Le régiment d'Orléans est un régiment d'infanterie du royaume de France, créé en 1642 sous le nom de « régiment de Mazarin-Italien » devenue sous la Révolution le d’infanterie de ligne.

Création et différentes dénominations 1642 : création du régiment de Mazarin-Italien : renommé régiment d'Anjou-Étranger : renommé régiment d'Orléans 1791 : renommé d’infanterie de ligne

Colonels et mestres de camp : comte César Degli Oddi : marquis Nicolas Jules Buffalini : Louis Gausselin comte d'Anisy : N. Gausselin comte d'Anisy : N. marquis de Beaufort : Simon François du Caylar de Toiras marquis d'Aubijoux Bermond du Caylar (de) - Languedocbrigadier le , † en duel par le comte Antoine Charles de Simons de Bois-David, colonel du régiment de Champagne, pour avoir médit d'une dame. : Jean-Baptiste comte de Clermont-Tonnerre : Claude Alexis comte de Bailleulbrigadier le , † : Louis Antoine, marquis de Brancas. brigadier le , maréchal de camp le , lieutenant-général le , maréchal de France le , † : Joseph de Lesquen, marquis de La Villemeneustbrigadier le , † : N. Le Clerc marquis de Juigné : Louis Georges de Clermont-Gallerande, comte de Clermont brigadier le , maréchal de camp le , † : comte Henri de Bourdeille : Charles Auguste de La Cour, comte de Balleroy brigadier le , maréchal de camp le , lieutenant-général le , † : Charles Olive Floris Campet comte de Saujon : Gilbert de Chauvigny, comte de Blot brigadier le , déclaré maréchal de camp en par brevet expédié le : Anne André Marie de Crussol comte de Montausier : Augustin Jean Louis Antoine du Prat comte de Barbançon : Jacques Anne Joseph Le Prestre comte de Vauban : Charles de La Châteigneraie de Sainte-Foix de Chateignier : Jean-Charles Gerbous de La Grange : Jean-Joseph Doyen de Félix

Historique des garnisons, combats et batailles Origine Guerre de Trente Ans Le régiment d'Orléans, d'origine italienne, avait appartenu au cardinal Mazarin, qui l'avait levé dans les premiers mois de 1642 avec l'intention de l'offrir au roi et à Richelieu pour l'expédition de Roussillon et qui fut commandé par le comte Degli Oddi. Le , selon la Gazette de France relatant les nouvelles du camp devant Perpignan, le roi a passé en revue le régiment italien du cardinal Mazarin, qu'il a trouvé très beau. Cette date est retenue comme celle de son intégration dans l'infanterie française. Ce corps fit ses débuts de façon éclatante lors du siège de Perpignan, où il eut l'honneur d'être logé dans le quartier du roi. Après la prise de la ville, il y resta quelques mois en garnison, puis, à la fin de la campagne, fut envoyé passer l'hiver en Bourgogne.

En , il envoie 600 hommes pour ravitailler Poligny. Ce détachement se distingue lors d'un combat acharné. En juillet, le régiment rejoint sous Thionville l'armée du duc d'Enghien et participe activement au siège de la ville. Le le régiment s'empare d'un retranchement palissadé construit par les assiégés sur le glacis et, après avoir repoussé ses défenseurs, s'y installe fermement, déjouant le lendemain une grande sortie ennemie.

Il entama la campagne de 1644 en prenant plusieurs petites places au Luxembourg. Lorsque Fribourg fut menacé, il suivit le duc d'Enghien, accourant au secours de la ville. Mais l'armée arriva trop tard : Fribourg avait capitulé et l'ennemi s'était retranché derrière des défenses redoutables. Il fallut trois jours de combats acharnés pour le déloger. Durant ces journées, le régiment se montra digne des meilleurs corps français.

Après la prise de Philippsbourg, Worms, Spire et Mayence, rapidement soumises par les armées réunies d'Enghien et de Turenne, le régiment vint prendre ses quartiers d'hiver en Lorraine en . Il alla alors remplacer au siège de La Mothe le régiment écossais de Douglas, appelé en Flandre. Le 30, un secours de troupes lorraines tenta d'entrer dans la place : après un combat acharné, le régiment parvint à les repousser en désordre dans la campagne. Pendant ce siège, le comte Degli Oddi, qui commandait d'autres régiments et n'avait jamais servi à la tête de celui-ci, fut remplacé par le marquis Bufalini, parent du cardinal Mazarin et capitaine aux Gardes françaises, qui dirigeait l'une des quatre compagnies de ce corps d'élite ayant participé à la réduction de La Mothe. Le , le régiment prit officiellement rang dans l'infanterie française, Mazarin s'en étant déclaré colonel et l'ayant placé sous le titre de « régiment Mazarin-Italien ».

Régiment de Mazarin-Italien (1645-1651)

Guerre de Trente Ans Après la défaite de Mariendal, durant la guerre de Trente Ans, le duc d'Enghien rassemble ses régiments et s'enfonce en Allemagne. Le « régiment Mazarin-Italien », traverse le Rhin le à Spire, et le , il participe à la victoire de Nordlingen. Il est présent lors de l'attaque acharnée du village d'Alerheim, où l'infanterie est repoussée à plusieurs reprises. Le marquis Nicolas Jules Buffalini, mestre de camp du régiment, y accomplit des exploits remarquables : saisissant un drapeau, il se précipite au cœur de la mêlée, suivi par soixante soldats qui y trouvent tous la mort. Grièvement blessé, Buffalini est fait prisonnier et est échangé dès le soir même.

Le , le « régiment Mazarin-Italien », composé de neuf compagnies totalisant environ à hommes et commandé par le marquis Nicolas Jules Buffalini, le régiment fut passé en revue par le roi Louis XIV à Compiègne. De là, il partit pour le siège de Longwy, où il ouvrit la tranchée le avec les Gardes suisses. Le 8, il prit d’assaut un retranchement sur le chemin couvert, repoussa l’ennemi et le poursuivit jusqu’au pont-levis du donjon, traversant toute la ville. Le 10, l'unité s’empara d’une demi-lune, et la place capitula le 12. Trois jours plus tard, le régiment mit en déroute 200 Lorrains de la garnison d’Arlon. Après ces exploits, le « régiment Mazarin-Italien » arriva en Flandre et participa aux sièges de Mardyck et de Dunkerque.

En 1647, le régiment fut mis en garnison au Catelet et confié à Louis Gausselin comte d'Anisy, qui s’était distingué comme lieutenant-colonel du régiment Français du cardinal.

En , le régiment fut renforcé par l’arrivée d’une importante recrue commandée par des officiers issus de la haute noblesse italienne. Il se distingua au siège d’Ypres, combattit en seconde ligne à Lens et prit ses quartiers d'hiver dans l’Artois. En novembre, cent mousquetaires du régiment anéantirent près d’Auchy-les-Moines un détachement de la garnison espagnole d’Aire.

La Fronde À la fin de 1648, les premiers troubles de la Fronde appelèrent le régiment aux abords de Paris. Il participa le à la prise de Brie-Comte-Robert, puis reprit la route de Flandre pour prendre part au siège de Condé.

En 1650, il servit sous le maréchal du Plessis-Praslin, fut envoyé à Mouzon et contribua à la défense de la place, partageant avec le régiment de Montausier la garde des extérieurs. Attaqué le par des forces nombreuses, il dut céder, se replia dans une demi-lune et reprit le combat. Après la capitulation de Mouzon, il se retira à Donchery pour rallier l’armée. Détaché à nouveau durant le siège de Rethel afin de s’emparer de Château-Porcien, il entra dans la ville le jour même.

En , le cardinal Mazarin renforça son régiment avec trois compagnies corses, mais cela ne l’empêcha pas de devoir quitter le royaume peu après et de se retirer à Cologne. Le corps fut alors confié à Philippe de France, duc d'Anjou et frère de Louis XIV, qui prit, par brevet du , le titre de « régiment d'Anjou-Étranger ». À partir de ce moment, le régiment commença à recruter en France.

Régiment d'Anjou-Étranger (1651-1660)

La Fronde, guerre franco-espagnole et guerre des faucheurs, En 1651, le « régiment d'Anjou-Étranger » combat en Lorraine et se distingue au siège de Chastel, où Louis Gausselin comte d'Anisy est blessé d’une balle en repoussant une sortie.

En 1652, le régiment part dans le Berry pour soumettre les places fidèles au prince de Condé. Il passe la majeure partie de l’année devant Montrond, qu’il finit par investir le , restant le temps nécessaire pour en raser les fortifications. En novembre, dans le cadre de la guerre franco-espagnole il est envoyé au Roussillon et placé en garnison à Collioure.

En , engagé dans la guerre des faucheurs, il traverse en Catalogne, participe au siège de Gérone et subit une lourde défaite lors du combat de Bordils, le .

Rétabli à vingt compagnies en 1654, il participe au siège de Villefranche-de-Conflent, se distingue aux côtés du régiment de Normandie lors de l’assaut de la demi-lune, et contribue ensuite à la prise de Puycerda.

En 1655, on le retrouve à la prise du Cap de Creus.

Le , avec les régiments de Champagne et de Normandie, il prend d’assaut le château de Boraçan.

En , il force les Espagnols à lever le siège d'Urgell et continue à servir en Catalogne jusqu’à la paix des Pyrénées.

Régiment d'Orléans (1660-1791) Le , à la mort de Gaston, frère de Louis XIII, Philippe de France hérita du titre de duc d'Orléans. Le , le « régiment d'Anjou-Étranger » et un autre régiment du Duc d'Anjou (Français) levé en 1647 pour le duc d'Anjou furent réunis en un seul corps, qui prit le nom de « régiment d'Orléans » qu'il a toujours conservé jusqu'à la Révolution. On ignore quels furent les premiers drapeaux du régiment avant qu'il appartienne au frère de Louis XIV. De 1660 jusqu'à la Révolution, ils arboraient deux quartiers bleus et deux quartiers feuille-morte, sans armoiries ni ornements. Il est supposé que ces deux couleurs symbolisaient la fusion du « régiment d'Anjou-Étranger » et du régiment d'Anjou-Français.

Pendant les années calmes qui suivirent le traité des Pyrénées, le « régiment d'Orléans », réduit à six compagnies, resta cantonné à Villers-Cotterêts, sur les terres de l'apanage de son chef. En , il participa au camp de Compiègne.

Guerre de Dévolution En 1667, il joua un rôle très actif dans la conquête de la Flandre. Il ouvrit la tranchée devant Lille avec le régiment de Picardie, chargé de l’attaque à gauche. Le , ces deux régiments prirent ensemble le chemin couvert et s’y installère.

En , le « régiment d'Orléans » se trouvait avec l'armée de Franche-Comté et, tandis que le gros des troupes assiégeait Besançon, il investissait Salins, qui se rendit dès la première sommation.

Guerre de Hollande Porté à 30 compagnies en 1671, le régiment est engagé dans la guerre de Hollande, et fait la campagne de 1672 avec le duc d'Orléans avec lequel il se signale à la prise de Zutphen, place devant laquelle il ouvre la tranchée avec les régiments de Normandie et de Turenne.

En , il accompagne le maréchal de Turenne dans le comté de La Marck et il participe à la réduction d'Unna, de Kamen et d'Altena. De retour aux Pays-Bas, il participe au siège de Maëstricht.

En 1674, il entame la campagne en Franche-Comté, assiste aux sièges de Besançon et de Dôle, puis rejoint l’armée de Flandre et combat à Seneffe. Fin août, envoyé sur le Rhin, il se distingue à Ensheim. Placé en réserve avec les régiments de Bourbonnais, de Languedoc, de Churchill et de Montmouth, il est lancé par Turenne contre les bois de la droite, où les Impériaux s’étaient retranchés. Après un combat acharné, ils emportent les retranchements, s’emparent de six pièces de canon et repoussent l’ennemi. Attaqués à leur tour par sept bataillons de Lunebourg, ils livrent l’un des affrontements les plus sanglants, avant de rejeter leurs adversaires au-delà d’Ensheim. Cette même année, le « régiment d'Orléans » est aussi présent à Mulhouse.

En 1675, le régiment ouvre la campagne à Turckheim, puis après un repos à Colmar, il reprend les armes en mars, prend Neubourg le 10, combat à Offenbourg le , puis à Altenheim, et participe à la levée des sièges d'Haguenau et de Saverne.