un avis minoritaire) qu'il n'y a pas lieu de l'abolir, mais recommande qu'il n'y ait plus d'exécutions publiques. La proposition est reprise par la loi du Parlement Capital Punishment (Amendment) Act de 1868. À partir de ce moment, les exécutions en Grande-Bretagne ont lieu à l'intérieur de la prison. La décapitation avec démembrement après l'exécution des condamnés pour trahison cesse en 1870.
En 1885, John Babbacombe Lee est convaincu de meurtre et condamné à être pendu, alors qu'il affirmait être innocent. Le , à la prison d'Exeter (Devon), trois tentatives pour procéder à l'exécution échouent. La potence a été remontée dans un nouveau bâtiment; la barre de déclenchement de la trappe est à un huitième de pouce hors d'alignement et une des charnières s'engage dans la barre, ce qui empêche la trappe de descendre (selon le document officiel du ministère de l'Intérieur). En conséquence, le ministre de l'Intérieur William Vernon Harcourt commue la sentence en prison à vie. Lee continue ses démarches auprès des ministres successifs, et est finalement libéré en 1907, ayant accédé à la notoriété comme l'homme qu'on n'est pas arrivé à pendre.
vignette|408x408px|Seule photographie connue d'une condamnation à mort: condamné à être pendu en 1912 pour avoir empoisonné Eliza Mary Barrow. Le interdit l'exécution des mineurs de moins de 16 ans. En 1922, un nouveau crime d'infanticide est défini en remplacement du meurtre pour les mères qui tuent leur propre enfant dans sa première année. En 1930, une commission parlementaire ad hoc recommande la suspension de la peine capitale pour une période d'épreuve de cinq ans, mais n'aboutit pas. À partir de 1931, les femmes enceintes ne peuvent plus être pendues (après la naissance de l'enfant), et en 1933 l'âge minimum pour être condamné est porté à 18 ans par le Children and Young Persons Act de 1933. La dernière exécution d'une personne de moins de 18 ans en application de la loi civile est celle de Charles Dobel, 17 ans, pendu à Maidstone en même temps que son complice William Gower, 18 ans, en .
En 1938, la question de l'abolition de la peine de mort est discutée au Parlement. Un article de l'ordonnance sur la justice pénale prévoit de suspendre les condamnations à mort pour une période expérimentale de cinq ans. Quand la guerre éclate en 1939, l'application est différée. La loi est présentée à nouveau au Parlement après la guerre, et adoptée à la majorité (245 contre 222) par la Chambre des Communes, à la surprise générale. À la Chambre des lords, l'article sur l'abolition est rejeté mais le reste de la loi est adopté. Il n'y a pas de soutien de l'opinion publique en faveur de l'abolition, et le gouvernement décide qu'il n'est pas opportun de faire jouer le pouvoir de décision que lui donnent les Parliament Acts de 1911 et 1949, sur un sujet aussi peu populaire.
Le ministre de l'Intérieur, James Chuter Ede, préféra créer une nouvelle commission royale (Royal Commission on Capital Punishment (1949-1953)) avec pour mission de déterminer « si la possibilité de subir la peine capitale doit être limitée ou modifiée ». Le rapport de la commission discute un certain nombre d'alternatives à l'exécution par pendaison (y compris les techniques américaines d'électrocution et de chambre à gaz, et l'injection mortelle alors encore théorique) mais les écarte. Il y a davantage de difficultés avec le principe de la peine capitale. L'opinion publique pense que la peine de mort dissuade les criminels de passer à l'acte, mais les statistiques ne sont pas convaincantes. Le rapport recommande l'abolition pour des raisons d'éthique, mais ne fait pas mention de possibles erreurs judiciaires. À ce moment, le mécontentement public s'était exprimé au sujet de la condamnation de Timothy Evans, qui est condamné et pendu pour avoir tué sa fille encore bébé en 1949. On découvre en 1953 que John Christie a étranglé au moins six personnes dans la même maison ; si le jury du procès d'Evans l'avait su, Evans n'aurait peut-être pas été jugé coupable. Dans deux autres causes à la même période, des doutes s'élèvent sur d'autres condamnations suivies d'exécution, comme dans le célèbre cas de Derek Bentley.
La commission conclut que, sauf si l'opinion publique est de façon écrasante en faveur de l'abolition, la peine capitale doit être conservée.
Entre 1900 et 1949, et sont exécutés en Angleterre et au Pays de Galles. Dix agents allemands sont exécutés pendant la Première Guerre mondiale en application du Hansard, 22 May 1940 et 16 espions sont exécutés pendant la Seconde Guerre mondiale en application du Hansard, 1 February 1965.
Un jour après l’exécution de William Joyce pour trahison le , est exécuté pour treachery et est le dernier à être exécuté pour un crime autre qu'un meurtre; la dernière exécution pour des faits civils autre qu'un meurtre est celle de Martin Doyle pour tentative de meurtre le .
À partir de 1957, plusieurs procès controversés mettent de nouveau en avant la question de la peine capitale. La campagne pour l'abolition obtient une satisfaction partielle avec le . La nouvelle loi opère une distinction entre l'homicide punissable et non punissable de mort. Six catégories d'homicide volontaire sont désormais passibles de la peine capitale : pendant ou après un vol par arme à feu ou explosif pour empêcher une arrestation ou pendant une évasion meurtre d'un policier meurtre d'un gardien de prison par un détenu deuxième meurtre dans des circonstances indépendantes du premier (si les deux crimes sont commis en Grande-Bretagne)
La police et le gouvernement sont d'avis que la menace de la peine de mort dissuadera les délinquants de porter des armes à feu, et c'est pour cela que ce genre de crime reste puni de mort.
L'abolition Le meurtre En 1965, le député du parti travailliste Sydney Silverman, qui s'était voué à la cause de l'abolition depuis plus de 20 ans, dépose une proposition de loi (private member's bill) qui est adoptée par un vote non partisan de la Chambre des Communes, contre 98. La loi est ensuite approuvée par la Chambre des lords, contre 104.
La loi Murder (Abolition of Death Penalty) Act de 1965 suspend la peine capitale pour cinq ans en Angleterre, Pays de Galles et Écosse, mais pas en Irlande du Nord, et lui substitue une peine obligatoire de réclusion à vie. La loi prévoit aussi que si avant la fin du délai de cinq ans chaque chambre du Parlement vote une résolution qui la rend permanente, elle deviendra aussitôt permanente. En 1969 le ministre de l'Intérieur James Callaghan dépose une motion pour rendre la loi permanente, qui est votée par la Chambre des Communes le Hansard, 16 December 1969 et une motion semblable est votée par la Chambre des lords le Hansard, 18 December 1969. La peine de mort pour meurtre est abolie en Irlande du Nord le par le Northern Ireland (Emergency Provisions) Act qui établit une juridiction d'exception pour les faits de terrorisme.
Après l'abolition de la peine de mort pour meurtre, quelques convaincus créent une tradition qui veut qu'un vote non-partisan ait lieu à la Chambre des Communes à chaque session, sur une motion de rétablissement de la peine capitale. La motion a toujours été rejetée. Pourtant, la peine de mort reste maintenue pour d'autres crimes :
Incendie volontaire dans un arsenal royal (incendie ou explosion dans un port militaire, un navire, un entrepôt), jusqu'en 1971 ; EspionnageThe Naval Discipline Act 1957, section 93 remplaçant The Naval Discipline Act 1866, section 6. jusqu'en 1981 ; Piraterie avec violence jusqu'en 1988 ;