Le théâtre des Folies Bergère est une salle de spectacles parisienne située 32, rue Richer dans le et inaugurée le .

Elle est inscrite au titre des monuments historiques depuis le .

Historique

En 1860, un grand magasin de literie est ouvert sur un ancien terrain qui appartenait à l'hôpital des Quinze-Vingts. Le , l'acteur et directeur de théâtre Louis Montrouge, qui venait de quitter les Folies-Marigny, inaugure à sa place une nouvelle salle de spectacle, le théâtre-café des « Folies Trévise », rebaptisées rapidement « Folies Bergère ». ..

Le nom choisi fait référence aux folies, maisons de divertissement au puis salles de spectacle, et au nom des rues de Trévise puis Bergère, mitoyennes de la rue Richer. Cela explique l'absence de « s » à Bergère et permet d'avoir un nom comportant 13 lettres par superstition.. Il est conçu comme un « café-spectacle » où le public assiste à des représentations théâtrales, à des opérettes ou à des tours de chant, tout en buvant et en fumant..

Le théâtre d'origine est conçu comme une maison d'opéra par l'architecte Jean Plumeret, dans le style éclectique qui caractérise la fin du Second EmpireStructurae en liens externes..

En 1871, Léon Sari transforme l’établissement. Il crée un immense jardin d'hiver. Les spectateurs sont libres de circuler pendant les représentations dans les différents espaces.

En 1886, Édouard Marchand, à la tête des Folies Bergère, invente la revue de music-hall à grand spectacle. Il engage la danseuse américaine Loïe Fuller.

En 1912 a lieu la première apparition sur scène d'une femme totalement dénudée..

De 1918 à 1966, Paul Derval (1880-1966) dirige l’établissement qui est entièrement restructuré en 1926. La salle est agrandie et agrémentée d'une magnifique façade Art déco, due à Maurice Pico. Le bas-relief central représente la danseuse russe Lila Nikolska (1904-1955), vêtue en tout et pour tout d'un chapeau-cloche, accessoire féminin indispensable de l'entre-deux-guerres.

Paul Derval note l'importance des plumes dans les costumes des danseuses : . En 1936, pour mener la revue En super folies, il fait revenir Joséphine Baker de New York et demande à Michel Gyarmathy, un jeune hongrois tout fraîchement débarqué de son Balassagyarmat natal, d'en dessiner l'affiche.

En , Antonia Derval, femme de Paul Derval, transmet ses pouvoirs à Hélène Martini, « l'impératrice de la nuit », qui, vingt-cinq ans auparavant, avait été « mannequin nu » aux Folies Bergère après avoir été déportée en camp de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale.

thumb|La façade, rénovée et dorée en 2012. En , le théâtre des Folies Bergère est racheté par le groupe Lagardère avec la participation de Jean-Marc Dumontet. L'année suivante, Hélène Martini met en vente créés au music-hall entre 1974 et 2002. La façade du théâtre est rénovée et le bas-relief, recouvert à l'origine de feuille de cuivre, est entièrement redoré.

En 2013, Lagardère devient l'unique détenteur des Folies Bergère. La salle est désormais dirigée par Frédéric Jérôme, également le directeur du Casino de Paris depuis 1989.

Le y est organisée une soirée en hommage à l'« esprit Charlie » et aux dessinateurs tués lors de l'attentat contre Charlie Hebdo en 2015..

En 2020, Lagardère met en vente les Folies Bergère ainsi que l'ensemble de ses activités spectacles, comprenant aussi le Casino de Paris et le Bataclan, mais les trois grands noms du secteur, les Français Fimalac Entertainment et Vivendi et l'Américain Live Nation Entertainment, refusent l'offre de 70 millions d'euros jugée disproportionnée.

Le groupe Lagardère, contrôlé depuis 2022 par la famille Bolloré, détient à ce jour toujours la majorité des droits d’exploitation des Folies Bergère..

Programmation

Revues 1922 : Folies sur Folies 1930 : De la folie pure 1935 : La Folie d'amour 1955 : Ah! Quelle folie 1975 : J'aime à la folie

Comédies musicales et spectacles musicaux vignette|Le Grand Foyer bleu et or rénové en 1974. 1993 : Fous des Folies 1994 : Les Années Twist (Roger Louret) 1995 : Les Z'années zazous (Roger Louret) 1997 : Nine (Maury Yeston, Arthur Kopit) 1997 : L'Arlésienne (Alphonse Daudet, Roger Louret, Georges Bizet) 1998 : Fame 1999 : Sept filles pour sept garçons (Saverio Marconi) 2003 : (Johan Van Den Eede, Gert Verhulst, Danny Verbiest et Hans Bourlon) 2009 : Zorro, le musical (Eric Taraud, Gipsy Kings) 2011 : Il était une fois Joe Dassin (Christophe Barratier) 2011 : Shéhérazade : Les Mille et Une Nuits (Félix Gray) 2011 : Harlem Swing – Ain't Misbehaving (Fats Waller, Richard E Maltby Jr, Arthur Faria) 2012 : Salut les copains (Pascal Forneri) 2012 : Scooby-Doo et le Mystère de la pyramide (Grégoire Dey, Rémy Caccia) 2013 : D.I.S.C.O. : Le spectacle musical (Agnès Boury, Stéphane Laporte, Stéphane Jarny) 2014 : Love Circus (Agnès Boury, Stéphane Laporte, Stéphane Jarny) 2014 : Black Legends, The Musical (Valery Rodriguez) 2015 : Gospel sur la colline (Benjamin Faleyras, Jean-Luc Moreau) 2016 : Jersey Boys (Marshall Brickman, Rick Elice, Claudio Insegno) 2017 : Guillaume Tell, la nation en héritage (Stéphane Métro) 2017 : Les Choristes (Christophe Barratier, Bruno Coulais) 2018 : Les Parisiennes (Stéphane Jarny) 2018 : Footloose (Serge Postigo) 2018 : Hairspray (Marc O'Donnel, Thomas Meehan) 2019 : Un violon sur le toit (Joseph Stein, Jerry Bock, Cheldon Harnick, Jerome Robbins, Stéphane Laporte, Ned Grujic) 2020 : Les Souliers Rouges (Marc Lavoine, Fabrice Aboulker) 2021 : Merlin, La Légende Musicale (Marie-Jo Zarb, Erik Sitbon) 2023 : Dirty Dancing: The Classic Story on Stage (Eleanor Bergstein, Federico Bellone, Austin Wilks) 2023 : Al Capone (divers, Jean-Felix Lalanne) 2024 : Le livre de la jungle (Ely Grimaldi, Igor de Chaillé, Raphaël Sanchez, Ned Grujic) 2026 : Monte-Cristo, le spectacle musical (Benoît Poher, Franklin Ferrand, Stéphane Laporte) 2026 : Shrek the Musical (David Lindsay-Abaire, Jeanine Tesori, Philippe Hersen) 2026 : Une seconde avant Noël (Romain Sardou, Arnaud Kerane, Marso) 2027 : Kinky Boots (Harvey Fierstein, Cyndi Lauper)

Les Folies Bergère dans la culture L'établissement, symbole de la vie nocturne parisienne, est régulièrement cité depuis sa création dans la littérature et les arts.

Littérature Émile Zola évoque l'atmosphère de l'établissement dans Nana (1880) comme un haut lieu du plaisir de la Troisième République ; Dans Bel-Ami (1885), Guy de Maupassant fait du lieu le théâtre de l'ascension sociale de Georges Duroy. Le protagoniste, alors modeste employé au chemin de fer du Nord, y découvre l'univers du journalisme et du demi-monde ; Colette, qui s'y est elle-même produite comme danseuse et mime, livre une chronique des coulisses et de la vie des artistes dans L'Envers du music-hall (1913) ; Dans son roman La Fin des ambassades (1953), qui se déroule durant la Seconde Guerre mondiale, le diplomate Roger Peyrefitte rend compte de la réputation internationale des Folies BergèreRoger Peyrefitte, La Fin des ambassades, Le Livre de poche n°1420-1421, 1968, . ; Les Folies Bergère, album (2012) de Zidrou et Francis Porcel rendant hommage au lieu en le plaçant au cœur de l'imaginaire des soldats dans les tranchées de la Première Guerre mondiale.

Peinture vignette|Édouard Manet, Un bar aux Folies Bergère (1881-1882). Le lieu est immortalisé par Édouard Manet dans son dernier chef-d'œuvre, Un bar aux Folies Bergère (1882), qui capture l'esthétique du bar et du promenoir avec son célèbre jeu de miroirs.

Cinéma / Télévision 1927 : La Folie du jour de Joe Francis avec Joséphine Baker 1928 : Le Pompier des Folies Bergères avec Joséphine Baker 1936 : Folies Bergère de Marcel Achard et Roy Del Ruth avec Maurice Chevalier, Natalie Paley, Fernand Ledoux 1938 : Le Ruisseau de Maurice Lehmann et Claude Autant-Lara (une scène s'y déroule) 1956 : Énigme aux Folies Bergère de Jean Mitry avec Dora Doll, Claude Godard 1957 : Folies-Bergère d'Henri Decoin avec Eddie Constantine, Zizi Jeanmaire, Yves Robert, Pierre Mondy 1991 : La Totale ! de Claude Zidi avec Thierry Lhermitte 1991 double jeu de thierry ardisson 2014 : RIS police scientifique, épisode Le Rat et la Danseuse (9.6) d'Olivier Barma avec Jean-Marie Bigard

Personnalités liées au lieu vignette|La danseuse et chorégraphe Carmen Tórtola Valencia. Andrée d'Alaza, dite Blondinette (1878-1975), artiste de music-hall, chanteuse et danseuse des Folies Bergère ; Carmen Tórtola Valencia (1882-1955), danseuse et chorégraphe espagnole, militante des droits des femmes en Espagne, s'y est produite en 1908 lors de sa tournée européenne ; Jacqueline Schalley (1908-1991), danseuse élue en 1926.

Notes et références

Bibliographie

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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