Les apparitions mariales de Beauraing désignent les apparitions de la Vierge Marie, qui seraient survenues du au , à cinq enfants du village de Beauraing, dans la province de Namur en Belgique : Fernande, Gilberte et Albert Voisin, ainsi qu'Andrée et Gilberte Degeimbre. Les événements se sont déroulés dans le jardin du pensionnat Notre-Dame du Sacré-Cœur tenu par les sœurs de la doctrine chrétienne de Nancy.

Durant un peu plus d'un mois, les enfants déclarent voir, le soir, à trente-trois reprises, la Vierge Marie. Très vite la foule afflue, et des dizaines de personnes se rassemblent avec les enfants à l'heure des présumées apparitions. La présence de la presse, qui publie des rapports quotidiens, renforce l'attractivité de l’événement et l'on estimera à trente mille personnes le nombre des présents lors de la dernière apparition le . Parmi les curieux, de nombreux médecins - plusieurs dizaines - qui mènent leur propre enquête, de leur propre autorité, avant même la fin des événements.

Si se déclare être l'Immaculée-Conception, la Mère de Dieu et la Reine du Ciel lors de différentes apparitions, l'Église catholique et ses responsables demeurent très prudents et discrets jusqu'à la fin des événements. Ce n'est que plusieurs mois plus tard que l'évêque du lieu ouvre une enquête canonique qui se solde par un . D'autres enquêtes sont ouvertes (pour compléter le dossier), et finalement en 1949, André-Marie Charue, évêque de Namur, reconnait officiellement les apparitions.

Ces apparitions ont suscité une grande polémique tant dans la société civile que dans le milieu catholique (entre les tenants de apparitions, et ceux déclarant qu'il s'agit de apparitions). Une importante série d'apparitions (qualifiées de car non reconnues et parfois même condamnées par les autorités de l'Église catholique) se sont également produites en divers lieux de Belgique après la fin de celles de Beauraing.

Historique Le contexte Beauraing est un bourg de Famenne, non loin de la frontière française. Le lieu des apparitions est la cour d'entrée du pensionnat tenu par des Sœurs de la doctrine chrétienne. Une reproduction de la grotte de Lourdes est présente dans la cour, à une dizaine de mètres du lieu de l'apparition. La route située de l'autre côté de la clôture est , et le site est surplombé par un viaduc ferroviaire où passent régulièrement des trains de marchandises bruyants. Contrairement à de précédentes apparitions (comme Lourdes ou Fátima), le site n'est ni isolé, ni calme..

Le récit des événements est bien connu, car il va être très vite couvert par la presse qui vient en grand nombre assister aux , et qui va en donner le récit détaillé au jour le jour.. De plus, nous disposons de nombreux témoignages et études réalisées par des médecins et théologiens qui vont s'emparer du phénomène et fournir une importante littérature. Des livres sont même publiés avant la fin des apparitionsComme le livre du . La presse elle-même fournit très vite un récit détaillé des événements, non seulement au niveau local, mais également national avec . Si bien que même le nonce de Belgique, Clemente Micara, fera un rappel à l'ordre aux journalistes durant ses vœux à la presse, les rappelant à leur .

Enfin, Bouflet et Boutry indiquent que fidélise les foules, qui se retrouvent chaque jour plus nombreuses.

Premières apparitions thumb|Représentation des premières apparitions de la Vierge aux enfants. Le , vers 18 heures, Fernande Voisin, , et son frère Albert, , vont chercher leur sœur Gilberte (), demi-pensionnaire au pensionnat tenu par les Sœurs de la Doctrine Chrétienne de Nancy, accompagnés de leur amie Andrée Degeimbre, , et de sa petite sœur Gilberte, ...

Alors qu’il vient de sonner à la porte du pensionnat, Albert se retourne, regarde dans la direction du talus du chemin de fer tout proche et s'exclame : . Il voit une femme habillée de blanc, , qui marche à un mètre au-dessus du pont. Lorsque les filles se retournent à leur tour, elles peuvent aussi apercevoir la , tout comme Gilberte qui arrive peu après de l’intérieur du pensionnat. Leur première réaction est l’affolement. Apeurés, ils retournent chez eux en courant, mais décident quand même de revenir chercher Gilberte à la même heure le lendemain vers 18 heures 30.

Le , la leur apparaît de nouveau au-dessus du pont. Le l'apparition est vue une première fois au-dessus du pont, puis elle leur apparaît une deuxième fois près d’un houx du jardin. Elle disparaît de nouveau et se montre une troisième fois sous une branche d’aubépine, près de la grille d’entrée du jardin, là où auront lieu les trente apparitions suivantes.. Ce soir-là, les enfants sont accompagnés par leurs parents et des proches. Au moment de l'apparition, les enfants tombent à genoux et regardent dans la direction de l’aubépine. Afin que la cesse, la supérieure Mère Théophile prend la décision de fermer les grilles du jardin et de lâcher les deux chiens. Le , les enfants reviennent mais, ne pouvant plus entrer dans le jardin, restent sur le trottoir dans la rue. La Vierge leur apparaît et se tourne vers eux de l’autre côté de la grille. Au moment où elle apparaît, les chiens qui avaient été lâchés s’arrêtent d’aboyer et se couchent au sol. Le jeune Albert s'aventure à interroger l'apparition et lui demande , les enfants indiquent qu'elle répond oui en hochant de la tête, mais reste silencieuse.. Puis il demande, pour tous les enfants : . La Vierge parle pour la première fois et leur répond : . Puis, lors d’une deuxième apparition ce soir-là, elle demande au seul Albert : . Lors des premiers interrogatoires, l'apparition est décrite comme étant debout sur un petit nuage qui lui cache les pieds. Elle est vêtue d’une longue robe blanche traversée par trois fins reflets bleus ; ceux-ci partent de son épaule gauche et disparaissent au bas de la robe, sur la droite. Sa tête, d'où sortent de fins rayons de lumière formant comme une couronne, est recouverte d’un long voile blanc qui tombe sur les épaules. Elle tient les mains jointes et sourit, mais ne tient pas de chapeletYves Chiron note dans son ouvrage qu'il y a des différences notables entre l'apparition décrite par les enfants et la statue de la Vierge de Lourdes pourtant toute proche. Il ajoute que les enfants ont déclaré ne pas connaître l'histoire des apparitions de Lourdes. Selon lui (pour les voyants) entre la Vierge de Lourdes et l'apparition qu'ils décrivent. Voir ..

Poursuite des apparitions, arrivée des foules thumb|Statue représentant la . Jusqu'au , date de la dernière apparition, les apparitions vont être quasi quotidiennes. Le , les enfants tombent en extase durant un peu plus d’un quart d’heure et expliquent qu'elle . Des médecins pratiquent des tests sur les enfants durant l’apparition mais ils y restent insensibles et n'en gardent aucune trace. L’évêque de Namur, mis au courant des apparitions pour la première fois par le doyen du lieu, invite à la prudence et interdit au clergé d’y assister. Le , les enfants indiquent que la Vierge demande . Le , à la question l'apparition déclare Yves Chiron donne la date du 21 décembre pour ce message de la Vierge.. Le , les enfants demandent : et la Vierge répond : . Le , les enfants aperçoivent entre les bras de l'apparition son cœur illuminé, tel un cœur d’or nimbé de grands rayons, et cette vision se reproduira encore. Cette vision donnera aussi une dénomination à la Vierge .. Le , elle demande : . Le , elle dit : . Le , la Vierge dit aux enfants qu’elle livrera un secret à chacun d’entre eux le lendemain. Ainsi, l'ensemble des messages de la Vierge transmis par les voyants tient en peu de mots ou consignes.

Dès les premiers jours de décembre, soit tout au début des apparitions, une foule de curieux vient assister aux apparitions aux côtés des enfants. Cette foule est très vite considérable. Si on compte douze personnes le , ils sont à le , et le lendemain. Le , ils sont toujours plus de . Le , plus de 12 000 personnes sont rassemblées et le lendemain, le , jour de la dernière apparition, on compte entre et . Parmi les curieux et touristes, il y a de très nombreux médecins, et leur nombre va lui aussi croissant avec le temps (une douzaine le , 17 le lendemain, 37 médecins le 29 et 160 pour le 31).

Dernière apparition Le 1933, lors de la dernière apparition, la Vierge se présente aux enfants en disant : . Ce jour-là, la Vierge aurait confié des à trois des cinq voyants, qui resteront inconnus.. La Vierge dit également aux enfants : . Elle interroge également Fernande : Et, après la double réponse affirmative de l'adolescente, elle conclut en disant : .

Ce jour-là, le nombre de fidèles (et de curieux) est estimé à trente mille personnes, parmi lesquels on dénombre plus de cent médecins.

Position de l’Église Durant les apparitions, et dans les années qui suivent, l’Église catholique se montre très prudente et réservée sur la conduite à tenir. Ainsi, dès le , Paul-Justin Cawet, évêque coadjuteur de Namur, invite le clergé du diocèse à . Le , presque un mois après la fin des apparitions, Thomas-Louis Heylen, l'évêque du diocèse, . Le , il autorise les fidèles à installer des ex-votos sur le lieu des (supposées) apparitions.

Le , l'épiscopat belge, sous la présidence du cardinal Van Roey, autorise les prêtres à conduire des pèlerinages sans l'accord préalable de l'évêque du lieu. Le , un règlement des pèlerinages est mis en place et affiché dans l'église du village : les cérémonies doivent dorénavant être célébrées à l'intérieur de l'église (du village) et non en plein air. Les processions vers les lieux sont interdites. En , le Vatican confirme que ..

Le , l'évêque de Namur André-Marie Charue autorise le culte public de Notre-Dame de Beauraing. Il obtient du Vatican un décret autorisant le culte le . L’authenticité des apparitions elles-mêmes ne seront reconnues que le , avec la déclaration de deux guérisons comme étant .

Suites et conséquences Études médicales et enquêtes Les premières études médicales et scientifiques sont menées par des médecins C'est-à-dire des médecins non religieux, et en dehors de tout cadre religieux ou tout lien avec l'autorité de l’Église catholique., de leur propre initiative. L'Église catholique se tient à distance des apparitions et aucun religieux ou prêtre n'est visible durant ces apparitions qui pourtant attirent les foules. À partir du , plus d'une dizaine de médecins assistent aux apparitions, ce nombre monte jusqu'à 160 lors de la dernière apparition. Durant ces apparitions, les médecins observent les enfants, et vont jusqu'à mener des expériences sur eux. Ensuite, ils interrogent les enfants séparément, essayant de les faire se contredire. Vingt-cinq interrogatoires post-apparition vont être ainsi menés par ces médecins., des journalistes ainsi que des membres des tribunaux belges et même le procureur du Roi..

Un témoin rapporte que Citation de : .. Un des rapports médicaux conclut : .

Bouflet et Boutry soulignent que ces médecins se (à l'autorité ecclésiale), s'arrogeant le droit d'interroger les voyants, de mener les interrogatoires, comme le ferait un tribunal. Alors que le cycle des apparitions n'est pas encore terminé, un médecin, le docteur Maistriaux, publie le une première étude. de 40 pages favorable . D'autres médecins, catholiques (dont la foi ne saurait être mise en doute précisent les auteurs), penchent eux pour l'illusion, et le font savoir publiquement.

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