L'Airbus A220, initialement Bombardier CSeries, est un avion de ligne civil moyen-courrier à cinq sièges de front conçu par l'avionneur canadien Bombardier Aéronautique en 2012 et produit par Airbus depuis 2020.

Entré en service commercial le , la série comporte deux modèles : le BD-500-1A10Transport Canada Aviation Civile, Certificats émis en ligne - A236 diffusion 16 - Transport Canada Civil Aviation, Type Certificate Data Sheet A-236 issue 16 (CS100) de et le BD-500-1A11 (CS300) de . Le but originel de Bombardier était d'élargir sa gamme de jets régionaux CRJ aux appareils de plus de afin de concurrencer les plus petits modèles de Boeing et d'Airbus.

Le premier vol du CS100 a lieu le à l'aéroport international Montréal-Mirabel et celui du CS300 le au même endroit.

D’importantes difficultés financières et de commercialisation amènent l'avionneur canadien à se rapprocher d’Airbus, qui acquiert une participation majoritaire de 50,01 % dans le CSeries en 2017. ; par suite de cette prise de contrôle par l’entreprise européenne, les désignations commerciales CS100 et CS300 deviennent A220-100 et A220-300 le .

Le , la compagnie Swiss est le premier client mondial à recevoir l'A220, qu'elle met en service le . En Amérique du Nord, Delta Air Lines est le premier client à le recevoir, plus de deux ans après Swiss, le .

Histoire

Projet préliminaire Bombardier planifiait un nouvel appareil de 85 à pour les CRJ. Il s'agissait du projet BRJ-X qui a été abandonné au profit du CRJ900, un allongement à du modèle précédent, et le CRJ-1000 de a été annoncé le , toujours dérivé du même modèle de base. Le projet BRJ-X renaît sous le nom de projet de CSeries (série C) en , une toute nouvelle famille de d'avions à réaction de 110 à . Avec ce nouvel appareil, Bombardier entrerait dans un nouveau créneau de vente, soit celui occupé par Boeing et Airbus.

La compagnie espérait introduire ce nouveau produit en 2010 et a donc commencé à sonder le marché pour des clients potentiels en . En , Bombardier obtenait un accord de financement par les gouvernements du Québec, du Canada et du Royaume-Uni pour ce projet. Les pièces seraient produites chez Canadair de Montréal et Short Brothers de Belfast. Le lieu de l'assemblage final n'était pas encore déterminé mais la compagnie avait déjà des installations de ce type près de l'aéroport international Montréal-Mirabel, au nord de Montréal, rendant ce lieu le plus probable.

Grandes lignes

Après des années de suspense et d'hésitation, Bombardier a annoncé le , au Salon aéronautique de Farnborough, que les avions de la CSeries verraient le jour et que l'assemblage final des appareils se ferait à Mirabel au Québec, le fuselage de l'appareil serait construit en Chine, tandis que ses installations de Belfast, en Irlande du Nord, se chargeraient des ailes. L'usine Canadair de Bombardier de l'arrondissement Saint-Laurent, à Montréal, construirait le fuselage arrière et le poste de pilotage.

L’entrée en service était prévue en 2013. La valeur approximative de chaque avion serait de de dollars US. L'investissement total serait de de dollars canadiens dans la mise au point, dont un tiers proviendrait de Bombardier, un tiers des fournisseurs et un tiers des gouvernements dont 1,3 milliard du gouvernement du Québec.. Les retombées prévues au Québec étaient de de là à 2013 et au maximum lors de la production vers 2017.

Premières commandes et prototype

Lufthansa a signé en une lettre d’intérêt prévoyant jusqu’à soixante avions, incluant trente options.. L'annonce de la signature de la première commande ferme a été faite le . Le transporteur allemand Lufthansa y commande trente avions et prend des options sur trente autres appareils, comme dans la lettre d'intention. La filiale de Lufthansa, SWISS, exploitera ces avions. L'entente est d'une valeur de près de deux milliards de dollars US. Bombardier Aéronautique a également annoncé l'adoption de nouvelles désignations de modèles pour cette gamme d'avions : l'appareil de 110 places, connu antérieurement sous le nom de C100 devient le CS100 et l'appareil de 130 places devient le CS300.

vignette|Le véhicule d'essai en vol de la CSeries CS100 (FTV1) hors de l'usine en juin 2013. Le , la première section de fuselage fabriquée en Chine est arrivée à l'usine Canadair de Saint-Laurent. Elle permettra de tester la résistance des nouveaux matériaux qui seront utilisés dans la construction de l'appareil, dont l', produit par Constellium, qui sera utilisé pour le fuselage central. Cet alliage est à la fois plus léger et plus résistant que l'aluminium traditionnellement utilisé. Pour tester sa rigidité, Bombardier simulera l'équivalent de , trois fois la vie normale d'un appareil. Le , Bombardier Aéronautique lance les travaux de construction de ses nouvelles installations pour ses avions CSeries à Mirabel..

En , la société nord-américaine Republic Airways Holdings a décidé d'acquérir quarante CSeries.. Cela a porté à 90 le nombre de commandes fermes, avec autant en option.

En , juste avant et durant le Salon du Bourget, Bombardier a annoncé la vente de plusieurs appareils de la CSeries. D'abord le , l'achat de dix appareils et dix options par la compagnie suédoise Braathens Aviation fut annoncé, une commande d'environ de dollars US. Puis le , ce fut l'acquisition de trois avions CS100 et la signature de trois options supplémentaires par une société qui a voulu garder l'anonymat. Le , ce fut une commande de dix avions CS100 avec 6 options supplémentaires pour un autre transporteur qui a voulu garder l'anonymat, ce dernier sera le premier à recevoir le nouvel appareil parmi tous les acheteurs.. On apprendra le , qu'il s'agit de Gulf Air. Le , Korean Air signa une lettre d'intention d'achat pour dix avions CS 300 avec dix options et dix droits d'achat supplémentaires, toujours pour des CS300.. Cette lettre d'intention a été transformée en commande ferme le . Le , une autre commande de dixCS100, par un client qui a désiré garder l'anonymat, fut annoncée.. Finalement, le , le transporteur turc Atlasjet Airlines a signé une lettre d'intention portant sur dix appareils CS300 ainsi que sur cinq options supplémentaires..

En 2012, le la société aérienne suisse PrivatAir a commandé cinq appareils CS100 ainsi que cinq options. Le , à la veille du salon aéronautique de Farnborough, Bombardier annonça une lettre d'intention d'achat conditionnelle provenant d'un client qui a voulu garder l'anonymat portant sur cinq appareils CS100, dix CS300 accompagnée de quinze options. Le , le transporteur letton AirBaltic a signé une lettre d'intention sur l'achat de dix appareils CS300 assortie de dix options supplémentaires.. Cette lettre d'intention est transformée en commande ferme le ..

Le , Air Canada a annoncé la signature d'une lettre d'entente portant sur 45 commandes fermes de CS300 et 30 options, certaines commandes pourraient être converties en appareils CS100 de plus petite taille. Les livraisons doivent débuter à la fin de 2019 et s'échelonner jusqu'en 2022. Les appareils remplaceront une partie des 45 avions E190 d'Embraer du parc aérien actuel et permettront à Air Canada d'accroître son réseau. La commande est la plus importante jusqu'ici pour la CSeries. C'est aussi la troisième d'une compagnie aérienne d'envergure (après SWISS et Korean Air) et la première d'un transporteur nord-américain majeur..

Le , Delta annonce une commande ferme de 75 appareils CS100, assortie d'une option pour 50 de plus, dans le cadre de ce qui est la plus importante commande pour Bombardier à cette date..

À la suite de la prise de participation majoritaire d'Airbus en , l'appareil de 110 places, connu antérieurement sous le nom de CS100, devient l'Airbus A220-100 et l'appareil de 130 places CS300 devient l'Airbus A220-300.

Le , Air France passe une commande ferme de 60 A220-300, avec une option pour 30 appareils de plus, afin de remplacer les A318 et A319.. Elle fait part à plusieurs reprises de son intention d'acheter des A220-500 si le projet est concrétisé ..

Vol inaugural et essais

Le , Bombardier annonce que l'assemblage final a commencé. Le premier véhicule d’essai s'appelle FTV1. Finalement, le , un client provenant des Amériques, qui a souhaité gardé l'anonymat, a signé une lettre d'intention pour douze appareils CS100 accompagnée de douze options supplémentaires. Le , ce client se révéla être Porter Airlines qui convertit sa lettre d'intention en une commande conditionnelle.

Le vol inaugural du premier appareil, qui devait avoir lieu à la fin , a été reporté deux fois. Le , le premier essai de roulement au sol a été exécuté et Bombardier a promis à cette occasion de tenir le premier vol quelques semaines plus tard. Promesse tenue puisque le premier vol du CS100 a finalement eu lieu le lundi à l'aéroport international Montréal-Mirabel. Quant à la version CS300, le vol inaugural s'est déroulé le ..

Le après de vol d'essai, le CS100 a reçu sa certification de type de l'autorité canadienne Transports Canada. La certification par la FAA et l'AESA est annoncée le , ouvrant la voie aux premières livraisons.

Problèmes financiers

Le coût du programme de développement de la CSeries a dépassé l'estimation initiale. Les essais se sont prolongés et les commandes ont tardé à se concrétiser face à la forte concurrence des deux géants Boeing et Airbus. Pour sauver le programme, le gouvernement du Québec a annoncé un investissement de de dollars canadiens () le , en échange d'une participation de 49,5 % dans ce programme, après une perte de de dollars $US au troisième trimestre 2015 chez Bombardier..

Le , le département du Commerce des États-Unis (DOC) imposa des droits compensatoires préliminaires de près de 220 % aux appareils CSeries à la suite d'une requête de l'avionneur Boeing, bien que ce dernier n'ait pas d'appareil dans ce créneau, ni même soumissionné pour la vente de tels appareils à Delta Air Lines, profitant de la ferveur protectionniste créée par le président Donald Trump pour se défaire d'un compétiteur potentiel..

Le , Airbus annonça l'acquisition d'une majorité des parts de la Série-C de Bombardier. Airbus détiendra 50,01 % du programme tandis que Bombardier et le gouvernement du Québec auront respectivement environ 31 % et 19 %. L'entente prévoit une garantie pour le maintien au Québec du siège social de la CSeries, jusque-là détenue conjointement par Québec et Bombardier, ainsi que de l'assemblage final réalisé à Mirabel. Une deuxième ligne d'assemblage final serait mise sur pied à Mobile, en Alabama, USA, afin de fournir les clients américains, permettant ainsi d'éviter les droits compensatoires et antidumping que souhaite imposer le gouvernement américain sur le programme..

Le , la Commission du commerce international des États-Unis a unanimement déclaré illégaux les droits compensatoires et antidumping de 292 % que le ministère du Commerce souhaitait imposer.. Par ce jugement et son association avec Airbus, les commandes ont pu reprendre et le , Bombardier annonçait qu'AirBaltic avait acheté CS300, et pris , au prix catalogue de de dollars US..

Acquisition par Airbus Le , Bombardier vend la famille CSeries à Airbus pour la somme de dollars canadiens. Dès lors, Airbus détient 75 % de la compagnie et le gouvernement du Québec en détient 25 %.. Cette vente libère Bombardier de ses dettes vis à vis de Boeing. Consolidé, le programme retrouve le succès.

Fin 2021, il est envisagé le lancement d'une nouvelle version allongée (-500) d'environ proche de l'A320neo. Bombardier avait déjà prévu le coût de développement d'un avion similaire. L’avion de 165 places devait s’appeler CS500 ; soit une différence de 15 places entre celui de Bombardier et Airbus.

Commandes et livraisons