Paul Girot de Langlade, baron de Langlade, né le au château de Langlade à Meilhaud dans le Puy-de-Dôme et mort le dans le même village, est un général de division de l'armée française qui s'illustra notamment au sein de la division blindée lors de la Seconde Guerre mondiale.
Famille Paul Girot de Langlade est le fils aîné du baron Henri Girot de Langlade et de Thérèse d'Adhémar de Lantagnac. Il a pour frère cadet François Girot de Langlade (1904-1991), planteur en Malaisie, officier de la France libre et représentant du général de Gaulle en Extrême-Orient pendant la Seconde Guerre mondiale.
Carrière militaire Première Guerre mondiale Engagé volontaire dès 1913, devançant l'appel à la mobilisation lors du premier conflit mondial, il est successivement affecté au régiment de chasseurs à cheval puis au bataillon de chasseurs à pied. Au sein de cette unité, alors qu'il monte à l'assaut d'une tranchée ennemie lors des offensives de la Marne pendant l'attaque de la Ferme de Navarin le , il est grièvement blessé au bras droit. En 1916, il s'engage comme pilote dans l'aviation de bombardement de nuit où il termine la guerre. Comme aviateur il est notamment cité pour une opération de bombardement effectuée les 18 et dans laquelle, malgré une panne de moteur, son avion parvient à rentrer en plané, survolant les tranchées à faible altitude malgré les tirs des soldats allemands. Il sort du conflit avec la Croix de guerre 1914-1918 ornée de sept citations, et chevalier de la Légion d'honneur.
Entre deux guerres et Seconde Guerre mondiale Paul de Langlade quitte l'aviation le . De retour dans la cavalerie, il prend le commandement d'un escadron au régiment de dragons à Metz. Il est ensuite affecté au Maroc en 1927 où il commence une carrière coloniale jusqu'en 1944. Au sein du régiment de spahis Marocains, il commande l'escadron de dépôt alors en cours de transformation, avant de partir à sa tête pour les territoires du Sud où il exerce un commandement territorial. En 1934, à sa demande, il est envoyé comme adjoint d'un groupement de cavalerie opérant dans l'Anti-Atlas pour prendre part aux missions de pacificationService historique de la défense (SHD)/GR 14yd952
(Dossier Girot de Langlade). Il reçoit la Croix de guerre des théâtres d'opérations extérieurs avec deux nouvelles citations.
Lorsque la guerre éclate en 1939, Langlade est au régiment de chasseurs d'Afrique. En 1940, son régiment est chargé de défendre la ligne Mareth en Tunisie mais aucun ennemi ne se manifeste. L'armistice étant signé, le chef d'escadron de Langlade, réputé homme de terrain, négligeant le travail administratif et de garnison est à cette période assez mal noté par ses supérieurs, ce qui témoigne de son caractère et de son impatience à prendre part à des opérations de guerre.
Langlade fonde au Sénégal en 1941 l'embryon du de chasseurs d'Afrique sous le nom de Groupe autonome de chasseurs d'Afrique (GACA). Ce groupe fût alors l'une des seules unités militaires françaises à disposer de chars, ces derniers étant exceptionnellement autorisés par la convention d'armistice afin de préserver l'intégrité de l'Afrique Occidentale Française. Le général Gouraud, commandant la cavalerie du Maroc, souligne notamment le succès du chef d'escadron de Langlade dans la mise sur pied et l'entraînement du GACA.
Lors d'un passage en Algérie, Langlade rencontre le général Leclerc, lequel est sur le point de former une division militaire devant combattre en France. Sans attendre, il répond à l'appel du combat et engage son régiment qui sera la première unité de chars placée sous les ordres de Leclerc. Alors que le régiment de chasseurs d'Afrique est intégré à la célèbre division blindée ( DB) en 1943, Langlade prend le commandement de l'un des quatre groupements tactiques de la division, le G.T.L. (Groupement Tactique Langlade), qui s'illustre lors de la campagne de libération de la France, de la Normandie à Strasbourg. Paul de Langlade participe notamment à la libération de Paris en en entrant dans la capitale par les communes de Versailles et de Sèvres. Son rôle dans la libération de Nancy est récompensé par la remise de la cravate de commandeur de la Légion d'honneur par le général de Gaulle lui-même.
Tout au long de la campagne, le groupement du colonel de Langlade réalise de nombreux faits d'armes, parmi lesquels l'épisode de la bataille de Dompaire qui se déroule du 12 au et qui voit la destruction des forces allemandes de la Panzer-Brigade, malgré l'infériorité numérique des soldats français. Cet événement est présenté dans les radios françaises de l'époque comme le plus grand exploit militaire enregistré depuis le débarquement de Normandie et est considéré de nos jours comme la plus grande bataille de chars de la campagne de France. À la suite de la bataille, le colonel de Langlade écrivit ces mots au général Koenig, alors Gouverneur militaire de Paris :
« Le Général LECLERC, Commandant la Division Blindée, m’a exprimé le désir qu’une section de chars Panthers Mark V vous soit envoyée pour être mise comme trophée à la Ville de Paris. J’ai l’honneur de vous faire présenter cette section composée des deux seuls chars Panthers en état sur les 65 détruits par le Groupement Tactique Langlade, les 13 et 14 septembre 1944 dans les combats livrés par la Division Blindée autour de Dompaire et de Damas, près d’Épinal. » vignette|Bonnet de police du général de Langlade. Ces blindés sont de nos jours conservés au sein du musée de l'arme blindée et de la cavalerie à Saumur. Après avoir participé activement à détruire la ligne de résistance allemande dans le massif des Vosges, son groupement tactique libère la ville de Strasbourg après y être entré en premier. Il y capture notamment le général Vaterotd, commandant les dernières unités ennemies retranchées dans le fort Ney. Langlade, qui fut nommé général à la suite de la charge sur Strasbourg, franchit le Rhin et s'arrête avec son unité ainsi que le reste de la DB en Allemagne, à Berchtesgaden, où ils font partie des premières troupes françaises à parvenir au Nid d'Aigle, l'une des résidences secondaires du dirigeant du Troisième Reich, Adolf Hitler.
Après Guerre et Guerre d'Indochine À la fin de la Seconde Guerre Mondiale, le général de Langlade prend le commandement de la division blindée en Rhénanie, alors membre des forces françaises d'occupation de l'Allemagne. Le , il devient Gouverneur militaire de Strasbourg et commandant de la région militaire. De 1947 à 1950, il commande l'École d'application de l'arme blindée et de la cavalerie à Saumur où il s'attache à transmettre son expérience du combat des blindés acquis lors de la campagne de France.
À partir de 1950, il commande la division de Casablanca au Maroc. Enfin, de 1952 à 1954, il est muté en Indochine et prend le commandement des forces terrestres du Cambodge qu'il mène personnellement au combat sur la frontière du Sud-Vietnam. Sa proximité avec le roi du Cambodge Norodom Sihanouk, qui fût élève à Saumur lorsqu'il dirigeait l'école, participa grandement au succès de sa mission. Le général de Langlade quitte le service actif au cours de l'année 1954 après avoir occupé pendant quelques semaines les fonctions d'adjoint au général Navarre, commandant en chef des forces en Indochine. Il est élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur le .
Grades 1915 : sous-lieutenant 1918 : capitaine 1936 : chef d'escadron 1942 : lieutenant-colonel 1943 : colonel : général de brigade 1948 : général de division 1954 : en retraite
Distinctions Au moment de quitter le service actif en 1954, il totalise 16 citations. le
(7 citations)
(T.O.E)
(médaille des outre-mer) (Belgique) (Maroc sous protectorat français) (Dahomey français) (États-Unis)
Bibliographie Jean d'Esme; Leclerc, ed. Hachette, 195O. Paul de Langlade, En suivant Leclerc, ed.Au fil d'Ariane, 1964.
Postérité Le jeu vidéo World of Tanks a une médaille donnée en son honneur.
La rue principale de son village natal, Meilhaud, fut baptisée « Rue du Général Baron de Langlade ».
La promotion de l'École militaire interarmes (2024-2026) porte le nom de « Général de Langlade ».
Notes et références
Articles connexes blindée de chasseurs d'Afrique Liste de généraux français du XXe siècle
Liens externes
Le général de Langlade sur La Division blindée de Leclerc
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