Le gouvernement Léon Gambetta (ou Grand ministère Gambetta) désigne les 73 jours, du au , pendant lesquels Léon Gambetta accéda à la présidence du Conseil de la Troisième République en France.
Lors des élections législatives d'août-, l'Union républicaine de Gambetta arrive en tête (204 députés) des formations de gauche. Il devient difficile pour Jules Grévy de différer de nouveau sa nomination au poste de chef de gouvernement. La nouvelle Chambre s'installe à la mi-octobre. Jules Ferry, violemment attaqué par Clemenceau sur l'affaire tunisienne démissionne le . Grévy invite Gambetta à composer le nouveau ministère.
Composition
Nominations du 14 novembre 1881 FonctionImageNomParti politique Président du Conseil des ministres110pxLéon Gambetta Union républicaine FonctionImageNom Parti politique Ministre des Affaires étrangères110pxLéon GambettaUnion républicaine Ministre de la Justice et Garde des SceauxJules CazotMembre du précédent gouvernement ayant conservé son posteUnion républicaine Ministre de l'IntérieurPierre Waldeck-RousseauUnion républicaine Ministre des FinancesFrançois Allain-TargéUnion républicaine Ministre de la GuerreJean-Baptiste-Marie Campenon Ministre de la MarineAuguste Gougeard Ministre de l'Instruction publique et des CultesPaul BertUnion républicaine Ministre des Travaux publicsDavid RaynalGauche républicaine Ministre du Commerce et des Colonies Maurice RouvierUnion républicaine Ministre des Postes et Télégraphes110pxAdolphe CocheryGauche républicaine Ministre de l'AgricultureDétachée du commerce, l'agriculture devient un ministère à part entièrePaul DevèsGauche républicaine Ministre des ArtsAntonin ProustUnion républicaine Sous-secrétaire d'État aux Affaires étrangèresEugène SpullerUnion républicaine Sous-secrétaire d'État à la JusticeFélix Martin-FeuilléeUnion républicaine Sous-secrétaire d'État à l'IntérieurGuillaume MargueUnion républicaine Sous-secrétaire d'État aux FinancesAdolphe Lelièvre Gauche républicaine Sous-secrétaire d'État à la Guerre Eugène BlandinUnion républicaine Sous-secrétaire d'État aux Travaux publicsDésiré-Jules LesguillierUnion républicaine Sous-secrétaire d'État au Commerce et aux ColoniesFélix FaureUnion républicaine Sous-secrétaire d'État à l'AgricultureEdmond CazeUnion républicaine
Nomination du 16 novembre 1881 FonctionImageNomParti politique Sous-secrétaire d'État à l'Instruction publique et aux Cultes110pxArthur ChalametGauche républicaine
Bilan
L'opinion est déçue et le qualificatif de grand ministère est appliqué plutôt par dérision. Gambetta ne peut convaincre les grands chefs républicains d'entrer dans le gouvernement. Jules Ferry est trop marqué par un an de gouvernement ; Charles de Freycinet et Léon Say se récusent, le premier par prudence, le second car il n'approuve pas le recours à l'emprunt et le rachat des chemins de fer souhaités par Gambetta ; Henri Brisson préfère conserver la présidence de la Chambre. Gambetta fait appel à des hommes jeunes et peu connus, essentiellement ses propres fidèles.
Le cabinet est jugé pléthorique par ses contemporainsd'où le mot d'humour répété dans les couloirs cité par .. La création de deux nouveaux ministères à l'agriculture et aux arts est contestée au point que la Chambre en mégote les crédits. Dans sa déclaration, Gambetta présente un programme de réformes : réforme constitutionnelle sur le recrutement du Sénat et le recours au scrutin de liste pour l'élection des députés ; réforme de la magistrature ; création de l'impôt sur le revenu ; recours à emprunt pour soutenir l'agriculture et conversion de la rente.
Gambetta indispose la gauche en nommant à des postes clé des personnalités conservatrices. La circulaire de Waldeck-Rousseau invitant les préfets à faire preuve d'autorité et ne pas se laisser abuser par les pressions des élus locaux est mal perçue par les députés qui supportent mal par ailleurs l'attitude parfois arrogante du chef du gouvernement. René Goblet, aidé par l'extrême gauche crée le groupe de la Gauche radicale et entraîne avec lui une partie des députés de l'Union républicaine. Le président Jules Grévy combat le ministère en sous-main. Son gendre Daniel Wilson marque son hostilité plus directement à la tribune de la Chambre.
Après le renouvellement du tiers du Sénat en qui conforte la majorité républicaine, Gambetta dépose son projet de révision le . Il prévoit l'extinction des sénateurs inamovibles, l'élargissement du corps électoral par une meilleure représentation des grandes villes, la prééminence de la chambre des députés en matière budgétaire. L'extrême gauche est favorable à la suppression du Sénat et souhaite une révision illimitée. La commission chargée d'étudier le projet est très opposée à Gambetta. En séance publique, le , c'est le principe de la révision illimitée qui est adopté. Gambetta remet le jour même sa démission à Grévy.
Sur le plan extérieur, Gambetta poursuit la politique de Jules Ferry en Tunisie et met en place le protectorat. Dans l'affaire d'Égypte, il est partisan d'une présence française aux côtés des Britanniques, mais les gouvernements suivant, plus timorés, abandonneront la tutelle de ce pays à la Grande-Bretagne.
C'est à la fin du ministère que se produit le krach de l'Union générale.
Fin du gouvernement et passation des pouvoirs Le , Léon Gambetta remet la démission du Gouvernement au président de la République, Jules Grévy à la suite du vote de la chambre en faveur d'une révision illimitée de la Constitution, alors que Gambetta souhaitait une révision limitée et face à une opposition de l'extrême-gauche, de la Gauche radicale et d'une partie des républicains les plus modérés comme Bernard Lavergne sans oublier l'Union des droites.. Le , Jules Grévy nomme Charles de Freycinet à la présidence du Conseil.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . . . , , , .
Articles connexes Troisième République Liste des gouvernements de la France - Président du Conseil des ministres 1881 et 1882 en France
* Gambetta Catégorie:1881 en France Catégorie:1881 en politique