vignette|220px|Les ornements extérieurs du blason de Paris comportent la croix de la Légion d'honneur (au centre).

Cet article dresse la liste des villes décorées de la croix de chevalier de la Légion d’honneur. En tout, 64 villes françaises et 7 villes étrangères ont reçu la légion d'honneur, plus haute décoration honorifique française. Les villes ne peuvent se voir attribuer que la croix de chevalier.

Dates d'attribution Les premières attributions de la Légion d'honneur à des villes ont lieu pendant les Cent-Jours, en 1815, pour les villes de Chalon-sur-Saône, Saint-Jean-de-Losne et Tournus. En 1864, sous le Second Empire, la ville de Roanne est à son tour décorée.

Une douzaine d'attributions sont accordées pendant la , avant 1914. En 1877, Châteaudun reçoit la Légion d'honneur, puis Belfort et Rambervillers en 1896. Saint-Quentin est décorée en 1897, Dijon en 1899, Landrecies, Bazeilles, Lille, Paris et Valenciennes en 1900. Saint-Dizier reçoit la Légion d'honneur en 1905, et Péronne en 1913.

Pendant la Première Guerre mondiale, Liège et Verdun sont décorées, respectivement en 1914 et 1916.

Pendant l'entre-deux-guerres, les attributions sont plus nombreuses (27), de même qu'après 1945 (25).

Les attributions les plus récentes ont été accordées à des villes étrangères : Volgograd (1984), Alger (2004), Brazzaville (2006) et Londres (2020).

Objets de l'attribution Villes françaises

La plupart des villes françaises décorées de la Légion d'honneur l'ont été pour faits de guerre parfois remontant au : c'est le cas pour la ville de Saint-Dizier.

Guerres de la Révolution et de l'Empire

Huit villes furent décorées pour des faits d'armes remontant à la Révolution française et au Premier Empire, ce sont les villes de Chalon-sur-Saône, Landrecies, Lille, Roanne, Saint-Jean-de-Losne, Thionville, Tournus et Valenciennes.

Guerre de 1870-1871

Dix villes obtinrent la Légion d'honneur pour leur attitude pendant la guerre franco-allemande de 1870 : Bazeilles, Belfort, Bitche, Châteaudun, Dijon, Paris, Péronne, Phalsbourg, Rambervillers, Saint-Quentin.

Grande Guerre

Vingt-deux villes durent leur décoration à la Première Guerre mondiale : Albert, Arras, Audun-le-Roman, Badonviller, Bapaume, Béthune, Cambrai, Château-Thierry, Douai, Dunkerque, Gerbéviller, Lens, Longuyon, Longwy, Montdidier, Nancy, Nomeny, Noyon, Pont-à-Mousson, Reims, Soissons et Verdun.

Seconde Guerre mondiale Vingt-et-une villes furent décorées en raison de la Seconde Guerre mondiale, ce sont : Abbeville, Amiens, Argentan, Ascq, Beauvais, Boulogne-sur-Mer, Brest, Caen, Calais, Étobon, Évreux, Falaise, Le Havre, Lorient, Lyon, Oradour-sur-Glane, Rouen, Saint-Dié, Saint-Lô, Saint-Malo et Saint-Nazaire.

Cas particuliers Certaines villes furent honorées à plusieurs titres : Bapaume pour les guerres de 1870 et 1914-1918 ; Longwy pour son rôle en 1792, 1815 et 1870 ; Péronne pour le siège de 1536 et le siège de 1871 ; Thionville pour son rôle pendant les guerres de la Révolution et de l'Empire, la guerre de 1870 et sa fidélité à la France pendant son annexion à l'Allemagne.

Deux villes, Metz et Strasbourg furent décorées pour commémorer les épreuves subies pendant leur annexion à l'Empire allemand et leur retour à la France.

Villes étrangères En ce qui concerne les villes étrangères, Liège et Belgrade ont été décorées au titre de la Grande Guerre, Luxembourg au titre de la Grande Guerre et de son esprit de résistance durant la Seconde Guerre mondiale, Volgograd en raison de la bataille de Stalingrad au cours de la Seconde Guerre mondiale, Alger pour avoir été un temps la capitale politique du Gouvernement provisoire de la République française à la fin de la Seconde Guerre mondiale, et Brazzaville pour avoir été la capitale de la France libre de 1940 à 1943.

En juin 2020, Londres est décorée de la Légion d'honneur pour avoir accueilli le général de Gaulle, chef de la France libre, durant la Seconde Guerre mondiale..

Liste des villes françaises décorées Les villes suivantes, classées par ordre alphabétique, ont été décorées de la Légion d'honneur.

Ville Date d'attribution Citation ou historique Abbeville (Somme)

Citation : « Magnifique cité, victime des deux guerres mondiales, titulaire de la croix de guerre 1914-1918, a été le théâtre de violents combats en 1940, lors de la bataille de la Somme. A subi de mai 1940 à la Libération, de nombreux bombardements qui ont causé la destruction de plus du tiers de ses habitations et des pertes humaines très douloureuses. Sa population durement atteinte dans sa chair et dans ses biens, n'en a pas moins fait face avec un magnifique patriotisme aux entreprises de l'occupant. Libérée le , après de sévères combats de rues, auxquels participèrent vaillamment ses combattants volontaires infligeant des pertes sévères à l'ennemi. En toutes circonstances s'est montrée digne d'un beau passé de gloire et de fidélité à la PatrieJacques Estienne et Mireille Louis, Armorial du Département et des Communes de la Somme, préface de Pierre-Marcel Wiltzer, Préfet de la région Picardie, Préfet de la Somme, Abbeville, 1972, Imprimerie F. Paillart . » (J.O. du )

Cette nomination comporte l'attribution de la Croix de guerre 1939-1945 avec palme. Albert (Somme)

Citation : « Ville héroïque qui pendant 29 mois fut en pleine zone de combat; meurtrie par les bombardements, tombée pendant quelques semaines aux mains de l'envahisseur, voyant peu à peu ses foyers voués à la destruction, n'a cessé de garder la plus noble attitude. A bien mérité de la patrieJacques Estienne et Mireille Louis, Armorial du Département et des Communes de la Somme, préface de Pierre-Marcel Wiltzer, Préfet de la région Picardie, Préfet de la Somme, Abbeville, 1972, Imprimerie F. Paillart . » Amiens (Somme)

Citation : « Amiens, capitale de la Picardie, chef-lieu du département de la Somme, s’est montré pendant la guerre 1939-1945, digne de son glorieux passé, ne cessant de donner l’exemple d’un courage magnifique et de la plus entière confiance dans les destinées de la France et de la République. Après avoir subi en mai 1940 de violents bombardements qui firent de nombreuses victimes et anéantirent près du tiers de ses habitations, la ville d’Amiens est demeurée dans la Résistance à la pointe du combat contre l’envahisseur. Mutilée de nouveau par les violents bombardements alliés supportés avec vaillance par ses habitants, elle fut libérée le , après des exploits de ses combattants volontaires qui, notamment, sauvèrent de la destruction projetée le pont principal permettant aux Alliés de poursuivre avec rapidité leur marche victorieuse sur Arras, Lille et Anvers.»

Cette nomination comporte l’attribution de la Croix de guerre 1939-1945 avec palmeCf. .. Argentan (Orne)

Historique : La ville fut bombardée dès le . Le 13 août, une colonne de la DB du général Leclerc entra dans la ville par le sud, sans pouvoir la prendre. L'armée américaine arrivée le 15 août ne put déloger les Allemands avant le 20. L’artillerie américaine en position sur les hauteurs au sud pilonna la ville qui fut détruite à 80 %. Arras (Pas-de-Calais)

Citation : « Ville fière et vaillante, déjà témoin de luttes nombreuses. Vient d’ajouter de brillantes pages à son passé de gloire. Placée au pivot des opérations offensives et défensives des Armées d’Artois, a supporté pendant plus de quatre ans, avec un patriotisme admirable, tous les dangers de la bataille sans précédent, qui se déroulait à ses portes. Ruinée, presque anéantie, n’a pas désespéré, et, sitôt délivrée, s’est mise au travail avec une admirable ardeur. »J.O., ; Bull. des lois 1919, , , Texte .

Cette nomination comporte l’attribution de la Croix de guerre 1914-1918. Ascq (Nord)

Citation : « À la ville martyre d'Ascq, commune fortement éprouvée au cours des hostilités ; a connu le plus douloureux des martyres dans la nuit du au au cours de laquelle 86 de ses habitants furent arrachés à leurs familles et odieusement abattus par les hordes de nazis déchaînés.. » Audun-le-Roman (Meurthe-et-Moselle)

Citation : « Détruite les 21 et par le feu et le bombardement, a vu une partie de ses habitants tomber sous les balles de l'ennemi. Par ses souffrances et ses pertes, a bien mérité de la patrie. » Badonviller (Meurthe-et-Moselle)

Citation : « Ayant eu à supporter au début des hostilités les souffrances de l'occupation, et la destruction systématique de l'envahisseur, sut conserver ensuite, au cours de nombreux bombardements qui se succédèrent jusqu'à l'armistice, un courage stoïque au milieu des privations de toutes sortes, et du danger continuel, prouvant ainsi l'indomptable énergie de ses habitants et leur foi en la victoire. » Bapaume (Pas-de-Calais)

Citation : « Ville vaillante, digne de son glorieux passé, délivrée au lendemain d’une longue bataille dont les coups l’avaient frappée durement, est retombée après une année aux mains de l’ennemi. Témoin de l’âpre lutte qui, comme en 1871, s’est livrée sous ses murs, a supporté toutes les épreuves avec héroïsme et a contribué à la victoire. »J.O., 28 déc. 1919 ; Bull. des lois 1919, , , Texte . Bazeilles (Ardennes)

Citation : « Les habitants de la Ville de Bazeilles ont donné, en 1870, les preuves éclatantes de leur abnégation et de leur esprit de sacrifice à la Patrie.

Le gouvernement estime qu'une récompense exceptionnelle perpétuerait le souvenir d'une conduite digne de servir d'exemple aux générations futures. » [...] Beauvais (Oise)

Citation : « Ville dont le patriotisme et l'esprit de résistance à l'ennemi se sont affirmés au cours des siècles. Déjà titulaire de la Croix de guerre 1914-1918, est restée égale à elle-même pendant la dernière guerre. Victime en mai-juin 1940 de violents bombardements allemands qui détruisirent immeubles, soit près de la moitié de la cité et tuèrent des centaines d'habitants. Soumise à la même épreuve en 1943 et 1944, a conservé pendant toute la guerre sa foi agissante en la Patrie et en la Victoire. Fidèle à sa tradition, a fourni à la lutte clandestine contre l'ennemi la contribution efficace et continue de ses groupes résistants, sans se laisser décourager par l'internement et la déportation de son maire et de nombre de ses habitants. A, par son traditionnel patriotisme et ses épreuves mérité la reconnaissance du pays. »

Cette nomination comporte l'attribution de la Croix de guerre 1939-1945 avec palmeJacques Béal, Hommes et combats en Picardie 1939 / 1945, Amiens, Éditions Martelle, 1998 .

Belfort (Territoire de Belfort)

Historique : Par décret du président de la République, Félix Faure, en date du 19 avril 1896, la ville de Belfort a été autorisée à faire figurer dans ses armoiries la Croix de la Légion d’Honneur pour perpétuer le souvenir de sa résistance pendant la guerre en 1870-1871. Béthune (Pas-de-Calais)

Citation : « Après avoir supporté vaillamment, pendant plus de trois années, de fréquents bombardement, a vu la ruée allemande de 1918 se briser sous ses murs. A payé de sa destruction et de sa ruine la vaillante résistance de ses défenseurs et la fière attitude de son héroïque population. »

Cette nomination comporte l'attribution de la Croix de guerre 1914-1918J.O., 28 déc. 1919 ; Bull. des lois 1919, , , Texte . Bitche (Moselle)