vignette|Cavalier scythe, peigne scythe en or, Solokha, Ukraine, L'utilisation du cheval dans l'Antiquité est très importante pour de nombreux peuples, en particulier pour le transport et la guerre. La maîtrise de cet animal est facteur de victoire ou de défaite lors de conflits.

Les chevaux antiques différent par leur conformation et leur élevage du cheval moderne. Ils sont en général de plus petite taille.

Présence du cheval

L'importance capitale du cheval dans l'histoire de l'humanité, à travers les progrès découlant de sa domestication, ne fait aucun doute pour les historiens.

Les plus anciennes preuves de domestication du cheval remontent à environ , dans l'actuel Kazakhstan, au sein de la culture de Botaï.. Le cheval est présent à l'état sauvage dans un certain nombre de régions d'Eurasie, d'où il est domestiqué puis importé en Chine, en Asie occidentale, en Europe et en Afrique au gré des migrations de pasteurs nomades notamment lors de l’expansion des peuples indo-européens. Selon le colonel de l'armée française Denis Bogros, l'équitation est « inventée » durant toute l'Antiquité. La nécessité d'apprendre à utiliser la force et la rapidité du cheval au combat et à la chasse en sont les principales motivations.

D'après la docteure en histoire grecque et romaine Carolyn Willekes, c'est au cours de l'Antiquité que le cheval devient le principal mode de transport, ainsi qu'une arme de guerre. Ce processus lui confère une grande valeur parmi tous les peuples antiques qui en ont l'usage.

Modes d'élevage Bogros estime que les modèles des animaux antiques ont évolué sous l'influence de l'élevage sélectif. Pour la Willekes, il est cependant que l'influence de l'environnement et du biotope sur l'apparence des chevaux antiques est beaucoup plus importante que l'élevage par l'être humain : . Les notions de race, de lignées et de croisements extérieurs ne trouvent pas d'équivalent dans le monde antique ; les éleveurs ont une approche inverse, consistant à adapter l'usage d'un cheval à sa morphologie. La manière dont un cheval est élevé a une influence majeure sur son modèle. La plupart des chevaux antiques ne sont pas nourris ni soignés par des humains, à l'exception notable du Nisaean ; ces chevaux qui doivent trouver leur propre nourriture par eux-mêmes restent généralement petits et rustiques.

Cela rend les modes d'élevage antiques radicalement différents des méthodes d'élevage modernes. Un cheval antique est en effet susceptible de participer à une grande variété de taches, alors qu'un cheval moderne est souvent élevé directement dans l'optique d'une carrière spécifique (par exemple en sport hippique ou en saut d'obstacles).

Évolutions de l'utilisation de l'animal par région À l'époque antique, le cheval sauvage n'est connu qu'en Eurasie et dans une partie de l'Afrique ; il a en effet disparu du continent Américain à la fin de la dernière période glaciaire.

Origines dans les steppes eurasiennes C'est essentiellement dans les steppes eurasiennes qu'ont lieu les principaux développements équestres dans l'Antiquité. C'est là qu'a eu lieu la plus ancienne domestication du cheval au néolithique, où il est devenu un outil essentiel de l'économie fondée sur l'élevage nomade. C'est dans les steppes eurasiennes que sont apparus les premiers chars de combat, donnant un avantage et une mobilité inconnue jusqu'alors aux peuples indo-européens qui se répandront alors dans une part importante de l'Eurasie en passant par les steppes.

Bien qu'ils soient crédités de la première domestication du cheval, les pratiques équestres des peuples des steppes eurasiennes restent très méconnues. Il existe en effet une confusion entre différentes tribus dans les sources antiques, le mot « scythe » pouvant être employé pour désigner n'importe quel archer à cheval de l'Antiquité.

Les Scythes, peuple indo-européen plus tardif, développent la cavalerie montée, devenant les premiers peuples cavaliers de l'Antiquité, en fondant leur technique de guerre sur l'archerie montéeVéronique Schiltz, Les Scythes et les nomades des steppes - , Gallimard ("L'Univers des Formes") 1994R. Grousset, L'Empire des steppes, Bibliothèque historique Payot, 1960, octobre 2001, chapitre I. Les Scythes sélectionnent ensuite des races de chevaux plus fortes qui permettdnt de développer les premiers cataphractaires entièrement en armure. Toutes ces techniques se répandent rapidement parmi la plupart des civilisations d'Eurasie.

Proche-Orient ancien vignette|Tête de cheval sassanide trouvée près de Kerman (Iran). .

Le cheval joue un rôle prééminent au Proche-Orient, depuis son introduction et tout au long de l'Antiquité, jusqu'à nos jours.

Des chevaux domestiques, identifiés par leurs oreilles courtes et leur crinière et queue flottantes, commencent à apparaître dans les représentations artistiques de Mésopotamie au cours de la période akkadienne, 2300-2100 ans avant notre ère. Le mot pour « cheval », littéralement « âne des montagnes », fait son apparition dans des documents Sumériens au cours de la troisième dynastie d'Ur, environ 2100-2000 ans avant notre ère Joan Oates, « A note on the early evidence for horse and the riding of equids in Western Asia » dans . Les rois de la troisième dynastie d'Ur ont apparemment une forme de divertissement consistant à nourrir des lions avec des chevaux, ce qui pourrait indiquer que les chevaux étaient considérés comme plus exotiques qu'utiles. Le roi Shulgi, vers 2050 ans avant notre ère, se comparait toutefois à un cheval sur la route qui fait fouetter sa queue, et une image sous son règne montre apparemment un homme chevauchant au galop. Les chevaux sont importés en Mésopotamie et dans la plaine du Proche-Orient en plus grand nombre 2000 ans avant notre ère, quand l'utilisation du char de guerre se répand.

L'élevage du cheval est, parmi tous les animaux du Proche-Orient, celui qui a fait l'objet du plus d'attentionsH. Limet, « Le cheval dans le Proche Orient ancien (domestication, entretien, soins) », dans L. Bodson (dir.), Contributions à l’histoire de la domestication. Journée d’étude – Université de Liège, 2 mars 1991, Liège, 1992, p. 37-55 ; M. Yon et A. Caubet, « Le cheval, une noble conquête du Proche Orient », dans P.-L. Gatier, E. Viallard et B. Yon (éds.), De Pégase à Jappeloup, Cheval et société, Montbrison, 1994. Cela est lié au fait que cet animal a un grand intérêt militaire et a revêtu avec le temps une fonction de prestige qui le place au-dessus des autres animaux domestiqués. Les Kassites et les Hourrites semblent avoir joué un grand rôle dans le développement de l'art de l'élevage du cheval à partir du milieu du . L'élevage du cheval a donné naissance à une littérature spécifique : des textes dits hippiatriques (médecine du cheval) retrouvés à Ugarit en SyrieD. Pardee, Ras Shamra-Ougarit II, Les textes hippiatriques, Paris, 1980 ; C. Cohen et D. Sivan, The Ugaritic Hippiatric Texts: A Critical Edition, New Haven, 1983, et des conseils pour bien dresser les chevaux prodigués par un spécialiste hourrite nommé Kikkuli, retrouvés dans un texte hittiteKikkuli (trad. Émilia Masson), L'Art de soigner et d'entraîner les chevaux, Lausanne, 1988 ; F. Starke, Ausbildung und Training von Streitwagenpferden, eine hippologisch orientierte Interpretation des Kikkuli-Textes, Mainz, 1995. Des textes administratifs d'autres sites contemporains (Assur, Nippur) montrent également tous les soins portés à l'élevage des chevaux par les élites des différents royaumes du Proche-Orient ancien.

La place essentielle que finit par occuper le cheval dans les pratiques militaires (et son corollaire la chasse) expliquent qu'il soit rapidement devenu un animal noble et prisé, faisant l'objet de traités consacrés à son élevage et son entretien, privilège dont ne bénéficiaient pas les autres animaux, avant de devenir le symbole des guerriers dans les représentations artistiques A. Caubet, « Animals in Syro-Palestinian Art », dans . La spécialisation de certains peuples et régions dans son élevage (Urartu, Mèdes, Scythes) leur confère un avantage important sur les champs de bataille.

Moyen-Orient

Égypte Lorsque les Hyksôs envahissent l'Égypte au avant notre ère, les Égyptiens n'utilisaient les chevaux que pour des tâches civiles. La cavalerie, qui fera la puissance des pharaons du Nouvel Empire, était alors du côté de l'ennemi et sera un facteur déterminant dans la défaite égyptienne.

Vers le , l'armée égyptienne inclut une cavalerie importanteExode , 6-28. La Bible s'en fait l'écho puisque le passage de la mer Rouge est célébré par les Hébreux : . Ces derniers ne développeront pas pour eux-mêmes de cavalerie de guerre, notamment à cause de l'absence de roi et d'aristocratie guerrière, jusqu'à Salomon. Ce roi interprète à sa manière le commandement de la Torah qui lui enjoint de . Il profite de la situation de son royaume pour contrôler les exportations égyptiennes vers le proche-orient :

Monde méditerranéen antique vignette|L'Armée romaine affrontant les Sarmates. Les Grecs, Romains et Byzantins utilisaient le cheval pour la guerre, les communications, le transport, mais aussi les courses de chars.

Grèce antique À l'époque classique, les colonies grecques qui peuplent la Sicile et la région de Naples sont célèbres dans tout le monde antique pour la qualité et la vélocité des chevaux qu'ils montent et qu'ils attèlent. La numismatique du donne une représentation précise de petits chevaux de sang au profil rectiligne ou concave, avec une croupe plate et un modèle longiligne de type oriental.

Étrusques Le peuple étrusque est connu exceller dans la pratique équestre. Il introduisit le char de course dans l'Italie du sud. Ses techniques étaient fort différentes de celles des grecs, ainsi que ses chevaux, plus grands et avec une encolure plus élancée. Les chevaux étrusques étaient proches du modèle anatolien, comme le révèlent les ossements retrouvés dans la tombe de Populonia.

Rome antique

La cavalerie romaine est initialement et uniquement composée de riches prétoriens, qui devaient fournir leur équipement, mais formaient une sorte d'aristocratie financière, l'ordre équestre, et portaient le titre de chevaliers romains. Inférieure sur de nombreux points aux cavaleries barbares, l'essentiel de la cavalerie romaine est constitué d'auxiliaires. Ne représentant que 10̥ ̥pour cent environ de l'effectif des armées romaines, elle était surtout utilisée pour briser les rangs des ennemis afin de donner un avantage à l'infanterie, aux missions de reconnaissance, et la poursuite, et à tenir les ailes au cours de l'affrontement. Les cavaliers mettaient de plus souvent pied à terre pour se battre. Dès le règne d’Hadrien, Rome se constitua une cavalerie de fédérés cataphractaires sur le modèle de celle des Alains, et les arma en clibanarii. Ils portaient une cuirasse d’écailles complétée par des défenses de bras et de jambe composées de segments de cylindre emboîtés les uns dans les autres, et par un casque à visage dont le timbre était monopièce. Par la suite, l’empire romain installa d’autres troupes de cataphractaires sur son territoire, principalement en Orient, près de la future Byzance.

Lors des guerres puniques, Capoue est si renommée pour ses chevaux, qu'Hannibal s'y rendit pour se procurer des équidés. A l'époque impériale, les Romains, considérant que la cavalerie devait être adapté à son emploi, importèrent de nombreux chevaux de l'étranger. Ils commencèrent à faire la distinction entre les chevaux de guerre, les chevaux destinés à la course, ceux utilisés lors des parades et les animaux plus lourds élevés pour les travaux. Les chevaux équestres des personnages illustres sont du type barbe, les chevaux de guerre ont les caractéristiques de la race campanienne, avec des caractéristiques communes aux chevaux barbes et turcs. Les juments blanches montées par les consuls dans les marches triomphales provenaient d'élevages situés dans la plaine de Capoue.