Zhuge Liang (), né en 181 et mort le , parfois orthographié Tchou-kö Lieang, Tchou-ko Lieang ou Chu-ko Liang, était un célèbre stratège chinois et, avec Sima Yi et Zhou Yu, l’un des plus brillants tacticiens de l’époque des Trois Royaumes. Il s’allia à Liu Bei et en tant que Premier ministre des Shu, mena cinq invasions du royaume de Wei dans le but de restaurer la dynastie Han.

Il est le mari de Huang Shi. Il est frère cadet de Zhuge Jin, le frère aîné de Zhuge Jun, l'oncle de Zhuge Dan et de Zhuge Ke, et le maître de Jiang Wei. Il a également une sœur ainée, Zhuge Shi, qui se maria avec un membre de la famille de Pang Tong et partit travailler pour le Wei. Il a un fils, Zhuge Guo. Il a étudié avec Xu Shu et Pang Tong et leur professeur était Sima Hui.

Le nom de Zhuge Liang est devenu légendaire et synonyme en Chine d'intelligence et d'esprit. Marquis de Wu, il est souvent fait référence à lui sous son prénom social de « Kongming » () ou sous son surnom taoïste de « Dragon Assoupi » (). Ce même surnom est devenu en japonais une expression signifiant « homme exceptionnel » (, garyū ou garyō). Il est connu au Japon sous le nom de Shokatsuryō Kōmei et en Corée sous celui de Jegalryang Gongmyeong.

Zhuge Liang est né en l’an 181 (durant les dernières années de la dynastie Han) à Yangdu, Shandong, Chine. Orphelin jeune, il est obligé de fuir le Shandong durant le massacre de par Cao Cao, puissant seigneur de guerre des plaines centrales.

Durant quelques années, il habite une petite ferme de Longzhong, cultivant la terre et formant amitiés avec des célébrités littéraires, militaires, philosophiques (entre autres) du temps. Sa réputation augmente alors. Selon Les Chroniques des Trois Royaumes, Liu Bei vient par trois fois le visiter, le suppliant de devenir son stratège. Après une longue discussion, touché par la sincérité de Liu Bei il accepte et quitte sa ferme pour se joindre à celui-ci. Il n’a alors que vingt-six ans.

Avec Liu Bei, il forme le royaume de Shu. S’alliant à Sun Quan, chef du royaume de Wu, ils remportent notamment la bataille de la Falaise Rouge. Plus tard, il est nommé Premier ministre quand Liu Bei se couronne empereur. Mais celui-ci meurt en 223, à la suite d’une campagne désastreuse contre le royaume de Wu. Les Wu avaient tué le seigneur Guan Yu, son frère d'armes. La couronne passe au fils de Liu Bei, Liu Shan, que Kongming sert jusqu’à sa mort en 234.

Durant son excellente administration, le royaume prospère rapidement et peut résister et même attaquer le puissant royaume de Wei au nord. Durant ses dernières années, il monte cinq expéditions pour conquérir les Wei, mais toutes échouent, à cause de l'incapacité de l'empereur Liu Shan et du fait que le Wei avait plus de soldats et de généraux que le Shu. Durant la dernière campagne, souffrant d’excès de fatigue et malade, il meurt. Jiang Wei, un général des Wei qu’il avait convaincu de le rejoindre lui succède. Le royaume tout entier pleura et les Shu, en dépit des qualités de Jiang Wei, ne se remirent pas de ce coup.

Biographie Jeunes années Zhuge LiangChén Shòu et Péi Sōngzhī, Chroniques des Trois Royaumes (, Sānguózhì), Chronique des Shǔ, livre 5 naît en 181 à Yangdu, dans le district de Langye (aujourd’hui Yinan dans la province de Shandong). Il descend de Zhuge Feng, un directeur des serviteurs sous la dynastie Han. Son père, Zhuge Gui, est un officier assistant. Zhuge Liang devient orphelin de mère à trois ans puis orphelin de père à huit ans. Yuan Shu nomme son oncle Zhuge Xuan grand administrateur de Yuzhang et ce dernier prend Zhuge Liang et son frère Zhuge Jin avec lui jusqu’à ce que la cour des Han décide de le remplacer par Zhu Hao à la suite de la conquête de Shangdong par Cao Cao en 195.

Zhuge Xuan part alors servir Liu Biao qu’il connaissait depuis longtemps. À la mort de son oncle, Zhuge Liang part labourer les champs dans la province de Gansu tout en étudiant les classiques, dont le Chant de Liangfu (, Liángfù yín). Selon les annales de la dynastie Han et de la dynastie Jin, il aurait alors été haut de huit chi (soit plus de 1,8 m) et se serait fréquemment comparé à Guan Zhong et Le Yi mais personne à l’époque ne lui aurait vraiment reconnu de telles aptitudes en dehors de ses amis Cui Zhouping de Boling et Xu Shu de Yingchuan.

Rencontre avec Liu Bei - Élaboration de la stratégie de Longzhong

En 207, Liu Bei est posté à Xinye et Xu Shu, un conseiller à qui il vouait une grande admiration, vient lui rendre visite. Ce dernier lui aurait dit : « Mon général, n’avez-vous pas envie de rencontrer Zhuge Kongming, que l’on connaît aussi sous le surnom de Wolong (Dragon Assoupi) ? ».

Selon le Xiangyang Ji, Liu Bei avait auparavant rencontré Sima Hui, qui lui avait recommandé deux taoïstes particulièrement au courant des affaires du temps présent qui avaient pour surnom « Dragon Assoupi » (le surnom taoïste de Zhuge Liang) et « Jeune Phénix », celui de Pang Tong.

Liu Bei saute donc sur l’occasion et demande à le rencontrer, mais Xu Shu lui répond que Zhuge Liang est le genre d’homme qui mérite qu’on a aille à sa rencontre et non l’inverse et lui conseille de se rendre en personne chez lui. Liu Bei suit le conseil de Xu Shu et part à la rencontre de Zhuge Liang. Après deux visites infructueuses, il parvient à faire sa connaissance à la troisièmeCet épisode, repris dans le Roman des Trois Royaumes est également relaté dans les Chroniques des Trois Royaumes qui demeure la chronique officielle. Elle est pourtant contredite par d'autres sources historiques qui précisent que ce serait Zhuge Liang qui est allé rendre visite à Liu Bei à Xinye et lui aurait proposé ses services..

Liu Bei lui aurait alors tenu ce discours : « La dynastie Han est décadente, les ministres corrompus s’approprient le pouvoir et l’Empereur est traîné dans la poussière ! Malgré mon aspiration à ramener la vertu sous le ciel, je suis incapable de juger ma propre position ce qui m’a valu de tomber victime des plus simples stratagèmes jusqu’à ce jour. J’ai pourtant encore gardé mes idéaux. Quelle stratégie me conseillez vous ? »

Zhuge Liang lui expose alors sa célèbre stratégie de Longzhong : « Depuis la chute de Dong Zhuo, de nombreux héros se sont manifestés. La liste de ceux qui dirigent des provinces et districts est trop longue pour être énumérée. Cao Cao manquait de prestige et de partisans pour faire face à Yuan Shao mais a pourtant été capable de le renverser et de passer d’une position faible à une position solide. Cao Cao compte maintenant ses partisans au millions et a contraint le Fils des Cieux à exercer son autorité sur les seigneurs. On ne peut ouvertement l’affronter. Sun Quan, déjà le troisième de sa lignée, occupe Jiangdong. Le terrain y est peu praticable, ses vassaux obéissants et il s’est approprié le talent d’hommes de mérite. Il peut faire un excellent allié et il ne faut pas conspirer contre lui. La ville de Jingzhou englobe au nord les rivières Han et Mian et a accès à toutes les ressources de la Mer du Sud. Elle est également liée à l’est au Wujun et au Kuaiji et à l’ouest au Ba et au Shu. Elle a une position stratégique importante mais son dirigeant n’est pas capable de l’exploiter. C’est une occasion céleste, mon général, peut-être aurez-vous donc l’intention d’en faire la capture ? Le terrain de Jizhou est difficile et représente des milliers de lieues de terre fertile. C’est une terre céleste depuis que votre arrière arrière-grand-père y a bâti son empire. Liu Zhang est un imbécile et un faible et a comme voisin Zhang Lu au nord. Le peuple est aisé et l’état prospère mais Liu Zhang est sans pitié. Les officiers sages et capables aspirent à être dirigés par un seigneur intelligent. Mon général, vous descendez du clan impérial et vous êtes renommé à travers les quatre mers pour votre foi. Vous ralliez à vous les héros et vous avez soif de leurs aptitudes. Faites la conquête de Jing et de Yi et de leurs points stratégiques, matez les peuples de Rong à l’ouest, prenez soin des peuples Yi et Yue du sud, alliez-vous à Sun Quan et occupez-vous des affaires intérieures. Lorsqu’il y a un changement dans l’empire, il faut qu’un général émérite reçoive l’armée de Jingzhou et la dirige contre Wan et Luo. Dirigez les troupes de Yizhou hors de la vallée de Qin. N’est-il pas certain que les habitants vous accueilleront avec des victuailles et du vin ? Si vous parvenez à parachever l’hégémonie, vous aurez réussi à restaurer la dynastie Han. »

Liu Bei manifeste son approbation du plan de Zhuge Liang et lui témoigne dès lors une profonde affection au déplaisir de Guan Yu et de Zhang Fei. Liu Bei leur dit : « Lorsque je suis avec Kongming, je suis comme le poisson dans l’eau. Ne dites plus rien à ce sujet. » Cette citation est souvent déformée sous la forme plus populaire : « J’ai besoin de Zhuge Liang comme le poisson a besoin de l’eau. »

Rencontre avec Liu Qi En 208, Zhuge Liang rencontre Liu Qi, le deuxième fils de Liu Biao, qui, influencé par sa seconde femme, Dame Cai, la sœur aînée de Cai Mao, privilégie son jeune fils Liu Zong au détriment de Liu Qi. Ce dernier cherche souvent à s’entretenir avec Zhuge Liang d’une façon de se défendre mais en vain.

Un jour, Liu Qi visite un jardin avec Zhuge Liang et tous deux grimpent en haut d’une tour. Alors qu’ils buvaient, Liu Qi s’arrange pour que quelqu’un retire l’échelle, et il dit à Zhuge Liang : « Nous ne somme aujourd’hui ni assis au paradis, ni sur Terre. Les mots de votre bouche ne peuvent atteindre que mes oreilles. Pouvons-nous maintenant discuter ? » Zhuge Liang répondit : « Seigneur, vous souvenez-vous de Shen Sheng, mis en danger dans son palais tandis que Zhong Er dut son salut à la fuite ? » Liu Qi comprend l’allusion et organise en secret sa fuite. Huang Zu venait peu après par sa mort de fournir l’occasion pour Liu Qi de s’enfuir et de se rendre à Jiangxia où on lui confia la tâche de grand gouverneur.

Peu après, dans la même année, Liu Biao meurt et Liu Zong apprend que Cao Cao entreprenait une campagne contre lui. Il dépêche un émissaire offrant sa reddition et Liu Bei, alors à Fan prend connaissance de la situation et met son armée en route vers le sud, accompagné par Zhuge Liang et Xu Shu. Ils sont mis en déroute par Cao Cao qui avait capturé la mère de Xu Shu et gardait celle-ci en otage. Xu Shu quitta Liu Bei pour rejoindre Cao Cao.

Négociations avec Sun Quan Liu Bei, pourchassé par Cao Cao, atteint Xiakou. Zhuge Liang lui propose de s’allier à Sun Quan et est envoyé en émissaire. Il aurait alors tenu ce discours à Sun Quan : « Le monde est dans le chaos. Vous avez levé une armée pour conquérir le Jiangdong tandis que Liu Bei de Yuzhou a rassemblé ses hommes au sud, se disputant ainsi l’empire avec Cao Cao. Cao Cao a maintenant pacifié bien des conflits et imposé la paix dans bien des régions. Il a conquis Jingzhou et son prestige s’étend entre les quatre mers. Liu Bei a dû fuir car ses héros n’avaient pas d’occasion de montrer leur puissance. Si vous pouvez analyser la situation de votre force, si vous pouvez vous opposer au royaume du milieu en unifiant Wu et Yue, peut-être vaudrait-il mieux couper dès maintenant toute relation avec Cao Cao. Si vous ne pouvez pas l’affronter, mieux vaut démobiliser vos troupes, jeter votre armure et vous soumettre au nord. Vous êtes maintenant conciliant vu de l’extérieur et pourtant élaborant des plans indécis à l’intérieur. Vous n’osez entreprendre aucune action à la veille du désastre ! »

Sun Quan lui aurait demandé : « Si la situation est telle que vous la décrivez, pourquoi Liu de Yuzhou ne s’est-il donc pas soumis lui-même ? »

Zhuge Liang répondit : « Il est tel Tian Heng, le héros de Qi qui défend la justice et refuse le déshonneur. En outre, Liu Bei est un descendant de la famille impériale et un héros de son époque. Ses partisans accourent à lui comme les fleuves à l’océan. S’il venait à échouer, c’est que telle était la volonté du Ciel. Jamais il ne se soumettra à Cao Cao. »