Le HMAS Sydney est un croiseur de la Royal Australian Navy ayant servi entre 1934 et 1941. Le Sydney connaît d'importants succès durant les premières années de la Seconde Guerre mondiale avant de disparaître dans des conditions entourées de mystère. Il coule le avec tout son équipage de . Ceci représente la plus grande perte humaine sur un navire de guerre australien.
Après plusieurs années de recherches, l'épave du navire allemand l'ayant coulé, le croiseur auxiliaire Kormoran est retrouvée le . Le de cette même année, le premier ministre australien Kevin Rudd annonce que l'épave du Sydney a elle aussi été retrouvée. Elle repose à de la baie Shark et à des restes du Kormoran.
Description
Le Sydney est l'un des trois croiseurs commandés en 1931-132 par la Royal Navy et formant la classe Amphion ; il s'agit d'un sous-groupe amélioré de la classe Leander. Les navires de type Amphion disposent d'une machinerie redondante, ils contiennent une salle des machines et des chaudières doublées. Ceci est rendu visible par la présence de deux cheminées, alors que les croiseurs de la classe Leander n'en possèdent qu'une. Les navires de la classe Amphion font de long, ont un tirant d'eau de et un déplacement de Stevens 2005, sources secondaires.
L'armement des navires inclut 4 paires de canons de (152 mm) en quatre tourelles, quatre canons antiaériens de (102 mm) sur affût simple, trois groupes de mitrailleuses lourdes Vickers de (12,7 mm) montées par quatre et 8 lance-torpilles de (533 mm). Ils disposent d'une catapulte permettant de lancer des hydravions (d'abord des puis, des Supermarine WalrusLondon 2003, sources secondaires, ).
L'armement comporte certaines lacunes : les canons antiaériens de (102 mm) ne disposent pas de bouclier, la défense anti-aérienne n'a pas assez de puissance de feu. En 1938, le commandant Wallers indique au commandement naval australien que les canons du HMAS Sydney sont extrêmement vulnérables au feu de l'ennemi. Ces problèmes sont par la suite réglés sur le mais ne le sont pas sur le Sydney.
Histoire Construction et mise en service Le Sydney est construit par la Swan Hunter & Wigham Richardson Limited à Wallsend en Angleterre sous le nom de HMS Phaeton. En 1934, juste avant son lancement, il est acheté par le gouvernement australien et renommé en mémoire du premier . Il est baptisé en présence d'Ethel Bruce, la femme de S. M. Bruce, haut-commissaire en Grande-Bretagne et ancien premier-ministre australien. Un an plus tard, après des essais en mer, il fait cap le sur Portsmouth sous le commandement du capitaine John Fitzgerald de la Royal NavyFrame 2004, sources secondaires, . Il est officiellement mis en service à Portsmouth le .
Le , il part pour l'Australie mais est dérouté vers la mer Méditerranée à la suite de l'invasion italienne de l'Abyssinie. Là il participe à la mise en œuvre du blocus contre l'Italie décidé par la SDN jusqu'en . Il rejoint finalement l'Australie le McKernan 2006, sources secondaires, p147.
Déploiement lors de la Seconde Guerre mondiale Les premières missions du Sydney consistent à effectuer des patrouilles et des convoyages dans l'océan Indien. Puis, lorsque l'Italie entre en guerre, le navire rejoint la mer Méditerranée le après être passé par le canal de Suez. Il est placé sous le commandement du capitaine et rattaché à la escadre de croiseurs (7th Cruiser Squadron) basée à Alexandrie. L'un des faits d'armes du Sydney en Méditerranée est la destruction du destroyer italien Espero (lors de la bataille du convoi Espero) malgré la ténacité de son équipage qui lutte jusqu'aux derniers instantsJohnston 1942, sources secondaires, Pratt 1979, sources secondaires, .
Le , lors de la bataille du cap Spada à proximité de la Crète, de concert avec une escadre de destroyers britanniques, il part à la poursuite des croiseurs légers italiens à haute vitesse Bartolomeo Colleoni et Giovanni dalle Bande NereSwain 2001, sources secondaires, . Lors de la bataille qui s'ensuit, le Bartolomeo Colleoni est touché puis coulé par les torpilles lancées depuis les destroyers tandis que le Giovanni dalle Bande Nere parvient à échapper à ses poursuivants. Durant l'affrontement, le Sydney connaît les seuls dommages de sa campagne méditerranéenne lorsqu'un obus transperce l'une de ses cheminéesJohnston 1942,sources secondaires, . Cette victoire a des répercussions stratégiques importantes, elle permettra aux Alliés de contrôler sans partage la Méditerranée orientale jusqu'à la chute de la Grèce face aux forces de l'Axe 9 mois plus tardAustralian War Memorial, sources secondaires.
Le , lors d'un convoyage dans le détroit des Dardanelles en compagnie du , le Sydney participe à la destruction du petit navire-citerne grec Ermioni chargé d'approvisionner en carburant la garnison italienne du Dodécanèse. d'août à septembre, le Sydney prend part à plusieurs opérations dont les bombardements des positions italiennes de Bardia en LibyeUnited States Naval Institute, sources secondaires, et d'un aérodrome situé à Scarpanto dans le Dodécanèse. Le Sydney retourne ensuite à Alexandrie pour des opérations de maintenance puis repart.
En octobre, le Sydney accompagné d'un autre croiseur de la classe Leander, le bombarde le port d'Astypalée (port Maltesana) dans le Dodécanèse. En novembre, il achemine des troupes et du matériel en Crète. Dans la nuit du 11 au , dans le cadre de l'opération MB8, le Sydney, l'Orion, l' (autre croiseur de la classe Leander) ainsi que deux destroyers attaquent un convoi italien constitué de quatre cargos escortés par deux navires de guerre lors de la bataille du canal d'Otrante. L'ensemble des navires marchands est coulé mais leur escorte parvient à s'échapper.
Le Sydney se rend ensuite à Malte pour des opérations d'entretien puis prend le départ pour l'Australie le dans le cadre d'un redéploiement décidé à la suite des attaques allemandes sur Nauru dans le Pacifique. En cours de route, il participe à des convoyages. Il arrive au port de Fremantle le puis de nouvelles opérations de maintenances ont lieu en baie de Sydney. Durant ce laps de temps, le capitaine Joseph Burnett prend le commandement du navire. L'équipage du navire est honoré par la ville lui ayant donné son nom de baptême, les écoliers ont droit à un jour férié pour pouvoir se rendre à leur défiléRoyal Australian Navy, sources primaires. Le , le navire quitte la métropole australienne pour se rendre à sa nouvelle base, Fremantle. De là il est déployé dans l'océan Indien où il mène des opérations de patrouille et de convoyage, s'aventurant occasionnellement dans les eaux du Pacifique.
Dernière bataille et disparition
Le à Albany en Australie-Occidentale, le Sydney entame l'escorte du transport de troupes ZealandiaPlowman 2007, sources secondaires, p130-131, en route pour Singapour. Les deux navires arrivent à Fremantle le . Le , le Sydney passe la main au dans le détroit de la Sonde, il est prévu qu'il soit de retour à Fremantle le . À cette époque, il y a déjà des opérations de l'Axe dans les eaux australiennes, il est donc demandé au commandement du navire de se livrer à des inspections en cours de route.
À environ 4h du matin le , à l'ouest de la baie Shark en Australie-Occidentale, le Sydney détecte la présence de ce qu'il croit être un navire marchand et le somme de s'identifier. Ce dernier déclare être un bateau néerlandais nommé Straat MalakkaGrove 2002, sources secondaires, . Il s'agit en fait du croiseur auxiliaire Kormoran, un cargo converti en navire de guerre aisément camouflable et naviguant sous faux pavillon. Selon les témoignages des survivants du Kormoran, le Sydney s'approche alors sans crainte à du navire allemand et est pris de court lorsque l'équipage du Kormoran ouvre le feu pratiquement à bout portant au moyen de son artillerie et de ses lance-torpilles dissimulés. En 2009, l’Australian Defence Science and Technology Organisation, après une étude du site du naufrage ainsi que des témoignages des rescapés du Kormoran, parvient à la conclusion que lors de l'attaque, le Sydney connaît d'importantes destructions à la suite de la mise en action de pièces d'artillerie de différents calibre à bout portant. Les munitions dont le poids total avoisine les quatre tonnes ainsi que des torpilles s'abattent sur le navire australien. Plusieurs feux se déclarent alors et la majeure partie des canots de sauvetage est détruite.
Le Kormoran est aussi sévèrement endommagé lors de la bataille. Il doit être abandonné et sabordé en raison d'une avarie moteur et d'un feu ne pouvant être contrôléAction Report 1941, sources primaires, . Les survivants sont recueillis au bord des navires Koolinda (31), Aquitania (26), Trocas (25) et HMAS Yandra (2), 103 autres membres d'équipage parvenant à rejoindre Carnavon sur leurs canots de sauvetageGrove 2002, sources secondaires, . Ils rapportent que le Sydney a coulé corps et bien après avoir été vu en feu. Aucun survivant du croiseur australien n'est retrouvéFrame 2004, sources secondaires, .
Il faut 6 jours après la disparition du navire (le ) pour que la Royal Australian Navy acquière la certitude que le Sydney a bel et bien été perdu et pour qu'elle en informe le secrétaire du ministère de la guerre qui à son tour rapporte le fait au premier ministre par écrit.
Débris flottants du Sydney
L'Australian War Memorial expose un canot de sauvetage endommagé par des éclats d'obus découvert en mer par le neuf jours après la disparition du SydneyHardstaff 1995, sources secondaires. Jusqu'à la découverte de l'épave il s'agissait de l'unique relique substantielle du navire.
Autour du , un autre canot de sauvetage contenant le corps d'un adulte de peau blanche est découvert au large de l'île Christmas à environ du théâtre de la bataille entre le Sydney et le Kormoran. On ne parvient alors à identifier ni le corps, ni les origines du canot bien qu'il soit de nos jours certain que les deux aient pour provenance le SydneyGibbs 1997, sources secondaires. Les documents concernant le corps et sa sépulture semblent avoir été perdus à la suite de l'occupation japonaise de l'île. Plusieurs recherches dans un cimetière ne permettent pas de retrouver les restes du militaire, jusqu'en , date à laquelle une mission archéologique parvient enfin à retrouver le corps du marin inconnu. Lors de son examen, des éclats d'obus sont retrouvés dans son crâne. Il n'est pas possible de retrouver l'identité de l'homme mais ses liens avec le Sydney sont indiscutablement établis. Des recherches à partir de son ADN sont réalisées et le , 80 ans jour pour jour après la meurtrière bataille navale, la marine australienne dévoile l’identité de l’homme qui a survécu au naufrage pour mourir seul au milieu de l’océan : il s’agit de Thomas Welsby Clark, 21 ans, qui était en poste à bord du Sydney depuis deux mois et demi. Son ADN, récupéré lors d’une exhumation en 2008, a parlé après 13 ans de recherches intensives dans toute l’Australie. La nièce du marin inconnu, Leigh Lehane, déclare bouleversée : .Le corps a été transféré au cimetière militaire de Geraldton.
En , une bouée de sauvetage provenant du Sydney est retrouvée à proximité de Comboyuro Point sur l'île Moreton dans le Queensland. Il n'est cependant pas possible de déterminer si elle a été perdue avant ou après la bataille avec le Kormoran.
Découverte du Kormoran et du Sydney La Finding Sydney Foundation annonce le que l'épave du Kormoran a été retrouvée après une campagne de recherche lancé début marsFinding Sydney Foundation, 16 mars 2008, sources primaires, financée à hauteur de 3,9 millions de $AUD sur des fonds publics et privés. L'équipe est dirigée par , un expert en recherche d'épaves anglo-américain. Le navire est retrouvé à à l'ouest de Steep Point gisant à de fond.