CKMF-FM diffusant sous le nom de Énergie 94.3 est une station de radio commerciale privée québécoise à Montréal. Cette station est une division de Bell Media.

La station de classe C diffuse sur la fréquence avec une puissance d'antenne de via un émetteur omnidirectionnel situé sur le mont Royal et est la tête du réseau Énergie, qui comprend huit stations à travers le Québec.

Énergie diffuse de la musique au format de top-40 pour adultes (ou hot adult contemporary/hot AC).

Historique Années 1960 Lancée le sous l'indicatif d'appel CJMS-FM à la fréquence d'une puissance de , elle occupait un studio chez sa station sœur CJMS () située au Palais du Commerce, 1700 rue Berri à Montréal, et diffusait principalement de la musique de détente, classique ou de ballet. Elle comptait sur trois annonceurs, soit Gilles Alain, Denis Hudon et Gilles Proulx. Dès , quatre grandes vedettes d'opéra, Yolande Dulude, Raoul Jobin, Jean-Paul Jeannotte et Yoland Guérard se relaient l'animation. Ce dernier sera nommé gérant de la station en 1968. Joël Le Bigot fait ses débuts en 1965 en tant qu'annonceur. La station organisait une opérette annuelle à la Place des Arts.

Années 1970 En , la famille Crépault vend la Corporation Supravox et Radiodiffusion Mutuelle à la Corporation Civitas. Cette transation marque le début d'une transformation de la station FM.

Le , la station fut renommée CKMF-FM pour « Modulation de Fréquence ». La programmation est composée à 40 % de contenu francophone (du Québec et de France), 10 % anglophone, et instrumentale pour le reste. Yves Blouin est le nouveau directeur des programmes et également animateur. André Marcoux est à l'émission du matin, et Pierre Olivier au retour à la maison. Michel Trahan arrive en , et la station se sépare physiquement de CJMS en déménageant en juin au 225, rue Roy est, où se trouvent Les Productions Mutuelles. Quelques jours plus tard, la direction fait marche arrière et revient dans un format de musique de détente. Reine Malo anime les soirées. Stéphan Deval arrive à l'hiver 1973 pour animer les nuits puis les soirées jusqu'en 1985, Anita Barrière arrive au printemps 1973. Deux albums basés sur l'émission de soirée Le Temps d'aimer sont mis sur le marché. Pierre Marcotte anime la matinale de l'automne 1974 jusqu'à l'été 1977.

À l'été 1975, André Marcoux, Michel Trahan et Daniel Grégoire reviennent à CKMF. Trahan commence à diffuser des pièces musicales représentant le « son de discothèque » à son émission, et la station obtient de bonnes cotes d'écoutes. Il quitte subitement en pour d'autres projets, et est remplacé temporairement par Michel Jasmin de CJMS, qui fera partie de l'équipe CKMF en mars.

D'après une histoire racontée en 1998, Michel Trahan aurait par mégarde fait jouer une pièce disco en début d'émission, ce qui a entraîné une trentaine d'appels d'auditeurs. L'erreur est intentionnellement répétée le lendemain, les lignes téléphoniques ne dérougissent pas. La direction n'est pas d'accord mais la musique disco fait quintupler les cotes d'écoute.

À l'automne 1977, Jean Coutu prend le micro le matin et Mariette Lévesque en fin de soirée, pour une seule année.

Lors du spécial de l'émission télé Et ça tourne diffusée en direct le à l’antenne de CFTM-TV, Télé-Métropole , l'animateur Alain Montpetit remet le trophée du Meilleur animateur disco de l'année à Michel Jasmin. En 1978, Montréal était le deuxième marché disco derrière New York. Le Lime Light était l'équivalent montréalais du Studio 54. CKMF était complice au mouvement disco et consacre l'émission quotidienne Le 5 à 8 ( à ) à cette musique. ..

Début , Michel Jasmin devient actionnaire et vice-président de CIEL-FM, qui a changé de format musical le mois précédent, et transférant son émission populaire de CKMF à CIEL. Deux semaines plus tard, CKMF engage Alain Montpetit afin de poursuivre le 5 à 8. CIEL ne performe pas dans les cotes d'écoutes BBM de l'été 1979, le 5 à 8 de CIEL prend fin le , et CIEL abandonne le disco à l'été 1980. À l'été 1979, après 11 ans à CFGL, Guy Godin est entendu au micro de CKMF dès le durant les vacances de Stéfan Deval. À l'automne, CKMF lui offre une émission de soirée, alors que Douglas Leopold est chroniqueur extravagant pour les infos nocturnes. À partir du , Paul Houde est le nouvel animateur de l'émission matinale jusqu'en 1982.

Années 1980 La musique disco est en déclin au début 1980 pendant que le courant musical se tourne vers le et le dance-oriented-rock (DOR). Notamment, une foire de 60 heures d'affilée est tenue du 16 au au Centre Paul-Sauvé.

Début 1980, lors de l'audience de renouvellement de la licence, le CRTC qualifie CKMF de « grand fiasco » pour notamment d'avoir changé de style musical sans l'approbation du CRTC. Le commissaire Jacques Hébert commentera . À cette époque, quelques stations jouent environ 80 % de chansons non francophones par jour. Durant cette audience, les diffuseurs clament qu' À la fin septembre, le CRTC renouvelle la licence pour 18 mois. En , CKMF modifie sévèrement sa programmation afin de respecter le quota de 65 % de contenu francophone par jour.

De son côté, le compétiteur CKOI-FM qui se spécialisait dans la musique rock francophone, se révolte et diffuse la moitié de sa programmation dans un format new-wave, et accepte de ne diffuser que 55 % de musique vocale française. Après plusieurs renouvellements de licence de courte durée pour les deux stations, le CRTC finit par approuver à CKOI un quota de 55 % en . En , CKOI se plaint que CKMF joue trop de pièces rock progressif, à l'encontre de sa licence de format contemporain. Entretemps au début de l'été, le CRTC redéfinit les genres musicaux et le dance music fera partie du Groupe . En septembre, le CRTC refuse à CKMF une réduction à 55 % de musique vocale de langue française, comparable à CKOI, ainsi qu'une réduction de musique jazz. En lors d'une nouvelle audience, CKMF demande de nouveau une réduction à 55 % alors que CKOI demande un quota de 40 %, remarquant aux commissaires que et d'avoir déjà « brûlé » six des huit chansons sur le dernier album de Marie Michèle Desrosiers, qui n'est pas bon vendeur. Le , le CRTC renouvelle la demande de CKMF pour 5 ans, refusant de nouveau sa demande de diminution à 55 % (ainsi que le 40 % demandé par CKOI), mais lance un « Groupe de travail sur la musique populaire de langue française ». Dans un avis public publié en , le CRTC diminue le pourcentage obligatoire à 55 % à titre provisoire pour deux ans, mais les stations FM doivent en faire la demande. Celle de CKMF fut approuvée en . Finalement, après des audiences publiques tenues à l'automne 1989, le CRTC décide en de ramener le pourcentage à 65 %, applicable le pour CKMF.

Le , Paul Houde inaugurait son émission matinale à partir des nouveaux studios au 1717 boulevard Dorchester (devenu René-Lévesque en 1987), coin avenue Papineau, réunisant avec CJMS qui emménage le mois suivant. Au départ de Paul Houde à l'été 1982 pour CFGL, CKMF recrute l'humoriste Christian Lavoie, qui venait de perdre son poste à CKCV de Québec.

Alain Montpetit quitte CKMF la même semaine que Paul Houde en 1982 pour se réorienter, ayant l'intention d'animer une émission d'affaires publiques dans une station de radio à Toronto. Il sera impliqué dans l'affaire du meurtre du mannequin Marie-Josée Saint-Antoine, poignardée dans sa demeure à New York. Son ami et collègue Douglas Leopold l'accuse du meurtre, en direct à la radio. Montpetit poursuit Leopold pour diffamation; l'affaire est conclue à l'amiable. Après un an à CJMS, Montpetit reviendra à CKMF en à l'émission matinale mais sera remercié en juin après la baisse des cotes d'écoutes de la station. En , Montpetit anime les fins de semaine à CKMF. Il meurt le d'une surdose de drogue dans sa chambre d'hôtel à Washington.

À l'été 1982, Mario Lirette occupe les fins de semaines, prenant le relais de Montpetit. Il restera à CKMF jusqu'en 1995.

En 1981, RadioMutuel décroche une licence du CRTC dans la ville de Québec. CHIK-FM est lancé le . Le directeur général est Guy Aubry, anciennement directeur des programmes à CKOI jusqu'en 1981. Aubry revient à Montréal et anime le 5 à 10 Live à CKMF dès le . Il restera à CKMF jusqu'en 1993.

En , Roch Denis passe de CJMS à CKMF. Après 18 ans à Montréal, le Hullois revient dans sa région natale à l'automne 1995 à CKTF-FM. Aussi en 1982 marque le début du « Choix du Québec » où les auditeurs doivent voter parmi les quarante chansons populaires de l'année (25 à 30 anglophones, le reste francophone) durant quatre semaines diffusés lors d'un montage dont le nombre de chansons est réduit d'une dizaine chaque semaine. Le concours s'est étendu sur le réseau dans les années 1990 et abandonné durant les années 2000.

À l'automne 1983, Michel Jasmin effectue son retour à CKMF, les avant-midis en direct de son appartement situé dans le Complexe La Cité. Occupé entre son émission de télé à TVA et de restaurateur au Hélène de Champlain, il quittera CKMF à l'été 1984, en même temps qu'Alain Montpetit, pour « penser à la carrière ». Gaétan Bacon prend la place de Jasmin.

Michel Beaudry, chroniqueur sportif à CJMS et CKMF depuis 1981, devient le nouvel animateur du matin. Autres changements à l'été 1984, Gilles Payer et François Bertrand passent de techniciens à animateurs. À l'été 1985, Beaudry est muté à la matinale de CJMS, il sera remplacé à CKMF par Michel Beaudoin. À l'automne, Didier Schraenen animera les avant-midis. Il deviendra pilote automobile dont son bolide sera commandité par CKMF durant les années 1990, et demeurera chroniqueur pour la station.

Fin , malgré de bonnes cotes d'écoute, Beaudoin est remplacé par Gilles Payer afin de ramener l'humour le matin. Alain Montpetit occupe la case laissée vacante par Payer les fins de semaines. C'est le début du Zoo de Montréal, une formule empruntée du Zoo de CJMF-FM à Québec. L'émission dominera les matins en 1990, et prendra fin en 1994.

En 1986, à l'exception de CKAC, la radio AM continue de perdre des auditeurs au profit de la radio FM. Radiomutuel commence à bâtir son réseau FM en modifiant le style musical de CHIK-FM Québec, l'acquisition de CIMO Sherbrooke, CIGB Trois-Rivières et CJAB Chicoutimi, les lancements de CKTF Gatineau, CJMM Rouyn-Noranda et CJMV Val d'Or, et l'affiliation de CIKI Rimouski et CJDM Drummondville. Le réseau FM Radiomutuel compte dix stations en 1992.

Peu après le lancement de MusiquePlus à temps partagé à l'automne 1986, RadioMutuel s'associe avec l'ontarienne CHUM Limited à parts égales dans un effort de lancer la chaîne en service 24 heures. Certains VJs feront leurs débuts à la radio à CKMF, et quelques émissions en commun seront diffusées sur le réseau Énergie comme certains Top de l'été (à la Fête du Travail) et de l'année (le Jour de l'an).

À l'automne 1989 à l'occasion de son , CKMF lance le concours « la plus grande folie » aux auditeurs mettant en valeur la station dans un concept original afin de remporter . Deux cascadeurs sont descendus du toit du Forum de Montréal durant un match des Canadiens, et accusés peu après de méfait public. Le gagnant a été Gilles Chartier, un professeur d'arts martiaux déguisé en Batman qui s'est suspendu sous le pont Jacques-Cartier durant 94 minutes le , nécessitant l'intervention de la Sûreté du Québec, du Service de police de la Communauté Urbaine de Montréal et des pompiers, bloquant la circulation durant l'heure de pointe jusqu'à , faisant la une du Journal de Montréal le lendemain.

Années 1990 Les sondages BBM d'hiver et printemps 1990 sont excellents, et celui d'automne bat même CKAC et CKOI. CKOI reprend la première place en 1991.